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Etre femme d'officier

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Être femme d'officier

  

Voici une lettre - qui a été lue à la cérémonie du « 2 S » à Grenoble - de l'épouse du commandant du Ier Régiment de Spahis aux épouses du corps au moment de l'affaire du Golfe persique. Elle a été publiée par « Le Casoar » (avril 1992[1]). Nous remercions sa direction de nous avoir autorisés à reproduire ici une lettre qui en dit tant en si peu de mots !

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Le Bon Dieu créait un modèle d'épouse de militaire lorsqu'au sixième jour un ange apparut et dit : « Seigneur, vous semblez avoir beaucoup de difficultés à faire ce modèle, qu'est-ce qui ne va pas avec le modèle standard ? ».

Le Seigneur répondit : « Avez-vous vu les caractéristiques de ce modèle ? Elle doit être indépendante, posséder les qualités d'un père et d'une mère, être une parfaite hôtesse pour ses invités dont le nombre peut varier de 4 à 40 en dépit d'une seule heure de préavis, consommer d'énormes quantités de café noir, faire face à tous les imprévus sans l'aide d'un manuel, avoir toujours l'air gai, même enceinte ou grippale et peu désireuse de déménager 14 fois en 17 ans. Et bien sûr, elle doit avoir six paires de mains. »

L'ange secoua la tête : « Six paires de mains, il n'en est pas question ! ».

Le Seigneur ajouta : «Ne vous inquiétez pas, nous demanderons aux autres épouses de militaires de l'aider. Et nous lui donnerons un cœur si puissant qu'elle pourra se glorifier des exploits de son mari, supporter les séparations douloureuses, faire preuve de solidité en cas de surmenage et de fatigue afin de pouvoir dire « je comprends » lorsque ce n'est pas le cas et "je t'aime quand même !»"

« Seigneur, dit l'ange en touchant doucement son bras, allez-vous coucher et reposez-vous. Vous pouvez terminer ceci demain. »

« Je ne peux pas m'arrêter maintenant, répondit le Seigneur, je suis sur le point de créer quelque chose d'unique. Ce modèle peut se soigner lorsqu'elle est souffrante, recevoir chez elle six invités inattendus pendant le week-end, dire au revoir son mari sur un quai, une piste d'envol ou un dépôt et comprendre la signification de son départ. »

Finalement l'ange se pencha et posa ses doigts sur la joue du chef-d'œuvre : « Il y a une fuite », dit l'ange, « quelque chose ne va pas dans la construction. Je ne suis pas surpris qu'il ait craqué. Vous essayez de mettre trop de choses dans ce modèle ».

Le Seigneur semblait fâché par le manque de confiance que lui manifestait l'ange. « Ce que vous voyez n'est pas une fuite, dit-il, c'est une larme ».

«Une larme ? Pourquoi y a-t-il une larme ? », demanda l'ange.

Le Seigneur répondit : « C'est pour symboliser la joie, la peine, la souffrance, la déception, la solitude, la fierté et l'attachement a toutes les valeurs qui lui sont chères, ainsi qu'à son mari ».

« Vous êtes un génie ! » s'exclama l'ange.

Le Seigneur semblait embarrassé et répliqua : «Ce n'est pas moi qui l'ai mise là». . .



[1] Le Casoar, revue de La Saint Cyricnne. 6 av. Sully Prudhomme, 75007 Paris

 
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