Deux analyses complémentaires
de la proposition de loi du Senat
autorisant l’euthanasie
• Analyse du bulletin SOS Tout Petit Actualité[1] de février 2011
Nouvelle offensive parlementaire au mois de janvier 2011 pour légaliser l'euthanasie. Depuis la loi Léonetti, votée en 2005, tous les ans l’ADMD, (association pour mourir dans la « dignité ») de Mr Roméro et ses épigones, monte à l'assaut des parlementaires pour faire « voter la mort », comme en 93...
L'offensive fut cette fois plus sérieuse car le 18 janvier la commission des affaires sociales du Sénat avait adopté, par 25 voix contre 19 et 2 abstentions, un projet de loi visant à autoriser: «... une assistance médicalisée permettant par un acte délibéré une mort rapide et sans douleur. » Asticoté par les électeurs, une partie du corps médical et même le Conseil de l'Ordre, les évêques, les internautes, les associations pro-vie, le monde politique - un peu gêné tout à coup - a rapidement compris qu'il fallait faire marche arrière. De Bernard Kouchner à Bernard Debré, de Ségolène Royal à François Fillon, tous, avec plus ou moins de vigueur, s'élevèrent contre le projet, qui fut retiré purement et simplement.
Il faut souligner que parmi les associations pro-vie l'ADV (Alliance pour le Droit à la Vie) a réussi un coup de maître le 25 janvier, jour de la discussion du texte, en organisant devant le Sénat une mise en scène singulièrement éloquente, avec 700 participants enveloppés de linceuls blancs, allongés sur le pavé du roi..., et frappés en cadence par un personnage tout de noir vêtu : la Mort avec sa faux ! Sur les pancartes brandies par « les linceuls », des slogans d'une simplicité biblique : « SOIGNER N'EST PAS TUER ». Des images fortes qui ont fait le tour de France, et même au delà.
Deux conclusions pour l'instant :
1) « Le désespoir en politique est une sottise » (Ch. Maurras). Une résistance pugnace fait basculer les hésitants. La puissance des réseaux internet modifie les rapports de forces : à nous d'en profiter.
2) Il faut rester vigilant, car rien n'est joué. La vie humaine - à ses deux extrémités - est toujours menacée en permanence. Par idéologie.
• Analyse du Bulletin d’André Noël du 31 janvier – 6 février 2011
Nous évoquions la semaine dernière la proposition de loi sénatoriale autorisant l'euthanasie. Le premier ministre s'est prononcé contre et le Sénat a refusé le texte ; il n'ira donc pas sur le bureau de l'Assemblée nationale. Alors ? Tout est-il bien qui finit bien ? Fausse alerte ? Nullement. Les sénateurs et le lobby maçonnique qui les soutient n'ont jamais cru que leur proposition serait adoptée sans faire de vagues à quelques mois de la présidentielle. Le but, d'ailleurs, n'était pas là...
Les tenants de la « culture de mort » savent que ce sera une longue marche, comme ce fut le cas pour l'avortement. Il faut ménager les étapes. La première - déjà franchie - est celle-ci : que la question ait le statut de débat. Le refus de cette mise à mort n'est plus un impératif moral intouchable, un élément de la loi naturelle - Tu ne tueras point - mais une simple opinion, à laquelle on peut donc valablement opposer une autre opinion. (…)
La proposition de loi ne visait pas d'abord les membres du Parlement mais avant tout l'opinion.





