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Observation sur le Compendium du catéchisme

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Observation sur le Compendium

du Catéchisme de l'Eglise catholique

Sous ce titre est parue, dans les n°310 et 311 (avril et mai 2008) du Courrier de Rome[1], une importante étude signée Lantérius dont l'objectif est ainsi expliqué :

Le Compendium[2] se présente donc comme un texte précis, essentiel et didactique.

En gardant à l'esprit ces critères, nous allons procéder à son examen critique. A cette fin, il nous a semblé utile et éclairant de regrouper des articles éparpillés ça et là dans le Compendium en noyaux thématiques ; nous mettrons ces articles en parallèle avec des passages extraits du Grand catéchisme de saint Pie X ou du Saint Evangile, ou d'autres sources de la Tradition de l'Eglise, qui permettront de saisir d'un seul coup d'œil la différence ; différence que nous commenterons brièvement dans notre conclusion.

Voici quelques-uns des points abordés.

Paragraphe 2. Judaïsme (extraits)

CCEC Art. 117 : « La passion et la mort de Jésus ne peuvent être imputées indistinctement ni à tous les Juifs alors vivants, ni aux Juifs venus ensuite [...]. Tout pécheur individuel, c'est-à-dire tout homme, est réellement la cause et l'instrument des souffrances du Rédempteur. Sont plus gravement coupables ceux qui, surtout s'ils sont chrétiens, retombent souvent dans le péché et se complaisent dans les vices. »

Objection : "Saint Pierre devant le Sanhédrin : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez mis à mort en le suspendant au bois » (Actes, 5,30), et au peuple : « Pour vous, vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé que l'on fit grâce à un assassin (ibid. 3, 14). ».

Le texte du Compendium ne dit rien des différents niveaux de responsabilité que comporte la question de la mort de Jésus ; il finit ainsi par éclipser la responsabilité historique des Juifs, que saint Pierre affirme clairement devant le Sanhédrin, qui voulait le condamner. Si nous procédons par ordre :

Historiquement :

- cause efficiente[3] physique de la mort de Jésus : les Juifs de cette époque ; les chefs, qui le livrèrent par haine et par jalousie, et qui poussèrent le peuple à demander sa crucifixion ;

- cause instrumentale[4] : les soldats romains ;

-cause finale[5] : chaque homme (même israélite), suivant les péchés commis. "

Paragraphe 3. L'Eglise (extrait)

CCEC Art. 182-183 : « Le Pape [...] a, par institution divine, un pouvoir plénier suprême, immédiat et universel » ;

« Le Collège des Evêques, en communion avec le Pape et jamais sans lui, exerce aussi sur l'Eglise un pouvoir suprême et plénier. »

Objection : "C'est une contradiction dans les termes que d'affirmer le pouvoir suprême de deux sujets distincts, c'est-à-dire le Pape et le Collège des évêques avec le Pape. Seul le Pape a un pouvoir suprême comme l'affirme Léon XIII : « Jésus Christ a donc donné Pierre à l'Eglise pour souverain chef, et Il a établi que cette puissance [...] passerait par héritage aux successeurs de Pierre [...] Assurément, c'est au bienheureux Pierre, et en dehors de lui à aucun autre, qu'Il a fait cette promesse insigne. » (Enc. Satis cognitum). Ce pouvoir s'exerce aussi directement sur les évêques, qu'ils soient pris individuellement ou collégialement, comme l'indique saint Pie X dans le passage du catéchisme cité[6] "

Paragraphe 4. L'infaillibilité du Magistère (extrait)

CCEC Art. 185 : « L'infaillibilité s'exerce quand le Souverain Pontife, en vertu de son autorité de suprême Pasteur de l'Eglise, ou le Collège des Evêques en communion avec le Pape, surtout lorsqu'ils sont rassemblés en Concile œcuménique, déclarent par un acte définitif une doctrine relative à la foi ou à la morale, ou encore quand le Pape et les Évêques, dans leur magistère ordinaire, sont unanimes à déclarer une doctrine comme définitive. »

Objection : Pour que le Magistère ordinaire, pontifical ou épiscopal, soit infaillible, il ne suffit pas que le Pape et les évêques soient « unanimes à déclarer une doctrine comme définitive », mais il est surtout nécessaire qu'ils la proposent soit comme déjà définie, soit comme depuis toujours crue et admise dans l'Eglise. Dans ce cas - comme le précisa le cardinal Felici à propos d'Humanae Vitae - la source de l'infaillibilité est l'infaillibilité même de l'Eglise.

Il ne suffit donc pas de dire «Magistère ordinaire », comme dans le Compendium, mais il faut ajouter « universel [et constant] ». Telles sont les caractéristiques qui confèrent au Magistère ordinaire l'infaillibilité propre de l'Eglise.[7]

Paragraphe 14. Les sacrements en particulier : le mariage

(extraits)

CCEC Art. 338 : « L'union matrimoniale de l'homme et de la femme, fondée et structurée par les lois du Créateur, est ordonnée par nature à la communion et au bien des conjoints, à la génération et l'éducation des enfants. »

Objection : Pie XII, Allocution aux sages-femmes (29 octobre 1951) : « La vérité est que le mariage, comme institution naturelle, en vertu de la volonté du Créateur, n'a pas comme fin première et intime le perfectionnement des époux, mais la procréation et l'éducation de la nouvelle vie. Les autres fins [...] ne se trouvent pas au même niveau que la première, et ne lui sont pas supérieures, mais lui sont essentiellement subordonnées. »

Dans cet article et dans d'autres semblables (cf. $ 456, 495, 496), le Compendium n'affirme jamais que les fins du mariage ont une hiérarchie : la fin première est la procréation et l'éducation des enfants, la fin secondaire est l'union des époux. De plus, on ne trouve jamais l'aspect du mariage comme remedium concupiscentiae.

Paragraphe 17. La Société humaine (extrait)

CCEC Art. 402 : « Le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales sont et doivent être la personne. »

Objection : Léon XIII, Enc. Tametsi futura, 1er nov. 1900 : « La fin établie par Dieu lorsqu'il institua la société civile [...] consiste formellement à aider les citoyens à poursuivre le bien naturel ; mais d'une façon que cela s'accorde pleinement avec la poursuite de ce bien suprême, parfait et éternel, qui transcende tous les ordres de la nature.»

La personne est bien le sujet des institutions sociales ; pour ce qui est d'en être le principe et la fin, cela reste à préciser. En effet le principe premier est Dieu, qui a créé l'être humain de sorte que ce soit « une exigence naturelle de l'homme que de vivre en société avec beaucoup d'autres personnes » (Saint Thomas d'Aquin, De regimine principum, I, 1). En ce qui concerne la finalité, c'est le bien commun, c'est-à-dire le bien naturel de la collectivité en tant qu'il favorise la réalisation de la fin dernière éternelle.[8]

Conclusion

L'article de Lantérius se termine ainsi : Tels sont les points sur lesquels le CCEC s'éloigne de la sainte doctrine, admirablement résumée dans le Grand catéchisme de saint Pie X. Il y a dans le Compendium, en plus de certaines graves omissions, de graves imprécisions et même des erreurs qui contredisent l'enseignement constant et traditionnel de l'Eglise romaine.

En matière de catéchisme, nous sommes donc conduits à nous référer à nos documents absolument sûrs, et en particulier au Grand catéchisme de saint Pie X précité[9] et au Catéchisme de la doctrine chrétienne du même saint Pie X.[10]

Arnaud de Lassus



[1] B.P. 156, 78001 Versailles Cedex

[2] Le Compendium - Abrégé pratique officiel du Catéchisme de l'Eglise

catholique (en résumé CCEC) a été promulgué par Benoît XVI, le 28 juin 2005.

A son sujet, l'A.F.S. a diffusé en 2006 une étude intitulée « Pour un meilleur

abrégé du Catéchisme de l'Eglise catholique ». L'Etude du Courrier de Rome

est complémentaire et sur certains points, plus complète

[3] Cause efficiente : ce par quoi une chose est

[4] Cause instrumentale : celle qui n'agit que par l'impulsion d'une autre

[5] Cause finale : ce en vue de quoi une chose est

[6] Il s'agit de l'article 20 du Grand catéchisme de saint Pie X : « Les évêques sont les pasteurs des fidèles, placés par le Saint Esprit au gouvernement de l'Eglise dans les sièges qui leurs sont confiés, sous la dépendance du Pontife Romain. »

[7] Voir à ce sujet la brochure A.F.S. « Une controverse sur l'infaillibilité »,p 10 à 12

[8] Voir à ce sujet la brochure A.F.S. « Doctrine sociale de l'Eglise et personnalisme » (tiré à part du n°182 décembre 2005 de l'A.F.S.)

[9] En vente à l'A.F.S

[10]Edité par le Courrier de Rome, B.P. 156, 78 001 Versailles Cedex ; en vente à l'A.F.S

 
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