Rôle des médias en faveur de l'euthanasie
Comment y faire face
Dans le numéro précédent[1] nous avons montré que l'euthanasie est un projet politique malthusien majeur du mondialisme qui veut réduire la population mondiale. Nous examinons maintenant comment les médias procèdent pour nous en faire accepter l'idée. Nous esquisserons ensuite les éléments d'une action à mener pour nous y opposer.
1 Faire accepter la réduction de la population.
On peut se demander comment les politiciens, partisans d'une réduction drastique de la population mondiale, arriveront à imposer une législation sur l'euthanasie allant dans leur sens. La réponse nous est soufflée :
Demain face au vieillissement accéléré de sa population en raison de l'implosion démographique (l'effroyable crise de la natalité), la France aura besoin d'une "grande politique de la vieillesse qui se mette en place dès maintenant et progressivement en prévision de la vague déferlante des personnes âgées au début du XXIème siècle". ([2])
Ils proposeront une accélération de la contraception et de l'avortement, lesquels seront intensément propagés au point d'en faire une attitude politiquement correcte avant de l'imposer par la loi. Alors le surnombre des vieux "obligera" l'État à imposer son diktat dans ce domaine, à savoir leur liquidation. Il lui faut donc dès maintenant préparer les esprits à accepter l'euthanasie.
Pour faire passer ce message, l'idéologie de mort utilise les médias et leur puissance de persuasion. Il nous faut donc voir leur rôle dans cette affaire.
2 Les modes de (dé)raisonnements employés
Comme pour imposer l'avortement aux femmes françaises, différents artifices sont mis en œuvre pour nous faire accepter l'euthanasie et ouvrir la porte aux massacres de masse.
Ces procédés sont utilisés selon les techniques habituelles des campagnes dialectiques. L'ensemble de la manœuvre ressemble étrangement à celle qui a été mise en œuvre pour faire accepter l'avortement. Nous en rappelons le déroulement pour les plus jeunes qui n'ont pas vécu les événements et peut-être aussi pour les anciens qui les auraient oubliés.
Cinq procédés principaux sont et seront mis en œuvre pour faire accepter le principe criminel de permettre l'euthanasie, d'abord pour des cas extrêmes, avant de généraliser.
a) Masquer la réalité de l'horreur dans le vocabulaire utilisé.
b) Entretenir la confusion sur les réalités en cause ;
c) Égarer les esprits dans la complexité des situations ;
d) Monter en épingle des cas douloureux ;
e) Faire naître le doute dans les esprits.
2.1 Masquer la réalité dans et par le vocabulaire.
Les mots pour désigner cette forme de meurtre sont choisis pour masquer d'abord ou pour tenter d'honorabiliser ce crime. L'avortement avait été désigné par une périphrase, laquelle fut ensuite réduite à ses initiales : IVG
Les partisans de l'euthanasie disaient d'abord : «tuer par pitié» ou «donner la mort par amour», « ...par compassion». Mais dans toutes ces formules apparaît encore l'action volontaire d'un assassin.
Alors le camouflage a été poussé plus loin : mort douce, mort dans la dignité, mourir dans la sérénité. C'est tout juste si cela n'est pas présenté comme une mort naturelle dans la joie et le bonheur.
Mais poussé encore plus loin, le camouflage est quasi total quand on parle d'aide médicale ou humaine. On a même eu l'audace de désigner la demande d'euthanasie par les deux mots anglais : Living will, ce qui peut vouloir dire volonté vivante, ou volonté de vivre. On peut aussi les traduire : testament de vie ! On a alors complètement inversé la signification des mots.
Ignorant le sens réel des mots, les gens, même quand ils refusent l'assassinat, hésiteront, sous le matraquage de la publicité pro euthanasie, à se déclarer contre la mort dans la dignité. Ils ne comprendront pas comment on peut refuser l'aide médicale et humaine encore moins sauront-ils s'opposer à un testament de vie, parce qu'ils ont en tête le sens non trafiqué de ces mots.
Il convient donc d'être très vigilant sur le vocabulaire employé. En particulier ne pas hésiter à signaler publiquement à celui qui utilise de tels mots pour camoufler la réalité criminelle de l'euthanasie que nous le considérons comme un partisan de cette œuvre de mort. Ce sera un moyen de repérer les ennemis camouflés : la première fois on pourra penser qu'il s'agit d'une erreur, la deuxième fois ce sera une faute, la troisième, n'en doutons plus, désignera l'ennemi.
2.2 Entretenir la confusion sur les réalités.
Les personnes qui écrivent dans les revues ou qui interviennent sur les ondes traitent souvent de l'euthanasie sans donner leur définition de ce mot. Ou bien le sens qu'ils donnent à ce mot leur paraît évident ou bien ils acceptent un concept mal défini. Dans ce cas, chacun l'entend à sa façon, ce qui ne clarifie pas le débat.
Dans les forums sur Internet, on constate que les partisans de l'assassinat euthanasique font tous référence à un acharnement thérapeutique dans les douleurs atroces du patient. C'est un argument imaginaire. La médecine aujourd'hui peut soulager et même enlever la souffrance.
Un sondage sur l'euthanasie a été réalisé[3] par B.V.A. Il a entraîné une réaction du Docteur Xavier Mirabel, président de l'Alliance pour les Droits de la Vie, car les questions posées ne comportaient jamais le mot euthanasie. Il dénonce le fait qu'elles « amalgamaient à tort la notion du "caractère sacré de la vie" avec un devoir de maintenir le malade en vie à tout prix» comme si l'acharnement thérapeutique - et la douleur - étaient l'alternative obligée à l'euthanasie :
C'est toute la confusion du débat actuel : l'opinion est trompée par une peur entretenue et par la méconnaissance de ce que nous[4] sommes capables de faire pour aider les patients aujourd'hui à l'approche de leur mort. Car, si l'on considère que la vie humaine a quelque chose de sacré, on doit refuser à la fois l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie. Le premier devoir d'un médecin face à «une maladie douloureuse et irréversible», c'est de lutter contre la douleur et d'accompagner chaque moment qui reste à vivre. Ceux qui accompagnent les personnes en fin de vie savent d'ailleurs à quel point la mort naturelle survient plus souvent qu'on ne le croit lorsque le patient l'accueille.
L'urgence éthique, ... est de réfléchir collectivement à la manière de concilier les extraordinaires progrès techniques de la médecine, y compris dans les soins anti-douleur, avec les progrès non moins considérables de l'accompagnement des personnes en fin de vie, répondant ainsi aux peurs que provoque naturellement l'idée de soins disproportionnés et inhumains.
Cette distinction entre euthanasie et interruption de soins disproportionnés est essentielle. « Le médecin n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort » (art. 38 du Code de déontologie médicale) mais il a le devoir de s'abstenir d'une obstination déraisonnable.
Au lieu de maintenir un traitement qui a fait la preuve de son inefficacité, le médecin doit permettre au malade l'accès à des soins palliatifs. On le voit le dilemme n'est pas euthanasie ou acharnement thérapeutique : il y a une troisième voie, celle des soins palliatifs.
Il faut bien comprendre que le dilemme "euthanasie ou souffrance" est un piège, car il existe une troisième solution : les soins palliatifs c'est-à-dire la médication de la douleur associée à l'arrêt des traitements extraordinaires, associée aussi à un accompagnement humain.
2.3 Exploiter la complexité pour égarer les esprits.
Même pour les médecins qui connaissent bien la situation de leur patient, il est, dans certains cas, délicat de déterminer si telle décision est un refus d'acharnement thérapeutique ou un acte d'"euthanasie passive[5]" par manque de « combativité » contre la maladie. La compétence du médecin et son évaluation de la situation sont les seuls garants possibles de la décision prise alors. Ce qui veut dire que pour le vulgaire, informé(?) par la télévision, il sera facile de faire passer l'un pour l'autre en vue de lui faire accepter la loi de mort.
Comme l'écrit Grégor Puppinck le président du CFJD [6] :
Nombre de médecins sont confrontés à la détermination de la frontière parfois ténue entre euthanasie et souci de ne pas tomber dans l'acharnement thérapeutique, sans faire d'ailleurs réellement la distinction entre acte euthanasique et abstention thérapeutique, et croyant le plus souvent accomplir un acte euthanasique.
Cela veut dire que le corps médical sera particulièrement visé par la propagande de mort et les médecins guettés par les partisans de l'euthanasie car il importe en effet de leur faire accepter de devenir exécuteurs (bourreaux). Certes nos ennemis y sont arrivés pour l'avortement, mais, heureusement, la réticence des médecins devient de plus en plus forte devant l'horreur des avortoirs. Pourtant, parce que le péché facilite la rechute dans le péché, les partisans de la culture de mort espèrent une moindre résistance de la part de ces médecins.
Par contre les sanctions qui visent l'homicide volontaire seront sûrement appliquées férocement le jour où un médecin honorable et hostile à l'euthanasie aura fait une apparente erreur d'appréciation, (car la frontière peut éventuellement être discutée parce qu'elle est ténue, rappelons le) il déchaînera contre lui une énorme campagne de presse en vue de créer l'insécurité de tous ses confrères et leur ralliement de fait à la légalisation de l'euthanasie. Une sorte d'affaire Perruche dont on a vu l'impact sur les laboratoires d'échographie.[7]
2.4 Faire naître le doute dans les esprits.
Pour détruire les convictions, les techniques de conditionnement commencent par insinuer le doute sur leur validité. Dans le cas de l'euthanasie trois stratégies sont mises en œuvre :
La première : « ça se discute »
... On habitue les esprits à concevoir que ce qui était un absolu soit, de gré ou de force, quelque chose de relatif - c'est toute la technique de la dynamique de groupe qui est appliquée à la manipulation de 1'opinion publique.
(M. Clément, cité par AFS n°61 oct. 1985)
Les débats publics organisés sur l'euthanasie parce que « ça se discute », sont un mode puissant de conditionnement des esprits : ils contribuent par leur titre même à faire considérer comme légitime l'expression de points de vue en faveur du crime qui tue des innocents. Ouvrir ou accepter un tel débat est perçu comme la mise en doute de la validité du refus de l'euthanasie. C'est donc un gros handicap pour ceux qui y défendent la vie.
Ce procédé est appliqué au Canada de la manière suivante : le Gouvernement du Québec annonce, pour l'automne prochain, une consultation itinérante sur la question du "droit à l'euthanasie et au suicide assisté". Pour le ministre de la Santé "C'est une question complexe et les avis sont partagés, mais je pense qu'il y a un consensus, c'est que tout le monde veut mourir dignement et que leurs proches meurent dignement.[8] Maintenant, il faut voir les façons de faire et arriver à améliorer la situation des gens". Il dit aussi : "Je ne pense pas qu'il y ait de risque à entreprendre une réflexion".[9]
La deuxième stratégie : « le cas tordu »
La presse donne un exemple où la personne qui a provoqué la mort raconte son crime en disant que d'un certain côté elle le regrette mais pas complètement ; qu'elle n'est pas sûre d'avoir bien agi, etc. Le oui et le non seront imbriqués, sur fond de tartufferie jouant sur les émotions et les sentiments. Un exemple caractéristique de cette démarche est donné dans la rubrique Rebonds du journal Libération. [10]
Cyril Rojinsky, avocat, ... explique qu'il a euthanasié son père en phase terminale d'un cancer du poumon. Selon les médecins, cet homme n'avait plus que 48 heures à vivre mais c'était pour lui intenable. Il s'interroge sur cette décision : "Etait-ce la bonne ? Encore aujourd'hui je n'en sais trop rien". "Mon père ne m'a absolument rien demandé. J'ai décidé à sa place, sans qu'il ait eu la possibilité matérielle d'accepter ou de refuser ce que j'allais faire". Pourquoi un tel acte ? "Me suis-je épargné moi-même la souffrance extrême de voir mon père, que j'adorais, dans un tel état pour encore 48 heures ? N'était-ce pas pour en terminer avec ma propre souffrance plutôt que pour faire cesser la sienne". En tant qu'avocat, Cyril Rajinsky le sait : "l'euthanasie est l'une des infractions les plus graves, si ce n'est la plus grave qui soit. Il s'agit d'un attentat, d'un meurtre prémédité". C'est pour cela qu'il affirme : "l'euthanasie doit rester une transgression" :
"L'euthanasie doit rester un illégalisme, même si cet illégalisme n'est finalement pas sanctionné, même s'il y a sursis ou dispense de peine à l'issue d'un débat judiciaire".
En somme cet avocat sait qu'il a commis une infraction la plus grave qui soit (Il s'agit d'un attentat, d'un meurtre prémédité qui plus est, sur son propre père)... Pour lui ce meurtre prémédité sur une victime qui n'a absolument rien demandé doit rester sans sanctions légales. Et il reconnaît que «cela doit rester un illégalisme». Il ajoute «même si cet illégalisme n'est finalement pas sanctionné.»
Admirons cette tartufferie ! On peut difficilement aller plus loin que cela dans la reconnaissance légale du crime. Sauf à le subventionner, comme on l'a vu pour l'avortement.
On constate encore une fois qu'on a largement dépassé le stade de l'euthanasie implorée (où il s'agirait de "satisfaire" une demande formelle) et qu'on en est à l'euthanasie imposée à la victime, au meurtre prémédité.
Ce qui est très intéressant pour des héritiers pressés de ramasser l'héritage.
Signalons enfin que cet assassinat reconnu publiquement par le meurtrier n'a, à ma connaissance, pas fait l'objet d'une poursuite judiciaire de la part d'un parquet toujours attentif à poursuivre les moindres semblants d'atteintes à la loi sur le racisme (sauf naturellement s'il s'agit de racisme anti-français).
On a, là, un témoignage de la volonté politique de laisser s'installer l'euthanasie.
La troisième stratégie : l'attitude pro euthanasie est suggérée.
Une suggestion discrète crée aussi le doute. Un exemple : La Croix (14 juin 1996) rend compte de la première rencontre à Prague des médecins catholiques de l'ouest et de l'est de l'Europe. On y lit que le secrétaire général du Centre catholique des médecins français, le docteur Marc Bost, constate ceci :
Nous avons en effet constaté un décalage. Car, si nous avons les mêmes interrogations, j'ai le sentiment qu'en France, en Allemagne, en Belgique ou aux Pays-Bas, nous sommes en avance sur les réponses à apporter. De nombreux médecins catholiques de l'Est apparaissent obsédés par les thèmes de la contraception, de l'avortement et de l'euthanasie, auxquels ils opposent un triple "niet" sans nuances. Concernant les soins palliatifs, certains les confondent avec une forme d'euthanasie, ou parlent encore de douleur rédemptrice.
... Je pense qu'en fin de compte, c'est notre conscience qui doit primer. [11]
Marc Bost se dit médecin catholique. Il dit qu'il est en avance pour prendre une position qui, de fait, est en retrait sur le "niet" catégorique que le catholique doit opposer à la contraception, à l'avortement et à l'euthanasie. Par ailleurs il entretient la confusion entre soins palliatifs et euthanasie. Il prétend que des médecins catholiques pourraient légitimement faire le choix de l'euthanasie. Il y a tromperie volontaire sur l'étiquette catholique : Evangelium Vitæ, de Jean Paul II, rappelle qu'il s'écarte ainsi de la foi catholique. Ce que ne laisse naturellement pas entendre le journal La Croix (sans croix).
3 Les techniques utilisées
Ces modes de déraisonnement sont utilisés selon les techniques habituelles des campagnes dialectiques. Les plus évidentes sont :
le grossissement et la dramatisation
appuyés par l'orchestration des médias
pour répéter jusqu'à l'écœurement,
des raisonnements simplistes et globalisants.
3.1 Grossissement et dramatisation
On grossira et on dramatisera ce qui va dans le sens de l'acceptation du crime, on taira ou minimisera ce qui sera contraire aux buts criminels de l'opération. Comme l'a écrit J. M. Rudent dans l'éditorial du numéro 169 de l'AFS :
Le cas de Vincent Humbert[12]
Marie Humbert prend la stature d'une héroïne nationale « pudique, digne, fragilisée » bientôt persécutée par une justice aveugle et impitoyable. Elle est « jetée au cachot ». On sent bien que l'on n'est pas loin des cages de fer de Louis XI.
Le Bulletin d'André Noël relève, dans le Quotidien du Médecin un texte dont il faut mesurer le poids et la gravité :
À la fin, ces dernières semaines, ces derniers jours, la médiatisation galopante a fini par faire baisser les bras à l'équipe. Tous ses efforts paraissaient avoir été mis en échec. Le plan média était tellement énorme et bien orchestré que les médecins ont eu très vite «l'intime conviction» qu'un mouvement expérimenté dirigeait de l'extérieur les opérations»
Et les médecins se posent même la question : Etaient-ils réellement libres dans leur choix ou victimes seulement de manipulateurs profitant de leurs fragilités respectives ? [13]
Des cas montés en épingle.
Ce procédé n'est pas nouveau.
l C'est ce que nous avons vécu avec l'affaire Humbert. On a pu constater que la presse joue sur les sentiments. Il est donc tout à fait probable que l'on nous présentera d'autres cas de manière à les rendre bien émouvants.
l Mais d'ores et déjà la dérive assassinat est bien là comme le montre l'affaire Malièvre, infirmière qui avait reconnu, dans un livre signé par elle, avoir tué plusieurs de ses malades. Au cours de son procès, l'infirmière a présenté ses excuses aux parents de ses victimes. Elle prouvait ainsi que ses actes n'étaient sollicités ni par les victimes ni par leur famille.
On en est à l'euthanasie imposée à la victime, en bon français, au meurtre prémédité.
l Un autre procès, traité plus discrètement par la presse, présente un cas semblable :
Elie Bendayan, 70 ans, est un ancien policier. Sa femme est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Pendant quatre ans, il la soigne, avec amour dit sa famille. Puis, déchiré dit-il par la souffrance de son épouse[14], il l'emmène se promener et l'abat de plusieurs coups de revolver. Il s'est acharné, dit-il, pour ne pas courir le risque de laisser sa femme en vie. Là aussi la victime n'a pas demandé l'euthanasie, et son mari ne lui a laissé aucune possibilité de le désavouer. Au cours du procès, M. Bendayan a fait valoir que, loin d'avoir commis un crime, il avait accompli un "acte d'amour"(!).
On en est à l'euthanasie imposée à la victime, en bon français, au meurtre prémédité.
Un jury et un avocat général indulgents
En cour d'assises, l'avocat général, tout en se déclarant "embarrassé" par cette affaire, déclare que, aussi profonde que fut la douleur de M. Bendayan, personne n'a le droit de mettre fin aux jours d'autrui, même au nom de l'amour. Et réclame trois ans de prison ferme.[15]
Les jurés ont cru à la sincérité de l'ancien policier. Ils n'ont pas suivi les conclusions de l'avocat général et se sont contentés d'une peine de deux ans avec sursis.
La sentence du jury de M. Bendayan a quelque chose de profondément subversif. Les jurés ont admis que la notion de "crime d'amour" serait absolutoire. Ils ont admis qu'il y a des morts, même violentes, qui représenteraient un soulagement... au moins pour celui qui l'a donnée.
Comme il ne sera pas possible de multiplier les cas, le retentissement donné sera d'autant plus intense dans les journaux.
3.2 L'orchestration des moyens
Par l'orchestration, un maximum de médias donnent de la voix ensemble sur le même thème. Ce n'est ni une nouveauté ni une prédiction. L'orchestration a été visible.
Une coïncidence qui pose question.
La mort de Vincent Humbert - mal tué par sa mère et achevé par le médecin - a été réalisée et rendue publique la veille même (quelle "heureuse" coïncidence) de la publication du livre dont ledit Vincent aurait été l'auteur : ce fut une excellente publicité !
Cela s'est produit en fin de semaine et dès le lundi suivant, sans qu'il y ait eu une quelconque modification de la programmation, les télévisions et les radios donnaient des émissions sur l'euthanasie.
Le chœur des médias
Les médias ont pratiqué ensuite ce que l'on appelle en terme technique un «matraquage publicitaire».
Les débats publics organisés pour que «ça se discute», seront alors l'occasion de faire parler "un défilé des psychologues et médecins en loges"[16]. Ils auront en face d'eux un plastron d'idiots utiles ou de complices dont le rôle sera de ridiculiser les positions adverses en soutenant de faux arguments.
3.3 La répétition
Pendant ce temps et en attendant que les esprits soient bien déboussolés, la presse va ressasser des mots inventés pour rendre l'euthanasie plaisante.
On va parler de «respecter la liberté» des intéressés. Constatons d'abord que l'on n'a pas respecté la liberté de la victime :
ni celle du père de M. Rajinsky,
ni celle des victimes de Christine Malièvre,
ni non plus celle de l'épouse Bendayan.
Le téléspectateur, qui n'a pas de mémoire, s'en est-il seulement rendu compte ? Il gobe tout ce qui lui est "enfoncé" dans le crâne.
Selon Lucien Neuwirth : "On doit pouvoir faire de la mort un acte responsable. C'est la seule forme de liberté que nous ayons en face d'elle". Transposons : devant un ennemi, la seule forme de liberté serait de se remettre en son pouvoir ! Pour nous au contraire la seule forme de liberté devant la mort est de la retarder et non de l'avancer.
On va parler de "mort dans la sérénité" : c'est ce que prétend prouver le cas de madame Jospin :
Rédigé par sa famille, l'avis de décès de Mireille Jospin, mère de l'ancien Premier ministre, ne laisse aucune ambiguïté sur son choix de mourir. « Mireille Jospin-Dandieu, sage-femme, veuve de Robert Jospin, membre du comité de parrainage de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a décidé dans la sérénité de quitter la vie, à l'âge de 92 ans, le 6 décembre 2002 », est-il écrit.
Mais "Rien ne permet de comprendre les raisons de son acte ni de savoir la manière dont il a été effectué." [17]
Et ce n'est pas Mireille Jospin qui nous renseignera.
On va parler de "mourir dans la dignité" comme si un mourant perdait de ce fait sa dignité d'homme ou de femme. [18]
Cette expression tendancieuse des partisans de l'euthanasie est celle qu'utilise le ministre de la santé du Canada. Pourtant, même les malades les plus atteints dans leur intégrité physique ou morale restent des êtres humains à part entière. Le premier devoir du médecin est « d'abord ne pas nuire, ensuite soigner ». Cette éthique est indispensable car fondée sur la «nécessité inhérente à la nature humaine».
Sinon, ce concept de (in)dignité permettrait l'euthanasie d'un athée militant qui, sentant venir la mort «perdrait sa dignité» en réclamant l'assistance d'un prêtre[19].
Il pourrait aussi être appliqué à un malheureux dont l'indifférence religieuse lui apparaît pour ce qu'elle est : une grave imprudence en ce qui regarde son salut éternel. Pour qu'il garde sa dignité, vite euthanasions le avant que le prêtre ne le réconcilie avec Dieu.
Il pourrait enfin être appliqué à un opposant politique dont les prises de positions sont telles "qu'il en a perdu toute dignité"... Les communistes avaient inventé l'hôpital psychiatrique pour les déviants. On n'arrête pas le progrès !
4 Une propagande vraiment diabolique
La diffusion des idées de mort est assurée par une propagande vraiment diabolique. Elle s'adapte aux conditions des différentes parties de la population, dispose d'énormes moyens, d'organisations nombreuses et puissantes car subventionnées aussi par les États et les puissances financières. La propagande se fait par les journaux, les revues, le cinéma, la télévision, la radio, dans les écoles[20] et dans les universités. Elle envahit tous les milieux même les meilleurs, espérant que le poison pénètrera insensiblement et toujours davantage les esprits. Pie XI avait employé de tels termes au sujet de la propagande des régimes communistes[21] qui ont fait mourir les hommes par dizaines de millions.[22]
La méthode n'a pas changé. Le but non plus ! Si, en pire ! Il s'agit maintenant de milliards d'hommes à faire mourir.
5.1 La puissance des médias n'est pas invincible
Nous ne pouvons rester sans rien faire. Il semble dérisoire de vouloir s'attaquer aux idées propagées par les médias car leur puissance est bien supérieure à celle d'une personne isolée. Il est quand même important de savoir que le bouche à oreille, multiplié par les réseaux Internet, peut faire mieux que les médias. Quand on clarifie les idées (ce dossier est fait pour cela) et si, dans les interventions, on donne à ses interlocuteurs les bons arguments (ceux qui répondent à leur attente) on obtient un grand résultat : cette personne va être à son tour un agent de transmission de la bonne parole. Et la diffusion des idées se fera de manière extrêmement efficace par les différents réseaux Internet qui seront mis en jeu. Les personnes touchées se multiplient selon une progression géométrique. Rien que par le bouche à oreille déjà, la rumeur a pu, en Russie soviétique, faire échec à la propagande communiste. Notre situation est nettement plus favorable, nous serions inexcusables de ne pas parler, de ne pas enseigner.
Nous avons aussi, pour nous guider, de merveilleux exemples de dévouement qui montrent le respect de la vie humaine même handicapée. Retenons-les.
5.2 Connaître la propagande pour la combattre
Il nous faut connaître l'ennemi. Nous devons donc relever, dans ses nombreuses publications, les thèmes développés, les méthodes mises en œuvre pour nous faire gober leur message (et, en même temps, nous détourner de la bataille contre l'avortement dans laquelle nous commençons à noter une évolution favorable de l'opinion). Nous relèverons même les mots utilisés.
Un premier exercice pratique consistera à regarder la télévision[23], à écouter la radio, à lire le journal avec un œil et une oreille renouvelés. Relevez les arguments de l'adversaire et préparez vos réponses car vous retrouverez ces mêmes bêtises dans les conversations courantes.
Etudiez aussi les documents de l'AFS de manière à en maîtriser le contenu et à être capables de répondre à vos interlocuteurs : réfutez les slogans et les mensonges, levez les ambiguïtés du vocabulaire...
Pensez aussi aux personnes qui s'occupent avec dévouement de malades gravement atteints. Cherchez à les rencontrer, interrogez-les. Donnez-leur l'occasion d'apporter leur témoignage. Leur apport, toujours enrichissant, vous permettra d'illustrer vos prises de position.
Pour ce combat, il importe d'avoir et de garder les idées claires et, inlassablement, de rappeler les saines notions aux victimes du matraquage de la propagande pour la mort.
Entrez alors, dans les conversations, avec calme et douceur mais aussi avec hardiesse, rétablissez les faits et donnez l'enseignement de l'Église et de la loi naturelle. Malheur, disait Bossuet, à la connaissance qui ne pousse pas à aimer. Et c'est faire œuvre de miséricorde spirituelle que d'éclairer vos interlocuteurs sur les pièges qui leur sont tendus.
Après une discussion, faites le point sur vos interventions : les arguments qui ont marqué, ceux qui n'ont pas eu d'impact et pourquoi. Quelles améliorations apporter à vos interventions
Incitez ceux qui seront réveillés par votre parole, à se faire vos alliés dans cette action.
5.3 La conscience catholique
Il nous paraît important de souligner ici l'observation faite par le Dr X. Mirabel sur le sondage BVA cité dans zenit :
Le sondage se focalise sur les catholiques qui sont plus réticents à l'euthanasie que le reste de la population : c'est sans doute qu'ils sont davantage conscients de la gravité de la transgression que constitue le fait d'administrer délibérément la mort. Car l'Église catholique n'a cessé de montrer que l'euthanasie était à la fois la conséquence d'une pitié mal comprise et la porte ouverte à de terribles dérives totalitaires.
C'est que la conscience catholique de la destinée transcendante de l'homme comme de la gravité des péchés d‘avortement, d'euthanasie et de contraception artificielle, est le principal obstacle aux lois de mort qui déshonorent notre pays. Ce sondage, qui ne clarifie rien, est en fait un outil de la propagande contre l'opposition non seulement des catholiques pratiquants mais de tous ceux qui sont encore marqués par leur foi ancestrale.
Car l'homme est bien plus qu'une vie physique : une mère donna naissance à un enfant handicapé. Il lui manquait le fémur d'une de ses deux jambes dont le pied se trouvait donc un peu au dessus du genou de l'autre. La sage femme proposa de le laisser mourir par absence de soins. La mère fut bouleversée mais refusa. Le temps passa. Les épreuves de la vie survinrent. Finalement l'homme handicapé devenu pharmacien assura la subsistance de sa mère et d'une belle sœur, toutes deux veuves, et celle de ses neveux.
C'est pourquoi il est important que nos amis étudient ce dossier et prennent la parole pour relever et signaler les amalgames, rectifier les erreurs, éclairer les cerveaux troublés.
Cette étude sur les procédés que vont employer (qu'emploient déjà) les criminels qui veulent légaliser l'euthanasie, doit les réveiller et renouveler leur volonté de combattre une loi qui déshonorerait notre pays comme elle a déshonoré l'Allemagne Nazie. Ce faisant ils participeront efficacement à la bataille pour la vie.
Que Dieu nous soit en aide dans ce combat pour le respect de l'ordre voulu par Dieu contre la puissance des Ténèbres.
André Frament
[1] Cf. : AFS n° 206
[2] cf. : Evelyne SULLEROT - Rapport au Conseil Economique et Social. (J.O. n°15 du 10 Août 1978). Cité par AFS n° 24
[3] Cf. Zenit en français (27/10/2003 n°6), sondage réalisé par BVA.
[4] C'est un médecin qui parle.
[5] On emploie euthanasie passive quand il y a abstention thérapeutique, c'est-à-dire arrêt du traitement ordinaire (nourriture, hydratation) et des soins pour un patient qui pourrait vivre grâce à eux. Mais quand il y a mise en œuvre de moyens extraordinaires, sans réel bénéfice pour le patient, l'arrêt de ces soins est justifié et cela ne constitue pas un crime.
[6] Le CFJD est le Centre Français pour la Justice et les Droits fondamentaux de la personne humaine (CFJD) 4 quai Koch 67000 Strasbourg ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )
[7] Pour illustrer aussi ce fait, le bulletin d'André Noël, signale qu'un directeur de maison de retraite est poursuivi pour homicide involontaire parce qu'une pensionnaire est morte de la canicule. Parmi les motifs de la mise en accusation on lit : n'est pas revenu de vacances pendant cette période.
[8] Il utilise lui aussi des expressions ambiguës pour ne pas dire menteuses.
[9] Canoë (Rémi Nadeau) 03/12/09, cité par Généthique.org
[10] Cf. : www.genethique.org ; Cité par ZENIT.org Mardi 30 septembre 2003
[11] Cité par AFS n° 128 pages 72 et 73
[12] Vincent Humbert, paralysé des quatre membres, a été empoisonné par sa mère et achevé par le docteur qui le « soignait »
[13] Bulletin d'André Noël n° 1880 page 2. Mais tout l'article mériterait d'être lu et étudié. Pour s'abonner s'adresser au 23, rue Paul Vaillant Couturier 94700 Maisons Alfort. (le numéro 1,6 €).
[14] Finalement c'est le policier qui ne supporte pas sa propre souffrance. Faut-il alors l'euthanasier ?
[15] Pour un homicide avec préméditation, la sanction demandée est plus que légère. Volonté politique de minimiser la gravité de l'euthanasie.
[16] Jean Michel Rudent éditorial du n° 169 de l'AFS
[17] Stéphanie Hasendahl, Le Quotidien du Médecin du 10-Déc-2002
[18] Cf. : L'article de Grégor Puppinck dans http://www.evangelium-vitae.org/documents/3017/archives/divers/euthanasie-fautil-legiferer-.htm
[19] On dit que ce serait un cas prévu : à la mort d'un des leurs, les Frères maçons ont mission d'interdire la visite du mourant par un prêtre.
[20] Le Mémorial de Caen organise depuis (1998) en direction des lycéens, un concours national sur les droits de l'Homme. Trois élèves du lycée de la Côtière de La Boisse ont été sélectionnés pour participer à la finale régionale se déroulant à Lyon. Même si "Pour une dignité devant la mort", leur plaidoirie sur l'euthanasie n'a pas retenu les faveurs du jury, Marie-Caroline Grimaud, Émile Livert et Christophe Grousson-Mabillon ne regrettent pas cette expérience enrichissante sur le plan personnel. (Archives personnelles)
[21] In l'encyclique Divini Redemptoris
[22] Cf. : Le livre noir du communisme (Poche) de Stéphane Courtois (Auteur), Nicolas Werth (Auteur), Jean-Louis Panné (Auteur), Andrzej Paczkowski (Auteur).
[23] Si, hélas, vous l'avez.





