La pudeur chrétienne (suite)
CONSEIL AUX DAMES ET DEMOISELLES
(Extraits d'une causerie faite par un prêtre aux jeunes filles d'un lycée privé)
Un ami nous écrit: «Merci beaucoup d'aborder le sujet de la pudeur chrétienne dans votre N°167. Hélas ses exigences y demeurent "floues" et assez vagues pour que chacun(e) s'estime satisfait(e) de sa tenue... Ne pourriez-vous, dans un prochain numéro, offrir un récapitulatif clair et précis des règles si foulées aux pieds dans nos églises même traditionnelles ?» C'est pour répondre à cette demande que nous publions le texte ci-dessous, que nous avons reçu d'un prêtre ami, à la suite de la publication de notre précédent article.
«Je vais maintenant essayer de répondre à votre troisième question, celle qui concerne les vêtements féminins. Pour cela, il faut d'abord remonter non au déluge, mais avant le déluge... jusqu'à nos premiers parents - mais rassurez-vous, ce sera court! On sait, par la Bible, qu'Adam et Eve, au début de leur existence commune, vivaient nus et n'en éprouvaient aucune honte. Puis, après avoir commis le premier péché, le péché originel, péché de désobéissance et d'orgueil, ils eurent honte de leur nudité : la Bible nous rapporte ceci :
«Dieu appela l'homme et lui dit : "Où es-tu ?" Adam répondit : "J'ai entendu votre voix dans le jardin et j'ai eu peur, car je suis nu; et je me suis caché"».
Cette situation dure toujours depuis le péché originel : quand nous sommes nus, nous nous cachons; nous ressentons la honte de paraître nu. Et la Bible précise qu'après le péché originel «leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des pagnes», c'est-à-dire un vêtement pour cacher ce qu'il est le plus honteux de montrer.
Avant le péché originel, ils n'en avaient pas besoin car, expliquent les grands commentateurs de la Bible qu'on appelle les Pères de l'Église, la grâce leur était comme un vêtement surnaturel; et la grâce sanctifiante, leur perfection morale surnaturelle, leur sainteté, étaient telles qu'il n'y avait pas ce désordre en eux. Maintenant, c'est-à-dire depuis le péché originel, notre nature humaine est blessée, désordonnée, et nous souffrons tous, plus ou moins, de ce désordre concernant notre corps, la pureté et la chasteté (et encore d'autres désordres, notre nature humaine n'étant pas seulement blessée dans ses sens, mais aussi dans l'intelligence et la volonté).
Ainsi, depuis le péché originel, il faut que nous cachions certaines parties de notre corps, qu'il fasse froid ou chaud. Et depuis cette chute originelle aussi, nous éprouvons, les uns plus et les autres moins, des pensées impures, des tentations impures ou des impressions physiques impures. Et comme, de plus, nous vivons non en ermites mais en société, ces pensées, ces tentations ou ces mouvements impurs peuvent être provoqués en nous par les autres, par leurs paroles, leur tenue, leur habillement. D'où la grave question du vêtement.
Je dis bien "grave" question, car si mon vêtement entraîne une personne qui me voit, à un péché contre la pureté, je suis responsable aussi de son péché, et de sa perte éternelle si ce péché est chez elle mortel - ce qui n'est pas rare - et qu'elle vient à mourir sans en avoir demandé pardon à Dieu et avoir reçu ce pardon. Terrible responsabilité alors que la mienne devant Dieu!
Alors demanderez-vous, comment dois-je m'habiller pour éviter cette terrible catastrophe pour les autres, et pour moi ?
Avant de répondre je dois ajouter quelque chose que vous ignorez peut-être. C'est qu'il y a une différence entre les garçons et les filles dans ce domaine de la pureté. Les garçons ne sont pas plus vicieux que les filles, mais, pour des raisons psychologiques et physiologiques dans lesquelles je n'ai pas à entrer, en règle générale ils ont beaucoup plus de difficultés que vous à rester purs. Je dis "en règle générale", ce qui veut dire qu'il y a des cas où c'est le contraire, mais, en général, une fille n'a pas de bien grands efforts à faire pour rester pure, tandis que le garçon doit en faire beaucoup, et souvent même de très grands. Car, pour exciter une fille à l'impureté, il faut une assez grande excitation; mais pour y exciter un garçon, un rien suffit. Encore une fois, non parce que le garçon est plus vicieux que la fille (ou l'homme plus vicieux que la femme), mais parce qu'il est, sur ce point, plus vulnérable, plus excitable, et qu'il y réagit plus vite et plus facilement. Il arrive même - je vais vous dire une horreur - que des garçons qui, je le souligne, ne sont ni pervers ni détraqués, viennent dire : «Père, j'ai des mauvaises pensées au sujet de ma sœur». Eh bien! Quand on voit la tenue de ces sœurs, on comprend...
Alors, comment s'habiller ?
L'un des rôles du vêtement, nous l'avons vu, est de voiler le corps, en particulier certaines parties du corps. Il faut donc que le vêtement n'attire pas l'attention sur le corps et surtout sur ces parties qui excitent à l'impureté.
Donc, en particulier, pas de vêtements plus ou moins transparents, et pas de vêtements qui moulent tout ou partie de votre corps.
- «Et ma féminité, alors?», direz-vous.
- Mesdemoiselles, en ce moment, et depuis près d'une heure, je vois devant moi un grand nombre de charmants visages, et je n'ai aucun doute, pour tous et chacun de ces visages, qu'ils soient ceux de jeunes-filles. Votre visage suffit bien pour voir votre féminité; point n'est besoin de montrer autre chose. Le regard masculin y est extrêmement sensible et remarque immédiatement un certain nombre de détails auxquels, bien souvent, vous ne pensez pas. Il remarquera tout de suite vos sous-vêtements si votre chemisier est un peu transparent (ce qui est fréquent), ou si c'est le cas de votre pantalon. De même si votre pull serre et moule votre poitrine, cela lui sautera au regard. De même encore si votre pantalon vous moule de la ceinture au périnée inclus (ce qui est très fréquent aussi), vous vous doutez bien quelles pensées cela fera naître dans celui qui le voit, et quels désirs...
Ah! je vois à vos regards interrogateurs que j'ai employé le mot "périnée", qui vous est inconnu. On vous a dit au début que, dans ma jeunesse, j'ai soigné des milliers de personnes pendant plusieurs années, et vous voyez que certains termes techniques me reviennent... Vous trouverez la définition du mot dans le dictionnaire; disons donc plus clairement : si votre pantalon vous moule depuis la ceinture jusqu'entre le haut des cuisses compris, vous serez responsables des mauvaises pensées et des mauvais désirs que cela engendrera dans celui à qui cela sautera immédiatement aux yeux. Et si vous êtes en jupe trop courte, il en sera de même; en particulier si votre jupe ne vous couvre pas entièrement les genoux quand vous êtes assises; et d'autant plus si, alors, vous croisez les jambes: ce sera catastrophique pour le regard de celui qui est assis en face de vous. De même encore avec la jupe fendue plus haut que le genou.
Petite parenthèse sur le pantalon en général : il s'est généralisé chez les filles et les femmes, qui se rendent esclaves de la mode. Mais gardez donc votre liberté! et n'oubliez pas que le pantalon n'est pas, au moins en Occident, un vêtement féminin. Que gagnez-vous donc à imiter les hommes ? Vous êtes filles, soyez-le! Si vous imitez les hommes, comme on cherche à imiter ce qui est plus que soi afin de ressembler à ce qui est plus grand que soi, c'est donc que vous vous jugez inférieures aux hommes ? Ajoutons qu'avec le pantalon ou la jupe-pantalon, vous n'y gagnez certainement pas du point de vue de l'esthétique; car cela fait ressortir certains volumes qui gagneraient beaucoup à être moins... volumineux.
Quant au décolleté, plus il est discret et mieux c'est. Et vous comprenez bien que - pour le dire d'une manière imagée - si vous laissez voir le début de la vallée entre les deux collines (et ce sera pire quand vous serez penchées en avant), vous risquez fort de faire naître en celui qui le verra, le désir d'explorer entièrement collines et vallée. Le jour de votre mort (peut-être prochain!) vous serez, comme chacun, jugées par Dieu sur vos bonnes et vos mauvaises actions, pour savoir si vous avez mérité le bonheur éternel du Ciel ou l'effroyable malheur éternel de l'enfer.
Eh bien! mesdemoiselles, que répondrez-vous à Dieu s'Il vous dit alors : - Regarde, tel jour, à tel endroit, tu étais vêtue de telle façon; vois ce que cela a entraîné dans la pensée et dans le cœur d'un tel; vois la conséquence : il est damné! éternellement en enfer! Vous n'aurez rien à répondre pour vous disculper. Et quel sera alors votre propre jugement et votre sort éternel ?...
Ah! Voilà l'heure de la sortie qui sonne. Je m'arrête donc. J'en ai dit assez pour vous faire comprendre la gravité de l'enjeu et pour vous inviter à changer ce qu'il est nécessaire de changer chez beaucoup d'entre vous.
Restez pures; vous ne le regretterez pas. Veillez donc jalousement sur votre pureté; et veillez attentivement à ne pas nuire à la pureté de ceux qui vous voient. Ne vous permettez rien dans ce domaine, car les conséquences sont souvent mortelles pour vos âmes et celles des autres. Bon courage!».





