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Ne riez pas, prenez cela au sérieux

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Ne riez pas, prenez cela au sérieux

 

À une époque de l’année où les modes féminines se dégradent de plus en plus, nous reproduisons ici un article de l’abbé Xavier Beauvais, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, sur la modestie dans le vêtement, article paru dans le n° de décembre 2005 du bulletin Le Chardonnet [1]:

 

« Le catholicisme est stable et solide si seulement il imprègne l'intégralité de la personne baptisée. Aussi doit-il pénétrer d'abord l'intérieur de l'homme en le rénovant à l'image de Jésus-Christ pour arriver ensuite à régler l'extérieur même (accès, paroles, attitudes) selon cette même image.

La confession de la foi catholique doit s'étendre à tous les gestes, attitudes, coutumes et relations du chrétien. Ceci explique l'importance de la modestie, spécialement, il faut bien le dire, chez la femme.

Une femme qui chercherait à attirer les regards sur elle, de manière séductrice, montre, si elle est mariée, qu'elle se soucie peu de plaire à son mari, et en général, mariée ou pas, de plaire à Jésus-Christ. Il ne s'agit pas de se couvrir de sac à patates, ou de s'enlaidir, ou encore de s'habiller comme une religieuse en civil, entendons-nous bien.

La modestie - mais qui le comprend aujourd'hui ? - est souvent pour une femme, l'indice de l'habitation de Notre-Seigneur en son cœur ; elle est le parfum édifiant qu'elle est appelée à diffuser.

La modestie dans le vêtement est un moyen qui rend certainement les âmes attentives aux obligations contractées au baptême. Les modes actuelles, à ce sujet, corrompent et déshonorent bien souvent la femme chrétienne. Elles sont faites pour séduire, pour exciter la concupiscence au détriment de la beauté spirituelle, et cela sans même parler de la corruption voulue, programmée et réalisée méthodiquement et savamment.

 

Mesdames et mesdemoiselles, c'est un fait, s'il y a dans la manière de se vêtir, intention de séduire - je ne parle pas d'être agréable - il y a sans aucun doute péché grave. Et même sans mauvaise intention, ce qui est certainement le cas pour beaucoup, n'oubliez pas qu'il peut y avoir matière à scandale et occasion de péché - Un vêtement indécent est donc scandaleux, c'est-à-dire occasion de scandale pour les âmes (faibles ou non) car en ce qui concerne la vertu de pureté, tous peuvent-ils affirmer être forts ? Mépriser, s'en moquer, peut exposer les autres à de dangereuses tentations, et cela devrait suffire à ne pas se vêtir de manière immodeste.

Pie XII s'adressant à la jeunesse féminine de l'Action catholique s'exprimait ainsi : « Si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu'elles causent chez les autres par leurs toilettes et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d'importance, elles s’épouvanteraient de leur responsabilité.

Ô mères chrétiennes, si vous saviez quel avenir d'angoisses et de périls, de hontes mal contenues, vous préparez à vos fils et à vos filles, en les habituant imprudemment à vivre à peine couverts, en leur faisant perdre le sens délicat de la modestie, vous rougiriez de vous-mêmes, et vous auriez honte du dommage que vous causez à ces enfants que le ciel vous a confiés pour les éduquer chrétiennement. Or ce que nous disons aux mères, nous le répétons pour les mères croyantes et même pieuses qui, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber, par leur exemple, les dernières barrières qui retenaient loin de cette mode une foule de leurs sœurs, ce qui pourrait être pour elles une cause de ruine spirituelle. Tant que certaines toilettes provocantes restent le triste privilège d'appartenir à des femmes de réputation douteuse et sont comme le signal qui les fait reconnaître, une femme honnête n'oserait pas les porter elle-même. Mais le jour où ces toilettes seront portées par des personnes hors de tout soupçon, sans aucun doute on suivra le courant, un courant qui conduira peut-être aux pires chutes. »

Et s'il nous faut accepter ce que Pie XII exprimait, combien plus ce qu'expriment de nombreux saints sur le sujet. C'est un sujet qui préoccupe les prêtres, quoi de plus normal, s'ils sont de vrais pasteurs des âmes ; comme il a préoccupé le saint curé d'Ars, patron des prêtres. Ce saint curé, parlant de la mesure décente des jupes disait : « Une bonne mesure en dessous des genoux ».

Grâce à Dieu, celles qui pensent le contraire ne fleurissent pas à Saint-Nicolas, mais hélas, il y en a quand même et parfois issues de bonnes familles chrétiennes. Ne riez pas, mesdemoiselles, c'est le saint curé d'Ars qui le disait, lui qui confessait tant d'hommes, savait très bien et mieux que vous le pourquoi de cette mesure, et tout prêtre qui rappelle ces mesures de décence sait très bien ce qu'il dit parce qu'il sait combien de péchés se commettent par la vue. Si quelques femmes, ou quelques hommes se moquent de ces lignes, n'auraient-ils pas alors perdu le sens du péché ?

Sainte Françoise Romaine, en 1414, eut une vision de l'enfer qui dura quatre heures et durant laquelle Dieu lui montra quelques dames qu’elle avait connues dans la société romaine. Elles étaient condamnées pour leurs vêtements indécents par lesquels elles avaient suivi la mode de ce temps, cause de séduction et de péchés. Cette vison de l'enfer impressionna tellement sainte Françoise Romaine qu'elle la fit peindre sur les murs de sa chapelle en souvenir perpétuel des justices du Seigneur. Ensuite Dieu lui donna pour mission d'éloigner les dames romaines de leur luxe et de leur vanité.

Vous connaissez peut-être déjà ces paroles de Dom Bernard Maréchaux, mais il n'est pas inutile de les rappeler :

« L'homme se perd par la femme. Elle perd l'homme par l'ostentation de sa vanité ; elle le sauvera par la vertu de sa modestie : le monde moral oscille entre Eve et Marie. Tant que la modestie chrétienne ne sera pas pratiquée, la société ne se relèvera pas ».

Enfin, il me plaît de vous citer ces paroles d'évêque. C'était en Argentine en 1968 ; alors qu'en France, 1968 marquait la «libération » de tous les tabous, en Argentine, quelques évêques parlaient encore de manière catholique. Monseigneur Francisco Vicentin, archevêque de Corrientes (Nord de l'Argentine, proche du Paraguay) exhortait ainsi ses fidèles :

« Les principes de la mode n'ont pas toujours, pour ne pas dire jamais, d'inspiration évangélique. Nous oserions dire même qu'ils vont contre l'Évangile.

Dans ces modes, spécialement vestimentaires, qui surgissent aujourd'hui avec fréquence et qu'on prétend aussitôt justifier et défendre comme la plus normale des choses, on écarte par principe tout ce qui peut signifier mortification ou moindre commodité ; on présente en revanche tout ce qui peut flatter les sens, sans se soucier ni peu ni beaucoup de savoir si elles sont des provocations intentionnelles ou non au péché. C'est la triste réalité.

En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas tout admettre, et encore moins nous contenter de dire « c'est le courant actuel »,    « c'est l'habitude ou la mode actuelle ». S'il y a une conduite que les chrétiens doivent avoir dans le monde, dans les milieux ordinaires de la vie, quel doit être leur comportement à l'église ? Nous nous référons concrètement à l'habillement qui est la parure du corps. (…)

Très chers prêtres, avec douceur et avec fermeté, enseignez, exhortez et exigez des baptisés la modestie chrétienne au foyer, dans la société et surtout à l'église. Nous limitant concrètement au lieu sacré, nous vous exhortons dans le Seigneur à observer ce qui suit :

- Que les femmes, dès leur plus jeune âge (cet âge où l'on apprend à aimer la modestie, ou à perdre la pudeur) se couvrent la tête, qu'elles n'utilisent pas de vêtements moulants, de décolletés, mais des vêtements amples jusqu'en dessous des genoux et avec des manches qui couvrent l'avant bras. Que celles qui ne respectent pas ces exigences minimales ne soient pas admises à l'église, et encore moins à la réception des sacrements, ou à la participation de leur célébration (marraines de baptême, de confirmation, témoins de mariage). (…)

       - Lors de la célébration de mariage ou de baptême, les familles et invités seront les responsables de l'ordre et de la modestie qui doit régner dans ce lieu saint. Faites les avertissements adéquats à temps. (…)

Sous prétexte de commodité, combien vont contre les lois de la modestie. Pie XII s'exprime encore clairement :

« Sans doute Dieu ne demande point aux femmes de vivre en dehors de leur temps, de rester indifférentes aux exigences de la mode au point de se rendre ridicules en s'habillant à l'encontre des goûts et des usages de leurs contemporains, sans se préoccuper jamais de ce qui leur plaît.

Ce que Dieu leur demande, c'est de se souvenir que la mode n'est, ni ne peut être, la règle suprême de leur conduite ; que, au-dessus de la mode et de ses exigences, il y a des lois plus hautes et impérieuses, des principes supérieurs et immuables qui, en aucun cas, ne peuvent être sacrifiés au gré du plaisir et du caprice... Ces principes ont été proclamés par Dieu, par l'Église, par les saints et les saintes, par la raison et par la morale chrétienne ».

C'est enfin sur une belle note positive que je vous laisse encore avec le pape Pie XII :

« Depuis que la femme s'est lancée sans retour dans le monde, une jeune fille, pleine de zèle, peut faire un immense bien, partout, dans la rue même, en enseignant par son habillement et son comportement ce que sont la modestie et la pudeur qui certainement n'ont jamais été en opposition avec la simplicité authentique, la véritable grâce et les bonnes manières ».[2]

 

Merci à toutes et à vous aussi, chers pères de famille et époux, de prendre cela au sérieux. »

 

Abbé Xavier BEAUVAIS

 

 

 

 

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[1] Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, 23 rue des Bernardins, 75005 Paris.

[2] S.S. Pie XII Allocution à un groupe de jeunes filles espagnoles de l'Action catholique, 9 avril 1956.

 
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