Ardents à faire le bien
Car la grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s'est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.
Dans l’épître de la messe du Saint Nom de Jésus, saint Paul recommande à Tite de former les chrétiens dont il a la charge, en vue d’en faire un peuple ardent à faire le bien. Cela s’adresse à nous aussi. Cela nous concerne tous aujourd’hui. Sommes-nous ardents à faire le bien ?
En ce temps de répit,[1] ne sombrons surtout pas dans la mollesse et la tiédeur spirituelle : c’est un des nombreux pièges du démon. « Soyez saints, soyez missionnaires ! Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour éclairer le monde avec la Vérité du Christ !» [2] nous a demandé le Pape Benoît XVI. Trop de baptisés sont – hélas – des « serviteurs mauvais et paresseux » (Mt 25, 26), seulement capables de faire semblant mais incapables de vivre en totale cohérence avec l'enseignement de l'Église, incapables de se convertir à Dieu, de se tourner sans cesse vers Lui en acceptant la grâce de sa Miséricorde ; d’autres ont heureusement compris les appels du Pape :
… L'avenir de l'Église dépend de nous ! L'évangélisation de la terre au cours des prochaines décennies dépend de nous ! Nous sommes l'Église ! Rendons-la jeune, maintenons-la jeune par notre enthousiasme. (…) Le Christ a besoin de nous pour proclamer la Vérité, pour apporter l'annonce du salut sur les chemins du monde; il a besoin de notre cœur généreux et disponible pour manifester à tous les hommes Son Amour infini et miséricordieux ! (…) Allumons partout la flamme de la foi! [3]
C’est à cela que l’on reconnaît un vrai catholique : à son ardeur missionnaire, à son énergie spirituelle, à ses certitudes, à sa joie, à sa charité et à sa liberté intérieure ! En tant que membres vivants de l'Église, il faut absolument prendre conscience que le Christ compte sur chacun de nous pour annoncer au monde la Splendeur de Sa Vérité ainsi que le rayonnement de Sa Miséricorde infinie sur les âmes, surtout en direction des nombreux jeunes qui errent dans le trouble de ce siècle comme des brebis sans berger.
« À notre époque, où dans de vastes régions de la terre, la foi risque de s'éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter » (Benoît XVI), il est inadmissible pour un baptisé de se laisser polluer par la mentalité de ce monde, d'être passif ou indifférent face à une société qui est en train de crouler sous les fléaux du péché.
Les deux crises du monde
Notre monde est affligé de deux grandes crises :[4] l'une caractérisée par la situation économique, par la misère, par les changements climatiques[5], qui peuvent influer sur la vie animale, la vie végétale et la vie [corporelle] de l'homme. Une crise pour ainsi dire matérielle.
L’autre crise est celle de la morale (ou de l’éthique, si l’on veut utiliser un mot à la mode.) Voici comment la décrit le Cardinal de La Havane :
« Cette crise (matérielle) s'accompagne en même temps d'une autre crise : celle des vertus de l'homme, certains individus ou peuples étant devenus égoïstes, incapables de prendre des décisions qui peuvent sauver l'humanité, ou vivant dans le luxe et les dépenses effrénées, sans se préoccuper de la misère de tant d'autres »… « C'est une crise de l'éthique due à une perte du sens des valeurs, pour avoir oublié ou défié l'ordre naturel », … « C'est une crise de la conscience : la ligne de séparation entre le bien et le mal a disparu. »
Cette crise spirituelle coïncide avec l’étape de notre histoire récente où l'on a cherché à éliminer Dieu de l'horizon spirituel de l'homme.
« C'est la période où le monde chrétien a inversé le sens des priorités dans l'ordre social, oubliant le sage conseil évangélique de Jésus - "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice et toute chose vous sera donnée en plus" - se mettant d'abord à chercher tout le reste : abondance de biens matériels, pouvoir économique et politique, argent, succès. Partout Dieu a été mis à l'écart et a fini par être exclu de la vie des hommes et des peuples. »[6]
Le monde entier est donc en crise.
Il paraît que les Japonais écrivent crise en associant deux idéogrammes : celui de danger et celui d’opportunité. Cela nous incite à considérer toute crise comme un ensemble de circonstances, les unes favorables les autres non. Nous examinerons la crise actuelle sous l’aspect qui nous intéresse celui de la reconquête des esprits et des cœurs au Christ Roi.
Nous verrons d’abord les dangers qui pointent dans la Crise. Nous traiterons, dans un prochain article, des opportunités qu’elle offre.
Les dangers
Discernons d’abord quelques dangers que révèle la conjoncture. L’athéisme est encouragé par les États qui refusent de reconnaître l’héritage chrétien ; ils refusent le concept de vérité objective, et versent dans le relativisme. De là découle la perte de la distinction du bien et du mal, le développement de la délinquance et de la criminalité ;
Le monde veut s’organiser sans Dieu
Il n’est pas vrai que l’homme ne puisse pas organiser le monde sans Dieu. Ce qui est vrai, c’est que sans Dieu [l'homme] ne peut en fin de compte l’organiser que contre l'homme. Un humanisme exclusif est un humanisme inhumain Actuellement l'Occident s’achemine constamment vers ce nouvel « humanisme inhumain. »[7]
L’athéisme est encouragé par les États.
À notre époque d’interconnexion mondiale, les défis auxquels les catholiques sont confrontés sont à peu près les mêmes en France, en Europe et dans le monde : nous nous affrontons à une vision politique agressivement laïque et un modèle économique consumériste qui aboutissent – en pratique, sinon avec une intention avouée – à une nouvelle forme d’athéisme encouragée par l’État. [...]
Denis Jeambar, dans L'Express du 9 mai 2002, est on ne peut plus net : "dans notre république laïque la foi ne peut être supérieure à la loi. Cette nation, qui a séparé l'Église de l'État, a besoin, pour vivre et progresser, d'une religion citoyenne… "
Sous couvert de laïcité, on ne veut en rien aider les écoles libres qui refusent du monde faute de places, alors que le gouvernement subventionne la construction de mosquées et le culte musulman. De plus, au nom de cette même laïcité, l’État limite au maximum les initiatives catholiques : c’est ainsi qu’une loi a été promulguée pour interdire de faire l’école à la maison à des membres de plusieurs familles. De plus les familles qui veulent faire l’école à la maison sont étroitement surveillées et même soumises à des pressions administratives pour les faire passer à l’enseignement public.
En Belgique les actions du Gouvernement sont marquées par un mépris manifeste pour le christianisme.
Des dirigeants de l’Église ont été injuriés dans les médias et même devant les tribunaux simplement parce qu’ils exprimaient l'enseignement catholique.
Au début de l’été 2010, nous avons été les témoins de formes de brutalité que l’on n’avait plus vues en Europe depuis l’époque où étaient en vigueur les méthodes nazies et soviétiques : le palais archiépiscopal de Bruxelles a été perquisitionné par des policiers, des évêques ont été arrêtés et interrogés pendant neuf heures sans bénéficier des garanties légales, leurs ordinateurs privés, téléphones portables et documents ont été confisqués. Même les tombes d’hommes d’Église défunts ont été violées à l’occasion de cette perquisition.
Cette sorte d’humiliation calculée, publique, de chefs religieux catholiques est un scandale et un abus du pouvoir de l’État. Et cela n’est pas dû aux vertus ou aux fautes de tel ou tel des dirigeants religieux impliqués, puisque nous avons tous le devoir d’obéir aux lois justes. Le scandale tient plutôt au fait que les autorités civiles, par leur brutalité, montrent du mépris pour les catholiques et leurs chefs religieux. [9]
Ils ne se comporteraient pas de la sorte avec des responsables de mosquées.
Aux États-Unis, des agences gouvernementales cherchent de plus en plus, actuellement, à dire aux prêtres de l’Église comment ils devraient agir et à les contraindre à des pratiques susceptibles de détruire leur identité catholique. Des efforts ont été faits pour décourager ou criminaliser l'expression de certaines croyances catholiques, au motif qu’elles constitueraient des « discours de haine ». Les tribunaux et les corps législatifs accomplissent maintenant de manière récurrente des actes qui attaquent le mariage et la vie de famille, et ils cherchent à faire disparaître de la vie publique le symbolisme chrétien et les signes de l’influence chrétienne.
Au Canada, la Ministre de la Famille, Mme Yolande James, vient d'annoncer une nouvelle directive qui prévoit que les services de garde subventionnés par l’État doivent être exempts d’activités ayant pour objectif l’enseignement et la pratique d’une religion spécifique.. Comme le dit la pétition qui demande de s’y opposer : « cette directive interdit toute activité, prière ou manifestation d’une religion, entreprise à l’initiative du personnel sous peine de sanction allant jusqu’à la diminution, la suspension ou l’annulation de la subvention. [Et] avec cette directive, le gouvernement abolit la vraie diversité dans les garderies subventionnées », elle fait « fi du droit des parents quant à la liberté de l’éducation, incluant la dimension spirituelle et religieuse de leurs enfants » alors que « le CPE (Centre de la Petite Enfance) et les garderies sont une extension de la famille. Cette directive attente gravement aux droits parentaux.
La même pétition souligne « que l'accueil de l'autre ne doit pas faire table rase de l'histoire, de la sociologie et de la culture du Québec. »
Le refus de reconnaître l’héritage chrétien.
Parmi les plus gros mensonges du monde actuel nous plaçons en premier celui qui prétend que le catholicisme a été d’une importance relativement mineure dans le développement de l'Occident et que les valeurs et les institutions occidentales peuvent perdurer sans être enracinées dans les principes moraux chrétiens. [...]
On minimise le passé catholique de l'Occident, soi disant parce que l’on désire favoriser une coexistence pacifique au sein d’une société pluraliste. Mais on le fait plus souvent pour marginaliser les chrétiens et pour neutraliser le témoignage public de l’Église.
Être Européen ou Américain c’est être l’héritier d’une profonde synthèse catholique de l'art et de la philosophie grecs, du droit romain et de la vérité révélée par le Christ et transmise par son Église. Cette synthèse a donné naissance à l'humanisme chrétien qui soutient encore, par le peu qu’il en reste après deux siècles du travail de sape révolutionnaire, toute la société occidentale. Cet héritage, les institutions actuelles veulent nous le faire oublier ou mépriser
Sur ce point, nous pouvons même citer le chercheur et pasteur luthérien allemand Dietrich Bonhoeffer. Voici ce qu’il écrivait, quelques mois avant d’être arrêté par la Gestapo en 1943 : « L'unité de l'Occident n’est pas une idée mais une réalité historique, dont l’unique base est le Christ. » [13]
Les catholiques doivent révéler et combattre ce mensonge. Dans ce combat, l’absence trop fréquente de nos chefs religieux demande un surcroît d’ardeur aux laïcs engagés dans le monde, qui ont le devoir de protéger leurs enfants et petits enfants.
Nos sociétés, en Occident, sont catholiques de naissance et leur survie dépend de la pérennité des valeurs du catholicisme. Leur déclin actuel provient de ce qu’elles s’écartent de plus en plus de leurs valeurs fondatrices. Nos principes fondamentaux et nos institutions politiques étaient fondés sur la morale de l’Évangile et sur la conception catholique de l’homme et du gouvernement.
Cette vérité à propos de l’unité essentielle de l'Occident a un corollaire, que Bonhoeffer a également remarqué : « supprimer le Christ, c’est supprimer la seule base fiable de nos valeurs, de nos institutions et de notre mode de vie. » En conséquence, nous ne pouvons pas faire abstraction de notre histoire sous prétexte de ne pas offenser nos voisins non-chrétiens. En dépit de tout ce que peuvent dire les « nouveaux athées », il n’y a aucun risque que le christianisme soit imposé par la force à quelqu’un où que ce soit en Occident.
Dans le monde d’aujourd’hui, seuls les régimes dirigés par des dictatures islamistes ou athées prétendent régir l’homme au for interne.
Le relativisme et le refus de la vérité…
Mais l'indifférence envers notre passé chrétien contribue à l’indifférence envers la défense de nos valeurs. Ce qui entraîne un gros mensonge avec lequel nous vivons aujourd’hui : celui selon lequel il n’existe pas de vérité immuable.
Le relativisme est aujourd’hui la religion civile et la philosophie publique de l'Occident. Là encore, les arguments en faveur de ce point de vue peuvent sembler convaincants. Étant donné le pluralisme du monde moderne, il peut paraître raisonnable que la société veuille affirmer qu’aucun individu, aucun groupe, n’a le monopole de la vérité ; que ce qu’une personne considère comme bon et désirable peut ne pas l’être pour quelqu’un d’autre ; et que toutes les cultures et toutes les religions doivent être respectées comme étant d’une valeur égale…[15]
C’est une erreur profonde et grave. La recherche de la vérité ne doit pas être abandonnée par suite de tels sophismes. Il y a une vérité dans tous les savoirs. La recherche et la reconnaissance de la vérité dans les sciences de la nature rendent compte de leur développement et de l’emprise qu’elles donnent aux hommes sur la nature. Il en est de même dans les sciences morales : elles doivent arriver à la vérité dans leur domaine et cette vérité nous libèrerait.
Les croyances catholiques qui irritent le plus profondément les [nouvelles] "orthodoxies" de l'Occident sont celles qui concernent l'avortement, la sexualité, et le mariage d’un homme et d’une femme. Ce n’est pas un hasard. Ces croyances chrétiennes expriment la vérité à propos de la fertilité, de la signification et de la destinée de l’homme.
Ces vérités sont subversives dans un monde qui voudrait nous faire croire que Dieu n’est pas nécessaire et que la vie humaine n’a pas de nature ou de but intrinsèques. L’Église doit donc être punie parce que, en dépit de tous les péchés et de toutes les faiblesses des gens qui la composent, elle est encore l’épouse de Jésus-Christ ; elle est encore une source de beauté, de sens et d’espoir qui refuse de mourir ; elle est encore la plus irrésistible et la plus dangereuse hérétique du nouvel ordre du monde. [...][16]
… estompent la séparation entre le bien et le mal
Nous vivons aussi une crise de la conscience : la ligne de séparation entre le bien et le mal tend à s’effacer. C’est une des conséquences du refus de l’ordre moral que les médias veulent nous inculquer. C’est une gigantesque escroquerie. Le concept de Bien est un transcendantal, on ne peut pas faire comme s’il n’existait pas. Quand on refuse la Loi de Dieu, c’est pour mettre en place des lois humaines d’une tyrannie étouffante pour ne pas dire mortelle. Et cela se pratique avec hypocrisie ou un cynisme écoeurant.
Un exemple récent parmi tant d’autres illustre ce fait. M. Berlusconi serait au centre d’un scandale pour avoir eu des relations sexuelles avec une personne mineure. A supposer que l’imputation soit fondée, on s’étonne que la presse ne trouve pas mille fois, dix mille fois plus scandaleuses les lois qui autorisent la distribution des pilules contraceptives aux adolescentes des lycées et collèges à l’insu voire contre l’avis des parents. Cette pilule permet quoi ?
De plus on sait que lesdites "pilules" sont des produits toxiques pour le corps de la femme d’où l’accroissement du nombre des cancers féminins. Et là on ne parle plus du principe de précaution pour protéger les femmes, il est vrai que l’objectif est de diminuer sauvagement la population du globe.
Ces produits dispersés dans la nature avec les excréments humains en viennent à perturber dangereusement les équilibres écologiques. Ces équilibres mis en avant de manière obsessionnelle par les médias sont brusquement passés sous silence : il n’est pas politiquement correct d’y faire référence dans cette affaire.
Hommes de France ou d’ailleurs, on vous prend pour des demeurés intellectuels…
Il nous faut tranquillement dénoncer de telles aberrations et ouvrir les yeux de nos contemporains en insistant sur le fait qu’ils deviennent de ce fait objet de dérision pour les ennemis de la France et de l’humanité.
… et conduisent à une tyrannie barbare
L’apparente « tolérance » actuelle prépare un régime policier et une police de la pensée
[...] Dans les années soixante, Richard Weaver, un philosophe américain spécialiste des questions sociales, écrivait : « Je suis absolument convaincu que le relativisme finira par aboutir à un régime de force. » Il avait raison. Il y a une sorte de « logique interne » qui conduit le relativisme à la répression. C’est ce qui explique le paradoxe des sociétés occidentales qui peuvent prêcher la tolérance et le respect des diversités tout en sapant de manière agressive et en pénalisant la vie catholique. Le dogme de la tolérance ne peut tolérer la conviction qu’a l’Église que certaines idées et comportements ne doivent pas être tolérés parce qu’ils nous déshumanisent. Le dogme selon lequel toutes les vérités sont relatives ne peut pas accepter l’idée que certaines vérités puissent ne pas l’être.[17]
C’est, hélas, dans cette voie que nous, Occidentaux, sommes en train de marcher.
Dans la pratique, nous constatons que, s’il n’y a pas une croyance en des principes moraux et des vérités transcendantes qui soient permanents, nos institutions et notre langage politiques deviennent des instruments au service d’une nouvelle barbarie. Au nom de la tolérance nous en arrivons à tolérer la plus cruelle des intolérances ; le respect des autres cultures en arrive à nous imposer le mépris pour la nôtre ; l'enseignement du "vivre et laisser vivre" justifie que les forts vivent au détriment des faibles.
Ce diagnostic nous aide à comprendre l’une des injustices fondamentales de l’Occident : … le crime de l'avortement. Ou, pour parler plus brutalement : un homicide est un homicide, si petite que soit la victime.
Tout d’abord, parce que l'avortement pose aussi la question de la vie dans la vérité. [...] Et voici une autre vérité que beaucoup de gens au sein de l’Église n’ont pas encore pleinement assimilée : la défense du nouveau-né et de la vie prénatale est un élément central de l'identité catholique depuis l’âge apostolique. [...]
On peut en trouver la preuve dans les plus anciens documents de l’histoire de l’Église. De nos jours – alors que le caractère sacré de la vie est menacé non seulement par l’avortement, par l’infanticide et par l’euthanasie, mais aussi par la recherche sur les embryons et par la tentation eugéniste d’éliminer les faibles, les handicapés et les vieillards infirmes – cet aspect de l'identité catholique devient encore plus essentiel pour notre nature de disciples.
Ce que je veux dire quand je parle de l’avortement, c’est ceci : son acceptation si largement répandue dans les pays occidentaux nous montre que, si nos institutions démocratiques ne sont pas fondées sur Dieu ou sur une vérité très haute, elles peuvent très facilement devenir des armes contre notre propre dignité d’hommes.[18]
Actuellement l'Occident s’achemine avec obstination vers ce nouvel « humanisme inhumain ». Et si l’Église doit réagir avec toute sa foi, nous avons besoin de mettre en pratique les leçons que [les Églises de l’Est] ont apprises sous les régimes totalitaires. Un catholicisme de résistance doit être fondé sur la confiance en ces paroles du Christ : « La vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32).
Quelle devra être notre action ?
Nous verrons dans notre prochain article les réponses que nous devrons apporter à ces défis d’un monde qui s’égare. En voici les têtes de chapitre
· Proclamer le Christ Roi
Face au monde qui veut s’organiser sans Dieu, nous proclamerons la Christ Roi et nous rappellerons ses lois, seuls gages de la paix sur terre.
· Dénoncer la nocivité de l’État
Face à l’athéisme encouragé par l’État,, nous dénoncerons sa volonté d’irrespect de notre religion, la nocivité de son action de pourrissement des mœurs et ses actions de perversion de notre jeunesse.
· Assumer l’héritage chrétien
Nous assumerons sans complexe notre héritage chrétien. C'est-à-dire qu’à la moindre occasion nous relèverons ce que nous devons au catholicisme et à la civilisation chrétienne qui a fait notre histoire, ses monuments, ses grandeurs et nous stigmatiserons la volonté destructrice de la révolution dans les déprédations, les meurtres et les massacres qu’elle a commis.
· Témoigner de la vérité
Nous contesterons de front les propos qui mettraient en doute l’existence d’une vérité ou d’un bien objectifs. Cela nous demandera un petit effort de formation, mais le bon sens est plus facile à comprendre et à transmettre que les aberrations intellectuelles.
· Condamner le mal
Nous serons rigoureux pour condamner le mal sans manquer de pitié pour les pécheurs (ils ne savent pas ce qu’ils font, disait N. S. sur la croix) et nous saluerons le bien quel qu’en soit son auteur.
· Étudier l’histoire
Nous étudierons l’histoire pour montrer comment les dérives tyranniques naissent des « idées chrétiennes devenues folles » selon la formule de Chesterton.
André Frament