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Home Doctrine sociale La doctrine sociale dans la crise doctrinale actuelle Comment se présente la question de la doctrine sociale

Comment se présente la question de la doctrine sociale

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Comment se présente aujourd'hui dans l'Eglise

la question de la doctrine sociale ?

  

Sommaire

 

●         Doctrine sociale : que faut-il entendre par là ?

●         Eléments fondamentaux de la doctrine sociale catholique

●          L'expression « doctrine sociale de l'Église » - Les deux doctrines ainsi désignées aujourd'hui (ici     appelées DSE1 et DSE2)

●         Caractéristiques de la doctrine DSE1 (textes pontificaux de Léon XIII à Pie XII)

●         Caractéristiques de la doctrine DSE2 (textes conci-liaires et pontificaux de Jean XXIII  à Jean-Paul II)

●         Une certaine confusion

●         Conclusion

●                     Annexe I : Rapports entre l'homme et la cité - Rappel doctrinal

●                     Annexe II : Rapports entre l'homme et la cité - Sur un texte de saint Thomas souvent utilisé dans un sens personnaliste

 

La crise doctrinale dans l'Église - crise d'autant plus grave que beaucoup de fidèles se comportent comme si elle n'existait pas - a particulièrement affecté le domaine de la doctrine sociale.[1] Sur cette question, deux livres relativement récents apportent un bon éclairage : La révolution copernicienne dans l'Église de Jean Madiran (2002) [2] et le Compendium de la doctrine sociale de l'Église du Conseil pontifical Justice et Paix (2004).[3]

Des déclarations faites par Benoît XVI, au cours des derniers mois, sur la liberté religieuse[4], sur la laïcité[5], sur les droits de l'homme [6] rappellent l'actualité de cette crise et nous conduisent à faire le point sur le sujet.

 

● Doctrine sociale : que faut-il entendre par là ? 

Une doctrine sociale traite de la vie des hommes dans les sociétés qu'ils forment (de la famille à l'Etat en passant par les corps intermédiaires). Elle expose les droits et les devoirs de la vie sociale ; elle précise les règles à respecter et les moyens à mettre en œuvre pour que soit établi, de façon stable, un ordre social déterminé.

S'il s'agit de l'ordre social chrétien, la doctrine correspondante s'appelait autrefois droit public chrétien.[7] Aujourd'hui diverses désignations sont utilisées : morale sociale chrétienne [8], doctrine sociale catholique [9], doctrine sociale de l'Église.[10]

Son importance a été ainsi soulignée par Pie XII :

De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines dépend et découle le bien ou le mal des âmes... Vous, conscients et convaincus de cette responsabilité sacrée, ne vous contentez jamais, au fond de votre âme, d'une médiocrité générale des conditions publiques dans laquelle la masses des hommes ne puisse, sinon par des actes de vertus héroïque, observer les divins commandements, inviolables toujours et dans tous les cas.[11]

 

● Eléments fondamentaux de la doctrine sociale catholique

Si l'on se réfère à « l'ordre immuable des choses que Dieu a manifesté par le droit naturel et la Révélation »[12], la doctrine sociale catholique comprend comme éléments fondamentaux :

- Une partie connue par la Révélation, appelée théologie politique (exemples : la doctrine de la royauté sociale de Notre Seigneur - la doctrine sur les rapports entre l'Église et l'Etat)

- Une partie connaissable par la raison, appelée science politique (exemples : les principes de subsidiarité et de totalité, l'organisation par corps de la société). [13]

Rappelons ce qui a été dit, dans l'article « Aristote au Mont Saint Michel » (AFS n°198 - Août 2008), sur l'existence et la nécessité de la science politique, telles qu'elles sont précisées par Saint Thomas d'Aquin :

- Premier argument :

« La cité se présente comme l'œuvre maîtresse parmi les produits de la raison. » [14] et également « La raison humaine ne doit pas seulement pouvoir disposer des matériaux qui s'offrent à son usage ; elle doit encore disposer des hommes eux-mêmes, en tant qu'elle les gouverne. »[15]

- Deuxième argument :

Puisque la cité est un « tout » (hoc totum quod est civitas), son étude si elle est bien menée dégagera des jugements universels et permanents sur la politique, autrement dit développera une science politique.

- Troisième argument :

Il s'est révélé nécessaire à l'achèvement de la philosophie d'élaborer sur la Cité une doctrine appelée science politique. La science politique sera nécessairement une science architectonique.[16]

La science politique, part essentielle de la philosophie, est donc une science pratique dont les éléments sont tirés de l'expérience. Comme il s'agit de philosophie, la référence majeure en la matière est celle de saint Thomas d'Aquin, le docteur commun que l'Église considère comme le prince des philosophes.

Comment caractériser de façon plus précise cette science politique qu'on peut qualifier de thomiste et de traditionnelle ? Par son histoire.

Avant d'être formulée, la science politique fut vécue par les princes chrétiens ; au treizième siècle elle fut explicitée par saint Thomas d'Aquin ; dans les temps modernes, elle fut développée par des auteurs en plein accord avec la pensée de saint Thomas comme Frédéric Le Play, René de la Tour du Pin, Charles Maurras [17], Louis Lachance, op., Marcel de Corte, Louis Salleron, Jean Ousset, Jean Madiran.

 

● L'expression « doctrine sociale de l'Église » - Les deux doctrines ainsi désignées aujourd'hui (ici appelées DSE1 et DSE2)

L'expression « doctrine sociale de l'Église » remonte à Pie XII (Discours aux curés et prédicateurs de carême de Rome du 22 février 1944). On s'accorde généralement à appeler ainsi le cursus constitué par l'enseignement des papes, en matière sociale et politique, depuis Léon XIII jusqu'au pape actuel.

Tout de suite apparaît une difficulté : les textes pontificaux en matière sociale, de Léon XIII à Pie XII, sont cohérents entre eux ; s'il subsiste une certaine cohérence entre les textes de cette même catégorie écrits par Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II et qui, pour l'essentiel, ont été résumés dans  le Compendium de la doctrine sociale de l'Église, on constate, entre ces deux groupes de textes pontificaux, sur un grand nombre de points, divergences et même oppositions.[18]

De ce fait, il existe aujourd'hui deux doctrines sociales de l'Église [19] :

  • - celle qui était enseignée au temps de Pie XII et qui a été maintenue en vie dans les milieux traditionnels. Nous l'appellerons DSE1.
  • - celle qui est enseignée aujourd'hui officiellement, qui a été synthétisée en 2004 dans le Compendium de la doctrine sociale de l'Église et qui constitue une nouvelle doctrine (comme nous avons eu un nouveau catéchisme et une nouvelle messe); nous l'appellerons DSE2.

 

Caractéristiques de la doctrine DSE1 (textes pontificaux de doctrine sociale de Léon XIII à Pie XII)

  • - Un cursus d'une ampleur impressionnante

Il est constitué par plusieurs centaines de documents pontificaux. Dans son article « Note sémantique sur la socialisation et quelques autres vocables de Mater et Magistra »[20], Jean Madiran les passe en revue et y trouve trente encycliques au moins auxquelles s'ajoutent des documents comme la Lettre sur le Sillon de Saint Pie X et plus de deux mille pages de textes de Pie XII.

  • - Un cursus assez disparate

Ce cursus contient bien autre chose que des exposés doctrinaux ; et la doctrine elle-même est souvent présentée à travers ce que Jean Madiran appelle « jugements historico-prudentiels » :

Mais je remarque aussitôt que la doctrine sociale de l'Église, doctrine universelle et permanente, a été, dans les documents pontificaux, énoncée souvent à travers des « jugements historico-prudentiels ». Les « vérités universelles » et les « valeurs absolues » que comporte cette doctrine sont rarement affirmées en dehors de toute référence à l'actualité et pures de toute imbrication avec des jugements prudentiels. L'enseignement social des papes répond ordinairement à des circonstances, à des besoins, à des périls urgents ; il est dominé par la pensée d'y faire face. (Et de même plusieurs enseignements du Christ Notre-Seigneur, par exemple : « Rendez à César ... »). Il ne se formule pas comme l'équivalent social de ce qu'est la Somme théologique de saint Thomas en matière religieuse.[21]

Et de fait, on trouve, dans la doctrine DSE1, à coté d'éléments de théologie politique et de science politique, des éléments d'analyse politique, de prudence politique et même parfois de politique vaticane pure et simple.

  • - Place de la science politique dans la doctrine DSE1

La doctrine DSE1 expose un grand nombre de points de science politique, mais n'est pas exhaustive en ce domaine. La raison en est ainsi donnée par Jean Madiran au paragraphe intitulé « Distinction entre la doctrine sociale de l'Église et la philosophie sociale chrétienne » [22] de l'article précité (Itinéraires n°59 -janvier 1962) :

La philosophie chrétienne doit beaucoup à l'Église : mais la fonction de l'Église n'est pas d'édifier une philosophie chrétienne ; elle est en ce domaine de rejeter les erreurs profanes qui pourraient nuire au salut des âmes, d'encourager l'explicitation des vérités qui préparent, soutiennent ou favorisent la foi. La philosophie chrétienne n'est pas sans rapport avec le catéchisme ; cependant elle n'est pas dans le catéchisme, même supérieur.

De même pour cette partie de la philosophie chrétienne qu'est la philosophie sociale. Et de même, et plus encore, pour cette partie du savoir qu'est la sociologie. Les papes, depuis Léon XIII, ont souvent fait œuvre de philosophes sociaux (et quelquefois même de sociologues), plus ou moins incidemment ; ils l'ont fait en raison de la carence presque générale de la philosophie sociale depuis un siècle et plus ; mais ils ne l'ont pas fait pour édifier un corpus de philosophie sociale ; ils l'ont fait dans la mesure où ils avaient besoin de mettre en relief certaines vérités naturelles utiles à l'énoncé de la doctrine sociale de l'Église. Et par exemple, s'ils ont affirmé la valeur directive du principe de subsidiarité, défini comme un grave principe de philosophie sociale, ils n'en ont pas établi les fondements philosophiques.

Il est extrêmement utile à la culture, à la civilisation, à la cité qu'une saine philosophie sociale existe et se développe. Mais ce n'est pas l'Église qui la fera. Ce sont les sociétés, ce sont les philosophes, ce sont les penseurs qui la feront ou qui ne la feront pas. L'Église souhaite qu'on la fasse, et elle y aide. Mais il ne dépend sans doute pas d'elle qu'on la fasse ou non. Si l'on persiste à ne quasiment point la faire, l'Église le regrettera sans doute, elle n'en continuera pas moins son chemin, y compris son enseignement d'une doctrine sociale chrétienne. Les cités, les civilisations, les cultures pâtiront, comme elles pâtissent, de laisser en friche les domaines de la philosophie sociale ; l'Église  ne constituera pas, ne développera pas une philosophie sociale à leur place. En matière sociale, elle continuera à définir les droits et devoirs sociaux les plus importants ; et cela comporte une philosophie souvent implicite, parfois explicite. Mais la mission de l'Église n'est pas de faire de la philosophie. Ni de la sociologie. [23]

Un point important mérite d'être souligné : la doctrine DSE1 ne contenant que des éléments incomplets de science politique, [24] ce serait une erreur que de limiter la science politique à ce qui s'y trouve.

  • - Une doctrine contenant des passages en désaccord avec la science politique traditionnelle

Voici un exemple que donne Marcel de Corte :

Alors qu'il est constant chez Saint Thomas et dans la tradition de l'Église de proclamer que « l'homme tout entier est ordonné comme à sa fin à l'ensemble de la communauté dont il est une partie » (S. Th., II-II, 65 1), on s'étonne de lire dans l'encyclique Divini Redemptoris (de Pie XI) la formule tranchante et catégorique que voici : Civitas homini, non homo civitati existit, « La cité est pour l'homme et non l'homme pour la cité ». [25] (...)

De même Pie XII déclare, le 14 septembre 1952, que « l'homme dans son être personnel n'est pas ordonné en fin de compte à l'utilité de la société, mais au contraire la communauté est là pour l'homme », ce qu'il faut comprendre à la lumière de l'encyclique Mystici Corporis : « Toute société humaine, pour peu qu'on fasse attention à la fin dernière de son utilité, est ordonnée en définitive au profit de tous et de chacun de ses membres, car ils sont des personnes » [26], ou encore dans celle de l'encyclique Sapientiae christianae de Léon XIII : « La nature n'a pas institué la société pour que l'homme la prenne pour but, mais pour qu'il trouve en elle et par elle les secours propres à le conduire à la     perfection. » [27]

Après quelques réflexions (peu satisfaisantes), Marcel de Corte poursuit :

Il n'empêche que des formules à l'emporte-pièce comme celle de Pie XI engendrent un malaise chez l'historien de la doctrine sociale de l'Eglise et chez le philosophe. [28]

Motif de ce malaise : on voit s'amorcer, avec ces textes de Léon XIII, Pie XI et Pie XII qui se prêtent à une interprétation personnaliste, un renversement qui sera pleinement réalisé à l'époque conciliaire et post-conciliaire : abandon du principe de totalité ; la société politique mise au service de la personne ; le personnalisme envahissant la doctrine sociale et le catéchisme. [29]

En présence de tels désaccords portant sur un point de science politique, entre saint Thomas et des textes pontificaux, [30] c'est saint Thomas qu'il faut suivre plutôt que l'enseignement pontifical. Cette ligne de conduite permet de répondre aux arguments de ceux qui utilisent dans un sens personnaliste les textes précédemment cités et textes analogues.[31]

  • - Une attitude défectueuse à l'égard de la doctrine DSE1

Attitude assez répandue, consistant à en faire une doctrine obligatoire dans son ensemble et devant être acceptée sans critique. Elle est ainsi présentée par Michel Villey [32] :

Tout le contenu de la doctrine des papes proviendrait (prétend-on abusivement) intégralement de l'inspiration divine. Elle est par conséquent soustraite à toute discussion rationnelle. Elle est de foi, il nous faut l'accepter telle quelle, dans tous ses détails, jusque dans ses modes d'expression. Toute entière elle procède des papes et toute son interprétation appartient aux clercs, relève du   théologien. [33]

  • - Importance de la doctrine DSE1

La doctrine DSE1 présente, dans sa partie science politique, des lacunes et des imperfections que nous avons évoquées. Il ne faudrait pas que, de ce fait, elle apparaisse dépréciée.

Dans sa partie théologie politique (doctrine du Christ-Roi...) elle s'impose à tout catholique.

Dans sa partie science politique (où elle a bénéficié de l'apport de Pie XII, d'une qualité exceptionnelle), elle garde toute sa valeur, compte tenu des remarques faites précédemment.

Elle constitue donc un cursus précieux, sans pour autant représenter la totalité de la doctrine sociale catholique.

 

● Caractéristiques de la doctrine DSE2 (textes conciliaires et pontificaux de Jean XXIII à Jean-Paul II)

Nous ne reprendrons pas la comparaison entre les doctrines DSE1 et DSE2 faite dans l'article de l'AFS « Cinquante ans après la mort de Pie XII... qu'est devenue la doctrine sociale de l'Église ? »[34] et en donnerons seulement la première partie de la conclusion :

En comparant la doctrine sociale catholique telle qu'elle a été officiellement enseignée jusqu'à la fin du pontificat de Pie XII et la doctrine sociale résumée dans le Compendium, on constate que ces doctrines diffèrent et souvent s'opposent sur des points fondamentaux.

Rappelons ceux que nous avons évoqués : la Royauté sociale de notre Seigneur - la liberté civile en matière religieuse - la dignité de l'homme - le principe de totalité - le pseudo « principe personnaliste » - les rapports entre l'homme et la cité - le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes - une conception de l'Etat admettant la séparation des pouvoirs.

On voit les conséquences qu'entraîne l'application de la nouvelle doctrine : sécularisation de la société par oubli du Christ-Roi ; promotion des erreurs libérale et personnaliste ; l'ordre international rendu impossible par l'adoption d'un principe révolutionnaire (le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes) ; la destruction de l'unité de l'Etat.

Les différences entre les doctrines DSE1 et DSE2 sont telles qu'on comprend mal l'attitude de ceux qui les considèrent comme constituant une seule et même doctrine. C'est le cas par exemple d'Anne Despaigne dans son livre « Comprendre la doctrine sociale catholique. »

 

● Une certaine confusion

Le domaine de la doctrine sociale est plongé aujourd'hui dans une certaine confusion s'expliquant par les causes évoquées ci-dessous :

  • - la science politique traditionnelle est assez généralement méconnue
  • - en matière de science politique, la doctrine DSE1 présente des lacunes tout à fait explicables mais qui trop souvent n'ont pas été vues par ceux qui l'étudiaient
  • - le fait d'affirmer la continuité de la doctrine de l'Église de Léon XIII à Jean Paul II conduit à une position absurde.

 

Conclusion

Pour sortir de la confusion actuelle sur la doctrine sociale, voici quelques lignes de travail possibles :

- Pour la doctrine DSE1

  • - Conserver cette base doctrinale et la faire étudier, tout en rappelant que la science politique qui s'y trouve est incomplète.
  • - Utiliser à cette fin les livres et brochures qui s'en inspirent, en particulier ceux de Jean Ousset (Fondements de la Cité, Pour qu'il Règne, A la semelle de nos souliers, Amour ou sexualisme...), de Jean Madiran, de l'AFS (voir en particulier les sections 2, 3, 7, 8 et 9 du catalogue de l'AFS).

- Pour la doctrine DSE2

  • - Faire connaître et étudier les études expliquant le libéralisme, [35] le modernisme [36] et le personnalisme [37] ayant pénétré dans cette doctrine (contamination qui la rend en bonne partie inacceptable).

- Pour la science politique

  • - Connaître et faire connaître les textes fondateurs de la science politique traditionnelle (Cf. l'article «Biblio-graphie politique pratico-pratique dans le domaine de la science politique» du n° 199 octobre 2008 de l'AFS)
  • - Après ce recentrage sur saint Thomas d'Aquin, faire mieux connaître les auteurs modernes qui lui sont fidèles en doctrine sociale. [38]

* Les textes existent. Encore faut-il les connaître et les étudier !

 

Arnaud de Lassus et Bernard de Midelt

 

Annexe I

 

Rapports entre l'homme et la cité - Rappel doctrinal

 

●   La primauté dans l'ordre naturel, de la cité (et de son bien commun) sur l'homme est ainsi affirmée par saint Thomas :

Civitas est prius secundum naturam quam unus homo.

Selon la nature, la cité est première par rapport à un seul homme.[39]

Autres formulations de cette primauté :

Chez Léon XIII :

Et ce grand devoir de respect et de dépendance persévérera, tant que les exigences du bien commun le demanderont, puisque ce bien est, après Dieu, dans la société, la loi première et dernière. (Au milieu des sollicitudes, 16 février 1892)

Le bien commun de la société l'emporte sur tout autre intérêt ; car il est le principe créateur, il est l'élément conservateur de la société humaine ; d'où il suit que tout vrai citoyen doit le vouloir et le procurer à tout prix. (Notre consolation, 3 mai 1892)

Chez Marcel de Corte :

La personne, prise dans la ligne de sa destinée temporelle est radicalement ordonnée au bien commun de la société temporelle dont elle est membre. [40]

  • La personne peut être prise soit dans la ligne de sa destinée temporelle, soit dans la ligne de sa destinée surnaturelle car elle possède deux finalités:

Nous avons raisonné, explique Louis Jugnet, comme s'il était évident que pour Saint Thomas il y avait deux finalités de l'être humain, l'une naturelle et portant sur un terme ultime exigible en rigueur, l'autre surnaturelle et gratuite. Telle est d'ailleurs bien notre manière de voir, (...) Nous sommes persuadés, non seulement que telle est bien la position exigée par l'orthodoxie catholique, mais encore que Saint Thomas, historiquement parlant, l'a fermement soutenue. [41]

Voici l'un des textes de saint Thomas sur le sujet :

Or la fin vers laquelle Dieu oriente ses créatures est double. L'une dépasse la mesure et le pouvoir de la nature créée, et cette fin est la vie éternelle, qui consiste en la vision divine, activité qui dépasse la nature de tout être créé, ainsi qu'on l'a établi plus haut. L'autre fin est une fin proportionnée à la nature créée, de telle sorte que la créature puisse y atteindre par les ressources de sa nature. (ST, Ia, q 23, a 1) [42]

Par suite :

Il n'existe que deux sociétés parfaites, c'est-à-dire possédant en elle-même tout ce qui est nécessaire à la poursuite de leur bien commun respectif : la société-État et la société-Église. Les finalités de ces deux sociétés sont les deux finalités décrites ci-dessus par Thomas d'Aquin. L'être humain en s'ordonnant au bien commun politique et au bien commun de l'Église atteint, respectivement, la béatitude naturelle et la béatitude surnaturelle. Ainsi l'homme ne réalise jamais, dans aucun domaine, une relation immédiate à Dieu. Dans l'ordre naturel des choses cette médiation nécessaire n'est rien d'autre que l'ordonnancement au bien commun politique. Dans l'ordre surnaturel, au bien commun de l'Église. [43] Ce n'est donc pas la personne comme telle qui est ordonnée à la vision de Dieu, mais la personne qui possède la grâce.

La personne est toute entière subordonnée naturellement à l'État et surnaturellement à l'Église.

  • Peut-on affirmer que, d'un certain point de vue, la cité a pour fin l'homme, le perfectionnement de l'homme?

Voici la réponse qu'apporte le père Louis Lachance, o.p., dans son livre « L'humanisme politique de saint Thomas d'Aquin » (page 8) :

Saint Thomas se garde bien de considérer le perfec-tionnement des individus comme la fin ultime de la vie aménagée en communauté politique. Il connaît trop la requête du bien, son emprise et son ascendant sur les individus, pour le leur subordonner. Aussi estime-t-il que le meilleur moyen d'assurer la promotion des individus est, non pas d'abaisser le bien, mais plutôt de rapprocher ceux-ci du bien, afin de les mieux faire participer à son action ennoblissante. Et par suite de cette ordonnance, le bien devient cause (finale), tandis que la perfection des particuliers représente son effet propre. Le progrès des individus n'est pas la fin de l'organisation de la vie en société, mais son effet propre. En cherchant à produire les conditions générales du bien-vivre et en mettant en œuvre les causes qui peuvent les réaliser, l'Etat se trouve à exercer sur les citoyens une pression morale, une contrainte qui a pour effet propre de les améliorer en eux-mêmes.

●     Quelle est donc la fin de la cité ?

L'Eglise et l'Etat, explique le père Lachance, sont sociétés parfaites dans leurs sphères d'action, l'un et l'autre ayant une fin spécifique et digne d'être recherchée pour elle-même (...) La politique trouve son objet propre dans le bien-vivre temporel, tandis que l'Eglise met son idéal dans l'acheminement de l'humanité à la vie éternelle. [44]

Le bien commun temporel constitue donc la fin spécifique de la cité, « digne d'être recherchée pour elle-même » en tant que perfection [45], perfection qui n'est autre que celle de l'ordre social et politique voulu par Dieu... et que Dieu protège parfois directement (cf. l'exemple de sainte Jeanne d'Arc).

  • Bien commun temporel et bien commun suprême.

Le bien commun temporel est ordonné au bien commun suprême en ce sens qu'il ne peut y avoir séparation du dispositif central de l'ordre naturel des choses (ie la cité, la politique) du Créateur de ce même ordre naturel, autrement dit de Dieu. Sous cet angle de vue on peut rappeler utilement qu'il existe un risque non négligeable de confondre « les liens naturels qui rattachent l'homme à Dieu avec ceux qu'engendre en lui le don de la grâce » et par suite de « dépouiller l'homme de sa communion naturelle avec son auteur. » [46] C'est à cette communion naturelle qui se réalise par la politique que s'oppose avant tout le laïcisme.

C'est pour cela que Léon XIII stigmatise d'abord ce que l'on peut appeler un laïcisme de première catégorie lorsqu'il écrit :

(...) les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n'existait en aucune manière...[47]

  • Comment Pie XII présente-t-il le bien commun de l'Eglise?

       Voici ce qu'il expliquait aux juristes catholiques italiens en 1953 :

L'attitude de l'Église est déterminée par la volonté de protéger le « bonum commune » (temporel), celui de l'Église et celui de l'État dans chacuns des Etats d'une part, et de l'autre, « le bonum commune » de l'Église universelle, du règne de Dieu sur le monde entier. [48]

On retrouve, une fois de plus, le souci de distinguer ordre naturel et ordre surnaturel.

  • L'essentiel de ce qui vient d'être exposé peut se résumer ainsi:

Nous croyons, comme tout chrétien, que la grâce transcende la nature, y compris ses institutions : « la grâce d'un seul est un bien plus grand que le bien naturel de tout l'univers », mais nous ne pensons pas que cela constitue une raison suffisante pour placer la personne au-dessus de l'Eglise et de l'État. [49] Considérée naturellement, la personne est subordonnée à celui-ci (l'Etat) et, surnaturellement, à celle-là (l'Église). [50]

 


Annexe II :

 

Rapports entre l'homme et la cité

À propos d'un texte de saint Thomas

souvent utilisé dans un sens personnaliste.

 

            Il s'agit d'un passage de la question 21 de la Somme théologique (I II), question traitant des « conséquences des actes humains relativement à leur bonté et à leur malice » :

L'homme n'est pas ordonné dans tout son être et dans tous ses biens à la communauté politique ; c'est pourquoi tous ses actes n'ont pas forcément mérite ou démérite envers cette communauté. Mais tout ce qu'il est, tout ce qu'il a, et tout ce qu'il peut, l'homme doit l'ordonner à Dieu ; c'est pourquoi tout acte humain bon ou mauvais a un mérite ou un démérite devant Dieu, autant qu'il réalise la notion d'acte. (I II, q21 a4)

            Les personnalistes développent à partir de ce seul passage toute une philosophie : l'homme posséderait un « jardin secret » qui lui permettrait d'échapper, au moins partiellement, dans l'ordre naturel à l'Etat et dans l'ordre surnaturel à l'Eglise.

         L'inconvénient de se polariser sur un simple fragment des écrits de saint Thomas est stigmatisé à juste titre par Joseph de Tonquédec qui écrit :

Je ne parlerai pas de ceux qui font dans son œuvre (de saint Thomas) une légère cueillette de formules dont ils parsèment ensuite leur enseignement, et sous lesquelles ils abritent, vaille que vaille, leurs propres idées. Ceux-là ne peuvent faire illusion qu'à l'incompétence absolue. [51]

            Et précisément dans l'argumentation personnaliste développée à partir de ce paragraphe de l'article 4, on omet systématiquement de citer l'article 3 qui le précède immédiatement :

Ayant la maîtrise de ses actes, l'homme, en tant qu'il est soumis à la communauté dont il fait partie, mérite ou démérite selon qu'il dispose ses actions en bien ou en mal, comme lorsqu'il administre bien ou mal les biens qui sont au service de la communauté. (ST, III, q 21 a 3)

            Autrement dit, tout acte bon ou mauvais de l'homme mérite ou démérite par rapport à la Cité - dans l'ordre naturel des choses - et à l'Église - dans l'ordre surnaturel -, puisque l'homme fait partie de ces deux communautés.

            Cet article 3 dit très exactement le contraire de ce que l'on prétend faire dire à l'article 4 suivant.

                        La confusion vient de ce que dans l'article 3 le problème posé relève des sciences pratiques (autrement dit morales, et par suite entre autres de la science politique). Dans l'article 4 le problème posé relève de la théologie. Louis Lachance explique qu'il s'agit dans ce dernier article d'une doctrine théologique sur le mérite de notre agir au regard de Dieu. [52]

 


[1] Rappelons que, dans l'expression « doctrine  sociale », le mot social doit être compris au sens de social et politique.

[2] Diffusion DPF, BP1, 86109 Chiré en Montreuil.

[3] Ce Compendium a été édité en 2004 (langues italienne et anglaise) et en 2005 (langue française) Ed. Bayard, Cerf et Fleurus- Mame.

[4] Cf. le discours de Benoît XVI à l'assemblée de l'ONU, le 18 avril 2008.

[5] Cf. l'allocution de Benoît XVI au Président de la République, à Paris, le 12 septembre 2008 et son discours aux évêques de France, à Lourdes, le 14 Septembre 2008.

[6] Cf. l'audience générale de Benoît XVI du 30 avril 2008, allocution rendant compte de sa visite aux Etats-Unis.

[7] Expression utilisée en particulier par Dom Guéranger ; cf. son livre Jésus Christ, roi de l'histoire.

[8] Cf. La brochure de la CFTC La morale sociale chrétienne qui inspire et guide notre action.

[9] Cf. Le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, p. VII et p. VIII. et le radio-message de Pie XII du 1er Juin 1941.

[10] Cette expression ne désigne en fait qu'une partie de la doctrine sociale ; voir p. 10 ci-après.

[11] Pie XII, radio message de 1er  juin 1941.

[12] Pie XII, ibid.

[13] Dans sa miséricorde, Dieu a rappelé certains éléments de science politique, comme le Décalogue ; c'est ce qu'on nomme une révélation de confirmation. 

[14] Saint Thomas d'Aquin, Commentaire de la Politique d'Aristote, Proême,      n° 7, ed. NEL 1974. (Proême : terme didactique. Préface, entrée en matière, exorde, argument)

[15] Saint Thomas d'Aquin, op cit, n° 4. La « raison » de saint Thomas n'est ni celle de Descartes, ni celle de Kant.

[16] Science architectonique : chez Aristote et Thomas d'Aquin une science est architectonique lorsque ses fins se subordonnent, à titre de moyens, les fins d'une ou plusieurs autres sciences. C'est donc une science en vue de laquelle les autres sciences sont constituées ; celles-ci sont donc subordonnées à la première. Exemple : la stratégie, l'économie, la morale (individuelle) sont subordonnées à la politique qui est architectonique par rapport à elles ; à son tour la stratégie est architectonique par rapport à l'art hippique ; l'art hippique est architectonique par rapport à l'art de fabriquer tout ce qui concerne le harnachement des chevaux.

[17] Sur Charles Maurras (qui était alors agnostique) et son rôle en science politique, voici le jugement que porta, en 1926, le cardinal Charost, archevêque de Rennes :

« On ne niera pas, en effet que le Maître reconnu par l'Action française n'ait, sur notre sol raviné par tant de « nuées » révolutionnaires ravageuses, semé beaucoup de bon grain. Personne n'a mis plus en lumière la beauté féconde de la notion d'ordre ; personne n'a montré d'un trait  plus net que l'autorité de l'Etat doit être moins envahissante dans ses attributions, et d'autre part, dans son domaine mieux circonscrit, plus forte pour réaliser le bien commun. Nul n'a mieux parlé de la tradition qui conserve dans une nation l'esprit, le goût, la politesse, tous les traits de sa physionomie spirituelle... Nul n'a mené un combat plus serré contre l'anarchie intellectuelle qui engendre toutes les autres et contre ce libéralisme abstrait qui est destructeur des libertés et des protections réelles. Nul n'a mieux flagellé la fausse dignité de l'amour romantique qui prétendait valoir par lui seul, quelque indigne que fût l'objet ou pernicieux que fussent ses ravages, thème anti-social qui a présidé à la destruction légale de la famille dont nous sommes les témoins épouvantés... » (Semaine religieuse du Diocèse de Rennes ; lettre datée du 23 novembre 1926. Citée par Lucien Thomas, L'Action française devant l'Église, p. 152.)

[18] Voici un exemple : dans le Compendium de la doctrine sociale de l'Église, le principe de totalité a été remplacé par le « principe personnaliste ». Ce changement de doctrine a été qualifié, par Jean Madiran, de « révolution copernicienne dans l'Église ». Cf. son livre portant le même titre.

Rappelons la définition du principe de totalité donnée par Pie XII :

« La partie existe pour le tout, et par conséquent le bien de la partie reste subordonné au bien de l'ensemble ; le tout est déterminant pour la partie et peut en disposer dans son intérêt ». (Discours aux médecins, 14 septembre 1952).

« Le principe de totalité lui-même n'affirme rien que ceci : là où se vérifie la relation de tout à partie, dans la mesure exacte où elle se vérifie, la partie est subordonnée au tout ; celui-ci peut, dans son intérêt propre, disposer de la partie ». (ibid.)

[19] Cf. Jean Madiran, La révolution copernicienne dans l'Église, p 11 à 21

[20] Itinéraires n°59 - janvier 1962.

[21] Itinéraires n°61 - mars 1962, p.130.  Exemple de jugement historico-prudentiel : Pie XI dans Divini Redemptoris revient plusieurs fois sur le fait qu'il parle du « communisme ou bolchévisme » (§ 3,7 et 14, éd. NEL, traduction de J. Madiran). Et de fait il existe un communisme (guère plus réjouissant) non bolchevique.

[22] L'expression « philosophie sociale chrétienne » désigne la science politique traditionnelle.

[23] Souligné par nous.

[24] Parmi les questions qui n'y sont pas traitées, signalons l'argent et la légitimité du pouvoir politique.

[25] Ce texte de Pie XI,  tiré du § 29 de l'encyclique Divini Redemptoris (19 mars 1937), se poursuit ainsi : « Ceci ne doit pas être entendu à la manière des libéraux qui, en raison de leur doctrine individualiste, mettent la communauté au service de profits sans mesure pour les hommes pris isolément ».

L'explication que donne le pape  suggère que la formule « la cité est faite pour l'homme... »  ne doit pas être prise au pied de la lettre et qu'il en existe une autre interprétation (qui doit être compatible avec l'affirmation du § 62 de l'encyclique : « Quand le bien commun est en danger, on fait passer au second plan tout ce qui est moins vital ou ne concerne pas directement la défense de la cité »).

[26] Autre texte de Pie XII allant dans le même sens : « Loin d'être un objet et comme un élément passif de la vie sociale », l'homme « en est au contraire et doit en demeurer le sujet, le fondement et la fin.» (Radio message du 24 décembre 1944). C'est ce texte-là qui a été sélectionné par le « Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise » pour justifier ce que ce document appelle « le principe personnaliste. »

[27] Marcel de Corte, « De la justice », p. 76-77.

[28] Ibid, p. 78.

[29] Cf. la brochure AFS "Doctrine sociale de l'Eglise et personnalisme".

[30] On trouvera d'autres exemples de désaccord se rapportant à des textes de Léon XIII et Pie XI dans l'article de Jean-Marie Vernier Le droit chez Aristote et saint Thomas d'Aquin  paru dans le n° 7 (décembre 1988) de la revue Vu de Haut (éd. Fideliter). Voir l'épilogue de cet article L'entrée de l'individualisme dans l'enseignement du Magistère de l'Église.

[31] Nous avons donné un exemple d'une telle utilisation à la note 26 ci-dessus. Autre exemple : dans un article de La Nef de janvier 2009, intitulé La cohérence du magistère, Christophe Geoffroy comprend dans un sens personnaliste le texte précité  de Pie XII (radio-message de Noël 1944) et des textes de Pie XI (encyclique Divini Redemptoris) qui se prêtent à une telle interprétation mais constituent des accidents dans l'enseignement de ces papes.

[32] Professeur de droit, auteur d'un livre très important en relation avec notre sujet : Philosophie du droit, éd. Dalloz (rééd. 2002) ; voir aussi son livre Le droit et les droits de l'homme, éd. PUF.

[33] Michel Villey,  Une enquête sur la nature des doctrines sociales chrétiennes du n° 5 des Archives de philosophie de droit.

34 AFS n°199 - octobre 2008 .

35 Cf. les brochures AFS Connaissance élémentaire du libéralisme catholique et La liberté religieuse trente ans après Vatican II.

[36]  Cf. la brocure AFS Un siècle de modernisme - 1902-2002

37 Cf. les brochures AFS Le bien et la Personne : le Personnalisme et Doctrine sociale de l'Eglise et Personnalisme.

[38] et spécialement Marcel de Corte et Louis Lachance.

[39] St Thomas in Octo libros Politicorum Aristotelis expositio, I, I.,l,n°39

[40] Marcel de Corte, Réflexions sur la nature de la société politique, Ordre français, n°191, mai 1975, p.14-15

[41] Pour connaître la pensée de saint Thomas d'Aquin, ed Bordas 1949, p 23 ; voir aussi Julio Menvielle, Critique de la conception de Maritain, 1993, p 57

[42] Notons au passage que le bien et la fin sont une seule et même chose en thomisme.

 

[43] Cf. Léon XIII, Sapientiae Christianae, 10 janvier 1980 : « l'amour surnaturel de l'Eglise et l'amour naturel de la patrie... ».

[44] Père Louis Lachance, op. cit., p.25.

[45] C'est une véritable finalité, quoique finalité intermédiaire (cf. Charles Journet, « La juridiction de l'Eglise sur la cité », ed. DDB 1931, p. 86 : « ... la fin intermédiaire, absolument parlant est fin, c'est-à-dire désirable pour elle-même, tandis que le pur moyen est désirable uniquement pour autre chose »

[46] Louis Lachance, Le droit et les droits de l'homme, ed PUF 1959, p 147

[47] Léon XIII, Immortale Dei (1er novembre 1885). Et il ajoute : « ou se passer de la religion comme étrangère et inutile ». Il existe donc deux types de laïcité qu'il est imprudent de confondre. La première des deux dénature véritablement le politique.

[48] Pie XII, Discours à des juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953.

[49] Voir l'annexe II traitant d'un texte de saint Thomas souvent utilisé dans un sens personnaliste.

[50] Louis Lachance, l'humanisme politique de saint Thomas d'Aquin, p. 61.

[51]  De Tonquédec Joseph, La critique de la connaissance, éd Beauchesne 1929, p XIV.

[52] Cf. Louis Lachance op, L'humanisme politique de saint Thomas d'Aquin - Individu et État, éd Lévrier 1965, p. 67.

 

 
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