Un livre de synthèse sur la crise doctrinale dans l'Eglise
1962 - RÉVOLUTION dans l'Église
BRÈVE chronique de l'occupation néo-moderniste de l'Église catholique - Dom Andrea Mancinella
Publication du Courrier de Rome 2009 - 197 p. - 14 €
Les bons ouvrages de synthèse sur la crise doctrinale dans l'Église sont rares. L'AFS a souvent signalé l'importance du livre de Romano Amerio Iota Unum - Étude des variations de l'Église catholique au XXe siècle.
Ce livre rédigé en 1985, édité en version française en 1987, analyse par thèmes la crise dans l'Église. Il constitue un très bon ouvrage de référence sur la plupart des sujets dont nous avons à débattre quand il s'agit de défendre la tradition catholique.
Les publications du Courrier de Rome viennent de publier un livre d'un prêtre italien, Don Andrea Mancinella, intitulé 1962 - Révolution dans l'Église - Brève chronique de l'occupation néo-moderniste de l'Église catholique qui traite de la crise dans l'Église non plus par thèmes mais chronologiquement et qui apporte un bon complément à Iota Unum, et cela pour deux raisons en particulier : une approche différente de la crise et une rédaction plus récente (2002 au lieu de 1985).
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Le livre est ainsi présenté par son auteur :
Cette « Brève chronique » sera surtout une chronique des replis progressifs des Papes « conciliaires » et de leurs plus étroits collaborateurs au niveau de la Curie romaine.
On pourrait se demander pourquoi concentrer l'attention sur eux, plutôt que sur les innombrables exemples que l'on aurait pu citer dans le cadre des diocèses et des différents évêchés.
N'aurait-il pas été préférable de survoler les nombreuses défaillances des derniers Successeurs de Pierre, au lieu de les mettre en question, ce qui, en plus d'être particulièrement désagréable et douloureux pour tout catholique cherchant à être fidèle, et donc aussi pour l'auteur de ces lignes, comporte au moins le risque de scandaliser les plus faibles dans la foi qui ne connaissent pas bien la doctrine catholique sur la papauté ?
Le fait est que l'on ne pouvait pas faire autrement. Nous y avons été contraints pour une raison très simple, que l'on peut résumer en quelques mots : le pape n'est pas un évêque quelconque, mais le Vicaire du Christ.
C'est lui qui guide l'Église militante tout entière, par les mots et encore plus par l'exemple, et dans l'Église tous - clergé, religieux et simples fidèles - sont justement habitués à « suivre Pierre », voyant en lui leur berger terrestre et un guide spirituel sûr.
Que l'on pense alors à ce que pourrait provoquer une éventuelle accession au Siège de Pierre de papes imprégnés d'une théologie erronée, déjà condamnée par l'Église (chose que Dieu peut très bien permettre, comme punition de nos péchés) : et bien ce sera une catastrophe pour l'écrasante majorité des âmes, qui continueront à le suivre même là où il ne le faudrait pas, jusqu'à risquer de perdre leur foi et leur salut éternel. C'est ce qui s'est vérifié et qui continue de se vérifier depuis Vatican II.
D'où le nécessaire - bien qu'ingrat - devoir de mettre en garde clergé et fidèles pour qu'ils ne se laissent entraîner sous aucun prétexte dans l'abîme par l' « esprit du Concile » et par ses nouvelles doctrines.
L'auteur a mis en pratique le conseil du père Vallet « Laissez courir le maigre, laissez courir le gros, ne vous en prenez qu'au très gros ». Les faits rappelés, les textes cités, bien choisis et référencés, correspondent au « très gros ». Ils nous conduisent directement à l'essentiel de la crise.
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Deux remarques :
- Sur les sacres épiscopaux de 1988, la position défendue (p 151 à 153) est celle de la fraternité saint Pie X.
- On regrettera peut-être l'emploi de certaines expressions ambiguës (hiérarchie conciliaire, Église conciliaire) qui pourraient laisser supposer l'existence en parallèle de deux hiérarchies et de deux Églises.
Mais l'ambiguïté est levée par le sous-titre du livre qui en indique bien l'orientation : « Brève chronique de l'occupation néo-moderniste de l'Église catholique ».
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En conclusion le livre « 1962 - Révolution dans l'Église » permet de corriger l'ignorance de la crise dans l'Église si fréquemment rencontrée en milieu traditionnel, et que Jean Madiran, dans un article de 1981 (il y a vingt huit ans !), caractérisait ainsi :
Il me semble que la plus grande erreur que nous ayons eu à combattre pendant ces vingt-cinq années a consisté en une sous-estimation permanente des forces et courants contraires qui nous dominent ; une sous-estimation de l'étendue, de la profondeur d'une décomposition générale. Une vue plus exacte aurait suscité des résolutions plus vives, une mobilisation plus ardente, une action plus vigoureuse, un recours plus insistant aux ressources de l'ingéniosité temporelle et de la vie surnaturelle.
Ne sous-estimons pas l'étendue de la crise. Et, à cette fin, utilisons et faisons connaître le livre « 1962 - Révolution dans l' Église ».
A.L.
Cf. les n° 74 (décembre 1987), 117 (février 1985) et 203 (juin 2009) (p. 94-96) de l'AFS.
BP 10156, 78001 Versailles Cedex.
1962 - Révolution dans l'Église, p. 16 - 17.
Jean Madiran, article « Vingt cinq ans » écrit pour le vingt cinquième anniversaire de la revue Itinéraires, cité dans le n° 127 (octobre 1996) de l'AFS, p. 12. Voir aussi la brochure AFS « "Le nouveau fidéisme" : une forme d'aveuglement », tiré-à-part du n° 194 (décembre 2007) de l'AFS.





