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Home Formation // Actions Agir en politique De st Ignace à l'action politique

De st Ignace à l'action politique

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Des Exercices Spirituels[1]  de saint Ignace

à l' "action politique

st_ignace

S'il nous faut résister comme il convient aux pressions du Monde qui s'oppose de plus en plus fortement à l'Eglise, cela ne suffit pas. Nous devons reconquérir le monde pour le confier à Jésus Christ. Pour cela, la retraite de saint Ignace est une force indispensable. Il est donc important d'en faire les exercices spirituels.

 

LA RETRAITE FINIE, QUE FAIRE DES GRÂCES REÇUES ?

Et après la retraite, que faire ? Le Christ nous a fait connaître son objectif lors de la méditation de l'appel du Roi Temporel ; nous devons donc participer à son action de conquête du monde :

"Ma volonté est de conquérir tout le pays des infidèles. Que celui qui voudra me suivre se contente de la même nourriture, de la même boisson, des mêmes vêtements que moi. Qu'il travaille durant le jour, qu'il veille pendant la nuit, comme moi, afin de partager un jour avec moi, selon la mesure de ses travaux, les fruits de la victoire[2]"

Si donc nous voulons répondre à Sa volonté et travailler à Lui conquérir le monde, rentré chez nous, il nous faut commencer, par ce qui est à notre portée : Lui conquérir nos amis, nos connaissances et les personnes que nous sommes appelés à rencontrer dans nos milieux de vie.

 

COMMENT CELA ?

Aujourd'hui, du fait des institutions et des lois, les âmes se perdent en grand nombre. Il est donc de notre devoir de chrétiens d'exercer auprès de ceux qui nous sont proches la plus grande charité après l'amour de Dieu : la charité politique. Le champ est vaste. De nos jours, en effet, peu de personnes ont conscience de ce que : « de la forme donnée à la société découle le bien ou le mal des âmes », leur salut ou leur perte.[3]

Qui plus est, la grande majorité de nos contemporains en est à penser que le marasme dans lequel est plongée la société est dû à des erreurs de parcours ou à une mauvaise interprétation de la conjoncture de la part de nos gouvernants. Nous avons le devoir de faire saisir à nos différents interlocuteurs que l'origine du marasme, dans lequel plonge la société tout entière, est au contraire à imputer aux idéologies auxquelles se réfèrent nos hommes politiques de quelque bord qu'ils soient, de quelque parti qu'ils soient, car ces idéologies dirigent leur gestion de la chose publique.

Comme Benoît XVI le développe dans son discours aux participants au congrès international sur la loi naturelle :

Il y a de leur part un refus forcené de la loi naturelle inscrite dans notre nature comme source dont jaillissent les droits fondamentaux et les impératifs éthiques qu'il est nécessaire de respecter pour un développement réel et cohérent de la vie personnelle et de l'ordre social.[4]

Leur volonté d'incarner leurs idées envers et contre tout, associée à leur refus de la loi naturelle - laquelle est le seul rempart valable contre l'abus de pouvoir ou les pièges de la manipulation idéologique - font que nos maux ne peuvent aller qu'en empirant.

 

PRÉSENTER L'ALTERNATIVE

Si donc, pour notre part, nous voulons que Dieu règne sur la société entière, sur la terre comme au ciel, pour notre salut et le salut de ceux dont nous avons la charge, nous devons clairement présenter l'alternative suivante ; il nous faut choisir entre:

les droits de Dieu ou les droits de l'homme ;

la vérité ou l'erreur,

les voies de Dieu et de son Eglise ou celles du monde.

Car :

On ne bâtira pas la Cité autrement que Dieu l'a bâtie ; on n'édifiera pas la société si l'Eglise n'en jette les bases et n'en dirige les travaux ; non, la civilisation n'est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées... Il ne s'agit que de l'instaurer et la restaurer sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété : OMNIA INSTAURARE IN CHRISTO. [5]

En conséquence, à l'appel des papes et mus par la charité politique, nous devons faire passer ce message, en commençant par nos proches. Cela se fera par un dialogue constructif, objectif, le plus posément du monde, sans polémique politicienne.

 

Comment cela ?

A la sortie de la retraite, éclairés et fortifiés par l'Esprit Saint, nous devons faire comprendre, au cours de nos conversations, l'opposition radicale qui existe entre les idéologies et la loi naturelle, et donc la nécessité du retour à la doctrine sociale de l'Eglise. C'est, là, accomplir deux des sept œuvres de miséricorde spirituelle : instruire les ignorants et redonner l'espérance à ceux qui doutent de l'avenir de la France et de l'Eglise. Nul ne peut rester à ne rien faire. [6]

 

DIX MESSAGES A FAIRE PASSER

Nous entendons souvent nos amis et connaissances se plaindre de ces maux que sont :

- la corruption à très haut niveau, qui ronge le pays,

- l'insécurité des biens et des personnes,

- la dissolution des mœurs privées et publiques ; qui engendre les vices, la solitude et le désespoir,

- l'immigration, qui mine les rapports sociaux,

- les conditions de vie qui enfoncent tant de personnes, et la société tout entière, dans un désert spirituel.

Il convient alors de leur faire prendre conscience - à l'appui de citations et d'exemples pris dans l'histoire des deux cents dernières années et jusque dans l'actualité - des dix réalités suivantes:

Que les maux qui les accablent et dont ils se plaignent sont issus de la philosophie et de la métaphysique, antichrétiennes par essence, qui sont à l'origine de la Révolution française et auxquelles se réfèrent aujourd'hui toutes les démocraties.

Voici quelques citations :

- G. Clémenceau à l'aube du 20e siècle :

Depuis la Révolution nous sommes en lutte, en révolte contre l'autorité divine et humaine.

- Aulard (1848-1928), professeur à la Sorbonne :

Nous voulons détruire la religion afin de pouvoir établir, en ses lieux et place, la cité nouvelle.

- J Chirac :

Non à une loi morale qui primerait la loi civile.

- Alain Juppé :

Ne pas fonder sur la foi la légitimité du pouvoir politique.

- Laurent Fabius :

Dans notre république laïque, la foi ne peut être supérieure à la loi.

Autrement dit, refus de considérer la loi divine comme supérieure à la loi humaine. Pour eux, la loi n'est rien d'autre que l'expression de la "volonté générale", un avatar de la déesse

Raison.

- Denis Jeambar :

La République, manière française, n'est pas un régime ordinaire. C'est une idée transcendantale nourrie par une trinité : liberté, égalité, fraternité... cette nation, qui a séparé l'Église de l'État, a besoin, pour vivre et progresser, d'une religion citoyenne... Le chef de l'État français doit entretenir en permanence une religion laïque et substituer à [la loi et aux droits de] Dieu les droits de l'homme et du citoyen.[7]

● Cette Révolution s'est faite sur deux termes antagonistes : Liberté et Égalité, dont il n'est jamais sorti et ne sortira jamais la Fraternité.

Voici quelques citations :

- Soljenitsyne, venant aux Lucs, lors de l'inauguration d'un monument en souvenir du martyre vendéen, en quelques mots, a bien mis en évidence la raison pour laquelle cette idéologie ne pouvait que répandre maux et révoltes :

La Révolution Française s'est déroulée au nom d'un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable "Liberté, Égalité, Fraternité", car dans la vie sociale liberté et égalité tendent à s'exclure mutuellement et sont antagonistes l'une à l'autre. La Liberté détruit l'Égalité sociale et c'est même un des rôles de la liberté.

Comment, en effet, ne se développerait-il pas de justes inégalités si chacun est laissé libre d'exercer ses talents et ses dons ?

Tandis que, poursuit Soljenitsyne, « l'égalité restreint la liberté », les hommes ne pouvant plus exercer leurs dons, il ne peut naître dans les esprits que des sentiments d'aigreur, de révolte ou de jalousie. Et il conclut, à juste titre :

Quant à la Fraternité, elle ne peut donc être de leur famille.

En inscrivant dans la Déclaration des Droits de l'Homme que tous les hommes naissent libres et égaux, que l'homme ne dépend que de lui-même ("ni Dieu ni Maître" est sa devise), la Révolution a mis en place une énorme machine subversive, dont il n'est issu et dont il ne naîtra jamais rien de bon.

● Les gouvernants, de quelque parti qu'ils soient, veulent incarner dans le quotidien de la vie, par lois et décrets leur idéologie libertaire et égalitaire (et en cela ils sont logiques avec eux-mêmes.)

- Au nom de leur idéologie égalitaire, les princes qui nous gouvernent n'ont de cesse de vouloir :

~ La parité hommes femmes dans les listes électorales ;[8]

~ La pilule, pour l'"égalité sexuelle" (!) de l'homme et de la femme ;

~ Les 35 heures pour toutes les professions ;

~ La multiplication des lois sur la discrimination :

Au nom de la non discrimination, les collectes de sang dans les prisons ont continué en France jusqu'en 1985 et même jusqu'en 1991. Ce qui, à cause du sang contaminé, a coûté la vie à un grand nombre de transfusés.

~ La Coéducation ;

~ Un tronc commun pour tous les élèves ;

~ Que tous les élèves soient bacheliers ;

~ Que les pacsés puissent être considérés comme "mariés" et adopter des enfants ;

~ L'égalité entre toutes les religions ; du métissage total de toutes les races par le jeu de l'immigration. (refus de la biodiversité !).

- Au nom de leur idéologie libertaire :

~ L'avortement a été légalisé ;

~ L'euthanasie et l'eugénisme font partie de leurs objectifs ;

~ Parce que l'enfant serait "une histoire", ils prétendent qu'il doit l'écrire lui-même ;

~ La loi sur l'autorité parentale donne aux enfants la possibilité d'en appeler au juge contre leurs parents ;

~ Ils ont supprimé les cours magistraux : pour laisser "libre" cours à la créativité, à la spontanéité, à la non directivité ;

~ Ils prônent la « morale-capote » ;

~ Ils ne disent pas aux drogués «ne vous piquez plus !» pour ne pas aller contre leur liberté ;

~ Ils leur conseillent de ne pas prêter leur seringues et leur en procurent des propres pour "respecter leur liberté" (de s'autodétruire) ;

~ Une de leurs "valeurs" c'est : Pas de liberté pour les ennemis de la liberté.

Lors des élections, nous abandonnons nos libertés et autorités naturelles - de père ou de mère de famille, de professeur, de propriétaire, d'entrepreneur... - à la majorité issue du suffrage universel, laquelle décidera alors, en toute légitimité apparente, parce qu'en toute légalité, du vrai, du bien, du beau, du juste...

Du fait qu'il participe aux élections, le citoyen accepte implicitement le Contrat Social de Rousseau. L'électeur abandonne donc à la majorité victorieuse, ses autorités et ses libertés naturelles de père ou de mère de famille, de propriétaire, d'employeur, d'éducateur, de professeur.... L'État, ainsi légalisé (et hélas perçu comme légitimé) par la majorité élue au suffrage universel, devient à sa place père, mère, maître, souverain et pontife. L'électeur n'est plus qu'un individu isolé et sans défense, privé du pouvoir d'éduquer ses enfants hors de la carte scolaire, d'employer qui il veut, de louer à qui il veut sans tomber sous le coup des lois sur la discrimination...

Il est alors vain de descendre dans la rue, brandissant le Droit naturel, le Décalogue ou l'Evangile, en accusant l'Etat de les avoir violés. Il est trop tard pour s'opposer aux maires, aux préfets, et aux ministres en leur disant :

C'est votre devoir, de par le droit naturel, qui est au-dessus de toutes les lois humaines, d'interdire l'avortement, l'euthanasie, les blasphèmes publics des spectacles, la construction des mosquées, la naturalisation massive de personnes qui proclament leur haine de la France et autres choses exécrables.

Car Victor Hugo, chantre du suffrage universel, nous avait prévenus :

Avez-vous voté ? - Oui ? Vous avez épuisé vos droits !

Quand le vote a parlé, la souveraineté a prononcé et il n'appartient pas à une faction de défaire ou de refaire l'œuvre collective. Vous êtes citoyens, vous êtes libres ! Votre tour viendra, sachez l'attendre. En attendant, travaillez, écrivez...[9]

Il est chimérique de penser, comme le croient les catholiques libéraux, pouvoir composer avec les idées issues de la Révolution française car nous sommes en présence d'une complète opposition.

- M. Mélenchon, sénateur.

La nation française issue de la Révolution est, non pas résumée dans le principe de laïcité, mais construite sur lui. Ce principe ne peut subir de brides, ni supporter d'entailles, car nous savons ce qui s'engouffrerait dans ces entailles.

- Saint Pie X

On ne bâtira pas le monde autrement que Dieu l'a bâti, ce monde doit être instauré et restauré sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété.

L'opposition est complète. Elle démontre que les rapprochements avec la Révolution sont impossibles : ils ne peuvent qu'être blasphématoires, écrivait St Pie X dans son encyclique Pascendi.[10] Qu'ils soient faits par des hommes politiques, passe encore, mais par des catholiques, voire par certains membres de la hiérarchie catholique, cela dépasse la mesure ; et J. Jaurès écrivait avec raison :

Si, les hommes de la Révolution poussent jusqu'au bout le principe révolutionnaire et si les chrétiens poussent au bout le problème de l'Eglise, c'est, dans une société unie en apparence, c'est, dans une société où nous aurons tous la même figure d'hommes, le plus prodigieux conflit qui se puisse imaginer.[11]

- Il est en effet chimérique de croire que : les peuples ayant grandi, l'Eglise n'a plus à être l'institutrice des nations.

- Il est erroné d'affirmer qu'un climat de fraternité, dans le cadre d'une cité interconfessionnelle, à tolérance morale et dogmatique, suffit pour atteindre un équilibre temporel.

- On a tort de dénoncer, comme le fait le P. Gaston Piétri:

Le rêve traditionnel d'une société chrétienne où l'Église doit tendre à informer le cadre de l'existence collective.[12]

Certes, ce n'est pas l'Eglise qui doit directement informer la société et l'Etat, même si ce sont les laïcs chrétiens qui, par leur action, doivent traduire en réalités politiques les enseignements de la doctrine sociale de l'Eglise.

- Il est faux de penser que

Valeurs laïques et valeurs chrétiennes sont appelées à se conforter pour promouvoir fraternellement la liberté et l'égalité dans la société qui naît aujourd'hui» Mgr. Gérard DEFOIS, alors archevêque de Reims.[13]

La laïcité est (...) une manière de vivre ensemble dans le respect des lois de la République.... A l'expérience il apparaît que la laïcité peut être une chance pour notre pays : la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat permet à la France de vivre en paix. Mgr. PANAFIEU, cardinal et archevêque de Marseille[14]

Ces déclarations ecclésiastiques sont, hélas, en consonance avec ce qu'écrit le "catholique" François Bayrou [15] (ancien ministre de l'Education Nationale) :

L'idéal démocratique de la Révolution n'est pas antinomique avec le Credo... [16] et avec ce que déclare J.P. Raffarin :

Je suis croyant : lorsque je vais à la messe à Pâques, je communie. Mais lorsque je représente l'Etat, à la messe d'enterrement de Jean-Luc Lagardère, je ne communie pas (dans Le Monde, samedi 10 mai 2003).[17]

En somme, même dans le sanctuaire, l'homme cache sa foi.

Une "Christianophobie" s'étend et se fait plus sévère de jour en jour.

- Le laïcisme a expulsé le catholicisme de la vie publique.

Cela ne lui suffit pas : Il lui faut réécrire l'Histoire, de peur qu'à son école, les Français en viennent à se demander s'il était légitime de brader l'héritage de tant de siècles, et si vraiment le catholicisme mérite le sort qui lui est fait aujourd'hui.

- Le laïcisme veut aussi discréditer, disqualifier le catholicisme.

Déformée par les manuels scolaires, caricaturée par les bandes dessinées, les romans et les films à succès, l'histoire de l'Eglise fait l'objet d'attaques directes, sous la forme de campagnes de diffamation. Ainsi :

Lors de la campagne menée contre le film La Passion, le catholicisme est présenté comme une variante perverse de l'antisémitisme.

Le christianisme serait l'invention de saint Paul, le fruit de son «délire» et de son «hystérie», de sa volonté de «névroser le monde». Son éloge de la chasteté viendrait «d'une impuissance sexuelle ou d'une libido problématique» [18]. L'essence du christianisme est la haine de soi, du monde, des femmes, de la liberté.

(Pas moins !)

- Pie XII aurait laissé faire le génocide des juifs.[19]

- Jean Paul II, pour son opposition aux préservatifs, est présenté comme l'un des plus grands criminels du temps de paix et devrait être poursuivi pour non assistance à personne en danger.[20]

- L'intimider

Il faut que les catholiques en viennent à renoncer à défendre leur foi. Le laïcisme n'est pas le seul agent d'intimidation, l'antisémitisme en est un autre, au moins aussi puissant.

- L'humilier

Cette humiliation passe par :

~ la dérision : Le christianisme est présenté comme ringard, affaire de filles aigries, de vieillards hypocrites, d'adolescents névrosés.

~ la provocation : Benoît XVI apparaît sous les traits d'Hitler aux guignols de l'info.

~ le blasphème : avec « La Dernière Tentation du Christ ».

- Le persécuter

Cette «petite voie» de la persécution quotidienne est d'ores et déjà ouverte par le harcèlement dont font l'objet un certain nombre d'institutions, de groupes ou de personnalités chrétiennes. Avec les lois sur la discrimination, la loi sur les sectes, le chrétien ne peut plus témoigner de sa foi.

- Le laïcisme veut aussi corrompre la société :

Pour que les exigences du christianisme apparaissent comme un scandale, les laïcistes ont entrepris de banaliser l'immoralité :

Au cinéma, les limites entre ce qui est pornographique et ce qui ne l'est pas s'estompent dans une espèce de brouillard. La télévision est sur la même longueur d'onde. Les séries télévisées, les sitcoms présentent le vagabondage sexuel comme l'activité naturelle de l'adolescence ; l'adultère, le divorce ou l'avortement comme les étapes inévitables de l'existence. Une chaîne spéciale gay a été lancée...

Les magazines féminins sont aussi utilisés pour la diffusion de l'immoralité. Exemple :

Depuis qu'existe la pilule, la femme comprend que son corps n'est plus un piège et l'infidélité devient pour elle exactement ce qu'elle est pour un homme : une fantaisie, un plaisir, un luxe.

Marie-Claire (n° 233)

L'éducation sexuelle dans les établissements primaires et secondaires complète le dispositif.[21]

● Il est donc vain de penser qu'en vivant le plus chrétiennement du monde, à l'aide d'œuvres caritatives et de micro chrétientés ( comme le sont par exemple les écoles entièrement libres), on pourra faire redevenir chrétienne une société apostate.

Aujourd'hui plus encore qu'hier, pour nécessaires que soient les œuvres caritatives, les maux ne peuvent que croître et embellir si les chrétiens ne sont pas offensifs, s'ils n'opposent pas doctrine à doctrine, s'ils ne dressent l'entière pensée catholique face à la pensée de la Révolution, s'ils ne proposent pas une conversion des institutions par un changement de leurs buts et de leurs valeurs. A lui seul l'exemple de vie des chrétiens ne fera pas que des institutions corruptrices, antichrétiennes et apostâtes redeviennent chrétiennes.

De plus, les lois sont prêtes pour interdire nos micro chrétientés. Des décrets seront promulgués pour application dans ce but, quand la préparation de l'opinion aura atteint son objectif de générer une christianophobie généralisée. Il ne faut pas se leurrer, cette hostilité anti chrétienne progressera si, nous chrétiens ne sommes pas assez présents dans les débats ne serait-ce que ceux de la vie quotidienne. Il nous faut donc être plus directement actifs dans la propagation du message chrétien ; à différents indices on se rend compte qu'il est bien reçu quand il est opportunément présenté.

Il s'édifie sous nos yeux un nouvel homme, une nouvelle société, un nouvel ordre du monde.

Ce projet démiurgique est en cours depuis plus de deux siècles.

- Barrère (aux membres des Etats Généraux, en 1789): Vous êtes appelés à recommencer l'histoire.

- Un autre révolutionnaire s'adressant à la Constituante en 1790 :

Pour rendre le peuple heureux, il faut le renouveler, changer ses idées, changer ses mœurs, tout détruire puisque tout est à recréer.

- Thuriot devant l'assemblée législative de 1792 :

La Révolution n'est pas seulement pour la France nous en sommes comptables au monde entier .

- Y. Christen , écrit en 1970, dans Nouvelle Ecole écrit :

Ce qui compte, c'est ce qui vient. L'homme est quelque chose qui doit être dépassé. L'évolution n'est pas terminée, du moins rien n'autorise à le croire. Non seulement la naissance d'une espèce qui nous soit supérieure n'est pas une éventualité absurde, mais elle s'inscrit dans la logique de l'évolution. Ce qui défie l'imagination, ce n'est pas qu'elle survienne, mais que nous puissions la hâter...

- Jean Rostand :

Je ne suis pas contre une eugénique qui empêcherait l'anormal de naître et même qui ferait des super normaux.[22]

- Valéry Giscard d'Estaing

A nous de préparer la morale nouvelle... la morale de l'espèce.

- Docteur Richard Speed

Le clonage, l'homme créant l'homme, est ce qui nous fera l'égal de Dieu.

iI est illusoire de croire qu'il est possible de remédier aux maux de l'heure en participant au jeu démocratique tel que nous le proposent les oligarchies en place. Lesquelles choisissent le mode de scrutin, instituent la règle du jeu et s'en font les arbitres.

- Qu'attendre d'une démocratie, où en toute légitimité parce qu'en toute légalité l'Etat dès le lendemain des élections peut, entre autres, modifier la loi électorale pour barrer la route à une minorité qui au nom de la loi naturelle, conteste les pseudo valeurs du système appelé République une, indivisible et laïque ?

- Qu'attendre d'une démocratie où la légitimité se fonde, non pas sur sa conformité à un ordre transcendant mais sur la désignation démocratique et fait corps avec elle ? Où le suffrage universel est la « supercherie universelle » que l'on sait, du fait, entre autres, que les citoyens sont appelés à voter pour décider en des domaines où ils ne sont pas compétents (le meilleur candidat à la présidence de la république par exemple) mais qui doivent se soumettre aux décrets totalitaires dans les domaines où ils pourraient décider en connaissance de cause et en toute responsabilité (exemples : l'éducation de leurs enfants, le mode d'apprentissage de la lecture, l'enseignement ou non des maths dites modernes dès le primaire...) ?

Pour sortir du marasme actuel, puisque le mal est social, (l'hérésie moderne est sociale) il n'y a donc pas d'autre issue que de changer d'institutions.

Les réussites et les échecs dans la famille, à l'école, dans l'entreprise et partout proviennent, comme il en a toujours été, de connaissances vraies ou fausses, de l'emploi juste ou faux qui est fait au quotidien des notions de vérité, de liberté, d'égalité, d'autorité ainsi que du respect des principes d'identité, de causalité, de finalité, de totalité et de subsidiarité. Ces principes sont refusés ou dénaturés par les idéologues en place. Il convient donc, à partir de ces notions et principes fondamentaux de l'ordre des choses pris dans leur sens plénier, de faire de la politique ce qu'elle doit être (au même titre que la médecine par exemple), une science et un art et de la remettre au service du bien commun.

 

IMPORTANCE DU TRAVAIL PERSONNEL

La pratique de ces deux œuvres de Miséricorde spirituelle, fait un devoir à celui qui les mettra en œuvre de compléter et d'actualiser son éventail de citations et déclarations par celles qu'il recueillera, au fil des jours, dans les médias.

Ces œuvres de Miséricorde spirituelle se pratiquent en effet au cours des entretiens avec nos amis et connaissances, entretiens fréquemment déclenchés par les faits de l'actualité. Ils sont l'expression de la charité politique qui veut ramener la paix, la sécurité et l'harmonie dans la Cité.

 

QUE METTRE A LA PLACE ?

Si nous pouvons faire passer ces assertions en les confortant par des citations et des déclarations judicieuses, prises chez les tenants de cette démocratie dont on n'a, pour reprendre les termes de Jean Paul II, que le masque, nos amis et connaissances en verront le bien fondé et tout naturellement poseront la question :

Et ces institutions par quoi voulez-vous les remplacer ?

Et là, nous devons être clairs et répondre :

Aujourd'hui, où toutes les idéologies ont fait faillite, seule la doctrine sociale de l'Eglise, qui a l'expérience des siècles pour elle, est à même de faire que la politique soit ce qu'elle est : une science et un art (tout comme la médecine).

Cette science, cet art, ont pour finalité la défense et le développement du Bien Commun, source de tous les biens particuliers. Il est vain d'attendre ces biens de majorités provisoires et fluctuantes. Il y a des lois fondamentales de l'ordre des choses voulu par Dieu qu'on ne peut violer sans voir la société aller à vau l'eau.

Donner naissance à une chrétienté, faire retrouver à la France les promesses de son baptême est le devoir qui incombe à tout chrétien français.

A la fin de ces entretiens, un certains nombre de personnes manifesteront, à n'en pas douter, le désir d'en savoir davantage. A la fois sur les idées, les hommes, les méthodes qui font qu'aujourd'hui on voit une décréation s'édifier contre la Création[23]  et d'autre part sur les principes, notions et méthodes aptes à refaire un ordre social chrétien.

Quatre exposés ont été conçus[24] pour faire acquérir à ces personnes une formation de base suffisante pour qu'elles saisissent en profondeur les raisons qui ont fait dire à Benoît XVI[25] que « le bateau faisait eau de toutes parts », et pour les amener à faire une retraite pour connaître le Christ et mieux le servir.

Alors se vérifiera, une fois de plus, que la doctrine sociale de l'Eglise est, comme l'affirme Pie XII, une deuxième Révélation qui amène les croyants à approfondir leur foi pour mieux l'incarner au quotidien et les incroyants à se convertir, comme le communiste Hamish Fraser qui, voulant mieux combattre l'Eglise, s'était mis à étudier sa doctrine sociale et finit par se convertir.

Ainsi, de retraites en retraites, par ce travail d'âme à âme, un peu partout en France s'enracineront des d'hommes de toutes conditions et de tout milieu social, qui prieront ensemble, auront une vision commune, et devront agir en concertation, et de ce fait retrouveront le sens du combat général, mettant ainsi fin à cette mentalité qui fait que dans nos familles de pensée chacun prend son activité, certes nécessaire et importante mais partielle, pour le tout du combat.

Avec les membres des réseaux professionnels mis en place, avec ceux des micro chrétientés, des associations et mouvements, des écoles entièrement libres qui iront en se multipliant, un laïcat chrétien se constituera. Ce sont les laïcs, alors, qui traiteront de leurs affaires propres avec l'Etat, comme le veut la saine doctrine, et non plus les évêques dont ce n'est pas le rôle.

Pour donner plus de cohésion à cette action de reconquête, une légère structure se met en place. Son but est de faire que les retraitants, qui sont venus de différents points de France, se retrouvent (s'ils sont volontaires) et se concertent. Au cours de telles réunions, seront mis en commun les difficultés rencontrées, les réussites obtenues, les échecs essuyés par les uns et les autres dans les efforts déployés pour donner naissance à une chrétienté active. De nouveaux objectifs, de nouvelles stratégies seront arrêtés.

De leur coté, les prêtres feront aux participants les "piqûres de rappel" aptes à développer en eux, les vertus nécessaires pour être des bons légionnaires du Christ Roi.

 

UN REVE ? NON !

Ce n'est pas un rêve, si lors de la méditation du Roi temporel les retraitants se sont offerts à « l' Eternel Seigneur en présence de son infinie bonté, sous les yeux de sa glorieuse Mère et de tous les Saints et Saintes de la cour céleste... ».

Ce n'est pas un rêve, si vraiment, comme on peut le penser avec Pie XII s'adressant aux professeurs et élèves du Collège germanique :

l'ascétique du Livre des Exercices, saint Ignace, l'écrivit spécialement pour notre époque...

et avec Léon XIII que :

la seule méditation du «Principe et Fondement» des exercices, si elle était faite par une élite assez nombreuse, suffirait à révéler et susciter tous les remèdes dont la société malade a besoin aujourd'hui.

Aujourd'hui, alors que la France est livrée à l'Europe comme elle l'a été aux Anglais du temps de Jeanne d'Arc, nous sommes en droit de penser que devant le désir et la détermination des retraitants de faire régner Son Fils, Dieu interviendra à nouveau pour que sa fille aînée reprenne la mission qu'Il lui a confiée à Reims.

Chaque fois que Notre Seigneur a fait un miracle, Il a demandé aux hommes ce qu'ils pouvaient faire par eux-mêmes, alors que cela pouvait paraître dérisoire par rapport à l'objectif : à Cana, Il a demandé aux serviteurs de remplir d'eau les urnes ; pour la résurrection de Lazare, Il a demandé aux hommes d'ôter la pierre... Et Jeanne d'Arc nous l'a dit :

Les hommes d'armes batailleront et Dieu donnera la victoire !

Aujourd'hui, à nous donc de "batailler" pour faire notre devoir et arriver à la victoire.

Jean Fournier et A. Frament

 


[1] Exercices Spirituels, pour la bonne participation desquels nous vous recommandons le « Petit Livre Bleu ».

[2] Exercices spirituels, Méditation sur « L'appel du Roi temporel »

[3] Saint Alphonse de Liguori : « Si je parviens à gagner un roi, j'aurai plus fait pour la cause de Dieu que si j'avais prêché des centaines et des milliers de missions. » (Cf. : Jean Ousset, Pour qu'Il règne (1986) DMM, page 43

[4] Benoit XVI aux participants au Congrès sur la loi naturelle, (Vatican) le 12 février 2007

[5] Saint Pie X, Notre Charge Apostolique Lettre sur le Sillon 25 août 1910

[6] Jean Paul Il dans Evangelium Vitæ

[7] L'Express du 9 mai 2002, p. : 16

[8] Obliger à présenter des listes ayant la parité hommes femmes, revient à considérer que les femmes font partie d'une catégorie défavorisée à qui il faut par la loi, et "par protection" réserver une place qu'elles ne pourraient briguer sur la base de leur valeur propre ! Dois-je avouer que cela me choque ?

[9] Victor Hugo, discours à l'Assemblée Nationale Législative le 31 mai 1890. Cf. :

assemblée-nationale.fr ; accueil - histoire et patrimoine - grands moments d'éloquence

parlementaire- Victor Hugo et le suffrage universel

[10] En vente à l'AFS

[11] Discours à la Chambre des députés, en 1905, lors du vote de la loi de séparation des Églises et de l'État

[12] Bulletin du Secrétariat de la Conférence des Évêques de France 1989

[13] Mgr Defois, article intitulé «Le paradoxe républicain - Un État laïc peut-il commémorer un baptême chrétien?» (La Croix, 3 février 1996 et bulletin SNOP, 6 septembre 1996), article publié à l'occasion de la venue du pape à Reims

[14] C'est dans son bulletin diocésain L'Église aujourd'hui à Marseille ( 1er novembre 1996), que Mgr Bernard Panafieu a développé cette idée. Son texte a été repris sous le titre «Pour une nouvelle laïcité», dans La documentation catholique du 19 janvier 1997

[15] Il est plus facile de se dire catholique que de le prouver par ses actes.

[16] Le droit au sens, François Bayrou, Flammarion, 1996. p 137.

[17] Notre Seigneur : « Celui qui rougira de moi devant les hommes, je rougirai de lui devant mon Père. »

[18] Perception qui semble être le propre d'obsédés sexuels

[19] Calomnie lancée par la propagande des services secrets de l'empire communiste. La révélation de ce fait a provoqué des remous... étouffés

[20] L'Ouganda, dont le Gouvernement a fait la promotion de la chasteté est le seul pays d'Afrique (et peut être du monde) où le sida a reculé.

[21] Pourquoi ne peut-on pas porter plainte à ce sujet pour incitation de mineurs à la débauche ?

[22] Jean Rostand, in Les nouvelles littéraires du 19 mars 1970

[23] Cf. : A. Frament, Genèse et anti genèse, in AFS n° 182

[24] Nous les tenons à votre disposition, mais soyez conscients qu'il faudra les ré écrire pour les faire vôtres

[25] Le Pape parlait de l'état de l'Eglise au moment de son élection au souverain Pontificat

 
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