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Les Faux débats de l'euthanasie

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Les faux débats de l'euthanasie

 Des campagnes sont périodiquement relancés en vue d'honorabiliser l'euthanasie et de l'autoriser par une loi. En attendant que l'opinion soit prête à un tel recul de civilisation, des prétextes fallacieux sont avancés pour en faire la propagande.

 

Si l'on considère de plus près les différentes définitions légales de l'euthanasie, on découvre que les pays qui l'ont légalisée ont prévu de lui donner une définition qui en permettra une grande extension.

Nous allons passer en revue quelques unes de ces définitions. Nous verrons les dangers graves que recèlent certaines d'entre elles dès les textes écrits. Nous présenterons quelques notions sur les soins palliatifs.

La clarification du sujet révèle la vacuité des raisons pour l'euthanasie et montre que le but recherché par les hommes politiques est autre que de soulager les souffrances. Il est surtout de diminuer la population mondiale dans une proportion qui laisse les méfaits terrifiants des nazis et des communistes au niveau d'apprentis sans moyens.

 

Définition de l'euthanasie  

            Un flou se trouve dans les textes juridiques des pays qui traitent de l'euthanasie à laquelle des définitions variées sont données. Ainsi l'euthanasie est (on notera la dérive progressive) :

* Pour le Portugal : la mort intentionnelle d'un malade provoquée par quiconque, notamment sur décision médicale, même si cela est fait à titre de demande et/ou de compassion"[1].

* Pour le Canada : un acte qui consiste à provoquer intentionnellement la mort d'autrui pour mettre fin à ses souffrances.

* Pour le Danemark : l'assistance médicale pour abréger une vie de souffrance insupportable.

(NDLR : le vocabulaire veut cacher le crime)

* Pour la Belgique: un acte pratiqué par un tiers qui met intentionnellement fin à la vie d'une personne à la demande de celle-ci.

NDLR :  il n'est plus question de souffrance à supprimer !

* Pour le Luxembourg: l'acte de provoquer délibérément la mort d'un malade, d'une personne handicapée ou d'un nouveau-né gravement mal formé, l'acte étant posé soit à la demande expresse de la personne concernée soit sans sa demande expresse ou même contre sa volonté (...).

NDLR : il ne s'agit ni de souffrance à supprimer ni même de volonté de la victime ! On tend vers le meurtre légal prémédité.

La définition donnée par la Congrégation de la foi, dans sa condamnation de l'euthanasie, est plus concise mais les recouvre toutes :

Par euthanasie, nous entendons une action ou une omission, qui, de soi ou dans l'intention, donne la mort afin de supprimer ainsi toute douleur.

Cette définition permet aussi d'englober dans la condamnation de l'euthanasie, la mise à mort des nouveaux nés gravement mal formés. On prétend ainsi éviter à ces bébés la peine de vivre une vie fortement handicapée. Car ce point de vue criminel ôte toute dignité à l'être humain qu'il rabat au niveau de la pièce mécanique qu'on rebute quand elle n'est pas conforme.

Car l'homme a plus qu'une vie physique. Une mère donna naissance à un enfant handicapé : il lui manquait le fémur d'une de ses deux jambes, le pied se trouvait un peu au dessus du genou de l'autre. La sage femme proposa de le laisser mourir par absence de soins. La mère fut bouleversée mais refusa. Le temps passa. Les épreuves de la vie survinrent. Finalement l'homme handicapé devenu pharmacien assura la subsistance de sa famille : sa mère devenue veuve, une belle sœur veuve aussi et ses neveux.

Euthanasie active et euthanasie passive

L'euthanasie se situe nous l'avons vu, au niveau des intentions et des procédés employés. On peut distinguer l'euthanasie active ou directe (par action) de l'euthanasie passive ou indirecte (par omission).

La première consiste à "procurer directement la mort par l'administration d'un produit préparé à cette fin"[2], et cela, soit sous la demande orale ou écrite du patient ou de son représentant, soit sans sa demande. Il est supposé que cet acte met fin à la vie du patient en vue d'abréger ou de supprimer ses souffrances.

Dans le concept légal du Luxembourg on a vu qu'il est spécifié que la mise à mort peut être exécutée sur un malade, une personne handicapée ou un nouveau né gravement mal formé, l'acte étant posé soit à la demande expresse de la personne concernée soit sans sa demande expresse ou même contre sa volonté[3] (...).

Il ne s'agit déjà plus de fin de vie, de personnes âgées mais de personnes de n'importe quel âge. Le texte est discret sur «l'autorité» qui décidera «contre la volonté du patient». Il n'est pas non plus explicite sur les critères qui détermineront cette condamnation à mort.

La seconde a lieu quand il y a abstention thérapeutique, c'est-à-dire arrêt du traitement ordinaire (nourriture, hydratation) et du soin d'un patient qui peut vivre grâce à eux.

Mais quand il y a mise en œuvre de moyens extraordinaires, sans réel bénéfice pour le patient, l'arrêt des soins sera justifié et cela ne constitue pas un crime.

Euthanasie et soins palliatifs  

Le débat actuel provient pour une bonne part de la méconnaissance de certaines réalités bien identifiées, par les professionnels de la santé.

Acharnement thérapeutique : c'est-à-dire la poursuite d'un traitement disproportionné par rapport au bien qu'en retire le patient.

La distinction entre l'euthanasie et l'interruption de soins disproportionnés est essentielle. « Le médecin n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort » (art. 38 du Code de déontologie médicale) mais il a le devoir de s'abstenir d'une obstination déraisonnable.

Au lieu de maintenir un traitement qui a fait la preuve de son inefficacité, le médecin doit permettre au malade l'accès à des soins palliatifs.

Soins palliatifs : Accompagner le malade et utiliser des antalgiques pour soulager la douleur, même si cela consiste à prendre des risques parfois mortels. Le but n'est pas ici de donner la mort mais de soulager le patient.

La position catholique  

Pour ceux qui ignorent la position de l'Eglise sur l'euthanasie et l'acharnement thérapeutique, voilà ce que dit le "catéchisme de l'Eglise catholique":

N° 2278 La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C'est le refus de " l'acharnement thérapeutique ". On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l'empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s'il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayants droit légaux, en respectant toujours la volonté raisonnable et les intérêts légitimes du patient.

N° 2279 Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L'usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d'abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n'est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée. A ce titre ils doivent être encouragés

 Dire que supprimer des douleurs intolérables est la raison de mettre en œuvre l'euthanasie est une fausse raison. La médecine a fait dans les antalgiques (douleur physique) et la lutte contre les douleurs morales des progrès impressionnants.

 Par ailleurs un malade quelque soit son état physique ou mental demeure un homme qui en tant que tel a une dignité inamissible.

 


[1] N° 63 Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie, dans http://WWW.ccne-ethique.org/, p. 15.

[2]   S. MUYENGO MULOMBE, Introduction à la bioéthique, Kinshasa, 1999,p. 89.

[3]  Souligné par nous.

 
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