Le front,
jusqu'ici sans faille, des néo-modernistes,
serait-il en train de se fissurer ?
A l'ouverture du VIIIe congrès théologique de SI SI NO NO qui s'est tenu à Paris du 2 au 4 janvier 2009, l'abbé du Chalard a fait un exposé d'introduction dont la texte a été reproduit dans le n° 318 (janvier 2009) du Courrier de Rome et dont voici des extraits :
Ce VIIIe Congrès théologique de SI SI NO NO se situe à un moment particulièrement délicat et difficile de la crise de l'Église.
L'auteur, pour caractériser la situation, cite un texte d'un dominicain italien, le père Cavalcodi, qui n'est pas « traditionaliste » :
Peut-être, jamais comme aujourd'hui, il n'a existé dans l'histoire de l'Église autant de confusion doctrinale et une telle diffusion de l'hérésie, à tous les niveaux et dans tous les domaines. [...]
Les néomodernistes sont souvent des personnes cultivées et capables, avec de grandes qualités, ayant acquis un immense pouvoir et une autorité certaine, ayant choisi depuis longtemps une tactique souple et aimable, mais inexorable et déterminée : ils veulent, en effet se faire passer pour des esprits libéraux et tolérants, mais en même temps ils sont bien organisés et ont des objectifs précis. Ils cherchent à marginaliser les vrais fidèles d'une manière indolore, quasiment sans qu'ils s'en rendent compte, et avec leurs sophismes, ils n'exercent pas la violence mais la séduction, et ainsi ils peuvent apparaître charitables et compréhensifs et ouverts à tous. [...] leur but est de faire en sorte que le vrai fidèle se trouve marginalisé, pratiquement exclu de la communion ecclésiale [...]. En réalité, ce sont eux les vrais exclus [...]
L'auteur poursuit :
Pourquoi avoir cité ce bon Père ? On pourrait citer d'autres auteurs qui analysent la situation actuelle en critiquant la doctrine de certains théologiens néomodernistes, même si ceux-ci sont arrivés à avoir de grandes responsabilités dans la hiérarchie. Ici et là, apparaissent des réserves, des critiques, non seulement sur l'interprétation du concile, mais sur ses textes mêmes.
C'est là la nouveauté de la situation actuelle. Ces publications, qui ne viennent pas de nos milieux, étaient même tout à fait impensables, il y a encore trois ou quatre ans. (...)
Alors pourquoi ces réactions ? D'où viennent-elle ? (...)
Tout d'abord, cela peut être une réaction quasi « physiologique » de l'Église qui est le corps mystique du Christ (...)
Ensuite, elles viennent, il faut avoir l'honnêteté et le courage de le dire, de l'effet Ratzinger. L'élection de Benoît XVI a provoqué comme une secousse même si elle est difficile à définir. Est-ce un climat nouveau ? Sont-ce les prémices d'un changement de cap, d'un redressement ? Difficile à dire. Il faudra un certain recul pour pouvoir analyser notre époque. Á propos de ces réactions, ne pensons pas seulement au Motu Proprio mais à beaucoup d'autres domaines ; bien que ce soit le Motu Proprio qui ait rompu le tabou que tout ce qui pouvait venir du Concile ou de la période postconciliaire était intouchable comme des acquis absolument définitifs. Ce qui est certain c'est que quelque chose a bougé, même s'il est difficile d'être plus précis.
Cette nouvelle situation dans le monde religieux officiel permet certainement une plus grande liberté de critique de la part de professeurs ou théologiens ou ecclésiastiques. (...)
Ces réactions sont des signes qui ne doivent pas nous laisser indifférents.
Alors que pouvons faire ? (...)
Notre attitude doit être sur deux fronts :
Premièrement : Continuer plus que jamais une analyse profonde et forte des problèmes doctrinaux, avec sérénité et sans amertume, dans le seul but de défendre et mettre en évidence la vérité pour la mieux faire connaître. (...)
Deuxièmement : Vis-à-vis de ceux qui réagissent dans la bonne direction, même si cette réaction n'est pas complète et ne donne pas pleine satisfaction, évitons des critiques déplacées et soyons patients. Notre rôle est plutôt de les encourager à poursuivre dans le bon sens et de les éclairer pour qu'ils aillent plus à fond dans les problèmes. Dans la mesure où le permet le Seigneur, nous devrions être un point de référence pour ces personnes de bonne volonté, non pas pour ce que nous sommes mais pour ce que nous représentons et défendons.
En conclusion, l'auteur donne « deux mots sur la question de Fatima qui est très certainement la clef de tous nos problèmes » et ajoute :
Pour sortir de cette crise désastreuse, l'unique voie possible est la sainteté et les moyens surnaturels, comme on peut le voir dans la solution des différentes crises de l'Église ; ce qui certes, ne doit pas nous empêcher de faire notre devoir et donc justifie pleinement le déroulement de notre congrès.
Commentaire :
La ligne de conduite exposée par l'abbé du Chalard correspond à ce que fait l'A.F.S : défendre et mettre en évidence la vérité pour mieux la faire connaître... et cela en tenant compte de la situation nouvelle de la crise doctrinale.





