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in mémoriam l'abbé de Nantes

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In memoriam - L'abbé de Nantes

 

L'abbé Georges de Nantes, fondateur de la Contre-Réforme catholique (CRC), est décédé le 15 février 2010 après une longue maladie qui l'avait rendu infirme depuis une dizaine d'années.

Il avait joué dans la période post-conciliaire du siècle dernier, un rôle de premier plan pour la défense des doctrines traditionnelles. Et pourtant bien peu d'articles ont été publiés à l'occasion de sa mort pour rappeler son action.

Le meilleur témoignage à son sujet a été écrit par Jean Madiran (article « Présence de l'abbé de Nantes », paru dans Présent du 20 février 2010). En voici le début :

Il fut le premier. Non pas le premier à être inquiété ou révolté par ce qui se passait dans l'Église. Mais le premier à défendre clairement la nature et l'importance dogmatiques des anomalies et des scandales politiques, moraux, religieux qui s'installaient dans la vie de l'Église sans rencontrer d'opposition adéquate et suffisante. On était en présence d'un infléchissement religieux s'éloignant de plus en plus de l'Écriture et de la Tradition, c'était une subversion allant jusqu'à effacer la distinction entre le bien et le mal, entre le défendu et l'obligatoire, entre le vrai et le faux, bref un « relativisme » entraînant l'évanouissement progressif des repères fondamentaux. L'abbé de Nantes avait vu, il avait dit que l'on irait jusque-là, qu'on y était déjà en substance. Il fut le premier à opérer une analyse et une synthèse des implications de la crise théologique issue de la Seconde Guerre mondiale, il fut le premier à en définir les causes et la gravité absolue.

 

Il fut le premier, aussi, à indiquer une solution : faire appel du Pape au Pape ; demander au Souverain Pontife, selon une procédure canonique parfaitement légitime, un jugement doctrinal sur le concile pastoral : plus précisément, sur les affirmations, insinuations et implications doctrinales de certains textes pastoraux contestés, Vatican II s'étant déclaré pastoral par distinction explicite d'avec doctrinal. (... )

*

Sans doute, à l'AFS, étions-nous en désaccord avec lui sur plusieurs points (sa nouvelle doctrine sur l'âme de la Vierge-Marie, son attitude à l'égard de saint Thomas d'Aquin, sa conception souvent dialectique de l'histoire, opposant dans l'histoire de la Salette Maximin Giraud et Mélanie Calvat et dans l'histoire de la guerre de 14 les maréchaux Pétain et Foch...). Mais nous avons tiré parti de beaucoup d'études remarquables effectuées par lui ou par des membres de sa Communauté des Petits frères du Sacré-Cœur. Mentionnons, parmi ses études propres, ses analyses des textes conciliaires et ses cassettes sur le Renouveau Charismatique ; et, parmi les études de ses collaborateurs, les livres du frère Michel de la Sainte Trinité (Toute la vérité sur Fatima et Medjugorge en toute vérité), celui du frère Pascal du Saint-Sacrement (Mgr Freppel), celui de la sœur Marie-Angélique de la Croix (l'abbé des Genettes, serviteur et apôtre de Marie).

*

Nous conclurons en citant à nouveau Jean Madiran :

Sous ce drapeau de la « Contre-Réforme catholique » (CRC), l'abbé de Nantes laisse une œuvre importante et une école de pensée très active. Sa présence intellectuelle va lui survivre. (...)

En ces jours de deuil de la CRC, que de loin mais fraternellement nous voulons partager, j'ai tenu à rappeler ce que l'on a exclu des bibliographies universitaires, des bibliothèques municipales et paroissiales, et des séminaires : la haute présence intellectuelle parmi nous de l'abbé de Nantes, sa place au premier rang dans l'état de la question, - l'état réel des études et débats sur Vatican II, sur Fatima, sur la révolution nationale du maréchal Pétain, sur l'articulation naturelle de la pensée maurrassienne avec la théologie morale catholique, et finalement sur toute l'étendue politico religieuse de l'école contre-révolutionnaire française.

A.L

 
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