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Fausses mystiques

Les origines de l'Islam

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Les origines de l’islam

 

L’AFS va rééditer l’étude remarquable faite par Édouard Pertus : Connaissance élémentaire de l’islam. Ce document donne dans son chapitre III, l'origine de l'islam telle que la légende musulmane l’a inventée. En l’écrivant, l'auteur était conscient de ce que les travaux des chercheurs donneraient ultérieurement une histoire différente de la légende. Il avait dit :

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Le démon sait perdre un peu pour gagner beaucoup

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« Le démon sait perdre un peu

pour gagner beaucoup »

 

Dans l'article Quelques textes utiles pour discerner les vraies apparitions des fausses et dans la brochure Connaissance élémentaire du Renouveau charismatique, nous avions cité les deux passages suivants des pères Jésuites Louis Lallemant (1587 1635) et Jean-Baptiste Scaramelli (1687-1752).

Il y a des Personnes que le démon n'empêche point de faire beaucoup de bien parce que le bien qu'elles font lui sert pour les tromper. (R.P. Lallemant)[1].

Le démon transformé en bon ange a coutume de seconder les pieux désirs des âmes saintes et d'en approuver l'exécution, mais avec l'intention de les entraîner ensuite à ses fins perverses. (R.P. Scaramelli résumant saint Ignace)[2].

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Yoga, zen et les autres, vide profond

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YOGA, ZEN, ET AUTRES...

 

                 Vide profond            zen       

yoga

 

« Le cri de Thérèse de Jésus en faveur d'une prière toute centrée sur le Christ est valable encore de nos jours, contre certaines méthodes d'oraison qui ne s'inspirent pas de l'Évangile et qui tendent en pratique à se passer du Christ, au profit d'un vide mental sans aucun sens dans le christianisme. Toute méthode d'oraison est valable dans la mesure où elle s'inspire du Christ et conduit au Christ qui est la Voie, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6)».

Parmi les calamités contemporaines dont l'extension profite de l'affaiblissement de l'Eglise catholique, certaines sont bien visibles, les sectes par exemple, d'autres beaucoup moins. Nous voudrions aujourd'hui appeler l'attention sur les dangers, souvent méconnus de ce qu'on appelle en général les « méthodes orientales » de prière ou de méditation, « Yoga », «Zen », « méditation transcendantale ». Jean-Paul II (1)

La lettre « Quelques aspects de la méditation chrétienne », du 15 octobre 1989 («Documentation catholique », n° 1997 du 7janvier 1990), nous y incite. Elaborée par la Congrégation pour la Doctrine de la foi, portant la signature du cardinal Ratzinger et approuvée par le pape, elle est adressée « aux évêques de l'Eglise catholique », et partant rédigée avec pondération. Elle indique cependant très clairement les graves erreurs auxquelles conduit la pratique des « méthodes orientales » de prétendue prière, et les principes et règles d'une prière catholique. C'est pourquoi, à l'appui de l'article ci-dessous, l'A.F.S. a ajouté des notes composées de citations du texte romain (2).

 

Étant donné l'influence grandissante de la gnose sous forme de yoga (la plus répandue des méthodes orientales), nous parlerons de ce dernier pour révéler ce qu'il cache au plus profond de lui-même et qui est ignoré de ceux qui se laissent prendre à ses appâts.

Le yoga est la méthode ascétique qui vise à conduire l'esprit de l'homme jusqu'à un état de conscience pure, d'existence pure, un état où se fait la prise de conscience du soi (3), c'est-à-dire de ce qui, en l'être, transcende l'existence et s'en abstrait, et la prise de conscience du grand soi, le non-être, l'être informel, illimité, qui en fait se confond avec le vide, n'ayant aucune substance et donc aucune essence, aucune existence par lui-même. Bref, le yoga est tout d'abord une doctrine de la vacuité, une doctrine du vide absolu (4). Mais comme la suprême béatitude du yoga consiste en la fusion de l'âme avec le non-être et que celle-ci ne peut pas se faire toute seule, il en résulte que le yoga, après avoir ruiné l'âme en la détournant en réalité de son vrai bien, le Dieu de Jésus-Christ, doit faire appel à la magie, aux forces préternaturelles démoniaques. En réalité le non-être fait place à celui qui a jadis promis dans le jardin de l'Éden à sa première captive ; « Vous serez comme des dieux ». Le yoga est promesse de fausse divinisation ; c'est le serpent qui vient se lover au sein de sa mystique initiatique.

 

PHILOSOPHIE DU YOGA

Philosophiquement, le yoga se présente comme une négation de toute forme d'être, de toute forme d'existence, et en conséquence de toute forme d'amour, puisque c'est l'amour qui unit la créature à son Créateur. Et c'est en niant l'être et l'existence que l'adepte doit parvenir à ce qui est appelé la conscience pure, la conscience du soi. Le yoga est donc une philosophie du non-être, et il s'apparente aux autres philosophies, qui, outre les philosophies orientales et parfois inspirées par elles, ont été des philosophies du non-être : depuis Heraclite pour qui « tout coulait », en passant par certaines philosophies grecques présentant le caractère absolu du non-être, jusqu'aux théosophes, aux rosicruciens, jusqu'aux existentialistes, etc..

Relevons dans l'ouvrage de M.C. Sadrin, intitulé Le yoga à la lumière de la foi (Éd. Téqui) quelques citations relatives à des philosophies du non-être :

"On voudra l'amour et la fin de l'amour, la vie et la fin de la vie, on accueillera la guerre, la destruction, le feu qui brûle les êtres, le génie destructeur du temps, cette gigantesque bataille où nul ne gagne sinon l'Hadès. Je proclame roi le néant, seule valeur ( ?)" (F. Nietzsche) (p.  14).

"S'étant choisi sans religion, sans patrie, sans parents, sans loi (sauf la sienne), pour rien, et n'allant nulle part (en italique dans le texte)" (Sartre: Oreste)...  (ibid).

« Pourquoi nous soucierions-nous de la doctrine d'amour et de responsabilité morale ? Je lui oppose, dans une clarté glaciale, la suprême doctrine du néant (en italique dans le texte) et de la plus totale insignifiance de l'individu. (Hitler: Discours à ses gauleiters) » (ibid).

Le non-être du yoga est une pure inversion de l'Être divin auquel tout esprit humain aspire, il est le « sans limites » (ce qui est une forme de limitation) qui ne peut être saisi que par une conscience d'une «pureté intégrale » parce que non rivée aux contingences terrestres. Il faut au yoga un « esprit pur » (on retrouve Hegel pour qui l'esprit se réalise pleinement en devenant pleinement lui-même, véritable plénitude de l'absolu. On retrouve aussi Schopenhauer qui a tenté d'introduire en Europe la voie de « l'esprit pur ») dépassant tous les phénomènes, toutes les apparences. Seul un esprit pur, un esprit libéré de l'être et de l'existence peut « regarder », si l'on peut dire, le vide, l'indistinct, le néant (5).

  

L'ASCÈSE DU YOGI

L'ascèse de l'adepte du yoga va donc consister, selon un système de maîtrise de soi qui aurait sa valeur s'il demeurait à l'abri de l'influence des forces obscures, à se dépouiller de son moi, de sa propre mouvements de la vie du monde: c'est alors que le désert répond à la longue attente, un désert qui n'est pas celui des grands mystiques chrétiens, l'esprit y est seul avec lui-même puisqu'il n'atteint que le vide : l'être humain n'est plus rien, les autres êtres humains ne sont plus rien. Il n'est plus aucune valeur d'être, aucune valeur ontique : le non-être a triomphé richesse d'intelligence et de coeur, de son dynamisme vital ainsi que du monde environnant. Il faut qu'un tel adepte devienne inaccessible à tout ce qui peut être suscité par une âme personnelle sortie « des mains de Dieu », inaccessible aux autres êtres empêtrés dans une fausse existence, inaccessible à tous les au plus profond de l'âme, de l'Être, de Celui qui est par Lui-même. L'esprit pur de l'adepte du yoga devient le rival de l'Esprit divin. Arraché à lui-même, arraché à tout son environnement, évadé de l'être et de l'existence, l'esprit se voit immortel, il se croit dieu en face de Dieu. Mircea Éliade l'a précisé : « Cette méthode expérimentale de réaliser l" homme-dieu" qu'est le yoga ».

A ce stade, l'âme se trouve paralysée, le yoga a introduit en elle le doute sur tout ce qui porterait son intelligence vers sa fin qui est Dieu (que l'on se rappelle le doute intégral de Descartes : ce doute est en réalité un sophisme car le doute lui-même entrerait alors dans l'illusion générale). L'âme est comme fixée dans un état de négation, elle s'est mise en quelque sorte en enfer. L'esprit, s'enorgueillissant de lui-même, ne peut plus être du Seigneur le fils, il devient son égal.

 

DU REFUS DE LA CRÉATION AU VIDE DÉMENT

La question de l'existence envisagée comme un mal est très grave. Le yoga suit la doctrine de l'immanence, il est donc refus de l'action créatrice de Dieu, il est négation de la création sortie « des mains du Créateur » dans un immense amour. En refusant toute attache aux créatures de Dieu, le yoga interdit à son adepte de découvrir les « signes » donnés par le Seigneur pour l'aider à croire en Lui, en Son amour infini.

Il y a une différence radicale entre le vide où parvient l'adepte du yoga et la nuit de la mystique chrétienne. Celui-là cherche en lui-même sa lumière, celle du non-être, celle-ci est attente de la divine lumière, attente de l'amour divin dans l'épreuve, elle est marche vers cette lumière, vers cet amour, et elle est en même temps union à Celui qui est lumière et amour. Une telle nuit est accueil et non refus, comme dans le cas du yoga (6).

Par le vide, l'âme se met hors du temps, elle le transcende ; le yoga refuse le temps, car celui-ci est signe d'une divine création. La mystique chrétienne fait du temps un moyen privilégié de progression vers Dieu.

Le vide du yoga s'apparente au néant, il néantise, si Ton peut dire, l'être que des « mains divines » ont fait sortir du néant. La mysti­que chrétienne sait réduire la créature humaine à son véritable rang de « rien créé », mais d'un rien créé par un amour tout-puissant, un rien que la grâce peut transfigurer jusqu'à faire de lui un fils du Père dans le Fils unique, un frère de Jésus, jusqu'à faire de son âme une épouse de l'Esprit-Saint. Mais la divine grâce ne peut pas aller au-delà du refus de l'adepte du yoga. L'esprit n'a plus rien alors qui l'éclairé, l'âme n'a plus l'amour qui pourrait la sauver. Ecoutons le témoignage d'une religieuse après quelques mois de zen (lequel est apparenté au yoga) : « ... Je tombe dans la vacuité... J'assiste à l'effondrement de ma vie, de mon moi, de ma foi, de tout ce que je suis, de tout ce que j'étais... C'est l'immersion dans une espèce de mort... Je deviens simple conscience d'être » (ibid p. 68) (7).

En réalité cette fuite dans le vide s'opère dans les pires conditions et sous l'influence de celui qui cherche à ruiner une âme en vue de se l'approprier. Lisons cet extrait d'un ouvrage intitulé Nuage d'inconnaissance (8) et cité par M.C. Sadrin : « La Vie spirituelle chrétienne n'est pas l'enstase (opposée à l'extase : celle-ci est une sortie en Dieu, celle-là est une rentrée en soi) yoguique : "Rentrer au-dedans de soi ne doit pas être entendu comme un travail corporel. Ce serait là le plus court chemin vers la mort du corps et de l'âme car ce serait folie qui conduirait l'homme en démence...  " (chap. 51).

Ils (les adeptes du yoga) tournent leurs facultés dans leurs corps, contre le cours de la nature, se contraignant comme s'ils voulaient voir en dedans et par curiosité d'esprit, exténuent leur imagination si bien que ...le diable, ayant le pouvoir de provoquer illusoirement quelque fausse lumière ou des sons ou d'agréables odeurs et maintes flammes et chaleurs bizarres dans leur dos et dans leurs reins (c'est ce qui arrive dans les mouvements charismatiques), ils sont persuadés qu 'ils voient et qu 'ils ont un souvenir tranquille de leur Dieu (alors que) ce même ennemi qui leur susciterait de vaines pensées s'ils étaient en la bonne voie, (lui-même et celui-là) est le maître ouvrier et le patron de ce travail. "Et sache bien, sache-le bien, qu'il ne lui plaît pas d'arrêter le souvenir de Dieu, non, il ne le leur retire aucunement par peur de se voir suspecté" (chap. 52) » (ibid, p. 134). 

 

DE LA FASCINATION MAGIQUE A L'INITIATION 

En réalité et dans toute sa profondeur, le yoga se révèle une mystique à base d'illumination initiatique appelée à opérer la fusion avec l'être qui se tapit sous l'appellation du grand soi, du non-être, de l'inconnaissable, de l'illimité, de l'être pur. Le yoga se fait religion, il n'est pas seulement une gymnastique du corps visant à la décontraction, une gymnastique de l'esprit appelée à faciliter l'accès au vide, il se situe au niveau de la magie, de la magie-religion ; l'adepte doit fusionner avec une entité qui ne peut être que luciférienne, afin de parvenir au sommet de toute mystique diabolique : la connaissance totale dans une prise de conscience de l'unité de l'âme avec tout l'univers (doctrine de l'immanence panthéistique), avec le dieu de la gnose, la puissance totale qui confère les pouvoirs charismatiques diaboliques (visions, locutions, lévitations, connaissance des pensées, dupasse, prophéties, guérisons, etc.), l'amour total qui assure les jouissances sexuelles avec l'esprit infernal.

On croit alors avoir la vision de Dieu : c'est le serpent qui fascine. Il n'y a pas d'extase en Dieu puisque l'âme se trouve séparée de son Créateur et Sauveur. Comment donc se fait-il qu'après avoir plongé dans le vide, l'âme sente qu'elle se trouve au contact d'une plénitude, d'une existence infinie, immanente à tout l'univers, en possession d'une béatitude lumineuse, à tout jamais indestructible. Certes, au cours de son cheminement vers la vacuité, l'esprit a vu se renforcer certaines de ses facultés, et c'est, aidé de cette puissance qui peu à peu l'a transformé au plus profond de lui-même, qu'il est parvenu d'une part à saisir le vide de tout ce qui est, et d'autre part à s'unir à un être qui l'emplit de lui-même et qui lui assure, à la place d'une vie toute vulnérable, une autre vie toute de liberté, sans aucune altération possible. Que s'est-il donc passé ?

Il n'est de solution à cette question que dans l'initiation qui provoque la fameuse illumination, cette fausse lumière qui traverse tout l'être et le transforme en un autre être de plus en plus incapable de saisir l'amour en Dieu, et se trouvant au contraire propulsé au sein d'un monde ténébreux où il devient le jouet de Lucifer.

Ce n'est pas parce que certaines personnes apprennent à bien respirer, à mieux se sentir en elles-mêmes, à être plus dynamiques, moins dépendantes de leurs pulsions intérieures, moins asservies à la fluidité des mouvements de la vie et donc plus maîtresses d'elles-mêmes (quoique sur ces points tout danger ne se trouve pas écarté), que le yoga doive être considéré comme une science et une sagesse propres à opérer de véritables conversions de tout leur être. Il n'y a pas de doute que le yoga (comme d'ailleurs le zen et la méditation transcendantale) n'est que peu de chose s'il n'est pas le lieu de la transmission d'une influence spirituelle diabolique, s'il n'est pas le lieu d'un véritable ensemble initiatique. Le yoga est proprement initiatique parce qu'il présente les trois caractères essentiels de l'initiation luciférienne : la présence agissante d'un maître (9), une prière spéciale, le tout suivi d'une efficacité qui révèle la puissance d'un esprit supérieur, lequel se sert et du maître et de la prière adaptée à la situation dans laquelle se trouve l'âme captive.

 

DU MANTRAM AU POUVOIR D'ASSERVIR

Nous lisons à la page 37 du livre de M.C. Sadrin :

« Le mantram est cette courte formule secrète que le maître com­munique de bouche à oreille dans l'intimité d'une cérémonie initiati­que destinée à faire de vous le prolongement de lui-même: celui auquel il cède, en même temps que son souffle (le mantram), une partie de son pouvoir.

Désormais, le mantram vous donnera droit à l'accès dam ses trésors spirituels, puisque prolongement de son organisme, vous serez toujours, par un lien invisible mais bien réel, rattaché subtilement à lui pour le meilleur et pour le pire ».

Où se trouve en tout cela le but recherché par des adeptes igno­rants des sciences occultes : respirer, se détendre, assouplir ses muscles, mieux diriger ses forces vitales etc.. ? Justement l'un sert à l'autre : le mieux-être du corps sert de moyen et de prétexte à une action redoutable sur l'esprit et sur l'âme.

Que voyons-nous en effet dans le passage précité ? Un maître que l'on traduit par gourou: le terme ici employé est à prendre au sens fort, il s'agit de quelqu'un qui veut se rendre maître de l'âme appelée à lui être asservie, qui veut « posséder » cette âme. Que fait-il pour cela ? Il souffle tout bas une certaine « formule secrète » appelée mantram, absolument personnelle à chacun, et qui est chargée d'une influence telle qu'elle véhicule une partie du « pouvoir » du yogi.

Qu'est donc ce pouvoir ? Il est le résultat de l'efficacité d'une initiation supérieure, une participation à la puissance diabolique en échange d'une livraison de l'âme. On sait bien que Satan n'aurait pas un succès aussi énorme s'il n'appâtait pas ses victimes (pensons à sa première grande séduction au jardin de l'Éden : « vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal... ». Or, le grand appât, c'est ce que l'on appelle « les pouvoirs sur le monde » (le charismatisme actuel donne bien une idée de ces pouvoirs). Ces pouvoirs sont nombreux, nous l'avons vu plus haut, mais il en est un qui séduit ceux qui veulent dominer, leurs semblables : le pouvoir d'asservir (pensons à Hitler etc.). Le yogi, digne de ce nom, a ce pouvoir-là.

 

FAUX « TRESORS SPIRITUELS »

On comprend alors la fin de la citation précédente qui explicite l'effet du souffle du mantram: on a accès aux « trésors spirituels » du yogi. C'est justement cela qui est fort dangereux, car ces trésors dits spirituels sont spirituellement diaboliques, on est devenu le « prolongement de l'organisme » du yogi, on dépend de lui, on est devenu son esclave, le lien qui nous unit à lui, dit la citation est « un lien invisible mais bien réel », et ce lien est si fort que la fusion spirituelle s'opère et l'on se trouve « rattaché subtilement à lui pour le meilleur et pour le pire ». Ne comptons pas trop sur le meilleur : attendons-nous plutôt au pire, c'est-à-dire à la remise de notre âme en un autre, prélude à la remise de notre âme en l'Autre qui nous attend sous le voile de la vacuité, sous le voile du grand soi, sous le voile du non-être : le Prince de ce monde.

Richard Bergeron écrit de son côté dans son ouvrage intitulé Le Cortège des fous de Dieu (Éd. Paulines) : « Ce qui caractérise le yoga, ce n'est pas seulement son côté pratique, c'est aussi sa structure initiatique. On n'apprend pas le yoga tout seul, on s'y fait initier par un maître. Guidé par son gourou, le yogi s'applique à dépasser successivement les comportements et les valeurs propres à la condition humaine. Il s'efforce de "mourir à cette vie" et c'est ici qu'on voit la structure initiatique du yoga. Nous assistons à une mort suivie d'une renaissance ( ?) à un autre mode d'être ( ?) : celui qui est représenté par la délivrance, par l'accès à un mode d'être non profane ( ?) et difficilement descriptible, que les écoles indiennes expriment sous des noms différents... » (p. 107).

Dans le numéro du 27 mai 1977, Paris-Match publiait un article intitulé : « ... ce qu'il faut savoir de ces techniques (orientales) pour se sentir mieux dans sa peau ». A propos du zen, technique de même inspiration que le yoga, l'auteur disait sans ambages: « Celui qui médite, assis sur un coussin dans la position du lotus (à noter qu'une telle posture est exactement l'inverse de l'attitude d'adoration à genoux, qui ramasse l'être sur lui-même pour la concentration guidée par la foi en Dieu), ... se concentre sur sa respiration, sur le vide, sur un 'Koan ', sorte de paradoxe choisi par le maître du type: ' 'Lorsqu 'on frappe dans ses mains, cela produit un son. Quel est le son d'une seule main (on remarquera le "vide" d'une telle question) ?". La pratique du zazen permet d'entrer dans le "samadhi", très profond état de concentration où l'on n'a plus conscience de soi, ni de l'univers, et surtout ( ?) d'arriver au "satori", l'éveil suprême ». On sait ce que recouvre un tel éveil !

 

LA "TRADITION PRIMORDIALE".

A propos du yoga... le R.P. Joseph de Sainte Marie o.c.d. écri­vait dans un article intitulé « Intériorité chrétienne et intériorité orientale », paru dans la revue La Pensée catholique : « Si nous pouvons comprendre, au moins jusqu 'à un certain point, en quoi consistent les exercices de la première partie (postures, respirations...) (10)...Pouvons-nous dire quelque chose de plus, sur les exercices de la seconde partie (concentration- méditation...) ? Deux observations peuvent au moins être faites. La première pour souligner certains aspects mystérieux de ces doctrines (allusion aux autres techniques orientales) et de leur enseignement, à savoir qu'ils sont, au sens ésotérique du mot "traditionnels" (ce qui veut dire : reliés par initiation à la fameuse tradition primordiale, celle qui s'origine à la tentation de l'Éden). Cela signifie que, au-delà de l'écrit et plus importantes encore que lui, ces doctrines et leur enseignement sont transmis de maître à maître à travers les temps et à partir de centres où leurs ultimes secrets sont sévèrement gardés. Ce serait une erreur de considérer avec scepticisme l'insistance avec laquelle les présentateurs de ce système soulignent eux-mêmes ce point. Le concept d'"initiation" et d"'influence spirituelle"prennent ici tout leur sens. On n'apprend pas le yoga seul, il y faut un maître, le ' gourou '. Le rapport maître-disciple est donc un rapport initiateur-initié » (N° 177- p. 44).

Nous avons dit plus haut que la remise de l'âme en un autre (tel le gourou) est le prélude à la remise de l'âme en l'Autre qui nous attend sous le voile du vide et du non-être: tel est bien le résultat du cheminement d'un esprit qui n'a pas voulu rester à sa place de créature sortie des mains de Dieu, de créature rédemptée par le Sang du Verbe-fait-chair, de créature en voie de sanctification, sous la motion de l'Esprit-Saint de Dieu, de créature en voie de divinisation par participation obtenue par grâce à la Vie même de Dieu. Le faible esprit a voulu s'élever par lui-même en un état qui n'est pas le sien propre, en un état hors du temps, hors de la vie normale, en un état angélique : mais en cet état la grâce ne peut se frayer son chemin. L'âme s'est mise sous l'influence de sa pauvre lumière dont une apparente brillance l'a séduite un moment. Mais fragilisée par son contact avec elle-même, elle est tombée en ruine sous une influence qui s'est de plus en plus emparée d'elle. Comme le démon ne peut bâtir que sur des ruines, c'est justement sur la ruine de l'âme aliénée, évoluant hors du sûr et humble chemin de la foi catholique, que l'influence diabolique agit puissamment. La remise de l'âme, redisons-le encore entre les mains d'un maître, n'a été que la préparation à la remise de l'âme à l'Ennemi de toute âme créée, sauvée, sanctifiée, divinisée par pure grâce. Comme l'écrit encore le père Joseph de Sainte Marie à propos du démon dans le même article cité ci-dessus : «... son action ne peut être absente d'une tentative aussi hermétiquement fermée à la vérité et qui se base avec une telle force sur l'orgueil de l'esprit et sur la volonté de puissance et d'autoréalisation de l'homme » (P-49)

 

LE TRIOMPHE DE SATAN

Et encore : «... Si la "libération" ici proposée à l'homme se révèle en définitive suprême aliénation, c'est que la voie d'autoréalisation qui lui est présentée le conduit en réalité à se livrer totalement au pouvoir d'un autre. La "réalisation", but de toutes ces techniques (orientales), n'est nullement celle de l'homme, c'est celle de cet esprit qui ne dit pas son nom, et qui se cache dans les ténèbres de l'impersonnalité, derrière le voile qu 'il tisse avec les fils de l'orgueil humain. Comment ne pas reconnaître ici celui qui depuis le début des temps tente l'homme et le trompe par son mensonge, toujours le même : "vous serez comme des dieux", c'est-à-dire comme moi-même, pleinement autosuffisants.

Cette réponse s'impose avec plus de force encore si l'on considère en outre que le "soi" suprême (Satan) qui s'édifie ainsi en ramenant à soi tous les esprits créés qui s'abandonnent à lui, se livre là à une entreprise qui devient singulièrement transparente lorsqu 'on la considère à la lumière du Mystère de l'Église, Corps mystique du Christ (Col. I, 18), et à celui du "Plérôme" (v.19) et de la "récapitulation" de toutes choses (Eph. I, 10) en Celui qui est l'alpha et l'oméga (Apoc. 22, 13)... l'opposition que nous relevons ici entre l'édification du Corps mystique du Christ, plérôme de son mystère et cette tentative qui en est l'antithèse radicale, appelée par saint Paul "mystère d'iniquité" (2. Thess, 2, 7), nous semble particulièrement importante. On ose à peine sonder les abîmes que sa puissante lumière nous fait entrevoir, et pourtant ils sont inscrits dans la Révélation et dans le Dessein divins de l'histoire du salut » (PP. 53-54). Il est bien évident que le yoga est sous l'influence vampirique du démon et illustre le mot de saint Paul : « Quand vous suiviez le train de ce monde, le prince de l'esprit, le prince de l'air qui agit dans les fils de la désobéissance, vous étiez morts » (Ephés. I, 2). La gnose du yoga, comme d'ailleurs toute gnose apporte avec elle la mort dont parle l'Apôtre. Comme le dit si justement Etienne Couvert dans son dernier et précieux et courageux ouvrage La gnose contre la Foi (éd. Chiré) : «... La doctrine gnostique trouve sa conclusion logique dans le culte de Satan qui en est le point d'aboutissement naturel. Quand on commence à mettre un doigt dans la gnose, on est happé par Satan et il ne reste plus qu'à vendre son âme au diable... » (p. 175).

 

LE LOUP DÉGUISÉ EN BERGER

En terminant, se pose nécessairement la question : comment se fait-il que des hommes d'Église se laissent prendre à la « séduction » du yoga, privilégiant l'expérience vitale aux dépens de la vie de foi : « Voici qu'aujourd'hui, écrit encore M.C. Sadrin, drapé dans sa robe magique et le charme ensorceleur de la plus vieille âme du monde, le yoga réalise sur le théâtre de la culture européenne une entrée remarquée, triomphale.

On le savait déjà lointain parent des mouvements illuministes, rosicruciens et autres, mais comment se douter que prêtres, moniales et religieux allaient soudain- sous l'attrait d'une fascination irrésistible se précipiter à sa rencontre, lui ouvrir les clôtures les plus sévères et les coeurs les plus saints, se disputer ses grâces, solliciter ses conseils, se rouler à ses pieds, se livrer à sa discrétion ? » (p. 111). Question cruciale !

Précisons que chaque terme chrétien a un sens yoguique ; un yogi peut très bien commenter l'Évangile et y introduire en même temps son philtre démoniaque M.C. Sadrin raconte qu'« un maître parla pendant huit jours de l'Evangile de saint Jean dans un monastère, à l'admiration générale » et que « au bout d'une semaine tous rivalisaient d'envie d'expérimenter le soi » (p. 112).

Nous emprunterons la conclusion au même auteur: « Quand, sous le prétexte d'intensifier la foi, le yoga s'introduit dans les monastères, investissant à son profit l'élan religieux, cet esprit négateur livre à l'esprit de Dieu la dernière guerre, investissant les dernières citadelles de Dieu.

Loup déguisé en berger, ange de ténèbres en ange de lumière, son vrai projet est là : pénétrer au coeur même de la foi, lui faire réaliser une mutation telle qu'elle devienne yoga à son insu même.

L'âme chrétienne aura, ce faisant, succombé à la même tentation meurtrière que celle à laquelle succomba notre premier père : devenir Dieu sans Dieu, et pour obtenir ce résultat s'unir avec un esprit qui n 'est pas Celui du Seigneur » (p. 117).

Le yoga qui est une recherche gnostique du soi et qui aboutit à une rencontre avec le démon, est appelé à devenir la base de la religion de l'avenir :

« Cette religion du soi serait... la future religion de tous les hommes. Ce serait une nouvelle église, bâtie sur la seule raison, sans révélation ni dogme, sans sacrifice ni mystère. Les jnanins (ou yogis) en seraient les grands prêtres, seuls capables de transmettre le savoir (la gnose) à une poignée d'initiés dirigeant les masses non éveillées encore » (ibid, p. 77).

Qu'est donc cet éveil sinon la découverte, au plus profond de l'âme, d'un soi qui se divinise pour aboutir à la fatale conclusion : Dieu n'est plus Dieu. Dieu n'est pas Dieu.

 

UN MAL LARGEMENT RÉPANDU DANS L'ÉGLISE

Avant de mettre fin à cet article, nous tenons à citer les lignes suivantes qui viennent de nous être transmises et dont l'importance est évidente. Il s'agit du résumé (paru dans Introïbo d'octobre- novembre-décembre 1989, n° 66) d'un long article (une douzaine de pages) de la revue italienne Trente jours, relatif aux trois principales "techni­ques" orientales, qui sous des formes différentes se réfèrent à la même gnose : le yoga, le zen, la méditation transcendantale :

« L'auteur de l'article, Alver Metalli, se déclare lui-même surpris du si grand nombre de couvents, de maisons d'exercices spirituels, de paroisses, attirés par les "techniques" de méditation orientale, du zen, du yoga.

On dit que les ''techniques'' sont neutres. En réalité, la dynamique pratique de ces expériences (orientales) rend vaines et déforme non seulement les vérités théologales, mais la personnalité humaine elle-même...

La dernière mode en matière de vie spirituelle pour religieux et laïcs catholiques a pour titre : "Initiation à la prière profonde". Rien de clandestin : le cours est organisé par le "Centre international de pastorale de la prière", qui a son siège à la Curie générale des jésuites à Rome. Il est recommandé à tous ceux qui ont sérieusement l'intention de réfléchir et de trouver Dieu en toutes choses.

On y précise : "La divulgation en Occident des méthodes de méditation orientale et leur influence sur la méditation chrétienne est une réalité de plus en plus évidente et répandue".

L'expression "prière profonde" veut indiquer le recours à des techniques de méditation, nées au sein des religions orientales. Ces techniques nouvelles se répandent même chez des moines contemplatifs, et ce sont justement les spécialistes de la spiritualité chrétienne qui se révèlent les plus sensibles aux cocktails à base de méditation orientale.

Peut-on considérer ces techniques comme neutres. S'agit-il de la prière de demain ? Il semble que oui, à considérer l'attention que les éditeurs catholiques lui portent. Les catalogues de livres de prière en sont remplis. Et çà se vend ! Dans les sept librairies religieuses proches du Vatican, fréquentées surtout par des prêtres, des moines, des religieuses, les manuels de yoga chrétien et les initiations à la prière profonde, munis des autorisations nécessaires, se vendent autant que les classiques de la spiritualité traditionnelle...

Ces méthodes inquiétantes ont pénétré les structures traditionnelles de l'Église : paroisses, patronages, instituts religieux. En Suisse, par exemple, la diffusion de ces méthodes orientales se fait sous l'égide des capucins. Ils organisent des semaines mystiques' où participent catholiques, protestants et incroyants !

A noter que l'on utilise parfois le chapelet, mais en tant que « montra » ! Définissons ce terme indien à la mode : un mantra est un nom ou une formule divine, apparemment neutre et sans un sens déterminé, qu'il faut répéter jusqu'à l'obsession, avec rythme et intensité, dans le but d'imprégner et de "nettoyer" l'esprit...

Nous sommes très loin de la méditation pacifique, reposante et sanctifiante des mystères du rosaire, tant recommandée par la Sainte Vierge. Mais ne dit-on pas que le diable est le singe de Dieu ?

L'article que nous résumons donne de nombreux exemples de cette organisation de diffusion de la "prière profonde" en tous pays. Retenons les cours qui ont lieu à Rome, à l'Université grégorienne où le moine bouddhiste Hozomi organise des retraites pour les étudiants de l'Université pontificale...

Les expériences de cohabitation entre moines chrétiens, bouddhistes et hindouistes se multiplient. Sous la triple influence du dernier concile, de l'oecuménisme et de l'inculturation, les premiers appels à adapter le christianisme aux philosophies asiatiques font leur chemin...

Quelques rares prêtres réagissent. Par exemple le dominicain canadien François Dermine, professeur au Centre Théologique de Bologne, explique: "II est difficile d'envisager quelque compatibilité entre ces techniques et la foi chrétienne, certaines ne sont même pas interprétables comme de simples techniques: le Maharisti, par exemple, présente la méditation transcendantale... comme "le coeur de toutes les religions", capable de résoudre tous les problèmes de l'homme. En tout cas, on finit toujours par dépendre d'une technique et il est extrêmement antichrétien de confier son salut à une technique (11) ... On risque, avec ces techniques, de vouloir conquérir son propre salut. De plus, il y a dans tout le phénomène un fond que je définirais gnostique, déjà présent dans les cultures orientales...". »

C'est bien l'infernale gnose qui se glisse par le moyen des techniques orientales (que ce soit le yoga, le zen ou la méditation transcendantale) au sein du catholicisme pour le saper de l'intérieur. Ce n'est pas l'Esprit-Saint qui souffle, c'est le Serpent qui siffle !...

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(1) Homélie du 1er novembre 1982, où le pape donnait en exemple Ste Thérèse de l'Enfant Jésus. Cité dans « Quelques aspects de la méditation chrétienne », note 12, D.C. n° 1997, 7 janvier 1990, page 22.

(2) « Par l'expression "méthodes orientales", on entend des métliodes qui s'inspirent de l'hindouisme et du bouddhisme, comme le "zen" ou la "méditation transcendantale" ou encore le "yoga". Il s'agit donc de méthodes de méditation de l'Extrême-Orient non chrétien qui sont souvent utilisées de nos jours même par certains chrétiens dans leur méditation. Les orientations de principe et de méthode contenues dans le présent document veulent constituer un point de référence non seulement par rapport à ce problème, mais aussi, d'une manière plus générale, pour les diverses formes de prière, pratiquées aujourd'hui dans les réalités ecclésiales, particulièrement dans les associations, les mouvements et les groupes » Note du document romain. Ibid, page 22.

(3) « La prière chrétienne est donc toujours en même temps authentiquement personnelle et communautaire. Elle repousse les techniques impersonnelles ou centrées sur le moi, capables de produire des automatismes dans lesquels celui qui prie reste prisonnier d'un spiritualisme intimiste, incapable d'une libre ouverture au Dieu transcendant » Ibid, page 16, §3.

(4) « "conviendra donc d'interpréter correctement l'enseignement des maîtres qui recommandent de "vider" l'esprit de toute représentation sensible et de tout concept, en maintenant toutefois une aimante attention à Dieu, de sorte qu 'il y ait en celui qui prie un vide qui peut alors être rempli par la richesse divine. Le vide dont Dieu a besoin est celui du renoncement au propre égoïsme, pas nécessairement celui du renoncement aux réalités créées qu'il nous a données et au milieu desquelles il nous a placés. i l n'y a pas de doute que, dans la prière, on doive se concentrer entièrement sur Dieu et exclure le plus possible les choses du monde qui enchaînent notre égoïsme. Saint Augustin est sur ce point un maître insigne : si tu veux trouver Dieu, dit-il, abandonne le monde extérieur et rentre en toi-même. Toutefois, poursuit-il, ne demeure pas en toi-même, mais surpasse-toi, car tu n'es pas Dieu: Lui est plus profond et plus grand que toi (...). "Demeurer en soi-même»: voilà le vrai danger. Le grand Docteur de l'Église recommande de se concentrer en soi-même, mais aussi de transcender le moi qui n'est pas Dieu, mais une créature. Dieu est interior intimo meo et superior summo meo. Car Dieu est bien en nous et avec nous, mais il nous transcende dans son mystère " Ibid, page 19, §19.

(5) « Avec la diffusion actuelle des méthodes orientales de méditation dans le monde chrétien et dans les communautés ecclésiales, on se trouve en face d'un renouvellement aigu de la tentative, non exempte de risques et d'erreurs, de mélanger la méditation chrétienne et la méditation non chrétienne. Les propositions en ce sens sont nombreuses et plus ou moins radicales: certaines utilisent des méthodes orientales seulement aux fins d'une préparation psychophysique pour une contemplation réellement chrétienne ; d'autres vont plus foin et cherchent à engendrer, par diverses techniques, des expériences spirituelles analogues à celles dont on parle dans les écrits de certains mystiques catholiques ; d'autres encore ne craignent pas de placer l'absolu sans images ni concepts, propre à la théorie bouddhiste, sur le même plan que la majesté de Dieu, révélée dans le Christ, qui s'élève au-dessus de la réalité finie ; et dans ce but, ils se servent d'une "théologie négative" qui transcende toute affirmation de contenu sur Dieu, niant que les réalités du monde puissent être une trace qui renvoie à l'infinité de Dieu. Aussi proposent-ils d'abandonner non seulement la méditation des oeuvres salvifiques que le Dieu de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance a accomplies dans l'histoire, mais aussi l'idée même du Dieu un et trine, qui est amour, cela en faveur d'une immersion "dans l'abîme indéterminé de la divinité". »lbid, page 18, §12

(6)  « Toute prière contemplative chrétienne renvoie continuellement à l'amour du prochain, à l'action et à la passion, et c'est ainsi qu'elle rapproche le plus de Dieu. (...) Du point de vue dogmatique, il est impossible d'arriver à l'amour parfait de Dieu si l'on fait abstraction du don qu'il fait de lui-même dans le Fils incarné crucifié et ressuscité    Ibid, pages  18 et  19, §13 et 20.

(7) A l'inverse « Par la grâce du baptême, les fidèles sont appelés à progresser dans la connaissance et le témoignage des mystères de la foi moyennant "l'intelligence intérieure qu'ils éprouvent des choses spirituelles". Aucune lumière venant de Dieu ne rend superflues les vérités de foi. Les grâces éventuelles d'illumination que Dieu peut concéder aident plutôt à mieux clarifier la dimension plus profonde des mystères professés et célébrés par l'Église, en attendant que le chrétien puisse contempler Dieu tel qu'il est dans sa gloire (cf. 1 Jn 3, 2) » Ibid, page 20, §21.

(8) Ouvrage spirituel d'un écrivain anglais anonyme du XIVe siècle.

(9) Dans l'Église catholique est excellente « l'humble acceptation d'un maître expert dans la vie de prière et de ses directives ; c'est là une chose dont on a toujours eu conscience dans l'expérience chrétienne, depuis les temps anciens, dès l'époque des Pères du désert. Ce maître, expert dans le sentire cum Ecclesia, doit non seulement guider et appeler l'attention sur certains dangers, mais comme "père spirituel", il doit aussi introduire d'une manière vivante, dans le coeur à coeur, dans la vie de prière qui est un don de l'Esprit Saint » Ibid, page  19,  §16. Inutile de préciser la différence avec l'autre « Maître » ! Le démon est habile à singer la religion.

(10)  « La méditation chrétienne de l'Orient a valorisé le symbolisme psychophysique, souvent absent de la prière de l'Occident. Il peut aller d'une attitude corporelle déterminée jusqu'aux fonctions vitales, comme la respiration et le battement cardiaque. Ainsi l'exercice de la "prière de Jésus", qui s'adapte au rythme respiratoire naturel, peut- au moins pour un certain temps- être d'une aide réelle à beaucoup. D'autre part, les mêmes maîtres orientaux ont aussi constaté que tous ne sont pas également aptes à utiliser ce symbolisme, parce que tous ne sont pas en mesure de passer du signe matériel à la réalité spirituelle recherchée. Compris d'une manière inadéquate et incorrecte, le symbolisme peut même devenir une idole, et par conséquent un obstacle à l'élévation de l'esprit vers Dieu. Vivre dans le cadre de la prière toute la réalité de son propre corps comme symbole est encore plus difficile : cela peut dégénérer dans un culte du corps, et porter à identifier subrepticement toutes ses sensations avec des expériences spirituelles. Certains exercices physiques produisent autontatiquement des sensations de quiétude et de détente, des sentiments gratifiants, voire même des phénomènes de lumière et de chaleur qui ressemblent à un bien-être spirituel. Les prendre pour d'authentiques consolations de l'Esprit-Saint serait une manière totalement erronée de conce­voir le cheminement spirituel. Leur attribuer des significations symboliques typiques de l'expérience mystique, alors que l'attitude morale de l'intéressé ne lui correspond pas, représenterait une sorte de schizophrénie mentale, pouvant même conduire à des troubles psychiques et parfois à des aberrations morales ». Ibid, pages 20

(11) « Assurément, le chrétien a besoin de temps déterminés de retraite dans la solitude pour se recueillir et retrouver près de Dieu son chemin. Mais à cause de son caractère de créature, et de créature qui sait n'avoir de sécurité que dans la grâce, sa manière de s'approcher de Dieu ne se fonde sur aucune technique au sens strict du mot. Cela contredirait l'esprit d'enfance requis par l'Évangile. La mystique chrétienne authentique n'a rien à voir avec la technique : elle est toujours un don de Dieu, dont le bénéficiaire se sent indigne. (...) L'amour de Dieu, unique objet de la contemplation chrétienne, est une réalité qu'on ne peut "s'approprier" par aucune méthode ni aucune technique ; au contraire, nous devons toujours avoir le regard fixé sur Jésus-Christ, en qui l'amour divin est arrivé pour nous sur la Croix à un tel point que lui-même a voulu assumer même la condition d'éloignement du Père (cf. Me 15, 34) v. Ibid, pages 20 et 21, §23 et 31.

 

 

 


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