« Si les premiers chapitres de la genèse sont des mythes,
la suite en devient incompréhensible... »
HOMMAGE AU DOCTEUR HENRY MORRIS (1918-2006)

QUI NE CROYAIT PAS AU MYTHE DE L'ÉVOLUTION
Le mouvement créationniste américain a reçu en Europe un accueil peu enthousiaste, c'est le moins qu'on puisse dire. Il ne se passe pas de jour sans qu'un présentateur de Télévision ou quelque sommité reconnue dans le domaine scientifique, philosophique ou religieux nous mette en garde à propos des créationnistes et de leurs études sur l'historicité des récits des premiers chapitres de la Bible qualifiées de pseudo-scientifiques. Le créationnisme ferait courir un danger mortel à la vraie science - l'évolutionnisme -et mettrait même en péril notre civilisation. La vérité est tout autre. Je vais uniquement parler ici de l'œuvre du Dr. Henry Morris que je connais bien et qui est à l'origine des autres mouvements créationnistes. Henry Morris est le fondateur de l'Ecole biblique fondamentaliste américaine, de l'I.C.R. - Institute of Creation Research (1970) - [1], dont il fut jusqu'ici le président et le co-fondateur du San Diego Christian Collège, ces deux Instituts étant consacrés à l'étude par les méthodes scientifiques modernes des premiers chapitres de la Genèse.
J'eus le privilège d'entrer en relation avec cet homme exceptionnel en 1995, à l'occasion de la conférence que j'avais donnée au 6e congrès créationniste d'Amersfoort (NL) - « Dating geological eras in Question »[2] qu'il avait beaucoup appréciée. Morris avait, nous allons le voir, retrouvé les traces du Déluge universel en s'inspirant du texte biblique. Il avait interprété les strates des fossiles comme des dépôts très rapides laissés par le Déluge , alors que la « théorie tranquille » qui fonde l'Evolution nie l'existence du Déluge et les interprète comme résultant de dépôts lents et uniformes en milieu calme, justifiant ainsi les longues durées nécessaires à l'évolution des espèces.
Il avait principalement travaillé à partir de données en provenance de l'Amérique. De mon côté, j'avais observé de façon indépendante les mêmes phénomènes en Afrique. J'avais retrouvé tout comme lui l'absence de signification chronologique des séquences stratigraphiques qui s'interprétaient beaucoup mieux comme résultant des dépôts rapides produits au cours d'une inondation catastrophique accompagnée d'éruptions volcaniques de grande ampleur. On retrouvait en effet dans les mêmes strates, où les soi-disant « ancêtres » de l'homme avaient été découverts, quantités d'ossements d'animaux les plus divers : Poissons, Reptiles, Oiseaux, Mammifères, mais brisés, démantelés, portant des marques de charriage par l'eau, et intercalés de lits de cendrées; ce qui me les faisait identifier comme des dépôts produits en milieu cataclysmique.
Je montrais encore pour la première fois que les « âges » de millions d'années délivrés par les « horloges radioactives » pour ces mêmes strates étaient dépourvus de signification chronologique. S'il en était ainsi, l'autre preuve des longues durées de l'Evolution s'effondrait également.[3]
Morris eut la générosité de m'envoyer pendant de longues années à titre gracieux ses deux revues qui reflétaient bien les deux aspects de son esprit : d'une part son côté concret - « Acts and Facts » (Des Actes et des Faits ») - et de l'autre la flamme mystique qui l'habitait - « Days of Praise »(Jours de Louange) - Plus tard, je lui demandai de ne plus m'envoyer « Days of Praise » en lui expliquant que j'étais catholique et que ses prières, quoique toujours très belles, s'écartaient parfois de nos dogmes.[4] Il accéda à ma requête de très bon gré et poursuivit l'envoi des « Acts and Facts » .
En revanche, mes efforts pour l'intéresser à la datation radiocarbone du Linceul de Turin échouèrent. Il m'expliqua fort courtoisement que mon travail était dénué d'intérêt pour eux, leur Religion ne s'intéressant pas aux Reliques. Nous restâmes donc sur nos positions du point de vue religieux, alors que notre accord du point de vue scientifique resta complet.
J'eus alors de nombreux contacts avec ses collaborateurs et, est-ce un hasard, c'est à cette époque qu'il créa son dernier groupe de recherche -le « RATE » (Radioisotopes and the Age of the Earth) - (les radioisotopes et l'âge de la Terre), destiné à l'évaluation scientifique des soi-disant datations isotopiques. Ce groupe très dynamique de huit spécialistes - en géologie, géochimie, physique et ... en Hébreu biblique - ayant déjà confirmé l'absence de signification chronologique de ces soi-disant « horloges », poursuit sans complexe l'interprétation littérale des textes de la Genèse dans le cadre de la « Terre jeune » et du Déluge universel.
Les évolutionnistes qui se disent « adversaires de tout dogmatisme » et partisans de l'interprétation rationnelle des faits auraient dû s'intéresser aux résultats du RATE, aboutissement de raisonnements rigoureusement rationnels, ne fut-ce que pour en discuter. Ils n'en diront rien, suivant en cela leur technique éprouvée qui est d'ignorer les faits qui les dérangent. Il est vrai que la remise en question de la valeur chronologique des datations radioactives après celle des strates faisait basculer dans le mythe leur propre dogme : l'Evolution des espèces au cours de très longues durées avait perdu ses bases scientifiques.
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Henry Morris est décédé le 25 Février 2006 à l'âge de 87 ans. Sa notice nécrologique, sa biographie et le DVD de la cérémonie de ses funérailles me sont parvenues tout dernièrement. Plus de 2000 personnes, certaines venues de très loin, s'étaient jointes à ses proches pour lui rendre hommage, alors que des milliers de lettres leur parvenaient du monde entier. Bien que leur rite soit très différent du nôtre, la cérémonie - où musique et chants alternaient avec prières et discours - était empreinte de recueillement, de paix et même de joie.

Je ne ferai ici état que de deux témoignages : celui de son fils aîné, John D. Morris, qui a repris le flambeau et celui de son plus proche collaborateur, John C. Whitcomb, coauteur du livre qui les a rendus célèbres : « The genesis Flood » (l'Inondation de la Genèse) [5] . J'ai été impressionnée par ce que l'on disait de son enfance, durement marquée par une pauvreté à la fois matérielle, affective et spirituelle. Issu d'une famille baptiste très pauvre et dépourvue de culture, rien ne prédestinait le jeune Henry au rôle éminent qu'il allait jouer plus tard. Son père avait abandonné le domicile conjugal le laissant ainsi que sa mère et ses deux plus jeunes frères sans ressources, la grande dépression avait commencé. Ils vivaient dans un taudis et Henry qui aidait sa mère en vendant des journaux n'avait guère le temps de fréquenter l'école ni le Temple.
Son sort changea lorsque sa grand-mère - une personne très pieuse - le recueillit. Ce fut elle qui lui fit fréquenter l'école et qui lui parla du Christ. La semence était tombée dans de la bonne terre : le jeune Henry se passionna pour les Ecritures, les apprit presque par cœur, travailla avec application, devint vite premier de classe, obtint une bourse en Sciences à la Rice University (Texas), où il fit des études d'ingénieur, se spécialisa en hydraulique et y devint plus tard professeur. Il acquit en outre un doctorat à l'Université du Minnesota, y fut chargé d'enseignement, enseigna encore à l'Université du Sud-Ouest de la Louisiane et à celle du Sud Illinois. Au moment où il écrivit « The Genesis Flood », il était chef de département à l'Institut polytechnique de Blacksburg, en Virginie. Il mourut couvert d'honneurs académiques.
L'édification de bâtiments aussi importants que ceux de l'I.C.R. et du San Diego Christian College, la création de laboratoires, de salles de classe, de bibliothèques, d'une maison d'édition, la rétribution de scientifiques de haut niveau, chercheurs et enseignants, la formation de conférenciers capables de diffuser de par le monde la thèse défendue par Henri Morris, tout cela a demandé des fonds importants et un travail incessant. Morris parvint à trouver les fonds nécessaires et travailla d'arrache-pied.
Aujourd'hui, le monde entier a entendu parler du créationnisme, thèse qui, pour l'essentiel affirme que la doctrine évolutionniste est fausse et que les termes des premiers chapitres de la Genèse pris dans leur sens littéral ont une authentique signification historique.
J'ai pensé qu'il était important de faire connaître la vie et l'œuvre d' Henry Morris, presque ignorées du monde catholique en général, et de la France en particulier.
Sa vie d'abord : le secret de sa force était sa Foi en Dieu - John D.Morris [6] dira, lors des obsèques de son Père, qu'il n'a jamais trouvé chez personne une telle Foi en Dieu et John C. Whitcomb dira de même.
Son oeuvre ensuite : celle d'un travailleur acharné qui a scrupuleusement obéi à la devise qu'il s'était choisie « Redeeming the time » (Rachetant le temps, Eph.5,16). Il a donné des cours, des conférences, écrit des dizaines d'ouvrages dans sa propre spécialité (l'hydraulique) qui sont encore des références de nos jours. Il en a écrit une soixantaine d'autres pour prouver le caractère historique des premiers chapitres de la Bible, apporter des preuves scientifiques de l'existence de l'« Ancien Monde » et du Déluge universel. Il a encore fait des commentaires très appréciés sur les Saintes Ecritures et sur l'Apocalypse ; il a même écrit sur les Anges.
Henry Morris était - tous les témoignages concordent - un homme patient, courtois, un doux et humble de cœur qui, paradoxalement, vécut en conflit perpétuel, car il partait en guerre dès qu'il s'agissait de défendre les Ecritures contre les attaques des évolutionnistes qui détenaient alors, comme encore aujourd'hui, le pouvoir scientifique partout, y compris en Amérique.
Il conservait, dans l'exemplaire en lambeaux de sa Bible trop souvent feuilletée, deux textes qu'il aimait particulièrement. Le premier, de Martin Luther, décrivait l'attitude que doit adopter le bon soldat dans le combat pour le Christ. Il se terminait comme ceci (traduction libre) : « C'est en combattant au cœur de la bataille qui fait rage que le soldat prouve sa loyauté ; s'il s'y tient immobile ou s'il se dérobe, il se couvre de honte ». Le second était une méditation du pasteur G.D. Watson (1845-1924) intitulée « Others may, you cannot » (D'autres le peuvent, pas toi), où celui-ci expliquait que Dieu chargeait ses élus de lourdes croix, car « le serviteur n'est pas plus grand que son Maître », aussi devait-il s'attendre à la pauvreté, aux moqueries et aux humiliations, à ce que ses travaux soient ridiculisés et que leur succès soit attribué à d'autres -serviteurs de Dieu comme lui - qui se verraient comblés de richesses et d'honneurs alors qu'il serait méconnu et méprisé. Watson terminait en disant :
Sois persuadé que Dieu a le pouvoir de paralyser ta langue, d'enchaîner tes mains, de fermer tes yeux et d'agir avec toi de façon différente d'avec les autres. Possédé de la sorte par le Dieu vivant, ton cœur secret s'embrasera de joie, car tu auras compris que le traitement particulier, personnel, privé qui t'a été réservé est l'œuvre de la garde jalouse de l'Esprit Saint sur ta vie et que tu es parvenu à l'antichambre du paradis.
C'est dans cet esprit chrétien qu'Henry Morris travailla toute sa vie, affronta avec une courtoisie exemplaire année après année les cris et les injures de la partie adverse et finit par en gagner beaucoup à sa cause puisque les thèses créationnistes sont aujourd'hui enseignées dans de nombreux Etats d'Amérique en parallèle avec les thèses évolutionnistes qui apparaissent de moins en moins crédibles. Parmi ses adversaires, le plus virulent fut sans doute le célèbre paléontologiste Stephen Jay Gould, professeur de paléontologie, biologie et d'Histoire des sciences à l'Université de Harvard, que le respect de la vérité n'étouffait pas (il disait descendre en ligne directe des grands prêtres de Jérusalem), athée, évolutionniste convaincu et certainement pas doux et humble de cœur. Sa contribution aux discussions se résumait à couvrir de sarcasmes les créationnistes.
Car, sous apparence scientifique, l'affrontement entre créationnistes et évolutionnistes est essentiellement centré sur l'intervention de Dieu dans la Création dont les premiers se réclament et que les seconds refusent. Les évolutionnistes qui font uniquement appel - disent-ils - à l'explication rationnelle des faits rejettent par conséquent l'approche créationniste qu'ils considèrent comme irrationnelle et non - scientifique. L'I.C.R. ayant délivré plus d'une centaine de diplômes universitaires à l'époque (1989), le « State Department of Education » essaya de suspendre son accréditation en lui intentant un procès au motif qu'il n'enseignait pas des thèses scientifiques, mais des thèses religieuses. Il y eut enquête. Les spécialistes consultés ayant témoigné que les thèses de l'I.C.R. étaient rigoureusement scientifiques, le juge trancha en sa faveur et l'accréditation fut maintenue. Dans les débats qui les opposaient aux créationnistes, les évolutionnistes confrontés désormais à des scientifiques officiellement reconnus, ne purent plus se dérober.
On comprend qu'ils aient été réduits à faire appel aux présentateurs de télévision pour les soutenir dans un combat qui n'est scientifique qu'en apparence...
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Comme toutes les œuvres de Dieu, celle qui allait rendre Morris célèbre commença de façon très modeste et plutôt inattendue. Sans autre but que de gagner honorablement sa vie, il avait choisi de faire des études d'ingénieur, s'était spécialisé en hydraulique, avait trouvé du travail dans sa spécialité et avait bientôt été chargé d'enseignement à la Rice University.
Il confie dans son dernier livre - aux accents parfois mystiques et prophétiques, où il raconte sa vie « For Time and Forever » (Pour ce temps et à jamais) [7] - qu'à cette époque, influencé par le fameux évolutionniste athée Sir Julian Huxley, qui enseignait à la Rice University du temps où il y étudiait, il était devenu évolutionniste à son tour, mais évolutionniste théiste. Il estimait alors que le récit biblique des origines pouvant se concilier avec la lente évolution des espèces qu'il interprétait comme étant une évolution créatrice, dirigée par Dieu.
Il allait bientôt changer d'avis, à son corps défendant si l'on peut dire. Il donnait aussi des cours de catéchèse à l'Eglise baptiste et s'aperçut que ses élèves, des ingénieurs comme lui, étaient insensibles aux raisonnements philosophiques. Il leur fallait du concret : des Actes et des Faits. Ils exigeaient que les Actes relatés dans des récits de la Genèse soient confirmés par des faits explicables par la science.
Morris comprit alors que, s'il continuait d'enseigner l'inerrance des Ecritures, comme il le faisait jusqu'alors en considérant les premiers chapitres de la Genèse comme des mythes, le reste des Ecritures devenait incompréhensible : on trouve en effet des références à la Genèse non seulement dans l'Ancien Testament, mais aussi dans les Evangiles, les Epîtres de St. Paul, dans l'Apocalypse. Et Saint. Pierre, dans sa 2e Epître, consacre un passage très éclairant au Déluge.
De surcroît, ses élèves ingénieurs, pris au jeu, s'étaient mis à passer au crible du point de vue scientifique les thèses évolutionnistes. Ils n'avaient pas tardé à découvrir qu'elles étaient fondées sur des observations truquées et sur de fausses hypothèses, notamment sur un de ses points essentiels : l'évolution progressive des espèces, qui va à l'encontre de la 2e loi de la Thermodynamique.
Henry Morris connaissait la puissance de l'eau. Il pensa alors que la clé de l'énigme se trouvait peut-être dans l'interprétation du Déluge, qui n'était pas l'inondation mésopotamienne telle qu'on l'enseignait, mais décrivait plutôt un cataclysme cosmique ayant atteint la Terre entière, comme le dit d'ailleurs la Bible. Il reprit alors le récit mot à mot et interpréta strates et fossiles non comme les preuves d'une lente « montée de la vie » au cours de millions d'années comme le prétendent les évolutionnistes, mais comme résultant de l'accumulation rapide des restes de l'« Ancien monde » lors de ce cataclysme qui a été très court : le récit biblique dit qu'il n' a duré qu'un an.
C'est en 1953 qu'eut lieu la rencontre providentielle : Henry Morris fit la connaissance fortuite de John C. Whitcomb [8], alors professeur d'Ancien Testament au séminaire théologique de Grace et évolutionniste théiste. Il écouta avec un intérêt passionné la conférence qu'y fit alors Morris : « Preuves d'une Création récente et d'un Déluge universel tirées de la Bible», en fut fasciné et consacra les quatre années suivantes à la préparation d'une thèse de doctorat dont le titre était : « The Genesis Flood. An Investigation of its Geographical extent, Geological effects, and Chronological Setting" (Le Déluge de la Genèse. Une recherche à propos de son extension géographique, ses conséquences géologiques et sa séquence chronologique). Il était devenu, comme Morris, partisan du Déluge universel et créationniste.
Whitcomb et Morris décidèrent alors de s'associer et selancèrent dans la préparation de leur maître livre : « The Genesis Flood ». Ce travail, long et difficile, pour lequel ils demandèrent l'aide de neuf théologiens et de vingt et un conseillers scientifiques, dura quatre ans dit encore Whitcomb.
L'ouvrage parut en 1961 et connut immédiatement un impact intellectuel considérable. Il se répandit dans le monde entier, eut de nombreuses réédition
s (il en est aujourd'hui à la 44e et à 250.000 exemplaires en langue anglaise), fut traduit en plusieurs langues (mais jamais en français). Leur vie changea alors complètement : ils n'arrêtèrent plus de voyager, de faire des conférences, il y eut la création de l'I.C.R., des centres de recherches etc.. Whitcomb rappelle avec ironie qu'en 1959, soit deux ans auparavant, au cours de la célébration du centenaire de Charles Darwin à Chicago, Sir Julian Huxley avait solennellement proclamé la mort du créationnisme...
Whitcomb fait encore remarquer que si leur ouvrage eut pour conséquence d'éradiquer définitivement la conception darwinnienne de l'évolution due au hasard, à la lutte pour la vie et à la persistance du plus apte, rares furent ceux qui suivirent Whitcomb et Morris dans leur interprétation littérale des Ecritures. La plupart - y compris Rome, ce qui attrista Morris, je le sais - persista à considérer les récits des premiers chapitres de la Genèse comme des mythes et le Déluge comme une inondation locale. Les chronologies longues furent maintenues et l'évolution des espèces fut désormais interprétée comme résultant d'un plan intelligent - « intelligent design », qui pouvait être tout aussi bien l'œuvre de Dieu pour les croyants que de la Nature pour les athées, ce qui avait l'avantage de satisfaire les uns et les autres.
Whitcomb s'insurge devant une telle interprétation qui, dit-il, méprise la parole de Dieu. On ne peut considérer comme mythique le message de ces premiers chapitres car il est inhérent au contenu de notre Foi. Ce sont eux qui nous renseignent surl'ordre selon lequel s'est faite la création, sur la façon toute spéciale dont l'homme fut créé : « à l'image de Dieu » et sur la mort, apparue en punition du péché d'Adam. On y découvre encore l'annonce de la rédemption et du premier avènement du Christ.
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Henry Morris disait encore que chaque être humain avait reçu, en venant au monde, deux mandats : le premier, celui de dominer la Terre, donné par Dieu à la Création correspondait au travail qu'il est donné à chacun de nous d'accomplir. Le second, en tant que disciple du Christ, obligeait le Chrétien à annoncer partout Sa Parole, comme Celui-ci l'a demandé, et aux païens à l'écouter.
Dans « For time and forever » [9], Morris disait que le Chrétien devait non seulement s'instruire parfaitement de la doctrine du Christ, mais que ce n'était plus suffisant de nos jours (traduction libre et résumée) :
Il lui fallait encore apprendre les arguments du grand Adversaire afin de les contrer. Ceux-ci étaient agglutinés autour de la philosophie de l'évolution, qui consiste en la plus élaborée des tentatives de Satan pour expliquer le monde sans l'intervention de Dieu et même de s'installer à sa place comme Maître et Ordonnateur suprême de l'Univers.
L'évolutionnisme est non seulement complètement opposé à la parole de Dieu, il est de plus vide du point de vue scientifique et mortifère du point de vue spirituel. Il est en opposition complète à toutes les données certaines en biologie, géologie, psychologie ainsi qu'à celles des autres sciences naturelles et sociales. L'évolutionnisme, qui constitue la plus grande tromperie de Satan, doit être rejetée comme telle par tous les Chrétiens. Car cette guerre entre Dieu et Satan, qui a commencé dès l'origine des temps, ne finira qu'avec le second avènement du Christ et l'apparition des « nouveaux cieux et de la Terre nouvelle ».
C'est alors qu'aura lieu la grande séparation entre la multitude qui sera rejetée dans les « ténèbres extérieures », loin de la lumière de l'amour et de la grâce de Dieu, encore appelé aussi « lac de feu » dans l'Apocalypse et celle « que nul homme ne peut compter » (Ap. 7, 9) qui chantera les louanges du Christ dans la « Jérusalem céleste... pour des éternités d'éternités ». Morris, qui recommandait encore au lecteur de se dégager des conceptions étriquées, disait pour finir :
«J'ai voulu que chaque lecteur comprenne un peu mieux le plan merveilleux de Dieu dans sa création».
Persuadé que nous étions arrivés à la fin des temps, Morris espérait être le témoin du second avènement du Christ. Une autre de ses phrases favorites était : « Perhaps Today » (peut-être aujourd'hui)... Il vivait dans cette attente et, quand il eut sa première attaque cérébrale, il suivit scrupuleusement les exercices de rééducation. A la troisième, il comprit que l'heure de sa mort était arrivée et, plein de joie, ne parla plus que de Dieu. Il avait la conviction d'avoir accompli ses deux mandats de son mieux et n'attendait plus que Dieu lui dise « bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître ».
Il s'endormit, en pleine lucidité, dans la paix du Christ.
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Pendant qu'un représentant de l'Eglise réformée américaine exauçait sans le savoir le vœu des Papes anté-conciliaires et retrouvait au prix d'un long et dur travail le sens véritable des premiers chapitres de la Genèse, Le Saint Siège, l'Académie Pontificale des Sciences et la plupart des Universités catholiques s'en désintéressèrent et s'enfoncèrent d'abord timidement, puis de plus en plus profondément dans l'évolutionnisme. La doctrine du Père Teilhard de Chardin, qui fait descendre l'homme du singe, bien que condamnée par l'Eglise, fut bientôt enseignée dans les séminaires et le catéchisme apprit aux enfants que, bien que l'Eglise les considérait toujours comme de « malheureux enfants d'Eve » créée par Dieu, « de la côte d'Adam » voici six mille ans, la Science avait prouvé qu'ils étaient en réalité les dynamiques descendants de Lucy, l'Eve africaine, apparue voici trois millions d'années.
Marie-Claire van Oosterwyck-Gastuche
Dr. En Sciences, Professeur des universités
[1] P.O. Box 2667, EL Cajon, CA 92021, USA
[2] .C. van Oosterwyck-Gastuche (1995) : Dating geological eras in question. Conférence donnée au 6e Congrés Créationniste Européen, Amersfoort (NL). Miniédition. Tradution française : « La datation des ères géologiques remise en question », dans Le Cep 1, 2, 3 de 1997/98
[3] .C. van Oosterwyck-Gastuche (1999) : "Le radiocarbone face au Linceul de Turin". Ed. F.X. de Guibert, 349 p
[4] Le Dr Henry Morris était protestant fondamentaliste (N.d.l.r.).
[5] John C. Whitcomb and Henry M. Morris (1961 : The Genesis Flood. The biblical record and its scientific implications, 518 p. The Presbyterian and Reformed Publ. Cy
[6] John D. Morris (2006) : Henry Morris 1918-2006, "Redeeming the time", 16 p. Ed
[7] Henry M. Morris (2004 : For time and Forever. Ed. I.C.R. L'article de John D. Morris sur son père (cf. note 5) cite d'importants passages de cet ouvrage
[8] John D. Whitcomb (2006), The History and impact of the book « The Genesis Flood ». Impact n°395, 4 p. Ed. I.C.R
[9] Voir note , ci-dessus





