Un retour officiel à la vraie doctrine
A propos du livre de Mgr Gherardini « Le concile œcuménique Vatican II - Un débat à ouvrir »
L'évènement que constitue la publication en plusieurs langues [1] du livre de Mgr Gherardini « Le concile œcuménique Vatican II - Un débat à ouvrir » [2] ne semble pas avoir été estimé à sa juste valeur en France, ni dans les milieux conciliaristes, ni même dans certains milieux traditionnels. [3]
C'est pourtant la première fois depuis la suspense de Mgr Lefebvre en 1976, soit depuis 34 ans, qu'une critique bien étayée des doctrines et disciplines nouvelles - du moins des principales d'entre elles - introduites par le Concile et le postconcile a été approuvée sans réserves par le Secrétaire d'un dicastère [4] et un évêque en exercice. [5]
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La critique de Mgr Gherardini est radicale. Il applique l'« herméneutique de la continuité » [6] recommandée par Benoît XVI à divers textes conciliaires et postconciliaires ; et il constate après étude qu'il n'y a pas continuité.
Prenons l'exemple de la liberté religieuse.
On sait qu'en cette matière (la liberté civile d'exercer en public sa religion, quelle qu'elle soit [7]), la Déclaration conciliaire introduit un droit là où la doctrine traditionnelle n'admet que la possibilité d'une tolérance.
Voici comment Mgr Gherardini présente le raisonnement faux sur lequel est fondée la doctrine conciliaire.
En fait, tandis que la tolérance essaie par elle-même d'éviter des maux pires et ouvre les portes « pour le bien de la paix » à une coexistence (autrement impossible) entre la vérité et l'erreur, la liberté religieuse de la Déclaration conciliaire voit dans cette présence simultanée non pas un mal à tolérer, ou un simple expédient pour éviter des maux pires, mais un bien à affirmer, protéger et défendre, pour la sauvegarde du droit intersubjectif à l'autodétermination. (...)
Le fait d'avoir considéré la présence simultanée du vrai et du faux comme un bien à protéger peut répondre à l'impératif de la coexistence pacifique des contraires mais, en soi, et pour soi, c'est un mal à éviter. Il y a donc là un absurde paralogisme, raisonnement faux que soit l'équivoque, soit l'apparence, soit l'illusion, fait paraître vrai. [8]
Mgr Gherardini conclut ainsi le chapitre VII de son livre « Le grand problème de la liberté religieuse » :
(Les contenus) du précédent Magistère ne trouvent ni continuité ni développement dans celui de Dignitatis Humanae [9]
Ainsi se trouvent justifiés les nombreux auteurs, clercs et laïcs, qui, sans avoir de qualification officielle (ou, s'ils en avaient une, ne pouvant pas en faire état [10]), ont démontré que la doctrine conciliaire sur la liberté religieuse était incompatible avec la doctrine traditionnelle. [11]
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Avec son livre et les approbations officielles dont celui-ci a bénéficié, Mgr Gherardini introduit une phase nouvelle dans le débat des idées. Pour critiquer le Concile et le postconcile, aux auteurs considérés comme marginalisés viennent de se joindre des auteurs officiels utilisant en gros les mêmes arguments et les exprimant avec puissance et clarté. Cela permet aux marginalisés de s'adresser plus efficacement aux personnes, groupes et organismes qui ont pris des positions conciliaristes et de leur dire « Avez-vous lu Mgr Gherardini ? Y avez-vous vu comme nous un retour officiel à la vraie doctrine ? »
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Quelles conséquences tirer de ces constatations ? Qu'il faut lire et étudier Mgr Gherardini, qu'il faut le faire connaître à nos amis, spécialement à ceux qui sont conciliaristes, et aux groupes conciliaristes avec lesquels nous sommes en rapport. Nous avons là un instrument puissant pour faire comprendre la redoutable crise doctrinale et disciplinaire que vit l'Église aujourd'hui et que tant de fidèles ne voient pas ou ne veulent pas voir. Nous serions coupables de ne pas l'utiliser au maximum.
Arnaud de Lassus
Note : on peut se procurer le livre de Mgr Gherardini, Le concile Vatican II - Un débat à ouvrir, auprès du Courrier de Rome- B.P. 10156 - 78001 Versailles Cedex ou de Diffusion de la pensée française -La Caillauderie - 86190 Chiré en Montreuil.
[1] En 2009 en italien, en 2010 en français et anglais.
[2] Ce livre à bénéficié néanmoins de bonnes recensions dans le Courrier de Rome, Renaissance catholique , Fideliter, Una Voce, Le Simandre... et l'AFS.
[3] Voir, dans le n° 209 (juin 2010) de l'AFS l'article « Une critique officielle du concile et du postconcile »
[4] Mgr Malcolm Ranjith, Secrétaire de la Congrégation pour le culte divin.
[5] Mgr Mario Olivieri, évêque d'Albergo-Imperia.
[6] Le mot herméneutique a le sens d'interprétation.
[7] Rappelons le sous-titre de la Déclaration conciliaire sur la liberté religieuse Dignitatis Humanae : « Du droit de la personne et des communautés à la liberté sociale et civile en matière religieuse ».
[8] Mgr Gherardini, op. cit., p. 186.
[9] Mgr Gherardini, op. cit., p. 190. Le texte se poursuit ainsi :
« Deux Magistères, alors ?
La question ne devrait même pas être posée, parce que le Magistère ecclésiastique est, de par sa nature, un et indivisible : c'est celui créé par Notre Seigneur Jésus-Christ. (...)
Malheureusement, l'évidence du fait que chacun semble suivre son propre chemin ferait bien penser à un Magistère dédoublé. »
Dignitatis Humanae désigne la Déclaration conciliaire sur la liberté religieuse.
[10] Tel fut le cas du père Joseph de sainte Marie qui sous le pseudonyme de R. Teverence publia en 1976 une remarquable étude intitulée « Le Concile Vatican II échappe-t-il à l'accusation de libéralisme » (Texte paru initialement dans le Courrier de Rome n° 162 d'octobre 1976, puis repris dans les n° 315 (juillet - août 1987) et VIII (hiver 1991-1992) de la revue Itinéraires.
[11] Sur cette question, voir les brochures AFS « Aide-mémoire sur la liberté religieuse », « La liberté religieuse, 30 ans après Vatican II » et « La liberté religieuse - La controverse en milieu traditionnel. »





