Le « Catholicisme de Vatican II »
AFS N° 204
On trouve parfois, dans des revues éloignées des doctrines traditionnelles que nous défendons, des analyses de situation exactes et bien formulées.
En voici un exemple :
Dans la revue Sens [1] de juillet - août 2008, figure un article d'Olivier Rota intitulé D'un autre temps, d'un autre monde ....actualité du philo-semitisme anti-libéral.
Après avoir critiqué le discours violement anti-juif des auteurs antilibéraux des XIXe et XXe siècles, après avoir rappelé cette définition de Mgr Delassus : « Ce que l'on appelle aujourd'hui l'antisémitisme, c'est l'opposition, aux Juifs, à leur ambition de dominer le genre humain et aux moyens qu'ils emploient pour arriver à cet empire universel », après avoir conclu « L'antisémitisme d'Église en appelait aux lois d'exception inspirées du ghetto », l'auteur ajoute :
Il est clair que l'entre-deux guerres a dessiné les contours de deux Catholicismes bien distincts. L'un, héritier des thèses contre -révolutionnaires, attaché à la pensée de Joseph de Maistre, incapable de penser la tradition autrement qu'en terme de fidélité absolue au passé ; l'autre, né dans les milieux non conformistes, et capable de réactualiser toute la pensée de l'Église dans l'impératif de la charité et de la conversion de soi. C'est au sein de cette deuxième voie qu'est né le Catholicisme de Vatican II. C'est aussi en son sein qu'est apparue la contradiction essentielle entre le message chrétien et la haine du Juif (même théologique, surtout théologique). [2]
Laissons tomber la dernière phrase (il semble que, pour l'auteur, s'opposer au Juif soit haïr le Juif !). Le reste est bien venu. Et l'expression « Catholicisme de Vatican II », désignant un catholicisme changé substantiellement [3] par les nouvelles doctrines conciliaires, nous parait assez heureuse.
[1] Revue mensuelle publiée par l'Amitié judéo-chrétienne de France, organisme orienté vers une certaines forme de judaïsation du catholicisme. Sur ce sujet, voir la brochure AFS « Le catholicisme revu et corrigé par la Synagogue ».
[2] Sens, juillet - août 2008, p. 460.
[3] Cf cette remarque de l'abbé Berto qui fut, au Concile Vatican II, conseiller théologique de Mgr Lefebvre « Le dessein se fait de jour en jour plus manifeste. Il ne s'agit plus désormais de doctrine, de justice, de tradition catholique. Il s'agit d'introduire, d'imposer, sous prétexte d'aggiornamento, un changement substantiel du catholicisme (...) ». Lettre du 5 août 1964, citée par Michel Larrigan, « Chronique d'un engrenage », p. 9.





