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Home Ecoles Méthodes d'enseignement La méthode globale est un outil pour détruire la France

La méthode globale est un outil pour détruire la France

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La « méthode globale »

est un des outils pour détruire la France

La politique qu'il nous faut,

c'est que le peuple reste ignorant,

disait MAO fin 1962[1]

 

M. de Robien a voulu que l'Education Nationale passe de la méthode dite globale d'apprentissage de la lecture à la méthode syllabique. Cette volonté de réforme a suscité de la part des syndicats du Mammouth une levée de boucliers que la presse a longuement commentée.

Dans la revue Valeurs Actuelles du 27 octobre 2006, par exemple, un article a pour titre Robien contre les idéologues. On y apprend que 7% seulement des instituteurs utilisent la méthode syllabique, ce qui est quand même beaucoup quand on connaît les pressions auxquelles sont soumis les instituteurs[2]. Et, de fait, 63% des enseignants considèrent que l'abandon de la méthode globale est une bonne mesure.

Les syndicats d'enseignants de gauche sont naturellement de l'avis contraire, prouvant une fois encore qu'ils ne représentent qu'eux-mêmes. Leur hostilité s'est manifestée de manière spectaculaire : ils ont diffusé, à 500 000 exemplaires - du jamais vu - un véritable manifeste contre la méthode syllabique et ils ont promis une riposte de grande ampleur

A côté de cela, malgré les résultats constatés (le pourcentage d'illettrés arrivant en 6e est catastrophique) un syndicaliste prétend qu'il n'y a pas de fiasco en lecture et il ne sert à rien d'accuser la méthode globale

La conclusion de l'article de Valeurs Actuelles est prise chez un syndicaliste du SNE :

« En promouvant l'école « lieu de vie » et l'« apprenant » qui s'auto-construit, certains ont pensé trouver une réponse à cette « éducation bourgeoise » qui laissait tant de monde « au bord de la route ». C'est pourquoi le débat ne se résume pas à la lecture : s'opposer à la circulaire du Ministre c'est s'opposer à la remise en cause du dogme constructiviste et de ses implications dans tous les domaines éducatifs. C'est aussi refuser de reconnaître qu'on s'est trompé et qu'il y a eu des dégâts. »

Les enfants sacrifiés au dogme de la méthode globale n'ont pas fini d'en payer le prix... (fin de la citation de l'article de Valeurs Actuelles)

On sait que le constructivisme professe qu'un enfant doit construire lui-même ses propres savoirs. Il ne s'agit donc plus pour l'école de transmettre des connaissances réputées bourgeoises, mais de favoriser l'auto-construction de l'enfant. Surtout « ne pas violer les consciences, ne pas imposer des connaissances nécessairement externes à l'individu. Partir de ce que l'élève sait déjà ou plutôt, pour être plus exact, de ce qu'il vit, de ce qu'il ressent...» La méthode globale est une application de cette idéologie aberrante. Cette information suscite d'intéressantes réflexions.

 

UN LIEU DE VIE OU UN LIEU DE PASSAGE

POUR ACQUÉRIR ?

Contrairement à ce qu'affirme le syndicaliste cité ci-dessus, l'école n'est pas un « lieu de vie », mais un «lieu de passage ».

Dans ce lieu de passage, le jeune doit accumuler un maximum d'acquis qu'il aura tout loisir de mettre en réserve s'il ne veut pas s'en servir, mais qui lui seront fort utiles quand il en aura besoin.

Un ingénieur par exemple apprend beaucoup de choses. On lui enseigne, de plus, où trouver l'information dont il a besoin. Tout ce qu'il a appris ne lui sert pas en permanence dans sa vie professionnelle mais ce qu'il utilise lui est nécessaire pour remplir ses missions. Et il est puissamment aidé par ce qu'il a appris et reçu de ses professeurs (ou des livres qui sont des cours «en conserve»).

Certains psychopédagogues « modernes » avancent des théories sans référence au réel expérimental. Une maman voulait faire passer son fils en CE1 alors qu'il était, par suite de sa date de naissance (début janvier), « trop jeune » d'un an. Elle fut obligée de lui faire subir un examen par le psychopédagogue de service.

Le diagnostic tomba :

Nous ne pouvons pas l'autoriser à passer en CE1 car il manque de maturité et aura des difficultés pour apprendre à lire plus tard.

La mère demanda alors que l'on apporte un livre à l'enfant, qui le lut couramment.

Analysons ces faits : le psychologue, armé de sa science, déclare que tel enfant aura des difficultés pour apprendre à lire alors qu'il sait déjà lire couramment. On en est conduit à penser que :

- Ou bien, pour obéir à des consignes, il a donné un diagnostic politiquement correct, mais contraire à ses constatations. Ce qui est possible... et inquiétant, pour ne pas dire révoltant.

- Ou bien son savoir est erroné. L'Education Nationale lui a enseigné une fausse science qu'il lui faudrait donc mettre au rancart (le psychologue a-t-il corrigé ses concepts après le constat qu'il venait de faire ?). Dans tous les cas, le système du Mammouth doit être réformé.

Il est vrai que la maturité insuffisante d'un enfant peut dans d'autres domaines que la lecture lui poser plus tard des difficultés. Ce n'est pas une raison pour retarder les progrès qu'il est capable

de faire en attendant cette « maturité ». En particulier, lui faire acquérir la maîtrise des savoirs de base : écriture, orthographe, rédaction d'un texte en une langue correcte, calcul, exercice de la mémoire et acquisition des premiers éléments culturels en apprenant « par cœur » des textes de bons auteurs... Cela serait certainement beaucoup plus formateur que de cultiver les coloriages et les découpages.

 

LAISSÉS « AU BORD DE LA ROUTE »

En promouvant l'école «lieu de vie» et l'«apprenant» qui s'auto-construit, certains ont pensé trouver une réponse à cette «éducation bourgeoise» qui laissait tant de monde «au bord de la route».

L'éducation du passé laissait, paraît-il, du monde « au bord de la route ». Il y en a, aujourd'hui, de plus en plus ! Pour cacher l'échec éducatif - patent - de leur système, les responsables politiques de l'Education nationale ont préféré masquer le phénomène en interdisant le redoublement ; ce qui fait monter dans la classe supérieure des élèves incapables de suivre les études.

De plus en plus «largués», ces jeunes n'ont plus que le chahut et la contestation des professeurs comme possibilité de se faire remarquer, et ce d'autant plus facilement qu'il n'y a pas de discipline.

Pour ne pas « laisser du monde au bord de la route », il a été décidé de faire de la route un tapis roulant qui fait avancer tout le monde au même rythme.

Or, le tapis roulant n'a qu'une longueur limitée. Les élèves arrivent au contrôle final (le bac) dans un état d'inculture (et même de délabrement mental) tout à fait désolant. Mais le Mammouth bénéficie d'un privilège fantastique : il est seul juge de la qualité de son travail ! Les politiques (complices ou résignés ?) n'ont donc pas eu de mal à fixer la règle - arbitraire - des 80% de reçus au baccalauréat, cela indépendamment du niveau de formation réel. Un examinateur, qui avait voulu noter comme il convient son lot de copies, arriva à une moyenne de 3 ou 4/20. Il lui a, alors, été demandé de remonter les notes pour arriver à 12 de moyenne pour l'ensemble des copies.

L'échec de l'Education Nationale provient, entre autres, du fait qu'elle avait jadis conçu la formation scolaire comme la préparation à l'intégration dans la société à la suite d'une sélection. Ce modèle pouvait convenir dans la mesure où les classes sociales gardaient une certaine stabilité de leurs membres et dans la mesure aussi où les professions assuraient leur recrutement grâce à des formations garantissant leur honneur et leur considération.

La destruction des corporations et de leurs élites professionnelles a entraîné l'apparition d'une sorte de prolétariat, tandis que les plus doués tentent de rentrer dans la nomenklatura. Nous voyons ainsi des diplômés formés en surnombre dans des compétences sans emploi dans la société.[3]

Cette inadéquation de la demande vis-à-vis de l'offre d'emploi ne préoccupe pas les personnels de l'Education Nationale. Un responsable de haut niveau des programmes n'a-t-il pas déclaré :

Le rôle du système éducatif n'est pas de préparer la main-d'œuvre du système capitaliste.

Cet objectif a donc été atteint : on a vu exploser le chômage des jeunes suite à la « crise » provoquée par le choc pétrolier.

L'Ecole prétend mieux enseigner les métiers que les professionnels ; ce qui est une aberration de principe, surtout de nos jours où la technique évolue très vite. Ainsi, une entreprise industrielle a refusé au fabricant de ses machines-outils la visite des ateliers où elles avaient été installées, car elles avaient reçu, sur place, des perfectionnements qui multipliaient presque par trois leurs capacités de production.[4]

Coupés de cette réalité vivante, trop d'enseignants du système nationalisé en ont peur et la fuient. Le patron d'une petite entreprise était passionné par son métier ; il utilisait une technique exceptionnelle pour l'entretien et la remise en état de machines de très grande précision. Installé dans une petite ville de province, il reçut un jour, pour la remettre en état, une des machines les plus perfectionnées du monde dans son genre. Il invita alors les professeurs du collège technique voisin à venir la voir avec leurs élèves. Il avait les larmes aux yeux en racontant qu'aucun des enseignants ne daigna même répondre à la lettre d'invitation.

D'un côté, le discours officiel parle de compétitivité de l'économie française et de la bataille pour s'imposer dans le commerce mondial, de l'autre le système qui se prétend éducatif, refuse d'enseigner « pour ne pas violenter la liberté de l'enfant » et n'exige pas d'efforts puisqu'il ne sanctionne les résultats ni par des récompenses ni par des punitions.

 

POURQUOI UN TEL COMPORTEMENT ?

Pourquoi les responsables politiques de l'Education Nationale, conscients de la réalité, c'est-à-dire du développement de l'illettrisme et de l'insuffisante formation acquise, refusent-ils d'en tirer les conclusions et de réformer leur système ? La réponse à cette question est donnée par le même syndicaliste cité plus haut :

C'est pourquoi le débat ne se résume pas à la lecture : s'opposer à la circulaire du Ministre c'est s'opposer à la remise en cause du dogme constructiviste et de ses implications dans tous les domaines éducatifs. C'est aussi refuser de reconnaître qu'on s'est trompé et qu'il y a eu des dégâts.

En un mot, ce syndicaliste réclame le droit de nier le réel au nom de la soumission à une idéologie, en l'occurrence le constructivisme. Et l'idéologue dit, comme Rousseau :

Ecartons les faits car ils ne touchent pas à la question.

Mais cela ne suffit pas pour expliquer que les syndicats aient diffusé :

à 500 000 exemplaires - du jamais vu - un véritable manifeste contre la méthode syllabique.

L'idéologie a toujours caractérisé les tracts des syndicats de gauche de l'Education Nationale, mais jamais il n'y avait eu une aussi vive réaction contre une réforme apparemment limitée comme celle du retour à une formule (l'enseignement syllabique) qui avait largement fait ses preuves et que, de plus, la majorité des enseignants considère comme une bonne chose.

Il y a donc un autre enjeu, beaucoup plus important. Le syndicaliste cité parle de la remise en cause du dogme constructiviste. Voilà apparaître un vocabulaire religieux. Il est plaisant de voir ceux qui refusent le dogmatisme défendre avec tant d'ardeur un dogme. Selon eux, il faudrait ne rien enseigner ni imposer aux élèves, mais il faudrait imposer un dogme aux enseignants adultes ! C'est délirant.

Un tel aveuglement explique une politique appliquée avec une remarquable persévérance. Une attitude analogue avait été soulignée par la sociologue Evelyne Sullerot, en énumérant la cascade de lois nouvelles, libérales et égalitaires, antifamiliales en pratique, prises en France entre 1965 et 1982.[5]

On comprend, avec ce rapprochement d'attitudes, que cette idéologie constructiviste est une forme de la révolution qui veut achever de détruire la France, dont la grandeur était basée sur le catholicisme, la famille féconde, l'instruction et la culture, l'activité industrielle et agricole. Il s'agit, sous couvert de défendre un « dogme constructiviste», de ne pas remettre en cause un élément efficace de destruction de la France. Prétendre que : Il n'y a pas de fiasco en lecture, et il ne sert à rien d'accuser la méthode globale ; veut dire que l'illettrisme ne doit pas être perçu comme un fiasco mais comme un succès. Ce n'est pas tant la méthode globale qui est en cause que la volonté des responsables politiques de l'éducation, soi-disant nationale, d'arriver à un tel résultat.

 

LA FRANCE MENACÉE

On est bien dans une manœuvre concertée pour détruire méthodiquement tout ce qui a fait la force et le rayonnement de la France :

● Le catholicisme ;

● La relève des générations : deux millions de bébés français tués par l'avortement, soit plus de morts que par la grande saignée de la guerre de 1914-1918 ;

● La paysannerie : méthodiquement éliminée, alors que

‘Labourage et Pâturages' sont les deux mamelles de la France : actuellement, le secteur agricole est encore un secteur important de notre commerce extérieur. Pour combien de temps ?

● L'industrie mise en concurrence, avec des pays qui n'accordent pas à leurs ouvriers des droits élémentaires. Par exemple, il y a vingt deux millions de personnes (l'équivalent de la population active française) dans les camps chinois (les « lao gaï ») : ils travaillent sans salaire, sans protection sociale. Ils peuvent produire à moindre prix.

● La formation intellectuelle des jeunes, alors que les Ecoles et les Universités françaises étaient réputées dans le monde entier.

● La drogue et le vice proposés comme modèles de libertés à nos jeunes et à nos moins jeunes.

 

LES PARENTS EN PREMIÈRE LIGNE

Tout cela se fait dans l'optique de l'idéologie rousseauiste de nos gouvernants. Mgr Honoré, alors président de la Commission épiscopale du monde scolaire et universitaire (CEMSU), dénonçait déjà ce tour d'esprit dans un Point de vue du Figaro (21 mai 1983) en ces termes :

... il n'y a pas d'éducation sans dépendance, ni autorité. C'est dire que la revendication des droits de l'enfant masque, sous une apparente logique de liberté et d'éducation sans contrainte, la volonté de soustraire l'enfant à toute autorité, et surtout à celle des parents, qui sont les premiers concernés.

Comme on le voit, le mal est invétéré depuis plus de vingt ans. Les dégâts sont importants, profonds, certes, mais nos contemporains commencent à se réveiller de leur torpeur : bien des familles ont résisté, vaille que vaille il est vrai, et ces familles qui ont résisté sont fécondes : l'avenir leur appartient. Il n'est plus temps d'attendre pour passer à l'offensive ! Les armes de cette lutte ne sont pas celles que l'on utilise contre la chair et le sang, mais celles de la lutte contre des esprits mauvais, c'est l'heure de la prédication, du témoignage de vie et de parole.

Nous devons défendre nos enfants contre la pourriture qu'on veut leur faire avaler : la formation donnée par les parents à la maison est plus que jamais nécessaire, soit sous forme de classes à la maison, soit dans des écoles entièrement libres, soit en cas d'absolue impossibilité, ailleurs, en suivant attentivement ce que l'on enseigne aux enfants de manière à leur donner un enseignement de vérité, à corriger les erreurs qui leur seraient inoculées, les former à la pratique de la religion et de la vertu en recourant à l'aide de Celui qui nous a dit :

Sans Moi, vous ne pouvez rien faire

Appuyons-nous sur sa force, nous ne serons pas déçus.

Alors, au travail ! Et avec courage car Il a vaincu le monde.

André Frament

 


[1] Cf. MAO - Editions Gallimard - 2005 et analyse du livre dans ce numéro, page 59

[2] Goebbels, ministre de la propagande d'Hitler, a formulé la loi dite des 7% : si forte que soit la pression de conditionnement sur une population, sept pour cent de ses membres ne pourront être conditionnés. Cela suffit à remplir les « goulags » et « lao gaï » (équivalent chinois du goulag soviétique)

[3] A côté de cela, un numerus clausus a créé artificiellement une pénurie de médecins et d'infirmières. Madame Aubry, ministre, a ainsi décrété la reconnaissance de 900 médecins étrangers que le système français normal ne pouvait pas reconnaître.

[4] Ce fait a été connu de l'auteur à l'occasion de ses interventions en entreprises. Le secret professionnel ne lui permet pas de donner plus de précisions

[5] Cf. A.F.S. n° 91, page 40

 
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