Une menace pour les établissements
d’enseignement privés
Le site de l’Assemblée nationale[1] a publié une Proposition de résolution présentée par les membres du groupe socialiste, radical, citoyen, divers gauche et apparentés (plus de 200 députés), enregistrée le 3 mai 2011 et ainsi définie :
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
en vue de la création d’une commission d’enquête sur les pratiques intégristes, fondamentalistes et sectaires portant atteinte aux lois aux principes et aux valeurs de la République dans des établissements privés d’enseignement, qu’ils soient sous ou hors contrat, et sur les moyens de contrôle qu’exerce l’Éducation nationale sur ces pratiques,[2]
Voici un extrait de l’Exposé des motifs :
- Ce qu’il faut réprimer[3] :
Si la laïcité garantit le libre exercice des cultes, elle combat les pratiques qui troublent ou menacent l’ordre public. Cela concerne notamment les pratiques religieuses intégristes, fondamentalistes, sectaires, qui placent leurs règles au-dessus des lois de la République et n’acceptent pas la primauté de celles-ci.
Ces pratiques sont minoritaires et autant politiques que religieuses. Elles doivent être combattues avec la plus grande fermeté car en se plaçant « au-dessus » des lois de la République, elles portent atteinte aux libertés fondamentales, aux droits de l’homme et, plus particulièrement, aux droits des femmes.
Pour les combattre, il faut les repérer, les connaître, les mesurer. En commençant par celles qui concernent nos enfants dans le cadre de la mission première de la République : l’éducation.
- Les effectifs des écoles visées :
À la rentrée 2009, 9 952 700 élèves ont été scolarisés dans l’enseignement public, soit 83,09 % des élèves. L’enseignement privé sous contrat a accueilli 1 976 174 élèves et l’enseignement privé hors contrat 49 962 élèves, soit respectivement 16,49 % et 0,42 % des effectifs totaux des premier et second degrés.
- Le cas de l’intégrisme catholique :
L’intégrisme catholique tout d’abord : lors de la diffusion de l’émission télévisée sur France 2, Les infiltrés, le 27 avril 2010, on avait pu constater en effet les dérives très graves du traditionalisme religieux et les propos insoutenables tenus par certains élèves et professeurs d’une école hors contrat, une école aujourd’hui fermée qui dépendait de l’Institut du Bon Pasteur, dont le supérieur général n’est autre que l’abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l’église traditionaliste parisienne Saint-Nicolas-du Chardonnet, puis de l’église Saint Eloi à Bordeaux.
Les discours tenus par certains élèves et révélés par cette émission étaient clairement racistes et antisémites.
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Texte intéressant à plus d’un titre :
- Il rappelle l’effectif de l’enseignement privé hors contrat : 50 000 élèves en 2009, soit 0,42% des effectifs totaux des premiers et second degré.[4]
- Il s’appuie sur une falsification : celle que constitue l’émission télévisée sur France 2 du 27 avril 2010, intitulée « Les Infiltrés »
- Il insiste sur le principe laïc de la primauté de la loi civile sur la loi morale, rappelant par là-même la déclaration faite par Jacques Chirac au Journal du Dimanche du 2 avril 1995 :
« Oui à l’objection de conscience. Non à une loi morale qui primerait sur la loi civile, et justifierait que l’on se place hors de la loi. Cela ne peut se concevoir dans une démocratie laïque. »[5]
- Il manifeste une sorte de totalitarisme anti-catholique bien présent chez les députés de gauche.
C’est surtout pour ce dernier motif qu’il mérite d’être lu, car, comme le remarquait un ami « Il n’y a pas besoin d’un tel texte pour faire fermer un établissement hors contrat. L’inspecteur académique peut fort bien arriver à ce même résultat, en évoquant le non-respect du sacro-saint « Socle Commun des Connaissances. »
A.L.
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