L'intolérance sectaire des laïcistes
À Laval (Canada) les personnes présentes dans la salle du conseil municipal devaient se tenir debout pendant que le président récitait la prière suivante :
Daignez, Seigneur, nous vous en supplions, nous accorder votre grâce et les lumières nécessaires pour la conduite de notre assemblée et la bonne administration de notre ville. Amen ! -
Choquée par ce rituel religieux, une citoyenne lavalloise a porté plainte en 2001. Trois ans plus tard, la Commission des droits de la personne a interdit cette pratique, en vigueur depuis 1965.
En septembre dernier, (2009) le Tribunal, devant qui avait été portée l'affaire, s'est rendu aux arguments du Mouvement laïque du Québec (MLQ), qui avait déposé une plainte au nom de Danielle Payette, statuant lui aussi que la prière devait cesser. Le tribunal a jugé qu'une telle pratique portait atteinte « de façon discriminatoire au droit à la reconnaissance et à l'exercice de la liberté de religion et de conscience » des citoyens.
Examinons ces faits avec du recul.
Il y a des hommes et des femmes capables de comprendre que les merveilles et l'immensité de l'Univers manifestent l'existence d'une puissance inimaginable, infinie, et d'une intelligence extraordinaire puisque les milliers de savants peinent laborieusement à les comprendre. Ces hommes et ces femmes reconnaissent que seul Dieu peut être l'auteur de ce merveilleux et gigantesque ouvrage. Ils veulent donc lui demander son aide. Et cette aide lui est demandée pour le bon déroulement des travaux du conseil et la bonne administration de la ville. Cet objectif est pour le moins très honorable.
Par ailleurs, les termes de cette prière faite au conseil municipal ne peuvent choquer aucune religion. Toutes peuvent les reprendre littéralement à leur compte.
Garder une tenue digne pendant les quinze secondes (!!!) que dure la prière ne peut pas être considéré comme une atteinte à la liberté de conscience des incroyants, mais seulement comme leur marque de respect des croyants ; un accommodement raisonnable[1] (pendant quinze secondes !!) en somme ;
Ceux qui ne sont pas capables de comprendre les puissantes leçons que donnent la grandeur et la beauté de la nature, ne peuvent donc pas parvenir à reconnaître l'existence de Dieu. Si pour eux Dieu n'existe pas, les quinze secondes de silence que leur demandait la prière du Président peuvent cependant leur permettre de se remémorer - dans une rapide retour sur eux-mêmes - que les responsables politiques (municipaux en l'occurrence) doivent chercher à réaliser le bien commun.
Alors pourquoi portent-ils plainte ?
Leur plainte serait-elle due au fait que leur emploi du temps est si chargé qu'ils ne peuvent même plus s'arrêter quinze secondes ?
Il faut alors qu'ils sachent qu'ils sont déjà proches de la dépression nerveuse, et ces quinze secondes leur permettraient de reprendre (un peu) haleine.
Citoyen de la ville je n'aimerais pas voir les problèmes qui me concernent traités à la course par des personnes à la limite de perdre les pédales et dépassées par des événements qu'elles ont du mal à suivre. Si l'on n'est pas à la hauteur d'une tâche pour laquelle on a été élu ou choisi, l'honnêteté intellectuelle demande que l'on donne sa démission.
Ils ne croient pas à la valeur de la prière ?
Cela les regarde. Ils ne sont pas obligés de la dire. Il est difficile de nous faire croire que quinze secondes de paroles - qu'ils imaginent sans effet - puissent leur causer un préjudice quelconque, car cela leur attribuerait une influençabilité pathologique. Pourraient-ils alors gérer les affaires de la Cité ?
Pourquoi donc sentiraient-ils agressés ?
On n'ose imaginer qu'ils auraient une telle conscience de leurs malversations ou de la perversion de leurs objectifs que passer quinze secondes à penser à la recherche du bien de la cité, leur paraîtrait insupportable, intolérable.
Ou alors, ils nous contraignent d'envisager une dernière explication : ils ont, dans leur laïcisme une quasi religion qui leur demande la haine des autres religions et en particulier de la catholique. Ils seraient donc sectaires et intolérants ? Nous sommes obligés de répondre par l'affirmative, jusqu'à preuve du contraire
Quant à nous, catholiques, nous savons, depuis plus de 2000 ans, que cette haine existe, comme l'ont montré les persécutions incessantes qui ont attaqué et qui continuent d'attaquer l'Église Catholique dans le vain espoir de la détruire. Et le Christ nous a prévenu : « le disciple n'est pas plus grand que le maître, ils vous haïront comme ils m'ont haï » Nous prierons donc pour que Dieu les éclaire et les convertisse.
André Frament
[1] L'expression « accommodement raisonnable » est une expression canadienne pour définir l'attitude de tolérance à une religion dans le cadre d'une législation qui se veut laïque et prétend respecter toutes les religions.





