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Home Idéologies Le libéralisme politique La liberté de conscience, clef de l'humanisme moderne

La liberté de conscience, clef de l'humanisme moderne

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A PROPOS DE LA BROCHURE DE HENRI HELLO

«LES LIBERTÉS MODERNES D'APRÈS LES ENCYCLIQUES»

..........

La liberté de conscience,

clef de l'humanisme moderne

SOMMAIRE

La liberté de conscience présentée par Henri Hello

- La liberté de conscience au sens catholique et au sens libéral

- Jugement sur la liberté de conscience au sens libéral

• La liberté de conscience dans les courants d'idées actuels

- Liberté de conscience et protestantisme

- Liberté de conscience et franc-maçonnerie

- Liberté de conscience et modernisme

• La liberté de conscience dans la vie courante du catholicisme français

- Le «refus d'endoctrinement»

- La conception d'une religion à la carte

- Le respect des idées des autres, qu'elles soient fausses ou vraies

- La liberté civile de conscience considérée comme un dû... et justifiant la laïcité de l'État

- De la liberté de conscience (liberté de pensée) au système de Kant faisant de la conscience morale la règle suprême.

Conclusion

LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE, CLEF DE L'HUMANISME MODERNE

Dans la société issue de la Révolution, c'est par la liberté de conscience, des cultes et de la presse que, selon le mot de Pie X, «l'homme se substitue à Dieu»[1]

La béatification de Pie IX, le 3 septembre 2000, conduit à mettre en relief son action énergique contre le libéralisme issu de la Révolution française[2] qui triomphait à son époque et avait pénétré les milieux catholiques[3].

Or, ce même libéralisme survit aujourd'hui avec un vocabulaire à peine différent. D'où l'intérêt de rappeler les textes par lesquels Pie IX et ses successeurs l'ont analysé et condamné.

A ce titre, l'A.F.S. a pensé utile de rééditer la brochure «Les libertés modernes d'après les encycliques», rédigé dans les années 1900 par Henri Hello, frère de Saint Vincent de Paul et docteur en théologie [4].

La brochure traite de la liberté de conscience, de la liberté des cultes, de la liberté de la presse, de la liberté d'enseignement. Dans chaque cas, elle distingue le sens catholique et le sens libéral de l'expression. Elle apporte sur ces questions capitales les textes pontificaux essentiels. Elle rappelle, dans sa conclusion, où conduisent les libertés (libérales) modernes que les papes ont condamnées :

«Dans la société issue de la Révolution, c'est par la liberté de conscience, des cultes et de la presse que, selon le mot de Pie X, "l'homme se substitue à Dieu". Les Encycliques de ses prédécesseurs en font foi»[5].

Nous nous proposons de montrer ici comment Henri Hello présente la plus importante des libertés qu'il étudie : la liberté de conscience et comment les idées ainsi exposées peuvent être rattachées à l'actualité.

 

LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE PRÉSENTÉE PAR H. HELLO

• La liberté de conscience au sens catholique et au sens libéral

Ces deux sens sont ainsi définis :

- Sens catholique

 «La liberté de conscience, au sens catholique, est la liberté de soumettre sa conscience, c'est-à-dire sa raison et sa volonté, à la pensée et à la volonté de Dieu; c'est la liberté de servir Dieu, armée d'une sainte audace qui ne se laisse intimider ou détourner de son devoir par aucune puissance créée. Elle est "au-dessus de toute violence et de toute oppression". Elle tient en bride les passions. Elle méprise les flatteries. Elle brave le respect humain et ne rend jamais aux caprices de César ni aux préjugés de la foule un hommage qui n'est dû qu'à Dieu seul. Elle refuse d'édifier sur le sable mouvant des opinions humaines et demeure fixée sur le roc immuable de l'éternelle vérité»[6].

- Sens révolutionnaire et libéral

«En ce sens, la liberté de conscience, c'est le prétendu droit de penser et de croire ce qu'on veut, même en religion et en morale; de répandre, à son gré, ses opinions dans la foule, par la parole ou par la presse, ou par tout autre moyen.

Au nom de la liberté de conscience, l'homme est maître de choisir sa religion, ou de n'en avoir aucune. S'il veut bien en choisir une, il en prend ce qui lui convient et laisse le reste. L'homme a donc, de par la liberté de sa conscience, des droits naturels vis -à-vis de Dieu, ou mieux, contre Dieu»[7].

Cette définition recouvre les deux aspects de la liberté de conscience au sens libéral :

- liberté (morale) de conscience : prétendu droit de penser ce que l'on veut;

- liberté (civile) de conscience : liberté civile de diffuser cette pensée en public, autrement dit immunité de contrainte de la part des pouvoirs publics en ce domaine.

Remarquons par ailleurs que le mot «conscience» est pris ici au sens de pensée (il n'est pas question ici de la conscience morale,  «acte de l'intelligence pratique qui juge de l'honnêteté ou de la malice d'un acte qu'on doit faire sur le moment» - Berthier).

• Jugement sur la liberté de conscience au sens libéral

Ainsi entendue, la liberté de conscience est une absurdité et une impiété :

- Une absurdité

«Car cette doctrine repose toute entière sur une erreur capitale. Cette erreur, c'est l'indépendance de la raison humaine (...). Sans doute, au sens physique, l'homme a le pouvoir de refuser à Dieu son hommage. Dieu, maître suprême, ne meut point la volonté humaine comme un artisan meut son outil. Mais, moralement, l'homme n'est pas libre de résister à Dieu, ni, par conséquent, d'embrasser ou non le catholicisme. Sa conscience est liée par la loi de Dieu; il est obligé d'obéir à ses ordres. L'homme n'a pas, contre Dieu, de liberté morale, parce qu'il n'est pas indépendant. La liberté de conscience, qui repose sur cette erreur de l'indépendance humaine, comme sur sa base, est une absurdité»[8].

- Une impiété

«Le libre penseur se pose devant Dieu en juge suprême de ce qu'il doit croire ou ne pas croire. Il choisit dans la religion ce qui lui plaît. Par là-même, il fait injure à Dieu et se montre impie, parce qu'il suppose, en rejetant certains dogmes, ou que Dieu s'est trompé en les révélant, ou qu'il nous a trompés, ou que sa parole n'est pas digne d'être crue»[9].

 

LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DANS LES COURANTS D'IDÉES ACTUELS

La liberté de conscience au sens libéral, ainsi présentée par Henri Hello, n'est pas une erreur qui aurait disparu au cours du siècle dernier. On la retrouve aujourd'hui bien présente - et de façon permanente - dans divers courants d'idées.

Dans les exemples qui seront donnés ci-dessous, il ne sera question que de la liberté (morale) de conscience : prétendu droit de penser ce que l'on veut.

• Liberté de conscience et protestantisme

Le principe d'illumination intérieure, l'un des trois principes fondamentaux du protestantisme[10], peut être ainsi défini :

«Si la règle de l'Écriture (...) nous renvoie à l'autorité de la Bible, le témoignage intérieur du Saint-Esprit nous renvoie, lui, à cette liberté de la conscience où il faut reconnaître le troisième principe du protestantisme. La certitude religieuse, qui nous vient de l'Esprit de Dieu éclairant notre esprit à la lecture de la Bible, a ainsi un caractère à la fois extérieur - l'Esprit de Dieu - et intérieur - l'esprit de l'homme.

Cette reconnaissance de l'œuvre de Dieu en nous est personnelle; on ne peut la faire à ma place et, surtout, personne ne peut, par la contrainte et la force, par une autorité extérieure et officielle, se substituer, d'une part, à cette illumination intérieure venue de Dieu et, d'autre part, à cette conviction intérieure qui est vraiment mienne. Personne, c'est-à-dire, comme l'affirmait Luther, ni un pape ni un concile»[11].

La conscience du fidèle, qu'on suppose illuminé par le Saint-Esprit, doit être laissée libre. La liberté de conscience appartient ainsi à l'essence du protestantisme. Le libre examen (interprétation de la Bible laissée à l'initiative de chacun) en est une conséquence.

• Liberté de conscience et franc-maçonnerie

Liberté de former soi-même ses opinions, liberté de pensée, liberté de conscience... ces expressions reviennent constamment dans les documents maçonniques, car ils correspondent à un élément clef de la pensée des loges.

«Ce que nous devons proposer, c'est la conviction que chacun doit faire soi-même ses opinions, par les résultats de ses réflexions ou par les enseignements qu'il a reçus et qui lui ont semblé bons. Et si chacun a la liberté de former soi-même son opinion, il doit respecter cette même liberté chez autrui, ne pas s'irriter si son prochain pense autrement que lui, et le manifeste, se dire que, puisque l'erreur est une faiblesse commune à l'espèce humaine, il se pourrait bien que ce fût lui qui errât. Ce serait là l'enseignement de la pure doctrine maçonnique»[12].

Ce texte, définissant une ligne d'action maçonnique à l'égard des catholiques, date de 1908. Une soixantaine d'années plus tard, se félicitant de la pénétration des idées libérales en milieu catholique, lefranc-maçon Yves Marsaudon écrivait :

«(Les catholiques devront) se maintenir dans cette courageuse notion de la liberté de pensée, qui, on peut vraiment parler là de révolution, partie de nos loges maçonniques, s'est étendue magnifiquement au-dessus du dôme de Saint-Pierre»[13].

• Liberté de conscience et modernisme[14]

Le modernisme véhicule avec lui la liberté de conscience pour les mêmes raisons que le protestantisme. Nous avons vu que celui-ci se présentait comme une religion fondée sur l'illumination intérieure, autrement dit issue de la conscience (supposée illuminée). La même caractéristique (qui porte le nom d'immanence) se retrouve dans le modernisme :

«Le fond du modernisme est ceci: que l'âme religieuse ne tire d'aucune autre source que d'elle-même l'objet et le motif de sa propre foi»[15].

Si la conscience est source de la religion, il faut bien lui concéder la liberté !

 

LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE DANS LA VIE COURANTE DU CATHOLICISME FRANÇAIS

L'un des signes les plus nets des progrès du libéralisme en milieu catholique est l'acceptation de plus en plus fréquente de la liberté de conscience au sens libéral et des conséquences pratiques que celle-ci entraîne.

• Le «refus d'endoctrinement»

Si l'homme doit être laissé libre de penser ce qu'il veut (en matière religieuse tout spécialement), il en résulte qu'on ne doit pas lui proposer de doctrine obligatoire. C'est ce qu'on appelle le «refus d'endoctrinement», conception qui inspire une bonne part de la nouvelle catéchèse française :

«On ne peut que se réjouir du refus d'endoctrinement qui caractérise, de façon générale, les démarches d'initiation à la foi, puisqu'en France les animateurs se montrent respectueux de la liberté de conscience de leurs auditeurs et cherchent, surtout au niveau de l'adolescence, à les introduire à la pluralité des références et des pratiques, si caractéristiques de notre monde»[16].

• La conception d'une religion à la carte

La conception (typiquement protestante) d'une religion à la carte s'est beaucoup répandue en milieu catholique; au lieu d'adhérer à l'acte de foi : «Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise...», on séparera, par un jugement personnel, celles de ces vérités qu'il faut conserver de celles qui peuvent être abandonnées comme étant mal adaptées au monde moderne (par exemple dans le domaine du dogme : l'enfer, la résurrection de la chair; en matière de morale, la doctrine sur la contraception, l'indissolubilité du mariage..).

Un tel état d'esprit constitue une manifestation typique de la liberté de conscience.

• Le respect des idées des autres, qu'elles soient vraies ou fausses

La pensée, à partir du moment où elle est dite libre et autonome, donc légitimement déconnectée d'une vérité objective, ne peut plus être objet de condamnation (le péché de pensée disparaît). En se basant sur une fausse notion de la dignité de la personne[17], posée comme principe de tout, on dira qu'au nom même de cette dignité, il faut respecter les idées des autres, quelles qu'elles soient : thèse couramment acceptée aujourd'hui.

En bonne doctrine, on respecte la personne dans l'erreur, on ne respecte pas l'erreur. Respecter l'erreur est une attitude libérale, contraire au bon sens et sur laquelle saint Pie X, dans la Lettre sur le Sillon, faisait la remarque suivante :

 «Si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, Il n'a pas respecté leurs convictions erronées, quelques sincères qu'elles parussent; Il les a tous aimés pour les instruire, les convertir et les sauver».

• La liberté civile de conscience considérée comme un dû... et justifiant la laïcité de l'État

Dans une conférence faite à Paris le 1er février 1992 aux mille participants de la journée nationale de la FNOGEC[18], le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la culture, président du Conseil pontifical pour le dialogue avec les non-croyants, a expliqué que la liberté de conscience - considérée comme allant de soi - était garantie par la laïcité de l'État... et donc justifiait celle-ci :

«Pour ma part, la laïcité est la garantie juridique de la liberté de conscience de tous les citoyens, face aux tentatives de toute contrainte étatique (...). La laïcité est l'aveu de l'incompétence de l'État dans le domaine des valeurs et l'affirmation de la volonté de la puissance publique d'en respecter - je ne dis pas tolérer - l'expression privée et publique».

Remarquons que la liberté civile de conscience n'est qu'un aspect de la liberté religieuse telle qu'elle a été définie par la Déclaration Dignitatis humanae du concile Vatican II. Le cardinal ne fait ici qu'expliciter les conséquences de ladite Déclaration.

• De la liberté de conscience (liberté de pensée) au système de Kant faisant de la conscience morale la règle suprême

On sait qu'en bonne morale catholique, les actes humains ont une double règle : la conscience morale[19], règle prochaine et intérieure, et la loi, règle éloignée et extérieure. Si l'homme a la liberté de penser ce qu'il veut, sa conscience morale s'érigera spontanément en règle suprême de la morale. On retrouve ici la morale kantienne, d'inspiration protestante mais qui s'est répandue bien au-delà des limites des pays protestants :

«Pour donner un fondement à la morale, Kant s'est contenté de transposer dans l'ordre pratique le subjectivisme surnaturel de son maître Luther. Tout se passe au-dedans, et bien que tout suppose l'intervention d'un Dieu juste et bon, tout se passe comme si Dieu n'existait pas et n'avait pas de comptes à demander à l'homme. La conscience ne doit rien qu'à elle-même : elle est à elle-même sa règle, sa loi, sa sanction, son tribunal suprême»[20]. De nombreux catholiques ont fait leur un tel système moral.

Nous prendrons à titre d'exemple le texte de Mgr Thomas, évêque de Versailles intitulé Situation canonique d'un catholique appartenant à une loge maçonnique[21].

Mgr Thomas indique que : «(...) s'inscrire à une association maçonnique est un acte dont les conséquences graves doivent être pesées par le fidèle. Il peut y avoir pour lui objectivement matière à pécher gravement».

Puis il ajoute :

 «Le fidèle éclairé doit réfléchir sérieusement aux risques qu'il court en acceptant l'initiation à une loge maçonnique : il lui appartient, ainsi éclairé, de s'appliquer éventuellement la sanction de ne pas communier s'il a conscience d'avoir librement, volontairement, pris une décision qui le mettait en état de rupture avec Dieu».

C'est bien la conscience du fidèle qui est ici présentée comme la règle morale suprême... et non plus la loi de l'Église, rappelée en ces termes par le cardinal Ratzinger :

 «Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave»[22].

Autre exemple illustrant la pénétration en milieu catholique de la morale kantienne (la conscience morale considérée comme règle suprême) : la Note pastorale de l'Épiscopat français sur l'encyclique Humanae vitae publiée le 8 novembre 1968[23].

Celle-ci affirme :

«La contraception ne peut jamais être un bien. Elle est toujours un désordre, mais ce désordre n'est pas toujours coupable».

Une telle théorie sur la non-culpabilité possible de la contraception est ainsi justifiée :

«Il arrive, en effet, que des époux se considèrent en face de véritables conflits de devoirs[24]. Nul n'ignore les angoisses spirituelles où se débattent des époux sincères, notamment lorsque l'observance des rythmes naturels ne réussit pas à donner une base suffisamment sûre à la régulation des naissances. D'une part, ils sont conscients du devoir de respecter l'ouverture à la vie de tout acte conjugal; ils estiment également en conscience devoir éviter ou reporter à plus tard une nouvelle naissance, et sont privés de la ressource de s'en remettre aux rythmes biologiques. D'autre part, ils ne voient pas, en ce qui les concerne, comment renoncer actuellement à l'expression physique de leur amour sans que soit menacée la stabilité de leur foyer. A ce sujet, nous rappellerons simplement l'enseignement de la morale : quant on est dans une alternative de devoirs où, quelle que soit la décision prise, on ne peut éviter un mal, la sagesse traditionnelle prévoit de rechercher devant Dieu quel devoir, en l'occurrence, est majeur. Les époux se détermineront au terme d'une réflexion commune menée avec tout le soin que requiert la grandeur de leur vocation conjugale. Ils ne peuvent jamais oublier ni mépriser aucun des devoirs en conflit».

Ainsi, c'est la conscience des époux qui devrait constituer la règle suprême en fonction de laquelle ils pourraient décider s'ils peuvent pratiquer la contraception, autrement dit commettre des actes intrinsèquement mauvais.

La morale catholique, rappelée avec force par l'encyclique Humanae vitae, est remplacée dans ce texte par une morale subjective... C'est la conception même de Kant qui triomphe.

 

CONCLUSION

Quand on réfléchit sur le thème de la liberté de conscience (au sens libéral), on s'aperçoit que toute une partie du monde catholique l'a adopté, en est imprégné et ne se rend pas compte de son impiété - et de son absurdité - foncières. Il faut savoir en repérer les manifestations et les réfuter.

Voici la réfutation que donne Henri Hello en conclusion du premier chapitre de sa brochure :

«Objection - L'homme a reçu de Dieu la liberté. Donc il est libre de penser, de vouloir, d'agir à son gré.

Réponse - 1° l'homme a reçu de Dieu la liberté physique. Dieu ne violente pas sa volonté dans le choix qu'elle fait des moyens pour arriver au but. 2° l'homme a reçu de Dieu la liberté morale de choisir entre plusieurs choses permises; 3° l'homme n'a pas la liberté morale de désobéir à Dieu, à sa volonté, à sa loi naturelle ou révélée, ni même de désobéir à une loi humaine quand elle est juste. Le propre de la loi est en effet de lier sa volonté à celle de Dieu, d'obliger la conscience de la créature raisonnable. Dieu reste le Maître. Il entend bien n'abdiquer jamais. "Je ne donnerai pas ma gloire à un autre".

L'intérêt de l'homme, bien compris, à la lumière de l'éternité, lui enjoint aussi de se soumettre»[25].

 

Arnaud de Lassus

 


[1]Henri Hello, op. cit., p.77

[2] Cf. les brochures A.F.S. Philosophie de la Révolution et droits de l'homme et Pourquoi les droits de l'homme de 1789 ont-ils été condamnés par l'Église ?

 [3]Cf. la brochure A.F.S. «Connaissance élémentaire du libéralisme catholique». 

[4] R.P. Henri Hello (1859-1941), fut assistant général des Frères de saint Vincent de Paul de 1898 à 1904, puis maître de novices, pendant trente ans, dans cette même congrégation. «Il aimait passionnément la vérité et ne craignait pas de la défendre envers et contre tous s'il le fallait, revendiquant hardiment les droits de Dieu et s'élevant avec véhémence, en son cours d'Encycliques, contre les méfaits de la Révolution française et de sa déclaration des droits de l'homme» (Notice nécrologique)

[5] ) H. Hello, op.cit., p.77

[6] H. Hello, op.cit., p.12

[7] ) H. Hello, op.cit. p.12.

[8] H. Hello, op.cit. p.13. Souligné par nous

[9] H. Hello, op.cit., p.15

[10] Les deux autres principes étant : Sola scriptura : l'Écriture source unique de la Révélation et autorité exclusive en matière de foi;

Sola fide : la justification par la foi seule. Voir à ce sujet la brochure AFS Connaissance élémentaire du protestantisme. [11] L. Gagnebin et A. Gounelle «Le protestantisme, ce qu'il est, ce qu'il n'est pas», p.40-

41. L. Gagnebin était professeur à la faculté de théologie protestante de Paris lorsque fut édité ce livre (en 1990). Souligné par nous.

[12] ) Revue maçonnique L'acacia, mars 1908, p.109

[13] «L'œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition», p.121

[14] Cf. la brochure A.F.S.«Le modernisme hier et aujourd'hui», [15] Cardinal Mercier, pastorale de carême 1908; cité par Romano Amerio,Iota unum, p.42

[16] P. de Vaucelles, s.j., «La catéchèse comme fait social», Catéchèse, novembre 1979. Voir à ce sujet la brochure A.F.S. «La catéchèse française d'après ses documents».

[17] Sur la vraie et la fausse notion de dignité de la personne, voir les textes de l'abbé Berto cités pages 24 à 27 et page 51 de la brochure La liberté religieuse trente ans après Vatican II.

[18] Fédération nationale des organismes de gestion de l'Enseignement catholique. La conférence en cause a été publiée dans le numéro de juin-juillet 1992 du bulletin «Enseignement catholique documents» Sur la FNOGEC, voir la brochure Enseignement catholique : les comités diocésains hors la loi..

Sur la laïcité, voir les articles «La neutralité de l'État, erreur et illusion» (A.F.S. n°103), «La laïcité "correcte"» (A.F.S. n°128) et «Un étrange consensus sur la laïcité» (A.F.S. n°145), ainsi que la brochure A.F.S.Vers une nouvelle religion, la laïcité.

[19] ) Rappelons que «La conscience (morale) est un acte de l'intelligence pratique qui juge de l'honnêteté ou de la malice d'un acte qu'on doit faire sur le moment»

[20] E. Jullien, Bossuet et les protestants, p. 324

[21] Texte figurant aux pages 21 à 23 du livret catholique accompagnant la video Jardin caché-Regard sur des catholiques francs-maçons de la Grande loge de France, réalisée en coproduction, en 1994, par la Grande loge de France et deux organismes de communication catholiques : Chrétiens-media Yvelines et le CFRT, Centre français de radio-télévision, producteur de l'émission «Le jour du Seigneur». Voir à ce sujet l'article «Mgr Thomas et la franc-maçonnerie» dans le n°113 (juin 1994) de l'A.F.S

[22] Déclaration sur la franc-maçonnerie de la Congrégation pour la doctrine de la foi, 26 novembre 1983. Voir à ce sujet la brochure A.F.S. Connaissance élémentaire de la franc-maçonnerie.

[23] Voir à ce sujet le n°129 (janvier 1969) d'Itinéraires. Par l'encyclique Humanae vitae (août 1968), le pape Paul VI a exposé la doctrine traditionnelle de l'Église en matière de morale conjugale en abordant, entre autres, la question de la contraception

[24] Sur la fausse notion de conflit de devoirs, voir l'article de l'abbé Yves Rousselot «Conflit de devoirs ? Non. Formation de la conscience : oui» dans l'A.F.S. n°92 (décembre 1990). L'abbé Rousselot montre qu'en bonne doctrine catholique, le conflit de devoirs n'existe pas : «Ce que certains appellent à tort "conflit de devoirs" c'est tout simplement un choix à faire entre deux actions incompatibles; mais examinons tous les cas possibles : il n'y a jamais deux devoirs simultanés et incompatibles pour telle personne, puisque son devoir c'est de faire ce que Dieu lui demande de faire à tel moment».

[25] ) H. Hello, op.cit., p.21

 

 
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