La famille : actualité et importance
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Le thème de cette étude est important pour la vie sociale comme pour la vie chrétienne car : « de la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».
Les lois divines incluent aussi la loi naturelle laquelle a été donnée à la nature par Dieu. La connaissance de la loi naturelle est une vraie science qui donne les rapports nécessaires entre les choses. En effet, il y a en politique des règles qui déterminent, une fois la cause posée, son effet prévisible. Certes, la liberté de l'homme peut induire une incertitude sur le déroulement concret de l'histoire. Il est pourtant possible de faire des prévisions sur le long terme même si le visage concret des événements ne peut pas être décrit avec la précision d'un scénario de cinéma. Nos contemporains ont parfois du mal à admettre cet enchaînement de cause à effet.
Permettez moi d'en donner un exemple : Un livre d'histoire parlant du traité de paix de Versailles (1920), reproduisait un dessin publié dans un journal de l'époque. Ce dessin représentait Wilson et Clémenceau sortant de la salle du traité et l'un disait à l'autre : c'est curieux j'entends pleurer un enfant. Derrière le rideau de la porte par où passaient les hommes d'Etat était représenté un enfant appuyé sur le mur en train de pleurer. Un écriteau au dessus de sa tête donnait l'explication : Classe 40. Et la deuxième guerre mondiale s'est déclenchée en 1939/1940.
Après la faute lourde du traité de Versailles, il a fallu 20 ans pour qu'apparaissent les conséquences tragiques de la politique anti européenne alors mise en place. Ces conséquences avaient aussi été perçues par Jacques Bainville. L'historien avait prévu que l'Autriche était devenue inviable après le dépeçage de l'empire Austro-hongrois ; l'obligeant à s'unir à l'Allemagne et à créer ainsi un déséquilibre européen rendant la guerre inévitable. Et de fait il s'est produit l'Anschluss qui annexait l'Autriche à l'Allemagne. Puis la guerre.
Il y a, c'est certain une science politique qui permet des prévisions, lesquelles ne se réalisent que lentement.
Nous nous limiterons à présenter ce qu'est l'enseignement de la doctrine sociale de l'Église en ce qui concerne l'institution famille et sa place dans l'Etat. Cette présentation schématique ne donnera pas toutes les explications qui seraient pourtant nécessaires aujourd'hui étant donné l'imprégnation des esprits par les concepts que nous imposent les médias.
Existence de la doctrine sociale de l'Église
Nous sommes conscients de ce que des catholiques refusent le concept même de doctrine sociale de l'Église alors que depuis Léon XIII, il y a plus de cent ans, les papes l'ont inlassablement enseignée. Et Pie XII a même précisé, il y a plus d'un demi-siècle (le 29 avril 1945)
La doctrine sociale de l'Église est claire, elle est obligatoire, nul ne peut s'en écarter sans danger pour la Foi et l'ordre moral.
Contenu de cette doctrine
Cette doctrine existe donc, mais parce qu'elle dérange, elle est combattue par des hommes politiques de tous bords et même par des catholiques. Il est vrai qu'il est plus facile de se dire catholique que de l'être vraiment.
Dans l'enseignement de l'Église,[1] la vie temporelle politique ou sociale, de l'homme s'oriente autour de deux réalités fondamentales : la famille et l'État. Cette doctrine sur la famille, sur l'État comme sur les relations internationales est actuellement la seule proposition cohérente et réaliste pour sortir de la crise actuelle ; on devrait même dire pour sortir de notre décadence. Mais cette doctrine, très mal connue des chrétiens, est très bien combattue par les ennemis du Christ.
Comme nous l'avons dit, nous orienterons plus particulièrement notre propos sur les questions qui concernent la famille. Cette dernière est reconnue par la doctrine sociale de l'Eglise, comme cellule fondamentale de la société et comme cellule d'Église. Elle est en crise, et il est clair que la société et l'Église sont elles aussi (et par conséquent) actuellement en crise.
Nous verrons d'abord ce qu'enseigne la loi naturelle et l'Église sur le mariage et la famille en tant que cellule de société, puis nous présenterons comment s'insère cette société élémentaire dans la société globale.
1 LA FAMILLE, SOCIÉTÉ ÉLÉMENTAIRE

1.1 Définition :
La famille est la société fondée par le mariage d'un homme avec une femme qui s'agrandit au fur et à mesure que se réalise leur projet de mettre au monde et d'éduquer leurs enfants.
La famille n'a donc rien à voir avec ce que l'on a l'outrecuidance d'appeler le mariage homosexuel qui dans les termes mêmes est une contradiction logique : il suffit d'ouvrir les dictionnaires de la langue française depuis celui de l'Académie jusqu'au Larousse et au Robert d'il y a quatre ans :
Le mariage est l'union légitime d'un homme et d'une femme.
Il est possible que, cédant à des pressions, les rédacteurs de ces dictionnaires nous pervertissent le sens des mots dans des versions plus récentes. La réalité reste quand même que Le mariage est l'union légitime d'un homme et d'une femme.
Le mariage crée un lien social qui déborde l'engagement des deux époux. A ceux qui ne l'ont jamais connu, il est aujourd'hui nécessaire de montrer ce qu'est réellement le mariage chrétien, sa grandeur tant au plan naturel que surnaturel et à quelles conditions il peut donner aux époux un réel bonheur malgré les vicissitudes de la vie. On ne peut certes y éviter la croix, comme dans n'importe quel état de vie. Et l'acceptation de la croix permet d'arriver au bonheur, de même que l'effort de l'ascension est nécessaire pour mériter l'émerveillement au sommet.[2]
1.2 Le Christ a rétabli le mariage originel
Dès l'origine, Dieu donc a voulu le mariage unique et indissoluble, comme une fonction de nature, destiné à la propagation du genre humain et à la constitution de la famille.
Cette loi primitive fut tempérée à ce point que Moïse permit aux membres de son peuple, à cause de la dureté de leur cœur, de faire, pour certaines causes déterminées, un acte de répudiation. Mais le Christ a révoqué cette permission d'une plus grande licence et il a restauré la loi primitive dans son intégrité[3]. L'exigence du Christ a bien été perçue par les Apôtres : «Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est pas avantageux de se marier.[4]» Et il ne les a pas détrompés. Mais les Apôtres ignoraient encore l'élévation du mariage à l'état de sacrement, signe sensible de la grâce, et ils ne pouvaient pas encore deviner la force que donne le sacrement aux fidèles.
1.2.1 L'unité et la fidélité
Le mariage, dans la volonté de Dieu est unique. Aucune volonté humaine ne peut dispenser de cette caractéristique essentielle. Comme dans l'union du Christ et de l'Église, le don de soi doit être total, exclusif, et irrévocable. Dans le mariage, le don mutuel devient principe d'expansion et source de vie.
L'unité d'une société demande une unité de commandement, de pilotage. L'époux est le chef de l'épouse. Elle lui est soumise comme au Seigneur et l'époux l'entoure d'amour, d'affection et de respect. Hélas, peu nombreux sont ceux qui savent que commander veut dire remplir son mandat avec celui qui est commandé et non le réduire en esclavage. Des épouses interrogées sur ce point ont confirmé que, pour elles, l'autorité du mari était une sorte « d'assurance » de la validité quant à la décision prise et qu'elles avaient besoin de leur mari pour confirmer ces décisions prises et se rassurer.
La fidélité conjugale est la base et la mesure du bonheur familial. Symbolisée par l'anneau nuptial, elle est l'âme et le cœur du contrat matrimonial. Elle embrasse tout le domaine de l'amour et s'épanouit dans la constance de cet amour. Elle est le religieux respect du don que chaque époux a fait au conjoint de son corps, de son esprit, et de son cœur.[5]
Unité et fidélité impliquent l'entraide mutuelle non seulement dans le domaine matériel, mais dans celui de la vie morale et spirituelle et de la sanctification réciproque ainsi qu'une étroite collaboration d'esprit, de volonté et d'action pour accomplir ensemble le mandat divin gardant vis-à-vis de l'extérieur une cohésion sans faille.
La chasteté requise par le modèle divin du mariage et par la fidélité implique l'abstention de tout rapport avec un tiers, ou même de tout désir, même avec l'autorisation du conjoint. Elle demande une modération dans les choses permises et parfois même une héroïque continence.
La fidélité conjugale est un des biens qui fondent la valeur morale du mariage. Elle repose sur l'unité du mariage (déjà vue) et l'amour mutuel, et ainsi concourt au bien de la cellule familiale et à l'éducation des enfants.
1.2.2 L'indissolubilité
Le mariage, pour les chrétiens est indissoluble[6]. Ce qui s'explique par la réponse du Christ aux pharisiens : «Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas[7]». Cet enseignement est renforcé quand Il dit : «Tout homme qui renvoie sa femme et en prend une autre, est adultère et celui qui prend la femme répudiée par un autre commet un adultère lui aussi.[8]»
Le mariage, devenu sacrement, est alors la représentation de l'union du Christ et de son Église. C'est pour cela qu'il est indissoluble une fois qu'il est contracté et réellement consommé entre chrétiens. Il ne peut être rompu sous aucun prétexte : même en cas d'adultère du conjoint ou s'il déserte le foyer, ni par la volonté des contractants, ni par aucune autorité humaine, ni même par le Pape.
L'indissolubilité du lien est un grand bien
pour le foyer (dont elle garantit l'honnêteté et l'union),
pour la femme, pour l'éducation des enfants et
pour la société tout entière.
Elle est rendue possible, comme nous l'avons dit, par la grâce du sacrement.
Le mariage est indissoluble sinon la famille est minée. Jean Paul II au Tribunal de la Rote a rappelé l'indissolubilité du mariage et les devoirs que cela entraîne pour les catholiques engagés dans des professions juridiques. De plus, le pape les encourage, et nous autres aussi, à combattre le divorce, "en diffusant une mentalité, une coutume sociale et une législation civile, en faveur de l'indissolubilité" ce qui paraît bien la moindre des choses, si l'on est conséquent avec sa foi. Selon les expressions du Pape : [9]
Ce bien [de l'indissolubilité du mariage]
fait partie de la base de toute la société, comme une condition nécessaire pour l'existence de la famille ... Et son absence a donc des conséquences dévastatrices qui se propagent dans le corps social comme un fléau - selon le terme utilisé par le 2ème Concile du Vatican pour décrire le divorce (G.S. n° 47) et qui ont une influence négative sur les nouvelles générations auxquelles on cache la beauté du mariage authentique.
Dans cette déclaration le Pape réaffirme que la famille, basée sur le mariage indissoluble, est l'un des deux piliers de la société. Tout ce qui sape un des piliers affaiblit l'autre. Comme il s'agit de réalités sociologiques, les conséquences se mesurent sur le long terme et provoquent des sanctions d'autant plus sévères qu'elles sont plus différées. Réciproquement les familles fortes font les nations dynamiques.[10]
Cette communauté de vie et de destin est une œuvre difficile à réaliser. Elle demande de véritables renoncements et ne peut être le fruit que d'une mutuelle éducation. Cette collaboration suppose oubli de soi, compréhension du conjoint, oubli affectueux de ses défauts, partage des difficultés, concessions mutuelles dans le respect de la loi de Dieu.
1.2.3 La confirmation par l'histoire
Le grand historien français Fustel de Coulanges attribue l'étonnante expansion des tribus Indo-européennes[11] à leurs sentiments religieux et à l'institution du mariage considéré comme institution sacrée. Voilà ce qu'il enseignait à l'impératrice Eugénie, l'épouse de Napoléon III :
Dans les vieux hymnes des Hindous, les livres des Perses, les usages et les lois des Grecs, des Étrusques et des Romains, des Gaulois, nous trouvons le mariage établi comme une cérémonie sainte, comme une union religieuse. Il y a encore aujourd'hui des peuples sauvages qui ignorent absolument cette institution ; il y a même des peuples civilisés où la jeune fille est encore vendue, et où le mariage n'est pas autre chose qu'un contrat de vente : le jeune homme achète la jeune fille à son père. Chez les anciens Aryas, nous voyons que pareil contrat était formellement défendu. La jeune fille ne pouvait être mariée que par son libre choix ; le mariage consistait dans une cérémonie religieuse en présence des dieux, au milieu des chants sacrés ; il devenait une union sainte, et cela s'est perpétué chez tous les peuples de cette race. De là deux conséquences.
D'abord la monogamie. Les peuples qui voient dans le mariage un simple contrat de vente, permettent à l'homme d'avoir plusieurs femmes, dès qu'il est assez riche pour en acheter plusieurs. Les vieux Aryas n'admettaient pas cela.
La deuxième conséquence, c'est la dignité de la femme dans la famille. Chez les peuples musulmans, la femme ne travaille pas mais elle est peut être encore plus méprisée ; et dans tous les cas elle ressemble assez à une esclave. Chez lesAryas la femme est presque l'égale du mari : les titres que l'on applique à la femme marquent l'égalité de condition, tout au moins l'égalité de respect.[12]"... Elle était soumise en certaines choses, mais elle était toujours moralement et légalement son égale.
J'ajouterai seulement que toute l'histoire prouve que les peuples qui ont eu cette sorte de mariage et la famille constituée de cette façon-là, ont toujours été plus forts que les autres. C'était donc pour notre race un principe de force et une cause de supériorité.[13]
Après avoir vu la définition et les caractéristiques du mariage chrétien, il nous faut voir ses finalités.
1.3 Les buts du mariage
La doctrine constante de l'Église a reconnu et hiérarchisé plusieurs finalités du mariage. Elle a toujours placé en tête la procréation des enfants à laquelle elle associe immédiatement leur éducation. Les fins secondaires sont l'entraide mutuelle, le remède à la concupiscence, la recherche commune de la perfection. Même si l'un de ces derniers biens était la cause initiale du mariage, il est et reste fin secondaire quand le mariage est conclu.
1.3.1 La fin première : Procréation et éducation des enfants
La procréation
«Le mariage et la famille sont ordonnés au bien des époux et à la procréation et à l'éducation des enfants.[14]» (CEC) Dans la doctrine constante de l'Église, la procréation des enfants est la fin première à laquelle le mariage, institution au service de la vie, est ordonné par sa nature. Ce but premier doit nécessairement être accepté par les conjoints pour que le mariage chrétien soit valide. La Sainte Écriture, le Magistère et la Tradition de l'Église[15] attestent cette prise de position. La position de certains «théologiens» prétendant que la procréation ne serait pas la fin première du mariage a été réfutée par le magistère (S. C. du St. Office 1er avril 1944).
La fécondité est un bien
Les enfants tiennent la première place parmi les biens qui fondent la valeur morale du mariage. C'est la prestation spécifique des époux. Elle leur est strictement réservée. Car pour l'Église, le cadre de la transmission de la vie est celui de la famille. Cela n'empêche certes pas d'adopter légitimement des enfants.
C'est pour cette œuvre procréatrice et éducatrice que les époux sont unis et qu'ils ont reçu la grâce du sacrement. C'est à elle, à cette œuvre procréatrice et éducatrice, que l'acte conjugal est ordonné sans diminution des valeurs personnelles puisque les époux y coopèrent en tant que personnes humaines et que les enfants sont une extension de la personne des parents.
La loi de la fécondité soumet donc l'usage du mariage à l'acceptation des charges qui peuvent en découler, en particulier celles de la maternité dont le devoir peut demander de l'héroïsme, ce qui fait sa gloire. Et nous avons assisté à la canonisation par Jean Paul II de Jeanne Beretta Molla une femme médecin, qui a protégé la vie de son enfant à naître au détriment de sa propre vie.
Il faut respecter la dignité des époux
La procréa
tion n'est pas une simple fonction biologique qui pourrait se réaliser par une fécondation artificielle, comme on le fait pour des animaux d'élevage. Elle exige le don total des époux exprimé par l'acte conjugal normalement accompli, dans une coopération personnelle et libre à l'œuvre créatrice, rédemptrice et à la paternité de Dieu[16]. Dans le mariage chrétien cette coopération doit s'étendre à la communication de la vie surnaturelle que les parents ne transmettent certes pas directement à leurs enfants, mais dont ils doivent assurer le bienfait en les présentant au baptême et en leur transmettant l'héritage de la foi.
En ce qui concerne l'exercice du devoir conjugal pendant les périodes agénésiques[17]:
*L'usage du droit matrimonial n'est pas interdit en ces périodes.
*La limitation du droit conjugal aux périodes infécondes rendrait le mariage invalide.
*La limitation de l'usage du droit est licite ou illicite suivant la valeur des motifs qui déterminent les époux à y recourir : la volonté des époux d'éviter habituellement la fécondité de leur union, tout en continuant à satisfaire pleinement leur sensualité, ne peut venir que d'une fausse appréciation de la vie et de motifs étrangers aux règles de la saine morale[18].
En conformité avec la doctrine chrétienne sur le mariage le Pape Paul VI a déclaré dans Humanae Vitae :
Est absolument à exclure, comme moyen, de régulation des naissances,
*L'interruption du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques,
*La stérilisation directe de l'homme comme de la femme, que ce soit de manière temporaire ou définitive,
*Toute action qui, soit en prévision de l'acte, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation.
C'est une erreur de penser qu'un acte conjugal rendu volontairement infécond, et par conséquent intrinsèquement déshonnête puisse être rendu honnête par l'ensemble d'une vie conjugale féconde.[19]
S'abandonner à de tels comportements déshonnêtes finirait de plus par donner à l'État une possibilité d'imposer une méthode et intervenir dans le domaine le plus intime de la vie conjugale.
L'éducation des enfants
Le mariage chrétien, en conformité avec son modèle (l'union du Christ et de l'Église) a pour but de donner des adorateurs à Dieu, des membres
vivants à l'Église et de futurs citoyens du ciel. Cela comporte donc l'éducation des enfants laquelle est directement liée à la procréation ; aussi est-ce un devoir et un droit rigoureux des parents de pourvoir à l'éducation de leurs enfants. L'exercice de l'autorité est nécessaire sans excès de rigueur, tempérée de bonté et de compréhension. Elle est surtout facilitée par l'exemple des parents.
L'éducation chrétienne vise à la formation personnelle et harmonieuse des enfants. Familiaris consortio[20] s'exprime ainsi :
Les parents, parce qu'ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, ils doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d'une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C'est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales dont aucune société ne peut se passer.
Le droit et le devoir d'éducation sont pour les parents quelque chose d'essentiel de par leur lien avec la transmission de la vie ; quelque chose d'original et de primordial, par rapport au devoir éducatif des autres, en raison du rapport unique d'amour existant entre enfants et parents ; quelque chose d'irremplaçable et d'inaliénable qui ne peut donc être totalement délégué ni usurpé par d'autres.
Les parents doivent, avec confiance et courage, former leurs enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine. Les enfants doivent grandir dans une juste liberté devant les biens matériels, en adoptant un style de vie simple et austère, bien convaincus que l'homme vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il a.
[Malgré les tensions et les conflits d'une société marquée par l'affrontement entre les égoïsmes de toutes sortes, les enfants...]
doivent acquérir le sens de la justice véritable, .. le sens de l'amour authentique qui est fait d'attention sincère, de service désintéressé à l'égard des autres...
La famille est la première école, l'école fondamentale de la vie sociale, comme communauté d'amour ; elle trouve dans le don de soi la loi qui la guide et la fait croître. Le don de soi qui anime les époux entre eux, se présente comme le modèle et la norme de celui qui doit se réaliser dans les rapports entre frères et sœurs et entre les diverses générations...
L'éducation à l'amour comme don de soi constitue encore les prémisses indispensables pour les parents appelés à donner à leurs enfants une éducation sexuelle claire et délicate. ...
L'éducation sexuelle - droit et devoir fondamentaux des parents - doit toujours se réaliser sous leur conduite attentive, tant à la maison que dans les centres choisis et contrôlés par eux ...
L'Église s'oppose fermement à une certaine forme d'information sexuelle ne tenant aucun compte des principes moraux et si souvent diffusée aujourd'hui ; qui ne serait rien d'autre qu'une introduction à l'expérience du plaisir et pousserait le jeune, parfois même à l'âge de l'innocence, à perdre la sérénité, en ouvrant la porte au vice. (F.C. § 37)
En somme, l'éducation chrétienne vise à donner aux enfants une formation religieuse, à transmettre le patrimoine de la foi, laquelle doit pénétrer toute l'éducation et à les préparer à l'accomplissement de leurs devoirs vis à vis de la société.
La bataille de l'éducation des enfants
Les enfants de nos familles sont nés pour aimer Dieu le louer et le servir, et par ce moyen sauver leur âme. Nous devons donc les protéger de Moloch qui veut les dévorer, c'est à dire en faire ses adorateurs. La bataille pour la formation des enfants est un combat extrêmement important dans la guerre qui est déclarée entre la famille et le totalitarisme de l'Etat dont l'objectif est officiellement donné : "Il ne faut pas qu'un seul enfant puisse échapper à l'emprise de la (soi-disant) Éducation (prétendue) Nationale."
Nous devons nous attendre à un durcissement des contrôles et des brimades contre ceux qui refuseront de rentrer dans le moule. En attendant nous devons exploiter toutes les libertés qui nous restent et les défendre avec acharnement pour n'avoir pas à les regretter vainement plus tard. Car comme l'a dit Bossuet :
Dieu se rit des prières qui lui sont faites pour écarter des maux quand on n'a rien fait pour les combattre.
1.3.2 Les fins secondaires
Les fins secondaires sont l'entraide mutuelle, le remède à la concupiscence[21], la recherche commune de la perfection. Même si l'un de ces biens était la cause de l'union, il est et reste une fin secondaire une fois le mariage conclu.
2 LA FAMILLE CELLULE FONDAMENTALE DE LACITÉ
Après avoir vu l'importance de la famille fondée sur le mariage indissoluble, il faut étudier maintenant comment la famille s'insère dans la Cité, c'est à dire dans la société des hommes régie par un pouvoir politique souverain.
La famille est la cellule fondamentale, constitutive de la Cité, communauté humaine régie par l'État.
Aucun pays du monde, aucun système politique ne peut songer à son avenir autrement qu'à travers l'image de ses nouvelles générations qui, à la suite de leurs parents assumeront le patrimoine multiforme des valeurs, des devoirs, des aspirations de la nation à laquelle elles appartiennent. La cité est ce qu'en font les familles et les hommes dont elle est formée, comme le corps est formé de ses cellules. Tout le corps sera ce qu'elle est. Ils démontrent qu'ils l'ont bien compris ceux qui l'assaillent de tous côtés avec la complicité des forces du mal et des passions exacerbées et déchaînées.[22]
De droit naturel et donc pour l'Eglise, la famille est l'une des deux institutions fondamentales (avec l'Etat) de la structure sociale nécessaire à l'homme en tant qu'animal social. L'Etat est chargé du bien commun temporel.[23] Pour assurer ce bien commun, l'Etat doit accorder une attention particulière aux familles. Ces dernières doivent être défendues en tant qu'institution qui a Dieu pour auteur et qui appartiennent à son plan de salut. Nous verrons donc ce que l'Église considère comme les devoirs de l'État vis à vis de la famille. Cela nous fera toucher du doigt l'hostilité des pouvoirs politiques actuels à la famille malgré les rodomontades de circonstance.
Nous verrons ensuite les règles de l'insertion de la famille dans la société politique et donc les devoirs de la famille vis-à-vis de l'Etat.
Dans la conception catholique, la société civile est une organisation de familles et non l'organisation d'individus « enfants trouvés, vivant célibataires et mourant sans enfants.»[24]
2.1 Il existe un domaine d'autonomie de la famille au sein de la Société et de l'Etat
Nous abordons ici un point délicat, car la personne humaine fait partie de deux sociétés "parfaites"[25] : l'Eglise et l'Etat. Chacune de ces sociétés est chargée d'ordonner ses membres au Bien commun dont elle a la charge spécifique. Et dans ce sens, la personne et donc la famille sont subordonnées à l'Etat.
L'Etat est une fédération de familles, un tout qui résulte de ses parties, lesquelles existent antérieurement à lui et subsistent intégralement au-dedans de lui.
L'Eglise est une société de personnes dans laquelle chacune d'elles entre une à une par le baptême, un tout préexistant à ses membres et en faisant un corps proprement dit, un organisme spirituel vivant. De droit ... l'Eglise est une société parfaite, c'est-a dire qu'elle a le droit de posséder tous les organes et toutes les institutions dont elle a besoin pour atteindre sa fin propre qui est l'avancement du règne de Dieu.[26]
Chacune des deux sociétés "parfaites" recherche un bien commun, surnaturel d'une part, temporel d'autre part, qui sont l'un et l'autre dignes d'être recherchés pour eux-mêmes. Et même si le bien commun temporel est une finalité intermédiaire, il reste une véritable finalité désirable pour elle-même. Ce n'est pas un moyen qui serait désirable pour autre chose.[27]
La famille est une société proprement dite, avec son autorité et son gouvernement propres, l'autorité et le gouvernement paternels. C'est pourquoi, dans son domaine de responsabilités, elle jouit, pour le choix et l'usage de tout ce qu'exigent sa conservation et l'exercice d'une juste indépendance, de droits réels. Et si les individus, si les familles entrant dans la société y trouvaient, au lieu d'un soutien, un obstacle, au lieu d'une protection, une diminution de leurs droits, la société serait bientôt plus à fuir qu'à rechercher.[28]
Dans l'exercice de cette juste indépendance, Jean Paul II dénonce les agressions que commet vis à vis d'elle la société :
Ainsi la famille, qui selon le dessein de Dieu est le sujet de droits et de devoirs antérieurs à ceux de l'État[29] et de n'importe quelle autre communauté, se trouve être la victime de la société, des lenteurs et des retards de ses interventions, et plus encore de ses injustices flagrantes.[30]
2.2 La famille dans la Cité
2.2.1 Le principe de subsidiarité
Pour établir les relations de la famille avec la société en général, il faut d'abord poser le principe de subsidiarité, car la mission de la société au service du bien commun (et donc de la famille) se réalise dans le respect de ce principe !
De même qu'on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s'acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d'une manière très dommageable l'ordre social, que de retirer aux groupements inférieurs pour les confier à une société plus vaste d'un rang plus élevé, les fonctions qu'ils sont en mesure de remplir eux-mêmes.
L'objet naturel de toute intervention en matière sociale est d'aider les membres du corps social et non pas de les détruire ou de les absorber.[31]
Selon ce principe, la famille doit prendre en charge toutes ses missions à son initiative. L'intervention des communautés politiques (État, région, département, commune) en faveur de la famille, a pour but de la rendre capable d'y faire face efficacement, de la rendre capable de se donner les structures et organisations qui lui sont nécessaires[32] et non de se substituer à elle.
A supposer par exemple que des parents fassent de graves fautes dans l'éducation de leurs enfants. La communauté la plus proche intervient pour s'occuper des enfants (la parenté d'abord, ensuite la commune, etc.) et cette mise à l'abri des enfants ne doit pas revêtir un caractère définitif. Les parents seront invités à se former pour éviter le renouvellement des erreurs et une fois leur formation acquise, ils reprennent en charge leurs enfants.
Mais même dit sous cette forme simple on voit que cette règle peut donner lieu à des empiètements inadmissibles de l'État totalitaire sur la vie familiale. Si l'on perd de vue la loi divine, on peut arriver à des camps de rééducation ou à des hôpitaux psychiatriques pour ceux qui dévient de l'idéologie régnante, c'est à dire aujourd'hui pour ceux qui s'écarteraient du "politiquement correct".
2.2.2 Le rôle de la famille au service de la société
Dans toutes les civilisations connues, le mariage a une dimension sacrée du moins tant que les nations ne rentrent pas en décadence. La nouvelle civilisation remplace la mourante en se bâtissant sur un mariage qui retrouve honneur et stabilité. On constate aussi que, dans toutes les civilisations le mariage d'un homme et d'une femme est toujours célébré comme une fête car la fondation d'une famille est une chance de plus pour la durée de la cité et le prolongement de sa civilisation.
Pourquoi cet honneur rendu par les civilisations montantes à la famille qui se forme ? A cause de l'importance cruciale des missions que celle-ci assume naturellement dans la société. Aujourd'hui, certes, la famille, étant données les circonstances où elle est placée, ne réussit pas toujours à remplir correctement toutes ses missions. Il n'en demeure pas moins qu'elle y tend spontanément. En effet, la vie de la famille entraîne normalement cinq conséquences qui sont toutes des buts nobles ayant toutes le noble but de renforcer un état de libertés et de droits, et aussi de mettre une entrave à l'instauration ou à la durée d'un État totalitaire. La famille, en effet :
Renouvelle les générations (procréation des enfants )
Le monde moderne tend à imposer l'avortement
Développe l'autonomie et la personnalité de ses membres (éducation).
Les méthodes "modernes" de l'éducation tendent à former des incultes illettrés, de franches canailles ou des mauviettes manipulables à merci.[33]
Tisse des liens entre les familles et entre les individus. (alliances)
Les lois modernes tendent à opposer entre eux, même les frères et sœurs d'une famille, et les parents aux enfants
Recrée sans cesse les conditions d'émergence d'une élite de service.
Cela se réalise mieux au sein des familles nombreuses ; elles se font très rares, car elles sont rendues difficilement viables au plan économique.
Transmet la culture, et développe la civilisation (mode de vie) La transmission de la culture se fait d'autant mieux que les grands parents sont proches (partagent la vie) et que les mamans peuvent rester à la maison pour s'occuper de leurs enfants.
Comme on le voit, le mariage et la famille sont attaqués par les lois, les modes de vie, les contraintes économiques, et c'est là une volonté politique constante chez ceux qui nous gouvernent. Ainsi les finalités de la famille sont elles aujourd'hui entravées par les politiques de l'État totalitaire et ennemi de la nation. Ceux qui mènent une telle politique anti familiale pensent qu'une fois trouvés des exemples suffisants de familles perverties, on pourra arracher les enfants à toutes les familles pour les élever sous la férule de mouvements de circonstance, créés pour encadrer la jeunesse comme on l'a vu avec les hitlerjungend, les pionniers de l'Union Soviétique ou autres. Aujourd'hui cela commence avec la crèche à trois ans.
2.3 Devoirs de l'Etat vis-à-vis de la famille
Quant au rôle de l'Etat, l'Église prend ouvertement et avec vigueur la défense des droits de la famille contre les usurpations intolérables de la société[34].
Pour ce qui concerne la "promotion et la défense de l'institution familiale, tellement attaquée sur tous les fronts et au moyen d'arguments aussi nombreux que subtils", Jean-Paul II recommandait aux évêques de faire connaître leur engagement "à défendre et favoriser la famille, une institution qui a Dieu pour origine et appartient à son plan de salut". Pie XII avait déjà explicité les domaines où les catholiques devraient inciter l'Etat à remplir sa mission vis-à-vis de la famille :
La famille étant l'élément constitutif de la communauté de l'État, ce dernier devrait, en vertu même pour ainsi dire, de l'instinct de conservation, remplir ce qui, essentiellement et selon le plan de Dieu, est son premier devoir, c'est à dire garantir absolument les valeurs qui assurent à la famille l'ordre, la dignité humaine, la santé le bonheur. Ces valeurs-là, qui sont des éléments mêmes du bien commun, il n'est jamais permis de les sacrifier à ce qui pourrait être apparemment un bien commun.
Indiquons en, seulement à titre d'exemples, quelques unes qui se trouvent à l'heure présente en plus grand péril : l'indissolubilité du mariage ; la protection de la vie avant la naissance ; l'habitation convenable de la famille, non pas d'un ou deux enfants ou même sans enfant, mais de la famille normale, plus nombreuse ; la fourniture de travail, car le chômage du père est la plus amère détresse de la famille ; le droit des parents sur les enfants vis à vis de l'État ; la pleine liberté, pour les parents, d'élever leurs enfants dans la vraie foi, et par conséquent, le droit des parents catholiques à une école catholique ; des conditions de vie publique, et notamment une moralité publique, telle que les familles et surtout la jeunesse, ne soient pas dans la certitude morale d'en subir la corruption.[35]
Ce texte date de plus de cinquante ans. Il est, aujourd'hui, d'une brûlante actualité. Il nous révèle que ce qui n'était que menace, est devenu fléau réel. Il est impossible de croire que de telles menaces puissent TOUTES se réaliser s'il n'y a pas eu une volonté politique de les rechercher méthodiquement et avec persévérance.[36]
2.2.4 Les corps intermédiaires moyens d'exercice des libertés de la famille
La doctrine de l'Eglise reconnaît donc à la famille le droit de contrôler l'éducation de ses enfants, d'être représentée devant les autorités publiques économiques, sociales, culturelles, de constituer des associations et des institutions pour remplir ses missions et le droit de protéger les mineurs contre les drogues, la pornographie. Cela nous conduit au concept de corps intermédiaires.
Dans la doctrine sociale de l'Eglise, ces corps intermédiaires doivent être reconnus et favorisés par les autorités publiques. Ils ont le droit de se structurer au niveau de la commune, du département, de la région, de l'Etat et même au plan international. Ils devront jouir d'une légitime autonomie et en particulier disposer d'une propriété privée qui garantisse leur autonomie financière hors de la dépendance systématique des subventions de l'Etat.
La propriété privée[37] est reconnue comme étant le meilleur moyen de produire des richesses, mais cette propriété n'est pas le droit d'user et d'abuser. Elle a une fonction sociale : permettre la diffusion à tous des biens nécessaire à la vie et à l'entretien des personnes. Les produits eux-mêmes doivent être payés à leur juste prix. On aborde là un aspect de la morale pour la vie économique.
Le travail ne peut pas être abandonné à la loi d'airain du marché mais permettre à tous ceux qui travaillent d'être et de rester normalement les premiers responsables de l'entretien de leur famille.
On peut noter que les familles nombreuses surtout sont à la base de la prospérité économique et que le malthusianisme au contraire entraîne la récession, comme l'ont montré les travaux de Jean Didier Lecaillon professeur à l'Université de Paris XII, et comme le démontre aussi la situation actuelle.
3 LA FAMILLE EST ACTUELLEMENT
UN SOUCI PRIORITAIRE DE L'ÉGLISE
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L'importance de la famille aux yeux de l'Église est telle que le pape Jean-Paul II recevant des évêques argentins en visite ad limina[38] leur recommandait d'insister, entre autres, sur la pastorale de la famille malgré (ou à cause !) du contexte de crise que traversait l'Argentine. On constatera que les arguments qu'il développe concernent aussi nos pays d'Europe. Il s'agit en effet de défendre la famille en tant qu'institution et de préparer les futurs mariés à leur rôle d'époux.
3.1 Défendre et favoriser la famille
Pour redonner son influence à la famille, nous chrétiens devons agir pour faire connaître à chaque famille les missions qu'elle doit accomplir elle-même et lui en faciliter l‘exécution. Et nous devons agir aussi dans des associations de familles pour faire entendre notre voix et obtenir les réformes nécessaires à la survie de notre pays.
Faire connaître à chaque famille les missions qu'elle doit accomplir elle-même :
La première de ces missions est d'encourager les époux chrétiens à connaître et à mettre en pratique l'authentique loi de Dieu pour l'usage du mariage. La propagande malthusienne et hédoniste fait des ravages même dans les milieux que l'on pourrait croire protégés contre elle. Cela est dû à l'acceptation des concepts erronés reçus de clercs mal informés ou tendancieux, plus qu'à une mauvaise volonté de la part des époux. Il est vrai que la tendance naturelle de notre humanité blessée par le péché originel est de prendre la voie la "plus facile" et d'accepter "sans trop chercher" les "solutions" qui y conduisent. Il est ulcérant de se reconnaître faible et pécheur. C'est pourtant la condition du salut (cf. la parabole du pharisien et du publicain.).
Il est nécessaire d'ajouter que les pratiques peccamineuses, même suivies par ignorance, finissent par faire du tort à l'amour conjugal et à son expression la plus élevée et, donc, la plus susceptible d'apporter du bonheur.
La seconde de ces missions est de s'occuper activement de l'éducation des enfants dès le plus jeune âge. Au Livre des Proverbes on lit : « Celui qui épargne la baguette hait son enfant ». Aujourd'hui, victimes du consensus et des menaces de la loi humaine, les parents n'osent plus punir les comportements déviants. Un amour mal compris du bébé ou du tout jeune enfant fait perdre aux parents (à la mère en particulier, mais trop souvent au père aussi) le sens des actes éducateurs concrets : avant quatre ans l'enfant doit avoir appris à obéir sans discussion ; on ne laisse passer une désobéissance que lorsqu'une sanction naturelle immédiate en est la conséquence (pas trop grande). Par exemple : laisser prendre de la moutarde forte malgré la mise en garde, et aider ensuite à limiter les conséquences (Mange vite de la mie de pain !) ; il est alors inutile de « gronder » car la punition est déjà subie et l'enfant enregistre que la désobéissance lui est d'abord nuisible et que les parents sont là pour l'aider et le protéger.
Quand l'enfant grandit les parents suivront ses études : ce qui lui est enseigné, les exercices à faire, les leçons à apprendre...
Ce n'est pas ici le lieu de faire un traité complet sur l'éducation. De bons livres existent aux quels on se référera.
Ayant pris en charge l'éducation de leurs enfants, les parents devront se préoccuper de faire évoluer les lois qui font du tort à la famille. Pour préparer le succès dans cet domaine, le préparer en contrant la propagande anti mariage, anti famille qui de répand autour de nous. L'union faisant la force, il convient de s'associer avec ceux qui sont conscients de la nécessité d'une telle action.
3.2 Ne pas le faire serait une grave omission pastorale
Et Jean Paul II faisait un devoir grave aux évêques :
La crise du mariage et de la famille ne doit pas porter au découragement et à la démission mais au contraire constituer une incitation à annoncer avec fermeté pastorale la vérité sur le mariage et la famille fondée par Dieu, dans un esprit de service envers celle-ci et la société. Ne pas le faire serait une grave omission pastorale, qui pousserait les croyants dans l'erreur, mais aussi ceux qui ont la grave responsabilité de prendre les décisions quant au bien commun du pays.[39]
Certains diront que nos évêques ne semblent pas tellement engagés dans cette pastorale. Ce n'est pas une raison pour ne pas nous y lancer quand même. Cette action a une dimension politique et donc elle est du ressort propre des laïcs. Nous avons le droit, même au regard de l'Eglise, de la mener y compris en prenant des objectifs qui ne seraient pas admis par les évêques, dans la mesure où nos objectifs ne contredisent pas la foi ou les mœurs.
3.2 Une bonne préparation des personnes au mariage
De plus, Jean-Paul II rappelait :
Il ne faut pas oublier qu'une bonne préparation des personnes au mariage est également importante pour la défense et la promoti
on de la famille.[40] La préparation au mariage commence avec l'apprentissage de l'ascèse du jeune homme ou de la jeune fille. Les vertus sont toutes intéressantes à cultiver. La connaissance de la loi de Dieu est aussi à propager.
Si les mariages sont, de fait, plus solides, les lois qui s'opposent à la famille auront plus de difficultés à être acceptées. Cela demande de notre part une action continuelle pour faire passer le message de la supériorité du mariage sur le concubinage prétendu "union libre".[41]
Conclusion
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Le mariage posé comme stable parce que institution sacrée entraîne deux conséquences : d'abord la monogamie, puis la dignité de la femme dans la famille. Ainsi que le constate Fustel de Coulanges, ... toute l'histoire prouve que les peuples qui ont eu cette sorte de mariage et la famille constituée de cette façonlà, ont toujours été plus forts que les autres. C'était donc pour notre peuple un principe de force et une cause de supériorité.
La famille est bien la cellule fondamentale, constitutive de la Cité, communauté humaine régie par l'État. Aucun pays du monde, aucun système politique ne peut songer à son avenir autrement qu'à travers l'image de ses nouvelles générations qui, à la suite de leurs parents assumeront le patrimoine multiforme des valeurs, des devoirs, des aspirations de la nation à laquelle elles appartiennent. La cité est ce qu'en font les familles et les hommes dont elle est formée, comme le corps est formé de ses cellules[42]. Tout le corps sera ce qu'elle est.
Ils démontrent qu'ils l'ont bien compris ceux qui l'assaillent de tous côtés avec la complicité des forces du mal et des passions exacerbées et déchaînées, car ils veulent la disparition de notre peuple et la mort de notre civilisation imprégnée de christianisme.
Aussi l'Église fait-elle de la famille une priorité. Il nous reste en tant que fils d'Église à faire en sorte, par le poids de nos associations, que les hommes politiques changent sur ce point, par remplacement ou par conversion.
André Frament
Platon
Philosophe grec (-428/-348)

« Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »
Source : « La République »
[1] Nous présenterons ici la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur la famille et la société, conscients cependant que des divergences ont été provoquées au sein de cette doctrine depuis les textes du Concile Vatican II. Comme le disait le P. Calmel, op. dans son livre Apologie pour l'Eglise de toujours : « On sait depuis longtemps que ce sont des textes de compromis. On sait encore qu'une fraction moderniste voulait imposer une doctrine hérétique. Empêchée d'aboutir, elle est quand même parvenue à faire adopter des textes non formels : ces textes présentaient le double avantage pour les modernistes de ne pouvoir être taxés de propositions carrément hérétiques, mais cependant pouvoir être tirés dans un sens opposé à la foi. »
[2]Cf. : A. Frament : le mariage une aventure merveilleuse, in AFS n° 168
[3] Pie XI, Casti Connubii, 31/12/1930 ; Cité dans Le Mariage (présenté par les moines de Solesmes) n° 295
[4] Matth., XIX, 10
[5] Cf. : Pie XII, Aux jeunes époux, 4/11/1942 (Le foyer chrétien n°418).
[6] Doit-on rappeler que cette unicité et cette indissolubilité ne valent que tant que les deux conjoints sont vivants ?
[7] Matth., XIX, 6
[8] Luc, XVI, 18
[9] Cf. : Zénith 02 01 28 02 du 28 janvier 2002
[10] Cette prise de position pleinement catholiques a naturellement provoqué des commentaires peu favorables dans le journal La Croix dont les positions souvent anti catholiques sont bien connues.
[11] Les linguistes ont démontré que la quasi-totalité des langues parlées en Europe de même que le persan (parsi) ou la langue des Védas de l'Inde, proviennent d'une langue originelle commune. Cette langue était parlée par une population des bords de la mer Caspienne qui a progressivement conquis toute l'Europe l'Asie Mineure, le moyen Orient, la Perse et l'Inde du Nord
[12] Fustel de Coulanges, Leçons à l'impératrice, Hachette, sans date. Copyright de 1930
[13] Ce qui signifie aujourd'hui que la destruction de cette famille stable monogamique a signé la décadence de l'Europe, comme cela apparaît maintenant avec évidence
[14] CEC 2201
[15] Pie XII, allocution aux sages-femmes, 29 oct. 1951
[16] Dieu en effet crée l'âme de l'enfant dès sa conception
[17] Les périodes agénésiques sont celles durant lesquelles la fécondation est impossible.
[18] Pie XII, allocution au Congrès de l'Union catholique italienne des Sages- Femmes, le 29 octobre 1951 ; in Les enseignements pontificaux, Le mariage (Solesmes) n° 622
[19] L'erreur ici dénoncée résulte de l'application au mariage de la « loi de gradualité » (fausse loi). Cf. : brochure AFS "Loi de gradualité et morale de situation"
[20] Jean Paul II : Familiaris consortio (22/11/81) § 36
[21] Fin nécessaire à bien des hommes
[22] Pie XII allocution du 10 août 1958
[23] "Ce bien commun d'ordre temporel consiste dans la paix et la sécurité dont les familles et les citoyens jouissent dans l'exercice de leurs droits, et en même temps dans le plus grand bien-être spirituel et matériel possible en cette vie grâce à l'union et à la coordination des efforts de tous" (Pie XI, encycl. Divini Illius Magistri, 31 déc. 1929. Le bien commun temporel est pour une large part spirituel. Cf. : le dossier « Doctrine sociale de l'Eglise et personnalisme » AFS n°182 (déc.2005)
[24] On a dit que le Code Napoléon était fait pour de tels individus.
[25]On dit qu'une société est parfaite quand elle dispose de tous les moyens qui lui sont nécessaires pour atteindre sa fin : fin surnaturelle pour l'Eglise, Bien Commun temporel pour l'Etat
[26] V-A Berto, Itinéraires, n° 259 janvier 1982. Une conséquence de ce fait : si l'Etat, comme aujourd'hui, se fait société de personnes et non fédération de familles, il est comme entraîné à poser des dogmes d'une religion dans laquelle il prétend se mettre à la place de Dieu, c'est le laïcisme
[27] Cf. : Berard de Midelt, Nature de la société politique, page 36
[28] Léon XIII, Rerum Novarum. (PIN 296 )
[29] Dans son domaine de légitime autonomie, rappelons le
[30] Jean Paul II, Familiaris Consortio § 46
[31] Pie XI : Quadragesimo Anno; 15 mai 1931 (repris par Jean XXIII, Jean Paul II...)
[32] Voir ci-dessous le paragaphe (2.2.3) sur les corps intermédiaires
[33] Le slogan : Vu à la télévision !, résume ce conditionnement. Il commande l'acte d'achat sans démonstration d'utilité ou d'avantage quelconque
[34] Jean Paul II dans Familiaris Consortio au § 46
[35] Pie XII ; Aux pères de familles français ; le 18 septembre 1951
[36] Voir, à ce sujet, dans la brochure AFS "Connaissance élémentaire de la Franc-maçonnerie" l'annexe 4
[37] Cette propriété privée est non seulement celle d'une personne, elle est aussi celle d'une famille, d'un corps intermédiaire quelconque
[38] Le mardi 5 mars 2002, Cf. : Zenit.org du 7/03/2002
[39] Ibidem
[40] Cf. : Zenit.org du 7 mars 2002
[41] L'AFS dans ce but a publié les articles : n°193 p. 67 ; n°169, p. 13 et sq
[42] Pie XII allocution du 10 août 1958





