• Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

L'immaculée Conception

Envoyer Imprimer PDF

 

vierge_de_lourdes

L'IMMACULEE CONCEPTION

Ses apparitions et la dévotion au

Coeur Immaculé de Marie

 

 


"Je suis l'Immaculée Conception" a dit la Sainte Vierge à Sainte Bernadette il y a 150 ans le 25 mars 1858, « confirmant en quelque sorte », remarque Pie XII dans « Fulgens corona », le dogme de l'Immaculée Conception proclamé le 8 décembre 1854 par Pie IX dans sa bulle « Ineffabilis Deus ».

« Par l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la nôtre, nous déclarons, nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de Sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu et, par conséquent, qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. »

Le mystère de l'Immaculée Conception est si fondamental que c'est l'unique fois où la Sainte Vierge apparaît après la promulgation d'un dogme comme pour le ratifier par Sa présence. Ce sera à Lourdes en 1858, mais aussi avant en 1830 rue du Bac, pour préparer les cœurs et les âmes à le recevoir, et en 1917 à Fatima, pour nous indiquer comment nous devons le vivre. Nous allons méditer sur ce dogme de l'Immaculée Conception, cœur de tous les dogmes mariaux, porte d'entrée sur les mystères divins. Autour de l'apparition de Lourdes où la Sainte Vierge indique que l'Immaculée Conception est Son essence, Son identité, nous verrons celle de la rue du Bac qui la prépare et celle de Fatima qui en est l'accomplissement.

A la rue du Bac, la Sainte Vierge apparaît à Sainte Catherine Labouré et lui demande de faire graver, sur une médaille, l'invocation : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». L'apparition de Notre-Dame à Fatima est la continuation logique de celle de Lourdes, point de départ de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie liée à celle du Sacré-Cœur, car on ne sépare pas la Mère de Dieu de Son Fils. C'est pourquoi Notre Seigneur a dit à Sœur Lucie, la principale voyante de Fatima : « Je veux que toute l'Eglise reconnaisse cette consécration de la Russie comme un triomphe du Cœur Immaculé de Marie afin d'étendre ensuite son culte et placer, à côté de la dévotion à Mon Divin Cœur, la dévotion à ce Cœur Immaculé ».

 

Première partie :

Du Laus à Lourdes, la progression pédagogique

des apparitions de l'Immaculée Conception

 

Si la Sainte Vierge apparaît, c'est pour nous rappeler qu'Elle est notre Mère : quel honneur insigne d'avoir pour mère la Mère de Dieu, attentive, comme Elle le fut pour Jésus, au moindre de nos pas et de nos blessures qu'elle désire guérir ! Parfaite Educatrice, toute-puissante sur le démon, elle est la Mère du Bon Conseil afin d'aider à se délivrer du péché et à l'expier pour que, après le feu du purgatoire, nous puissions être purs devant Le Pur au royaume de Dieu. Marie va nous purifier peu à peu par Son Immaculée Conception. Du Laus à Fatima, elle va montrer, dans une progression pédagogique, ce qu'Elle est et ce que nous devons être avec Son aide pour plaire à Son Fils.

 

1) Au Laus, Marie se présente comme Reine de la Miséricorde

Pie IX, le pape de l'Immaculée Conception, a déclaré Vénérable, le 7 septembre 1871, Benoîte Rencurel, la voyante du Laus, et Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et d'Embrun, a reconnu officiellement par un décret, le dimanche 4 mai 2008, devant une trentaine de cardinaux et d'évêques et des milliers de fidèles lors d'une messe en plein air, le « caractère surnaturel » de ces apparitions. La date du 4 mai n'a pas été choisie par hasard par Mgr di Falco. Elle coïncide avec la date de la première apparition le 4 mai 1664 au Laus, à 900 m d'altitude, près de Gap dans les Hautes-Alpes. Marie, qui se présente comme la « Reine de la Miséricorde », car elle est « la Miséricorde incarnée », dira le P.Kolbe, apparaîtra 600 fois à Benoîte Rencurel, du 4 mai 1664 à sa mort, à 71 ans, le 28 décembre 1718. Par le Laus, Marie prépare les âmes à Sa Mission Rédemptrice qu'elle dévoilera encore davantage dans les apparitions suivantes. Elle demande qu'on l'invoque par ces mots :

« Notre-Dame du Laus, refuge des pécheurs,

Priez pour nous qui avons recours à vous ! ».

Cette prière anticipe celle que Notre-Dame a dictée à Sainte Catherine Labouré, rue du Bac en 1830, où elle demande que soit gravée, autour de la Médaille Miraculeuse cette invocation : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Car, avant de reconnaître que Marie est « Conçue sans péché » et qu'elle est l'« Immaculée Conception », comme elle le dira à Lourdes, il faut accourir vers elle avec humilité, car Elle est « le Refuge des pécheurs ». Elle n'est pas un refuge au sens où elle nous laisserait nous complaire dans le péché, mais une aide pour nous en sortir. Si elle est invoquée dans les litanies comme « Refuge des pécheurs » et « Consolatrice des affligés », elle est aussi « Secours des chrétiens », notre dernier secours, notre dernier recours pour ne pas tomber dans l'abîme.

C'est la Sainte Vierge qui avait appris à Benoîte les litanies, dites de Lorette, qu'elle récitait, en latin et par cœur, puisqu'elle ne savait pas lire. Pendant les 54 ans où Marie va apparaître à Benoîte Rancurel, simple et pieuse bergère, elle va lui apprendre à se mortifier, à briser son amour-propre, à ne dire que la vérité, fût-elle douloureuse aux pécheurs. Et si Benoîte n'est pas telle que Notre-Dame du Laus la veut, Marie suspend ses visites pendant des mois, pour lui montrer que le moindre péché est un gouffre qui sépare de la sainteté de Dieu, de Son Amour et de celui de Sa Mère. Benoîte est alors comme la Sunamite du Cantique des Cantiques, qui se meurt de ne plus voir son bien-aimé.

Benoîte va tellement se conformer au dessein de Dieu sur elle, qu'elle vivra pendant longtemps sans manger ni boire, ne dormira qu'une heure, se donnera la discipline jusqu'au sang, sera stigmatisée à partir de 1671, et vivra, pendant neuf ans, la Passion du Christ durant quarante heures, du jeudi 4 h de l'après-midi au samedi 9h du matin. Le vicaire général de Gap, docteur en théologie et en droit canon, chargé de s'occuper du Laus de 1665 jusqu'à sa mort en 1715, décrit Benoîte Rencurel telle qu'il la voyait souvent : « Elle était crucifiée tous les vendredis ; son corps étendu en forme de croix, les pieds l'un sur l'autre, ses doigts tant soit peu fermés et rétrécis, moins pliables qu'une barre de fer ».

La Sainte Vierge a dit à Benoîte : « J'ai demandé le Laus à mon divin Fils pour la conversion des pécheurs et il me l'a octroyé ». Notre-Dame du Laus demandera à Benoîte que la petite chapelle en ruines soit agrandie avec les dimensions qu'elle lui a données et devienne un sanctuaire où auront lieu de très nombreuses guérisons, en particulier par l'huile de la lampe du sanctuaire et de très nombreuses conversions.

On l'appellera Sœur Benoîte car elle est entrée au tiers-ordre de Saint Dominique à 19 ans en 1666, puis en 1715 à celui de Saint François de Paule. Comme le curé d'Ars ou le Padre Pio, elle aura le don de lire dans les âmes comme dans un miroir. Aussi  aidera-t-elle les laïcs, comme les prêtres, à se rappeler leurs péchés, à s'en repentir, à faire une bonne confession et donnera à tous, y compris à des prostituées, des conseils éclairés pour leur vie à venir. La Sainte Vierge, pour qui elle avait « un respect de tendresse », l'aidait beaucoup. Elle lui disait, par exemple, d'avertir les voluptueux qu'il leur suffisait, pour aimer Dieu au lieu de la créature, d'échanger l'amour profane avec l'amour sacré. Benoîte a vu l'enfer trois fois. De même que Marie a dit aux enfants de Fatima, à qui elle venait de montrer l'enfer, de prier pour les pauvres pécheurs qui vont dans ce lieu maudit, l'ange gardien de Benoîte l'exhorte : « Vous avez vu, ma fille, ces flammes et ces feux ! Pour lasse que vous soyez, priez toujours pour les pécheurs, quand ce ne serait que cinq Pater », cinq Pater comme les cinq plaies du Christ. Elle lui dit aussi : « Tâchez de ne jamais quitter la présence de Dieu ; en pensant qu'Il est présent, on n'oserait jamais l'offenser ». Comme pour les saints Curé d'Ars et Padre Pio, le démon se vengera sur elle de toutes les façons car, s'écrie-t-il, « elle est la cause que je perds tant d'âmes ! ». Notre-Dame va pousser la délicatesse et la bonté jusqu'à faire sentir des odeurs surnaturelles et purifiantes dans le sanctuaire du Laus pour inciter les âmes à se laisser mener à Dieu. Elles durent toujours, j'en ai été le témoin.

La Sainte Vierge apparaîtra bientôt dans d'autres lieux de France par amour pour Son Fils et pour chacun de nous qu'Elle veut sauver, mais aussi parce que le royaume de France est le royaume de Marie, « Regnum Galliae, Regnum Mariae », surtout depuis que Louis XIII lui a consacrée la France le 15 août 1638. Se prosternant aux pieds de Sa Majesté Divine et de la Sainte Vierge, le roi a mis sous la protection de Marie, sa personne, son Etat, sa couronne et tous ses sujets « pour obtenir, par ce moyen, celle de la Sainte Trinité et de toute la cour céleste ».

Après le Laus au 17° siècle, les apparitions en France de la « Reine de lumière », comme l'appelait Benoîte Rencurel, seront : Paris, rue du Bac en 1830 ; La Salette en 1846 ; Lourdes en 1858 ; Pontmain en 1871 ; Pellevoisin en 1876 et l'île Bouchard, près de Tours en 1947. Toutes ces apparitions ont été reconnues par l'Eglise et c'est Mgr Vingt-Trois, archevêque de Tours avant de l'être à Paris, qui a reconnu celle de l'île Bouchard , le 8 décembre 2001.

 

2) Rue du Bac : Notre-Dame et la Médaille Miraculeuse,

Catherine Labouré est entrée au noviciat des Filles de la Charité à Châtillon-sur-Seine, à vingt trois ans, le 30 janvier 1830. Cet ordre est également appelé : « Les Sœurs de saint Vincent de Paul » car il a été fondé par cet apôtre au cœur brûlant de charité en collaboration avec sainte Louise de Marillac. Catherine Labouré avait vu en songe saint Vincent de Paul lui dire : « Un jour, vous serez heureuse de venir à moi. Le Bon Dieu a des desseins sur vous, ne l'oubliez pas. » Les 25, 26 et 27 avril 1830, elle voit le cœur de saint Vincent de Paul changer de couleur chaque jour : « blanc couleur de chair » qui incite à la paix, « rouge feu » pour allumer l'amour de Dieu dans le monde et « rouge noir » car, lui est-il dit, « Le cœur de saint Vincent est profondément affligé des grands malheurs qui vont fondre sur la France ». Ce fut, en effet, la révolution des « Trois Glorieuses », les 28,29 et 30 juillet 1830, qui renversèrent Charles X. Et, pendant les 8 mois où elle est postulante, Catherine Labouré voit le Christ  dans l'hostie au moment de la consécration.

Le 6 juin 1830, fête de la Sainte Trinité, Notre Seigneur se présente à elle « comme un roi, avec la croix sur la poitrine... Il m'a semblé que Notre-Seigneur était dépouillé de tous Ses ornements... J'ai eu les pensées que le roi de la terre serait perdu et dépouillé de Ses habits royaux ». Le Christ confirmait ainsi ce qu'elle avait compris en voyant, en avril, le cœur rouge-noir de saint Vincent de Paul : la chute de la monarchie et l'abdication de Charles X, le 2 août. C'était le dernier roi de droit divin, sacré à Reims avec la Sainte Ampoule, le Saint Chrême apporté par le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe pour le sacre de Clovis par Saint Rémi. Le Roi de la terre, étant la figure du Roi du ciel, disparaît avec le laïcisme et même l'athéisme, lorsque Louis-Philippe, le roi des Français, remplace le roi de France, et l'idolâtrie des droits de l'homme se substitue aux devoirs envers le Christ, Roi du monde et envers Marie, Reine de l'univers.

Catherine Labouré verra cinq fois la Sainte Vierge en 1830 mais les deux apparitions les plus importantes eurent lieu dans la nuit du 18 au 19 juillet puis le 27 novembre 1830. Du 18 au 19 juillet 1830, son ange gardien lui apparaît à onze heures et demi du soir sous la forme d'un enfant de quatre cinq ans habillé de blanc, « resplendissant de lumière, portant des rayons de clarté partout où il passait ». Il la conduit à la chapelle pour qu'elle puisse voir la Sainte Vierge. Elle l'avait beaucoup priée, ainsi que saint Vincent de Paul et son ange gardien, pour recevoir cette grâce. La Mère de Dieu lui apparaît à minuit, s'assoit dans un fauteuil. Catherine Labouré s'agenouille, met ses mains sur les genoux de Marie qui prend ses mains dans les Siennes. Elle lui dit : « Le Bon Dieu veut vous charger d'une mission... Les temps sont mauvais. Les malheurs viendront fondre sur la France, le trône sera renversé, le monde entier sera bouleversé par des malheurs de toutes sortes... Mais venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur ». Ces malheurs sur la France et sur le monde lui avaient déjà été annoncés par le cœur rouge-noir de saint Vincent de Paul et par la vision du Christ dépouillé de Sa royauté mais la Sainte Vierge annonce à Catherine Labouré que des grâces viendront pour aider les âmes à vivre la Croix. Ce seront, en particulier, les grâces prodiguées par la Médaille Miraculeuse.

 

La Médaille Miraculeuse

Le 27 novembre 1830, à cinq heure et demi du soir, au moment de l'oraison avec les autres religieuses à la chapelle, sainte Catherine Labouré voit la Sainte Vierge debout, une robe et un voile couleur d'aurore sous un manteau bleu argenté. Ses pieds sont posés sur une boule blanche qu'un serpent enserre et qu'elle écrase, car Elle est la nouvelle Eve de la Genèse (3, 15), victorieuse du démon. Elle tient aussi, à la hauteur de son cœur, un globe plus petit, surmonté d'une croix. Ce globe, lui dit intérieurement la Sainte Vierge, signifie qu'Elle est la Reine du monde, en particulier de la France et de chaque personne. La Mère qu'Elle est, aime et protège  chacun de ses enfants comme s'il était unique. Elle offre à Son Fils les hommes qu'Il a rachetés par Son Sang et qu'Elle sauve avec Lui et par Lui de l'abîme du péché. Sur Ses mains ouvertes, d'où jaillissent d'innombrables rayons, Catherine aperçoit des anneaux à ses doigts. Certains sont « revêtus de pierreries plus belles les unes que les autres » mais d'autres sont ternes : ce sont les grâces qui sont comme mortes puisqu'elles ne sont pas demandées. Plus les pierres sont lumineuses, plus les grâces sont fortes en raison de la ferveur, de la prière et des sacrifices de ceux qui ont supplié pour les obtenir. Autour de la Mère de Dieu s'inscrivent en lettres d'or ces paroles :

 

« Ô Marie conçue sans péché,

Priez pour nous qui avons recours à vous ».

 

Sainte Catherine Labouré entend alors ces mots :

 

« Faites frapper une médaille sur ce modèle,

toutes les personnes qui la porteront recevront

de grandes grâces »

 

Puis l'image se retourne et sur le revers, il y a un « M » majuscule, monogramme de Marie, signe de sa médiation, car elle transmet les grâces divines. Le « M » est surmonté d'une croix et en dessous, il y a deux cœurs, celui du Christ transpercé d'épines et celui du Cœur de Marie transpercé du glaive de douleur que Siméon avait prophétisé lorsqu'elle avait offert Son Fils au Temple (Luc 2,35).

Les notes de sœur Catherine ne mentionnent pas les douze étoiles qui entourent le « M » et les deux cœurs, mais, d'après l'abbé Laurentin, « il est moralement sûr que ce détail a été donné de vive voix »[1]. Ces 12 étoiles montrent que Marie est la Mère de l'Eglise, la Vierge de l'Apocalypse « revêtue du soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête » (Ap. 12, 1). Elle est la reine de la cité sainte, Jérusalem, brillante de la gloire de Dieu, dont la muraille a « pour assises douze pierres qui portent douze noms, ceux des douze apôtres de l'Agneau » (Ap. 21,14). A la fin de cette dernière apparition Notre-Dame l'avertit :

« Ma fille, désormais, vous ne me verrez plus,

mais vous entendrez ma voix dans vos oraisons ».

 

Le confesseur de Catherine Labouré et des autres sœurs de saint Vincent de Paul, Jean- Marie Aladel, lazariste de vingt neuf ans, croyait bien faire de rudoyer vertement  sainte Catherine Labouré et de lui affirmer que ses visions provenaient de son imagination. Mais lorsqu'elle lui dit : « La Sainte Vierge est fâchée car vous ne réalisez pas sa demande », il finit, durant l'hiver 1831, par parler des visions de Catherine et de la médaille à l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen. Ce pieux évêque autorise immédiatement et avec enthousiasme la gravure de cette médaille car il reconnaît dans l'invocation « Ô Marie conçue sans péché » l'attestation de l'Immaculée Conception dont il est un ardent défenseur.

Deux ans après la demande de la Sainte Vierge, la médaille miraculeuse est enfin gravée, les premiers modèles sortent en mars 1832 à la veille du carême. Or, depuis le 27 février, une effroyable épidémie de choléra sévit en Europe. Anne Bernet, dans « La vie cachée de Catherine Labouré »[2] écrit : « Il y aura en quatre mois vingt mille morts à Paris, quatre-vingt mille en province ; encore ces chiffres officiels ont-ils été minimisés afin de ne pas aggraver la panique. ». Mais très vite la médaille sera toute-puissante pour guérir soudainement et miraculeusement le choléra et tous les autres maux physiques et spirituels, d'où son nom. La médaille se répand à toute vitesse tant elle est efficace, surtout si l'on dit la prière qui l'accompagne : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». En mars 1835, la médaille s'est répandue à un million d'exemplaires et à la mort de Catherine Labouré en 1876, à un milliard !

Sainte Catherine continuera à s'occuper des vieillards et des malades sans jamais révéler son secret, à l'exception de son confesseur, sauf, peu avant sa mort, à sa supérieure. Le P. Aladel fondera en 1847, à la demande de Notre-Dame, la confrérie des « Enfants de Marie ». Leur devise est « A Jésus par Marie » et leur prière commence par ces mots : « Très Sainte Vierge, je crois et confesse votre Sainte et Immaculée Conception, pure et sans tache ». Catherine Labouré mourra à soixante dix ans, le 31 décembre 1876, après avoir demandé qu'on lui récite les litanies de l'Immaculée Conception. On exhumera son cercueil en 1933 : son corps sera retrouvé intact. Elle repose près du cœur de Saint Vincent de Paul et de la châsse de sainte Louise de Marillac à la chapelle de la Médaille miraculeuse, au 140 de la rue du Bac. Elle sera béatifiée par Pie XI le 28 mai 1933 et canonisée par Pie XII le 27 juillet 1947, ayant accompli sa prière : « Jésus et Marie, que je sois toute à vous et que je ne sois plus à moi ! ».

 

La conversion d'Alphonse Ratisbonne

Une conversion, dûe à la médaille miraculeuse, fit beaucoup de bruit en raison de la personnalité de son bénéficiaire. Il s'agit d'Alphonse Ratisbonne, vingt huit ans, descendant d'une des plus illustres familles juives de Strasbourg. Avant son mariage qui devait avoir lieu en été 1842, il est à Naples le 4 janvier et, alors qu'il s'était refusé d'aller à Rome tant il rejette le catholicisme, une force intérieure l'y pousse. Il y rencontre un ancien camarade du lycée de Strasbourg, Gustave de Bussières, qui lui fait rencontrer son frère Théodore de Bussières, ami de Théodore Ratisbonne, le frère aîné d'Alphonse converti du judaïsme et devenu jésuite, ce qui accroît l'hostilité et les blasphèmes d'Alphonse contre le catholicisme. Une discussion s'engage entre Alphonse Ratisbonne et le baron Théodore de Bussières. Ce dernier le provoque : « Puisque vous détestez la superstition... puisque vous êtes un esprit fort et éclairé, auriez-vous le courage de vous soumettre à une épreuve ? ». Ce mot de courage pique au vif la fierté de Ratisbonne. Il accepte cette épreuve qu'il juge absurde : porter au cou la médaille et réciter chaque jour le « Souvenez-vous » de Saint Bernard.

Théodore de Bussières avait une grande confiance en la puissance de la médaille miraculeuse de la Sainte Vierge car elle avait sauvé de la mort sa fille Marie atteinte d'une diphtérie qui avait fait périr son frère. Il lui avait mis une médaille autour du cou et elle fut guérie immédiatement. Son ami, le comte de La Ferronnays, ancien ministre de Charles X, exilé à Rome depuis 1830, lui avait dit qu'il s'était converti grâce au «Memorare» de Saint Bernard qu'il avait dit chaque jour pour être fidèle à une promesse faite à sa mère. C'est cette prière à la Miséricordieuse Vierge Marie qui lui fit quitter une vie de débauche et mener une vie très pieuse et édifiante.

Après son entretien houleux avec Ratisbonne à qui il remet la médaille miraculeuse, Bussières demande au comte de La Ferronnays de prier pour la conversion d'un jeune juif (par discrétion, il ne révèle pas son nom). Le comte de La Ferronnays offre sa vie pour cette conversion : il meurt le soir même.

Trois jours plus tard, le 20 janvier 1842, Alphonse Ratisbonne pénètre dans l'église Sant'Andrea delle Fratte, saint André-des-Buissons, car il accompagne le baron de Bussières venu s'assurer si tout était prêt pour les obsèques du comte de La Ferronnays. Ratisbonne, laissé seul, s'avance vers la chapelle de saint Michel. Bientôt l'église disparut et Ratisbonne vit dans une lumière la Vierge de la médaille miraculeuse qu'il portait sur lui et à qui il n'avait cessé de dire plusieurs fois par jour, mû par une nécessité intérieure, le « Souvenez-vous ». La Sainte Vierge, la « Bellissima », ainsi qu'il la nommera devant les ecclésiastiques romains, l'invite à s'approcher. « Une seule chapelle avait, pour ainsi dire, concentré toute la lumière et au milieu de ce rayonnement parut, debout sur l'autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu'elle est sur ma médaille ». Il veut regarder le visage de Celle qui est notre Mère et la Mère du Christ, mais il se sent indigne de Sa Pureté. Ses yeux s'arrêtent sur les mains ouvertes, irradiant les rayons de la grâce, telles qu'elles figurent sur la médaille. Il écrit dans le récit qui relate sa conversion : « Je fixai mes yeux sur Ses mains et je vis en Elles l'expression du pardon et de la miséricorde. En présence de la Très Sainte Vierge, bien qu'Elle n'ait dit aucune parole, je compris l'horreur de l'état dans lequel je me trouvais, la difformité du péché, la beauté de la religion catholique, en un mot, je compris tout. »

Alphonse Ratisbonne sanglote à genoux. Il s'écrie : « Je ne savais si j'étais Alphonse ou un autre. J'éprouvais un si total changement que je me croyais un autre moi-même. Je cherchais à me retrouver et ne me retrouvais pas... La joie la plus ardente éclata au fond de mon âme ». Et lorsque Bussières le retrouve, il lui dit : « Oh ! Comme ce monsieur a prié pour moi ! ». Ce monsieur inconnu était le comte de la Ferronnays qui avait échangé la vie de son corps contre la vie de l'âme de Ratisbonne.

Le nouveau converti supplie Bussières de lui trouver un prêtre. Il veut se confesser[3], ce qu'il fera immédiatement auprès du P. de Bellefort, et recevoir tout de suite le baptême sans lequel il ne peut plus vivre. Il sera baptisé sous le nom de « Marie-Alphonse » dix jours plus tard, le 31 janvier, un délai très court car il savait tout de la foi religieuse sans l'avoir apprise. Rompant ses fiançailles, Ratisbonne entrera chez les jésuites. Devenu prêtre, il s'installera en Terre Sainte à Aïn Karim, le village natal de Saint Jean-Baptiste. Il y fondera un monastère de religieux, l'institut Notre-Dame de Sion consacré à la conversion des juifs.

La conversion d'Alphonse de Ratisbonne est due aux prières du comte de la Ferronnays et aussi à son frère, Théodore Ratisbonne, vicaire de l'abbé Desgenettes, curé de Notre-Dame des Victoires, qui fit prier, pour lui, l'archiconfrérie. Cette église avait été fondée par Louis XIII, le 8 décembre 1629, pour remercier la Sainte Vierge de ses victoires contre les protestants, en particulier à La Rochelle. L'abbé Desgenettes était désolé de voir les paroissiens déserter son église. Tandis qu'il célébrait la messe, le 3 décembre 1836, il entendit deux fois, intérieurement, ces mots : « Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie ». Ce qu'il fit le 11 décembre 1836 devant cinq cent personnes attirées comme malgré elles. A partir de ce moment, les fidèles affluèrent et l'abbé Desgenettes fonda une archiconfrérie universelle, approuvée par Grégoire XVI le 24 avril 1838, en vue d'honorer le Cœur Immaculé de Marie et l'implorer pour la conversion des pécheurs. Peu avant de mourir à 80 ans, le 25 avril 1860, l'abbé Desgenettes remarquait : « La dévotion au Saint et Immaculé Cœur de Marie est le principe et le centre de toute dévotion. »

 

3) A la Salette, La Vierge en pleurs : Marie est Co-Rédemptrice

A la rue du Bac, la Sainte Vierge s'est montrée à Sainte Catherine Labouré comme Médiatrice, conçue sans péché, Epouse du Saint-Esprit. Elle rayonne des grâces innombrables de la Bonté Divine. Ces grâces ne sont pas, ou rarement, des plaisirs d'ordre sensible mais des appels, des exigences à nous élever vers Dieu. La grâce est la vie divine en nous et Marie, préservée du péché originel, ayant la plénitude de la grâce par son union au Saint-Esprit et par Sa maternité divine, est l'aqueduc, dit Saint Bernard, le lien nécessaire entre Dieu et l'âme. Lorsque le Christ nous commande : « Soyez saints, comme votre Père est saint ! » (Matth. 5, 48), comme si nous pouvions égaler la sainteté du Dieu trois fois saint, c'est pour que nous puissions participer à Sa Vie, à Sa Béatitude et que nous devenions fils adoptifs de Dieu par grâce alors qu'Il est Fils de Dieu par nature. Car être saint, c'est laisser Dieu vivre en nous. Marie, « Secours des chrétiens », comme le disent les litanies, va nous y aider.

En tant que Mère de Dieu et Mère de chacun de nous, Elle est, comme Elle l'a dit au Laus, Refuge des pécheurs et Mère de la miséricorde. Elle se penche sur la misère de notre péché pour nous en sortir.

Rue du Bac, la Sainte Vierge a demandé à Sainte Catherine Labouré de montrer sur une face de la Médaille Miraculeuse son pouvoir sur le démon parce qu'elle est conçue sans péché et sur l'autre face une croix enracinée dans le « M » et les deux cœurs de Jésus et de Marie.

A la Salette, la Sainte Vierge insiste sur le fait qu'elle n'est pas seulement Co-Médiatrice de toutes les grâces, ce qu'elle a montré rue du Bac, mais aussi Co-Rédemptrice. Elle nous appelle à ne pas pécher mais aussi à réparer et à se sacrifier pour déclouer Son Fils. C'est pourquoi elle se montre avec le marteau car notre infidélité et nos rejets clouent Jésus sur la croix. Mais nous pouvons Le déclouer  avec les tenailles que sont la prière, en particulier celle du très puissant chapelet, le sacrifice et notre sanctification qui sont des baumes sur Ses plaies.

 

L'apparition de Notre-Dame à la Salette

A l'heure des premières vêpres de Notre-Dame des Sept Douleurs, le samedi 19 septembre 1846, la Sainte Vierge apparaît à deux bergers dans la commune de la Salette-Fallavaux située à       1 140 mètres d'altitude et à une soixantaine de Kilomètres de Grenoble. Ces deux pastoureaux sont Mélanie Calvat, quatorze ans et Maximin Giraud, onze ans. Elle va leur donner un message qui sera rendu public, un secret particulier à chacun et la règle d'un nouvel ordre qu'elle veut voir fonder à la Salette : celui de la Mère de Dieu par les Apôtres des Derniers Temps. Le message, le secret et l'ordre religieux forment un tout inséparable d'une même révélation.

Mélanie et Maximin, tout en gardant les vaches, avaient construit avec des pierres une petite maison et au-dessus, ce qu'ils appelèrent un « paradis », recouvert de fleurs. Mélanie vit alors sur ce paradis « une belle lumière, plus brillante que le soleil. » « Je ne sais ce qui se passait en moi de délicieux dans ce moment, mais je me sentais attirée, je me sentais un grand respect plein d'amour et mon cœur aurait voulu courir plus vite que moi. Je regardais bien fortement cette lumière qui était immobile, et, comme si elle se fût ouverte, j'aperçus une autre lumière bien plus brillante et en mouvement. Dans cette lumière, je vis une très belle Dame, dont les vêtements étaient « composés de lumière et de gloire », assise sur notre « paradis » et ayant la tête dans ses mains ».

Notre-Dame apparaît comme étant en Dieu : sa lumière vient de Dieu, lumière stable, éternelle, parfaite qui envoie Marie dans notre monde temporel comme Médiatrice et Co-Rédemptrice, unie à Son Fils Médiateur et Rédempteur des hommes.

Mélanie continue sa description : « La Sainte Vierge était toute belle et toute formée d'amour... Elle avait une très jolie croix suspendue à son cou... Sur cette belle croix toute brillante de lumière était un Christ, Notre Seigneur, les bras étendus sur la croix. Presqu'aux deux extrémités de la croix, d'un côté il y avait un marteau, de l'autre une tenaille... La Sainte Vierge pleurait presque tout le temps qu'Elle me parla. Ses larmes coulaient une à une lentement jusque sur Ses genoux ; puis, comme des étincelles de lumière, elles disparaissaient. Elles étaient brillantes et pleines d'amour. J'aurais voulu la consoler, et qu'Elle ne pleurât plus. Mais il me semblait qu'elle avait besoin de montrer ses larmes pour mieux montrer son amour oublié des hommes... La voix de la Belle Dame était douce ; elle enchantait, ravissait, faisait du bien au cœur ; elle rassasiait, aplanissait tous les obstacles, elle calmait, adoucissait... Ses yeux étaient doux de la douceur même, clairs comme un miroir. Dans ses yeux, on voyait le paradis ; ils attiraient à Elle... Ils étaient comme la porte de Dieu... Cette seule vue des yeux de la plus pure des vierges concentre l'âme en Dieu... (âme qui) ne voudrait entendre parler que de Dieu et de ce qui touche à Sa Gloire. Le péché est le seul mal qu'elle voit sur la terre. Elle en mourrait de douleur si Dieu ne La soutenait ».

 

Le message public

Le texte que nous donnons de l'apparition et du message de la Sainte Vierge est extrait du récit authentique (il y eut, en effet, des textes falsifiés), écrit par Mélanie et publié le 15 novembre 1879 avec l'imprimatur de l'évêque de Lecce en Italie, Mgr Sauveur-Louis Zola, dont la cause de béatification a été introduite à Rome. Il fut son directeur spirituel de 1868 à 1873 lorsqu'elle habita dans son diocèse. Marie parle d'Elle comme étant la Mère de l'Eglise et la Mère de Jésus : « Si Mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de Mon Fils ». Car le peuple de Dieu appartient à Marie et étant la Mère de Dieu et de chaque homme, Elle peut retenir la Justice divine par sa toute-puissance suppliante ou La laisser s'abattre.

Pour la première et unique fois jusqu'à présent dans une apparition mariale, la Sainte Vierge, Fille du Père, s'identifie au Père puisqu'Elle dit avec autorité : « Je vous ai donné six jours pour travailler, Je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l'accorder. C'est ce qui appesantit tant le bras de Mon Fils ». Notre-Dame dit à Mélanie et à Maximin qu'en raison du refus de consacrer le dimanche à Notre-Seigneur et des nombreux jurons qui blasphèment le nom de Dieu, viendra une épidémie mortelle qui atteindra les enfants de moins de sept ans et une famine car tout sera pourri : le blé, les pommes de terre, le raisin, les noix... Elle leur demande de faire passer ce message « à tout Son peuple ». Puis Elle donne un secret à Maximin et un autre à Mélanie ainsi que la règle de l'Ordre des Apôtres des Derniers Temps.

 

Le secret

Mgr de Bruillard, l'évêque de Grenoble, demanda à Maximin et à Mélanie de rédiger leur secret, ce qu'ils firent le 3 juillet 1851. Après les avoir lus, il envoya les deux secrets au pape Pie IX. Ces secrets préparent celui de Fatima comme nous le verrons. La Sainte Vierge disait au jeune berger : « La France a corrompu l'univers, un jour elle sera punie. La foi s'éteindra en France... De grands troubles arriveront dans l'Eglise et partout... Puis après, une grande paix arrivera, mais elle ne durera pas longtemps. Un monstre viendra la troubler ». Le secret donné à Maximin ne fut découvert que récemment par l'abbé Michel Corteville. La Sainte Vierge demanda que celui de Mélanie soit publié à partir de 1858.

Le texte intégral de ce secret se trouve dans un tiré à part d'Arnaud de Lassus, n° 125 de juin 1996, de l'Action Familiale et Scolaire. Si le clergé a été si hostile à ce secret, c'est que Notre-Dame disait : « Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l'amour de l'argent, l'amour de l'honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d'impureté... Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence et le démon a obscurci leurs intelligences. Ils sont devenus ces étoiles errantes que le vieux diable traînera avec sa queue pour les faire périr... Il y aura en tous lieux des prodiges extraordinaires parce que la vraie foi s'est éteinte et que la fausse lumière éclaire le monde... Ce sera le temps des ténèbres ; l'Eglise aura une crise affreuse ».

Comme à Maximin, la Sainte Vierge dit à Mélanie que, grâce à la prière suppliante et à la pénitence des justes, « les persécuteurs de l'Eglise de Jésus-Christ et tous les hommes adonnés au péché périront ». Après une période de paix de vingt cinq ans, d'abondantes récoltes, de rois qui « seront le bras droit de la Sainte Église » et « de grands progrès dans la foi », « un avant-coureur de l'Antéchrist, avec ses troupes de plusieurs nations, combattra contre le vrai Christ, le seul Sauveur du monde... Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist ».

La Sainte Vierge développe donc ici l'annonce de l'Antéchrist faite par Saint Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens (II, 2,2). Pensant à l'ordre religieux qu'Elle veut voir fonder à la Salette, Notre-Dame appelle les Apôtres des Derniers Temps à servir le Christ. Enoch et Elie viendront, « remplis de l'Esprit de Dieu », prêchant avec la Force de Dieu. Puis l'Antéchrist « sera étouffé par le souffle de saint Michel... L'eau et le feu purifieront la terre et consumeront toutes les œuvres de l'orgueil des hommes et tout sera renouvelé. Dieu sera servi et glorifié ».

Après la publication du secret, Léon XIII reçut Mélanie en audience privée le 3 décembre 1878. Il lui demanda de rester à Rome afin de rédiger la règle des Apôtres des Derniers Temps, ce qu'elle fit pendant cinq mois au couvent des Salésiennes à Rome. Il lui dit alors d'aller à la Salette et de faire observer cette règle aux prêtres et aux religieuses.

Malheureusement, les missionnaires de la Salette n'ont jamais voulu devenir « les Apôtres des Derniers Temps » et ne veulent pas tenir compte du secret de la Salette, approuvé par Pie IX en 1872 et par Léon XIII en 1879. Le caractère surnaturel de l'apparition avait été reconnu par mandement de Mgr de Bruillard le 19 septembre 1851. Léon XIII couronna la statue de Notre-Dame de la Salette et donna au sanctuaire, prescrit par Pie IX, le titre de basilique.

 

Les Apôtres des Derniers Temps

« Il existe parmi les choses humaines deux choses parfaitement humaines et parfaitement ineffables : le sang de Jésus-Christ et les larmes de Sa Mère... Les larmes de la Mère des Douleurs coulèrent réellement sans interruption tant qu'Elle demeura sur la terre... Aujourd'hui qu'Elle est dans les cieux et qu'Elle règne sur tout ce qui est créé, Elle rachète les hommes avec cette immensité de larmes qui submergent le monde comme un Océan débordé et dont le déluge universel n'est qu'une très faible figure » remarque Léon Bloy, héraut de Notre-Dame de la Salette dans « Le symbolisme de l'apparition. »[4]

La Sainte Vierge pleure de voir Son Fils si gravement offensé et les hommes courir à leur perte et à leur malheur, car le diable se déchaîne sachant qu'il sera bientôt enchaîné en enfer et n'aura plus aucun pouvoir maléfique sur les âmes. C'est pourquoi Elle veut fonder l'ordre de la Mère de Dieu où les religieuses et les prêtres seront les « Apôtres des Derniers Temps » car, dit-elle, « voici le temps des Temps, la fin des Fins ». Ces apôtres seront les guides de ceux qui sont « affamés pour la gloire et l'honneur de Jésus-Christ. »

On retrouve, presqu'intégralement, dans les trente trois articles de la règle de l'Ordre de la Mère de Dieu, ceux de l'Ordre de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) pour les prêtres « Missionnaires de la Compagnie de Marie ». Dans le « Traité de la vraie dévotion », il évoque « la parousie mariale », le « pouvoir de Marie qui éclatera sur tous les diables » à la fin des temps et la venue des « Apôtres des Derniers Temps ». Ce texte, introuvable à son époque, était inconnu de Mélanie mais la Sainte Vierge, voyant que Saint Louis-Marie Grignion de Montfort n'avait pu réaliser cet Ordre, le demande à Mélanie, d'une humilité et d'une piété exemplaire. Elle parlait, sans le savoir, avec le Christ qu'elle appelait son « frère » et en a reçu les stigmates dès l'âge de 3 ans.

Le premier point de la règle est semblable au premier commandement : « Les membres de l'Ordre de la Mère de Dieu aimeront Dieu par-dessus toutes choses et leur prochain comme eux-mêmes pour l'amour de Dieu ». (art. 1). Les religieux seront « chastes de corps et d'esprit afin que Jésus-Christ fasse sa demeure en eux » (art. 5). Ils mèneront une vie inté-rieure « unissant la vie contemplative à la vie active, ils se sacrifieront et se feront tous victimes de Jésus et de Jésus Crucifié (art.12). « Mes missionnaires seront les apôtres des derniers temps : ils prêcheront l'Evangile de Jésus-Christ dans toute sa pureté par toute la terre » (art.22). « Ils fortifieront les hommes dans la foi afin que, lorsque le démon viendra, un grand nombre ne soit pas trompé... Il faut tout souffrir pour Dieu, tout donner pour Dieu... tout faire pour Dieu par l'entier et parfait holocauste » (art.23). « J'appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à Mon divin Fils... J'appelle les Apôtres des Derniers Temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l'humilité, dans le mépris et dans le silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans la chasteté et dans l'union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde ».

Mélanie avait conscience de la nécessité de l'expiation. Elle constatait : « L'Amour est un véritable sacrificateur : Il veut la mort de tout ce qui n'est pas Lui ». Elle vécut jusqu'à sa mort, à soixante treize ans, le 14 décembre 1904, à Altamura en Italie, dans une union adoratrice et crucifiante à Jésus-Christ et à Sa Mère, Miroir de la lumière de Dieu.

 

4) Notre-Dame de Lourdes : «Je suis l'Immaculée Conception»

Les 18 apparitions

Chaque apparition mariale est la continuation pédagogique et doctrinale de la précédente. A la Salette dans les Hautes-Alpes, la Sainte Vierge montre l'horreur du péché par Ses larmes et par le Christ sur la croix dont Mélanie remarque « qu'Il paraissait vivant... Il semblait vouloir montrer qu'Il était en croix pour nous, par amour pour nous, pour nous attirer à Son amour. »

A Lourdes, dans les Pyrénées, Elle a fait connaître Son essence : l'Immaculée Conception, et Elle donne le chapelet comme remède au péché. La Sainte Vierge apparaîtra à Bernadette Soubirous dix huit fois, selon un plan logique, du 11 février, fête des Servites de Marie voués à la prédication de la Passion et des Douleurs de Marie, au 16 juillet 1858, fête de Notre-Dame du Mont Carmel.

 

Le jeudi 11 février 1858, Bernadette, une jeune bergère pauvre et pieuse de 14 ans, allant chercher du bois à la grotte de Massabielle, près de Lourdes, entend un léger coup de vent alors que les peupliers ne remuent pas. Cette brise rappelle celle qu'entendit le prophète Elie avant sa rencontre avec Dieu (Rois,1,19,12). Le Saint-Esprit est souvent annoncé par un vent, comme ce fut le cas à la Pentecôte (Actes des Ap.2,2). Marie, par ce léger vent, se présente comme Celle qui a la plénitude de la grâce, Mère de la divine grâce et Epouse du Saint-Esprit. A trois mètres du sol, dans une niche de la paroi rocheuse, Bernadette voit une lumière douce et dans cette lumière le sourire d'une « merveilleuse enfant habillée de blanc » qui s'incline vers elle en ouvrant les mains dans un geste d'accueil. Saisie d'une crainte révérencielle, Bernadette prend le chapelet qui était dans sa poche. La vision fait le signe de la croix d'un geste ample et réfléchi exprimant l'adoration envers la Sainte Trinité. Alors Bernadette fait le signe de croix en essayant de l'imiter, s'agenouille et dit son chapelet « en présence de cette belle dame » qui faisait « courir les grains du Sien mais ne remuait pas les lèvres. »

Le dimanche 14 février, Bernadette et quelques-unes de ses camarades qui l'accompagnent mais ne verront rien, retourne à la grotte. Elles récitent le rosaire. Au second chapelet, la Sainte Vierge apparaît et comme Bernadette sait que des apparitions diaboliques disparaissent si on leur jette de l'eau bénite, elle L'asperge en lui disant de rester si Elle vient de la part de Dieu ou sinon de s'en aller. « Elle se mit à sourire, à incliner la tête et plus je l'arrosais, plus elle souriait » raconte la jeune voyante.

Le jeudi 18 février, Bernadette demande à la Dame d'écrire son nom sur un papier que lui tend quelqu'un. « Aqueiro », selon le nom que lui donne Bernadette, ce qui signifie « l'ineffable », « l'inconnaissable », lui répond : « Ce n'est pas nécessaire » et lui pose cette question : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? ». Bernadette, qui a l'habitude d'être humiliée, est émerveillée par l'exquise bonté, l'intelligence du cœur, la courtoisie de cette Dame si belle et toute de lumière, qui la vouvoie et semble lui demander une faveur. Elle acquiesce et la Dame lui dit : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. »

Les 19 et 20 février, la Sainte Vierge ne parle pas.

Le 21, Elle demande de prier pour les pécheurs.

Le 23, Elle lui confie un secret.

Le 24, Elle s'écrie : « Pénitence, pénitence, pénitence ! Priez Dieu pour la conversion des pécheurs ».

Le 25 février, Elle lui donne un second secret et demande à Bernadette d'aller boire à la fontaine et de manger l'herbe qui est à côté. Bernadette ne trouve qu'une eau boueuse, la lape et mange l'herbe à côté, ce qui la fait paraître folle aux yeux des curieux, mais elle le fait pour obéir à l'Aqueiro, à l'Ineffable, et pour faire pénitence pour les pécheurs. Cette eau boueuse deviendra une source fraîche, abondante (100.000 litres par jour) et surtout  miraculeuse, permettant des guérisons physiques et spirituelles.

Le 27 février, Notre-Dame demande à Bernadette de dire aux prêtres de faire bâtir ici une chapelle. Le curé répond à Bernadette, un peu provocant : « Demande à la Dame son nom et de faire fleurir le rosier », ce qui est impossible en cette saison.

Ce que fait Bernadette le 28, n'obtenant qu'un sourire de la Sainte Vierge.

Le 1° mars, Marie demande à Bernadette de se servir de son chapelet. Une personne présente à la grotte, Catherine Latapie, guérit après avoir trempé sa main droite paralysée dans la source[5]. Instantanément ses doigts morts se déplient et revivent. Enceinte de neuf mois, elle sent au même moment que son bébé va naître. Alors elle supplie : « Sainte Vierge qui m'avez guérie, laissez-moi rentrer chez moi à temps. » A peine arrivée chez elle, elle donne naissance à un garçon, Jean-Baptiste, qui deviendra prêtre.

Le 2 mars, Marie veut que l'on vienne en procession à la grotte.

Le 3 mars, elle réitère sa demande d'une chapelle.

Le 4 mars, elle sourit et se signe 18 fois.

Le 25 mars, elle dit qu'Elle est l'Immaculée Conception.

Le 7 avril, Bernadette ne se brûle pas alors que la flamme du cierge se trouve dans la paume de sa main. Le docteur Dozous constate qu'il n'y a pas la plus légère trace de brûlures et lui qui était athée se convertit devant ce miracle.

 

Le 16 juillet, date à laquelle l'Église fête le scapulaire, gage de salut apporté par Notre-Dame du Mont Carmel à Saint Simon Stock,  eut lieu la dernière apparition. Notre-Dame lui confie alors un troisième et ultime secret.

Après une enquête approfondie qui dura 4 ans, Mgr Laurence, l'évêque de Tarbes, publie un mandement, le 18 janvier 1862, affirmant : « Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous le 11 février et suivants, au nombre de 18 fois dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes. Que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine ». Bernadette deviendra Fille de la Charité et de l'Instruction chrétienne de Nevers, et mourra à trente cinq ans le mercredi de Pâques, 16 avril 1879.

Quand on ouvrit son tombeau, le 22 septembre 1909, son corps était intact. Il repose à la chapelle des sœurs de Nevers. Le pape Pie XI l'a béatifiée le 14 juin 1925 et canonisée le 8 décembre 1933. Pour l'année jubilaire des cent cinquante ans de l'apparition, du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008, Benoît XVI s'est rendu à Lourdes les 13, 14 et 15 septembre derniers et a dit la messe devant la basilique Notre-Dame du Rosaire. Il a accordé une indulgence plénière à ceux qui, pendant cette année sainte, visiteraient pieusement l'église du Sacré-Cœur où Bernadette a été baptisée, sa maison appelée « cachot », la grotte des apparitions et la chapelle de l'hospice où Bernadette fit sa première communion.

 

Le sens de l'Immaculée Conception

En ce 25 mars 1858, Bernadette demande quatre fois : « Mademoiselle, voulez-vous avoir la bonté de me dire qui vous êtes, s'il vous plaît ? » car le curé ne voulait rien faire tant qu'il ignorait l'identité de celle que Bernadette voyait. La Dame joint les mains à la hauteur de la poitrine, lève les yeux au ciel et affirme en patois lourdais : « Que soy era Immaculada Councepciou », « Je suis l'Immaculée Conception ». Bernadette court le dire au curé de Lourdes, l'abbé Peyramale. Il est bouleversé et s'étonne : la Sainte Vierge est conçue sans péché, mais elle ne peut pas être sa propre conception. Il se souvient que le pape Pie IX, 4 ans auparavant, le 8 décembre 1854, avait déclaré dans sa bulle « Ineffabilis Deus » « que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. »

La Sainte Vierge ne dit pas seulement : « J'ai été conçue immaculée, sans péché », ce qui serait une sorte d'adjuvant accidentel, comme une qualité qu'elle pourrait ne pas avoir. En disant « Je suis l'Immaculée Conception », elle définit ce qu'elle est. De même que l'essence de Dieu est d'être l'Etre Eternel « Je suis celui qui suis » dit-il à Moïse (Exode 3,14) l'essence de la Vierge Sainte est d'être Immaculée Conception. La Sainte Vierge est l'Immaculée Conception créée dans le dessein éternel de Dieu. Elle est habitée par le Saint-Esprit, conception incréée du Père et du Fils, comme l'a expliqué le P.Kolbe, « martyr de l'Immaculée » selon l'expression de Jean-Paul II. Si Elle affirme Son essence le 25 mars, fête de l'Annonciation et de l'Incarnation du Verbe, c'est que Dieu L'a créée immaculée en vue de Son Fils. Jésus et Sa Mère ont été pensés, aimés et voulus ensemble de toute éternité puisque Dieu savait qu'il devrait envoyer le Rédempteur et Le faire naître de la plus belle et de la plus pure des femmes car la tache originelle n'est point en Elle.

 

Le rosaire

La Sainte Vierge demande à Bernadette de venir pendant 15 jours, et porte un grand chapelet pour nous inciter à prier le rosaire, arme très puissante contre le démon comme Elle le dira aussi à Fatima. Car le rosaire est constitué de trois chapelets qui permettent de contempler les 3 mystères joyeux, douloureux et glorieux tout au long de leurs cinq dizaines. Il ne s'agit pas seulement de dire le Credo, le Notre Père et les dix « Je vous salue Marie ». Il s'agit d'entrer de toute notre âme dans les mystères qu'ils évoquent : la nativité de Jésus-Christ, Sa flagellation ou l'Assomption de la Sainte Vierge. En vivant le rosaire, on vit en Dieu et en Marie. Chaque « Ave » est une rose, une fleur offerte à la Sainte Vierge pour louer, avec l'archange Gabriel, son Immaculée Conception, « Vous êtes la plénitude de la grâce » et  reconnaître, avec Sainte Elisabeth, sa cousine, qu'Elle est « bénie entre toutes les femmes » car Elle va donner naissance au Sauveur. Et puis nous lui demandons que par Sa Maternité Divine, Elle intercède pour nous, « pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ».

 

Le scapulaire

Lorsque Bernadette voit la Sainte Vierge à Lourdes le 16 juillet 1858, en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, elle s'émerveille : « Jamais je ne L'avais vue aussi belle ». Le 13 octobre 1917, Notre-Dame apparaîtra, aux enfants de Fatima, en tant que Notre-Dame du Mont Carmel : Elle tient un scapulaire, car Elle veut qu'on le porte. Le scapulaire, du latin « scapulae », épaules, est une pièce de tissu couvrant les épaules, la poitrine et le dos, à laquelle s'ajoute une capuche pour les hommes. Le scapulaire de Marie peut et doit être porté par les laïcs : c'est une petite pièce de tissu retenue par un cordon passé autour du cou. Lorsque Marie apparut, le 16 juillet 1251, au carme Saint Simon Stock, Elle était entourée d'anges. Tenant à la main un scapulaire, Elle lui dit avant de le lui remettre : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les carmes : celui qui mourra dans cet habit sera préservé des flammes éternelles. »

Le rosaire et le scapulaire sont inséparables, a dit Sœur Lucie de Fatima. Le rosaire est la prière à Marie et le scapulaire est la livrée du chevalier de Marie : il rappelle à celui qui le porte, comme à celui qui a la médaille miraculeuse autour de son cou, qu'il doit être digne de porter les couleurs de Marie, son habit, son emblème, et ne rien faire qui puisse lui déplaire ou déplaire à Jésus, car, ce qui offense la Mère offense le Fils et ce qui offense le Fils offense la Mère.

En plus du scapulaire du Mont Carmel, il y a le scapulaire vert. Un prêtre doit bénir les deux scapulaires qui seront portés par la personne mais il doit aussi imposer celui du Mont Carmel. La Sainte Vierge a révélé le scapulaire vert en 1840, le 8 septembre, anniversaire de sa nativité, à une sœur de la Charité, Justine Bisqueyburu. Sur ce scapulaire d'étoffe verte, on voit sur une face Marie qui tient son cœur surmonté de flammes et sur l'autre face « un cœur tout enflammé de rayons plus brillants que le soleil et transparents comme du cristal ». Ce cœur, percé d'un glaive, est entouré d'une inscription de forme ovale, surmontée d'une croix en or, avec ces mots : « Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort ». Ce scapulaire, approuvé par le pape Pie IX en 1863 et à nouveau en 1870, est particulièrement efficace pour la conversion des pécheurs, surtout à l'article de la mort.

 

 

Deuxième Partie :

La Dévotion au Cœur Immaculé de Marie : Fatima

 

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie, demandée par la Sainte Vierge à Fatima, est la conséquence de l'Immaculée Conception. Marie est Immaculée car elle est la Mère de Dieu et en tant que Mère de la Divine Grâce, Elle est Co-Médiatrice et Co-Rédemptrice de Jésus. Le P.Kolbe écrit : « Jésus-Christ est l'unique médiateur entre Dieu et l'humanité ; l'Immaculée est l'unique médiatrice entre Jésus et l'humanité. Et nous, nous serons les heureux médiateurs entre l'Immaculée et les âmes dispersées dans le monde entier. » [6]

N'ayant qu'un cœur avec Son Fils tant Elle l'aime et tant Il est la vie de Sa vie, on comprend pourquoi sur la médaille miraculeuse le Cœur de Jésus entouré d'épines côtoie le Cœur de Marie transpercé d'un glaive. Elle souffre des souffrances faites à Son Fils, de chaque péché qui Le cloue sur la croix, Elle nous demande, comme Elle le montre à la Salette, de Le déclouer, de réparer nos offenses. Jésus vit en Marie et Marie en Jésus, unis dans l'adoration de la Sainte Trinité.

Comme le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie, en 1673, en lui montrant son cœur « plus rayonnant qu'un soleil, transparent comme un cristal, passionné d'amour pour les hommes » et voulant en être aimé, la Sainte Vierge est apparue en 1917 à trois enfants à Fatima pour faire connaître, Elle aussi, son cœur brûlant d'amour. N'aimant que Dieu, Elle attire les âmes à Dieu. Dieu veut que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie soit complémentaire de celle envers le Sacré-Cœur de Jésus. Car, observait Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans son « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge » (par.49) : « C'est par Marie que le salut du monde a commencé, c'est par Marie qu'il doit être consommé. » On ne peut aimer Marie sans aimer Jésus, ni aimer Jésus sans aimer Marie. Ils s'aiment tellement qu'Ils sont inséparables et c'est en nous reliant à Leurs deux cœurs que nous aimerons le Père Divin à qui Ils sont unis.

Aimer Marie, ce n'est pas en faire une idole, de la mariolâtrie. Ce serait le cas si, comme les autres créatures humaines, Elle pouvait être un obstacle, un écran entre Elle et Dieu par une sorte d'autonomie, de volonté d'indépendance envers le Créateur, ce qui est le péché originel. Mais c'est le contraire puisque la Vierge Marie n'existe que reliée à Dieu. C'est son entière soumission à la volonté de Dieu en Elle (« Je suis la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon votre parole », Luc 1,38) qui permet, comme Elle l'exalte dans le Magnificat (Luc 1,46-55), que Sa gloire soit celle de Son Créateur.

 

 

Les six apparitions de Notre-Dame à Fatima

C'est à Fatima au Portugal en 1917 que la Sainte Vierge est apparue 6 fois à 3 enfants, Lucie dos Santos, 10 ans et ses deux cousins, François Marto, 9 ans, et sa sœur Jacinta, 7 ans. Ces apparitions de Marie ont été préparées par celles en 1915 et 1916 de l'ange du Portugal. Il leur a appris deux prières : « Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne vous aiment pas ». Et « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». Alors que François et Jacinthe n'avaient pas encore fait leur première communion, il donna la sainte hostie à Lucie et le sang du calice à ses deux cousins en leur disant : « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu », ceci alors que François et Jacinta n'avaient pas encore fait leur première communion. L'ange annonce ainsi que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie unie au Cœur de Jésus doit être réparatrice, consolatrice et amener le plus grand nombre possible d'âmes à Dieu. Lucie, devenue carmélite, écrivait, le 26 décembre 1957, au Père Fuentes : « Ou nous sommes à Dieu. Ou nous sommes au démon, il n'y a pas de moyen terme... Nous devons sauver nos âmes ou les perdre, conjointement avec beaucoup d'autres âmes. Beaucoup d'âmes dépendent de notre correspondance à la grâce. Si nous perdons nos âmes, nous en perdrons aussi beaucoup d'autres. »

 

Le 13 mai 1917 lors de sa première apparition, la Sainte Vierge « toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil », irradiant sur les trois enfants la lumière qui émanait d'elle, leur dit : « Je suis du Ciel ». Elle leur demande de dire tous les jours le chapelet et de venir ici, à la Cova da Iria, le 13, pendant 6 mois de suite, à cette même heure. Elle souhaite aussi qu'ils offrent les souffrances que Dieu leur enverra « en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ». Lucie répond pour les trois petits voyants : « Oui, nous le voulons ». Notre-Dame les avertit : « Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort ». En disant ces mots, écrit sœur Lucie, « Elle nous communiqua, comme par un reflet qui émanait de ses mains, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu'au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu qui était cette lumière. »

 

Le 13 juin, la Sainte Vierge annonce à Jacinthe et François qu'elle les emmènera bientôt au ciel et dit à Lucie : « Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé... Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu'à Dieu. » Lucie, dont le nom de carmélite était Sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, a vécu unie, de volonté et de cœur, à Jésus et Marie. Elle est morte à près de 98 ans, le 13 février 2005.

 

Le 13 juillet, la Sainte Vierge annonce qu'elle viendra en octobre : « Je dirai qui je suis et ce que je veux, et je ferai un miracle que tous verront afin qu'ils croient. » Elle leur demande : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : "O Jésus, c'est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie". » Elle montre alors aux enfants "l'océan de feu" qu'est l'enfer où ils voient les démons et les âmes des damnés. S'ils n'avaient pas reçu la promesse d'aller au ciel, ils seraient morts d'épouvante, a écrit Lucie dans son troisième mémoire. C'est alors qu'elle va donner ce que l'on appelle son secret. Nous l'évoquons plus loin.

 

Le 19 août, car le 13 les enfants avaient été emmenés en prison par l'administrateur du district, franc-maçon notoire, Notre-Dame leur dit : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

 

Le 13 septembre, Marie prévient qu'« en octobre Notre-Seigneur viendra ainsi que Notre-Dame des Douleurs et du Carmel, Saint Joseph avec l'Enfant Jésus, afin de bénir le monde. »

 

Le 13 octobre, un samedi, devant 70 000 personnes, Marie donne son identité : « Je suis Notre-Dame du Rosaire. » Comme elle l'avait annoncé, la Sainte Famille, Notre-Dame des Douleurs et Notre-Dame du Mont Carmel se montrent aux trois enfants et à eux seuls. Pendant ce temps eut lieu ce que l'on appela "la danse du soleil". Le père de François et Jacinta Marto raconte : « On pouvait regarder parfaitement le soleil sans en être incommodé. On aurait dit qu'il s'éteignait et se rallumait, tantôt d'une manière, tantôt de l'autre. Il lançait des faisceaux de lumière... Tout le monde était immobile. Tout le monde se taisait... A un certain moment, le soleil s'arrêta et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois â danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible... Finalement, le soleil s'arrêta, et tous poussèrent un soupir de soulagement. Nous étions vivants ». Ce miracle, vu jusqu'à 70 km, permit de nombreuses conversions, et fut perçu comme le sceau de garantie que les enfants avaient dit la vérité et qu'il fallait tenir compte des demandes de la Sainte Vierge.

 

Le secret de Fatima

Le secret confié par la Sainte Vierge aux enfants le 13 juillet 1917 « comprend trois choses distinctes » selon l'expression employée par sœur Lucie dans son troisième mémoire. Il n'y a donc pas trois secrets, comme pourrait le laisser entendre l'expression « le troisième secret de Fatima » que l'on entend très fréquemment, mais un seul secret en trois parties centrées sur la dévotion au Cœur Immaculée de Marie.

La première partie est la vision de l'enfer : « Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver Dieu veut établir dans le monde la dévotion à Mon cœur Immaculé. » Notre-Dame, à Fatima, a un très grand souci du salut des pécheurs et en parle dans quatre des apparitions.

La deuxième partie est la volonté de Dieu d'établir la dévotion au Cœur Immaculé de Marie comme moyen privilégié pour réparer les offenses envers Notre Seigneur, obtenir le salut des pécheurs et avoir la paix. Par son Cœur Immaculé, Notre-Dame exprime son amour pour Dieu et pour les hommes, et, parce qu'elle est immaculée, sans péché, elle est le plus sûr chemin pour nous conduire vers Celui qui est « la voie, la vérité et la vie. » (Jean XIV, 6) Dans cette deuxième partie, la Sainte Vierge annonce qu'elle viendra plus tard donner des précisions sur cette dévotion, ce qu'elle fera entre 1925 et 1929, dans les apparitions de Pontevedra et Tuy, à sœur Lucie alors postulante puis novice chez les sœurs Dorothée.

La Sainte Vierge demandera :

  • - la communion réparatrice des premiers samedis du mois pour obtenir la conversion des pécheurs et avoir la paix,
  • - la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le Saint Père en union avec les évêques de monde entier au cours d'une journée de pénitence, consécration qui n'a pas encore été faite dans les conditions exactes demandées par la Sainte Vierge.

La dévotion réparatrice des premiers samedis du mois est en outre assortie d'une grâce insigne pour ceux qui la pratiqueront. En effet, à tous ceux qui, cinq mois de suite, outre la communion réparatrice, se confesseront, réciteront le chapelet et feront un quart d'heure de méditation sur les mystères du Rosaire ce jour-là, Notre-Dame promet de « les assister à l'heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut de leur âme. » Autrement dit, ceux qui pratiqueront cette dévotion seront préservés des peines de l'enfer.

A propos des cinq premiers samedis, Notre Seigneur apparaissant à sœur Lucie dans la nuit du 29 au 30 mai 1930, lui explique qu'il s'agit de réparer « cinq espèces d'offenses et de blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie : contre son Immaculé Conception, sa virginité, sa maternité divine en refusant en même temps de la reconnaître comme mère des hommes, l'indifférence, le mépris et même la haine à son égard inculqués dans le cœur des enfants et les offenses de ceux qui l'outragent dans ses saintes images. »

La troisième partie tient sur une feuille selon le témoignage de Mgr Venancio et en 26 lignes selon celui du cardinal Ottaviani. Nous pouvons en deviner la teneur authentique par sœur Lucie elle-même. Selon le père Alonso, un des plus grands spécialistes de Fatima : « Il est donc tout à fait probable que le texte [du troisième secret] fasse des allusions concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des pasteurs eux-mêmes. (...) Il est fort possible qu'il (...) y est fait des références plus concrètes aux luttes intestines des catholiques ou aux défaillances des prêtres et des religieux. Peut-être même y a-t-il référence aux défaillance de la haute hiérarchie de l'Eglise. »

 

Si la Sainte Vierge voulait que ce secret soit rendu public au plus tard en 1960, n'est-ce pas pour mettre en garde contre un concile qui, sous prétexte de pastorale, ne rejetterait pas les erreurs, qu'il s'agisse du communisme athée, du culte non plus de Dieu mais de l'homme ou de l'œcuménisme qui affaiblit la foi énoncée dans le « Credo » en « l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique » ? Sœur Lucie, dans des lettres écrites peu après le concile pastoral et non infaillible de Vatican II, parle plusieurs fois de « ces temps de désorientation diabolique. » Dans l'une d'elle, elle va jusqu'à dire que le démon a réussi « à tromper des âmes ayant une lourde responsabilité par la place qu'elles occupent !... Ce sont des aveugles qui guident d'autres aveugles. » (Lettre du 16 septembre 1970 à une religieuse amie)

Le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, interviewé par la revue Jésus Magazine le 11 novembre 1984 a dit que le troisième secret qu'il a lu en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, porte sur « ce qu'un chrétien doit savoir de la révélation : un appel radical à la conversion, la gravité absolue de l'histoire, les périls qui menacent la foi et la vie du chrétien, et donc du monde. Et puis l'importance des derniers temps » et correspond « à ce qu'annonce l'Ecriture ». Il confirme aussi ce que disait sœur Lucie au père Fuentes le 26 décembre 1957 : la Sainte Vierge lui a fait savoir que nous sommes dans les derniers temps du monde, car le diable mène une « bataille finale, décisive » contre elle et contre les disciples de son Fils. C'est pourquoi Dieu nous donne « le dernier moyen de salut : sa très Sainte Mère » et « les deux derniers remèdes : le saint rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie ». La Sainte Vierge, dont la victoire sur le démon est annoncée dès la Genèse, vaincra le dragon de l'Apocalypse : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera » assure-t-elle dans le secret.

 

La consécration au Cœur Immaculé de Marie

Se consacrer au Cœur Immaculé, c'est « lui livrer et lui consacrer, en toute soumission et amour, son corps et son âme, ses biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de ses bonnes actions, passées, présentes et à venir, lui laissant un entier et plein droit de disposer de soi et de tout ce qui nous appartient, sans exception, selon son bon plaisir » selon la très belle expression de la consécration à Marie de saint Louis-Marie Grignion de Monfort. Appartenant totalement à Son Fils, elle est, constate-t-il, le moyen parfait « que Jésus-Christ a choisi pour s'unir à nous et nous unir à Lui. » [7] Marie étant plus sainte que tous les saints, puisque préservée de la tâche originelle, Elle n'a jamais péché, est notre modèle et notre moyen de sanctification.

Il s'agit en premier d'obéir aux commandements de Dieu et de l'Eglise selon ce que Notre-Seigneur a dit à Lucie en 1942 : « Le sacrifice qu'exige de chacun l'accomplissement de son propre devoir et l'observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j'exige maintenant. » [8] Le sacrifice n'est pas possible sans la prière, le cœur à cœur qu'est l'oraison, le rosaire et le scapulaire. Toute notre vie, nos pensées, nos actions, nos occupations, doivent être en Dieu et pour Dieu par Marie. Lorsque nous prions Dieu et que nous recevons le Corps sacré de Jésus à qui Marie a donné sa chair et son sang, faisons passer nos prières par notre ange gardien (elle est la Reine des anges) et par Marie. Elle sera notre avocate auprès de Dieu, nous aidera à accomplir Sa volonté, à aimer Dieu et à Le faire aimer en aimant tous ses enfants, car à chacun Il donne Sa Vie et Son Amour. A Jésus par Marie : « Qui veut avoir Jésus doit avoir Marie » dit saint Grignion de Montfort dans L'amour de la Sagesse éternelle (p. l00, éd. Martin Morin).

 

 

Conclusion :

Aimer Jésus par Marie, en union à la Sainte Trinité

 

Dieu, dont l'Être est Amour, a créé les hommes pour les faire participer à Sa béatitude, à la joie parfaite qui provient de la circumincession, de la relation d'amour entre les Trois Personnes de la Sainte Trinité ; le Saint-Esprit étant le don d'amour réciproque entre le Père et le Fils. La Trinité, dont l'amour est l'unité, nous a créés à Son Image et à Sa Ressemblance (Genèse 1,26). Dieu s'est donné à nous par l'Incarnation de Son Fils, sa parfaite image et ressemblance, le modèle parfait de l'Amour Divin, pour que nous nous donnions à Lui. Lui seul peut nous combler, nous rendre parfaitement heureux puisque nous sommes faits par Lui et pour Lui. C'est pourquoi Saint Augustin disait ; « Tu nous a faits pour Toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en Toi ». Et puisque Dieu est Amour, on ne doit aimer les autres et soi-même qu'en Dieu et par Dieu : « L'amour vient de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (Ep. Jean IV, 7,8) Le Christ ne pouvait naître que d'une Vierge immaculée, car sa Mère ne pouvait être une pécheresse.

C'est pourquoi on peut dire que, dans la pensée de Dieu, Marie est la première-née avec Jésus, « le premier-né de la création parce qu'en Lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les choses visibles et les invisibles...Tout a été créé par Lui et pour Lui. » (Col.1,15-16) Etant donné la chute d'Adam, que Dieu connaissait dans sa prescience puisqu'Il est éternel, Il a voulu racheter l'homme avec la générosité grandiose de Son Amour Infini en lui envoyant un Rédempteur. Il était donc nécessaire que la Mère du Verbe soit immaculée, totalement intacte, l'innocence dans sa pureté même. Le Christ est l'unique Médiateur et l'unique Rédempteur (1 Tim. 2,5). Mais, comme le premier miracle de Jésus le montre, celui des noces de Cana (Jean 2,11), Il veut que nous passions par Sa Mère. Son intercession auprès de Lui, sa coopération à notre salut, permet de la dire Co-Rédemptrice et Médiatrice. En donnant naissance au Sauveur, Elle est l'aurore de la nouvelle création, de la création restaurée par le Rédempteur et la Mère de l'Eglise, de l'Eglise souffrante du purgatoire, militante ici-bas, mais aussi triomphante, la Jérusalem céleste, « parée comme une épouse pour son époux. » (Ap.21,2)

On ne pourra jamais aimer assez Marie car nous n'égalerons jamais l'amour du Christ pour Sa Mère qui, au pied de la Croix, nous a fait ce don ultime : avoir pour mère la Mère de Jésus, la Mère de Dieu ! Comme pour tout fils aimant, ce qui L'offense le plus, c'est qu'on insulte Sa Mère par le blasphème, le mépris et le manque d'amour. C'est par Sa maternité divine et Son union totale avec Dieu depuis Sa conception que Marie est Co-Rédemptrice et Co-Médiatrice de toutes les grâces, en particulier celle de la paix et du salut des âmes. Elle l'a montré dans toutes ses apparitions avec une insistance croissante dans une progression à la fois logique et pédagogique.

Au Laus, elle se présente comme le refuge des pécheurs.

A la rue du Bac, elle donne l'inscription « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » sur la médaille qui entraînera tant de miracles, dont celui de la conversion, comme celle de Ratisbonne, qu'on ne peut que reconnaître sa toute-puissance sur le Cœur de Dieu car Elle est La Mère du Divin Amour.

La Sainte Vierge appelle, à la Salette, au respect du nom de Dieu et du Jour du Seigneur et demande aux Apôtres des Derniers Temps de combattre en « enfants de lumière » « pour la gloire et l'honneur de Jésus-Christ ».

A Lourdes, l'affirmation de Son essence, « Je suis l'Immaculée Conception », s'accompagne de guérisons physiques et spirituelles qui durent toujours.

Et à Fatima, Elle insiste sur le fait que notre dernier moyen de salut est la dévotion au Cœur Immaculé de Marie qui culmine par la consécration à Son Cœur Immaculé, dont Dieu veut qu'Elle soit complémentaire de celle du Sacré-Cœur de Jésus. Comment séparer la Mère et le Fils ? Comment séparer Leurs deux Cœurs que Bérulle exaltait ainsi :

« O cœur de Jésus vivant en Marie et par Marie ! O cœur de Marie vivant en Jésus et pour Jésus ! ».

 

Michèle Reboul

  

Table des matières

 Première partie

Du Laus à Lourdes, la progression pédagogique des apparitions de l'Immaculée Conception.

Marie est Mère de la Miséricorde :

1) Au Laus, Marie se présente comme Reine de la Miséricorde

2) Rue du Bac : Notre-Dame et la Médaille Miraculeuse

La conversion d'Alphonse Ratisbonne

3) A la Salette, La Vierge en pleurs, Marie Co-Rédemptrice :

  • 1. L'apparition de Notre-Dame à la Salette
  • 2. Le message public
  • 3. Le secret
  • 4. Les apôtres des derniers temps

4) Lourdes : « Je suis l'Immaculée Conception » :

  • 1. Les 18 apparitions
  • 2. Le sens de l'Immaculée Conception
  • 3. Le rosaire
  • 4. Le scapulaire

 

Deuxième Partie

La dévotion au cœur immaculé de Marie : Fatima

  • 1. Les 6 apparitions de Notre-Dame à Fatima
  • 2. Le secret de Fatima
  • 3. La consécration au Cœur Immaculé de Marie

 

Conclusion :

Aimer Jésus par Marie en Union à la Sainte Trinité


[1] « Procès de Catherine », éd. Lethielleux, note 172 C, p. 89.

[2] Ed. Perrin, 2001, p. 158.

[3] Ratisbonne n'étant pas encore baptisé, il s'agit évidemment d'une confession non sacramentelle.

[4] Ed. Mercure de France, 1970, p. 16.

[5] Selon Henry Lasserre, Catherine Latapie aurait entendu un appel intérieur dans la nuit pour se rendre à Lourdes, distante de 7 km. Elle a été la première miraculée.

[6] Lettre aux clercs d'Assise, 6 avril 1934, cité p. 112 dans « La doctrine mariale du Père Kolbe » du P. Manteau-Bonamy, éd. Lethielleux, 1975.

[7] Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, Seuil 1966, p. 98, par. 125.

[8] Lettre du 28 février 1943 à l'évêque de Gurza.

 
Una Voce France
Boutique en ligne Una Voce: on y trouve le meilleur du chant grégorien !