La Messe, Cœur de la Chrétienté
AFS N° 149

PLAN
INTRODUCTION :
- La messe, foyer de toute la vie des chrétiens
- Les chrétiens dans la société temporelle et dans le Corps mystique
I - LA CHRÉTIENTÉ
- La chrétienté «inscription temporelle» de l'Église
- La chrétienté naît du cœur des saints
II - FÉCONDITÉ SOCIALE DE LA MESSE - ILLUSTRATIONS
III - LITURGIE ET CHRÉTIENTÉ - HARMONIE DU TEMPOREL ET DU
SPIRITUEL
IV - LES LEÇONS LITURGIQUES ET LA DOCTRINE SOCIALE DE L'ÉGLISE
V - MESSE ET CHRÉTIENTÉ - FOI ET SACRIFICE
VI - UNITÉ DE LA CHRÉTIENTÉ
- Distinguer chrétienté et corps mystique
VII - LA COMMUNAUTÉ LITURGIQUE
VIII - L'UNITÉ DE L'ÉGLISE, EFFET PROPRE DE L'EUCHARISTIE
- Présence réelle et communion
- La déchirure protestante
CONCLUSION :
Ite missa est
Faut-il commencer par rappeler que «la messe est le centre de la religion et le foyer de toute la vie des chrétiens» (dom Guéranger) ? Elle est en effet, selon l'expression de saint Odon, «l'œuvre à laquelle est attaché le salut du monde». Le P. Sevin aimait à dire qu'il nous faudrait vivre «en état de messe», c'est-à-dire dans les dispositions d'une offrande permanente à Dieu. L'œuvre de rédemption n'est pas facultative. Nous ne pouvons être sauvés sans bénéficier du sacrifice du Christ, de ce même sacrifice qui, de manière non sanglante est offert sur nos autels.
Certes, «la révélation surnaturelle n'était pas nécessaire en elle-même; l'homme n'y avait aucun droit; mais de fait Dieu l'a donnée et promulguée; dès lors la grâce entre en première ligne dans (toute considération sur la vie de l'homme). Il n'est pas en nous une seule faculté qui n'appelle son complément divin : la grâce aspire à parcourir l'homme tout entier, à se fixer en lui à tous degrés : et c'est afin que rien ne manque à cette harmonie du naturel et du surnaturel dans cette créature privilégiée que l'Homme Dieu a institué ses sacrements qui la saisissent, l'élèvent, la déifient» (Dom Guéranger, Le sens chrétien de l'histoire)
La finalité de la vie sacramentelle est rappelée par Jean-Paul II dans sa lettre aux évêques et aux prêtres de mars 1980 (n°5, 6, 7). Pour le Chrétien, mener une vie fondée sur les sacrements, c'est désire que Dieu agisse en lui pour le faire parvenir, dans l'Esprit, à la plénitude du Christ. De son côté, Dieu ne l'atteint pas seulement à travers les événements et par sa grâce intérieure, mais il agit en lui avec une certitude et une force plus grandes au moyen des sacrements.
«Eh bien, parmi tous les sacrements, précise le pape, c'est la Sainte Eucharistie qui porte à la plénitude l'initiation du chrétien. Le culte eucharistique est ainsi le centre et le but de toute la vie sacramentelle... Il constitue l'âme de toute la vie chrétienne».
Cette vie chrétienne se réalise dans l'exécution du plus grand commandement, celui de l'amour de Dieu et du prochain. «Cet amour trouve sa source précisément dans le saint sacrement. L'Eucharistie signifie cette charité et donc elle la rappelle, la rend présente et en même temps elle la réalise».
On ne saurait interpréter ces propos en s'en tenant à la seule vie privée et personnelle de l'homme. «L'humanité, interroge dom Guéranger, aurait-elle par hasard une autre fin que l'homme? L'humanité serait-elle autre chose que l'homme multiplié ? Non, en appelant l'homme à l'union divine, le Créateur y convie en même temps l'humanité».
D'une part, ainsi que le souligne le cardinal Pie dans un commentaire des premières demandes du Notre Père :
«Le chrétien, ce n'est pas comme semble le croire et comme l'affirme tous les jours et sur tous les tons un certain monde contemporain, ce n'est pas un être qui s'isole en lui-même, qui se séquestre dans un oratoire indistinctement fermé à tous les bruits du siècle et qui, satisfait pourvu qu'il sauve son âme, ne prend aucun souci du mouvement des affaires d'ici-bas. Le chrétien c'est le contrepied de cela. Le chrétien c'est un homme public et social par excellence; son surnom l'indique : il est catholique, ce qui signifie universel».
D'autre part,
«Dans le Christ et par le Christ, la vie (du chrétien) est unie par un lien mystérieux à la vie de tous les autres chrétiens dans l'unité surnaturelle du corps mystique. Ainsi, s'instaure entre les fidèles, un merveilleux échange de biens spirituels en vertu duquel la sainteté de l'un apporte aux autres un bénéfice bien supérieur au dommage que le péché de l'un a pu causer aux autres. Il y a des personnes qui laissent derrière elles comme un surplus d'amour, de souffrance supportée, de pureté et de vérité qui se déverse sur les autres et les soutient... C'est la réalité de la Communion des saints». (Jean-Paul II, Bulle d'indiction du Jubilé n°10).
Nous allons retrouver tout au long de cet article ces deux aspects de l'engagement du chrétien dans la société temporelle et dans le corps mystique pour montrer que la messe est au coeur de la chrétienté; nous ferons auparavant quelques rappels sur la chrétienté.
I - LA CHRÉTIENTÉ
• La chrétienté, «inscription temporelle» de l'Église
Dom Gérard a remarquablement répondu à cette question : Qu'est-ce que la Chrétienté? dans son mémorable sermon prononcé à Chartres lors du pèlerinage de 1985[1];Nous ne pouvons mieux faire que de la citer :
«La chrétienté, c'est une alliance du sol et du ciel, un pacte scellé par le sang des martyrs entre la terre des hommes et le paradis de Dieu... un humble commencement de la vie éternelle... c'est la lumière de l'Évangile projetée sur nos patries, sur nos familles, sur nos mœurs, sur nos métiers. La chrétienté c'est le corps charnel de l'Église, son rempart, son inscription temporelle. C'est aussi et surtout la proclamation de la Royauté de Jésus-Christ sur les âmes, sur les institutions et sur les mœurs. C'est l'ordre temporel de l'intelligence et de l'amour soumis à la très haute et très sainte royauté du Seigneur Jésus».
La chrétienté, c'est donc l'incarnation de la foi dans toute la vie sociale. «Ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans lemonde», peut-on lire dans la lettre à Diognete, écrite vers 210. Cette idée que les chrétiens maintiennent l'ordre temporel dans son intégrité est le fondement du seul véritable humanisme, celui qui ne sépare pas la nature et la grâce. La chrétienté offre au corps charnel d'être traversé par l'action de la grâce.
• La chrétienté naît du coeur des saints
La foi est créatrice de vie : «le juste vit de la foi», dit saint Paul.
«On assiste donc à la naissance d'une petite enclave de chrétienté dès que la foi prend assez d'emprise sur un groupe d'hommes pour les amener à vivre publiquement et socialement en chrétiens... c'est-à-dire avec des mœurs chrétiennes, des familles chrétiennes, des fêtes chrétiennes. En bref, la chrétienté est une réalité extérieure et sociale qui prend sa source dans une réalité intérieure et personnelle» [2]
Le Père Doncoeur exprimait cette même démarche dans Allez de l'avant :
«Aussi ne faut-il pas se promettre de faire du monde une chrétienté mais d'être dans le monde une chrétienté : se déterminer quelques-uns d'abord à vivre un christianisme loyal, purifié des peurs, des marchandages et des compromissions, rajeuni aux sources d'eau vive de la foi, de l'espérance et de l'amour. Et puis, du point de départ de cet engagement personnel, rayonner son idéal autour de soi comme le levain que le boulanger pétrit, jusqu'à ce que tout soit fermenté» [3]
La chrétienté se dégage ainsi lentement mais elle peut disparaître. D'où cette très belle synthèse de dom Gérard:
«L'Église naît du coeur du Christ, la chrétienté naît du cœur des saints. Les saints sont fils de l'Église; la chrétienté est fille des saints. L'Église naît une fois et ne meurt pas; la chrétienté meurt et renaît sans cesse».
Dom Gérard illustre cette réflexion sur la naissance d'une chrétienté et sur les liens du temporel et du surnaturel en évoquant les Fonts baptismaux de Reims autour desquels se tiennent Rémi, Clotilde et Clovis.
«Dans l'évêque on verra l'Église qui enfante et qui fonde : en Clotilde la sainteté qui influe mystérieusement par la prière et par le sacrifice; en Clovis la chrétienté qui s'éveille et qui prend corps. Que pourrait la chrétienté sans l'Église source? Mais que peut le flot sacramentel de l'Église sans l'autorité du chef franc qui en creuse le lit et en organise le cours ?» [4]
II - FÉCONDITÉ SOCIALE DE LA MESSE
Avant de justifier que la messe est bien le cœur de la chrétienté, nous pouvons le constater. Le paysage français avec ses chapelles, ses églises, ses cathédrales, nous apprend que la messe a été véritablement ce cœur. Il y a là l'effort de tout un peuple pour placer dignement, au cœur de la vie quotidienne, la présence réelle de Notre-Seigneur. De son expérience de treize ans au Gabon, Mgr Lefebvre disait :
«Là, j'ai vu, oui, j'ai vu ce que pouvait la grâce de la sainte messe; je l'ai vu dans ces âmes saintes qu'étaient certains de nos catéchistes. Ces âmes païennes transformées par la grâce du baptême, transformées par l'assistance à la messe et par la sainte Eucharistie, ces âmes comprenaient le mystère du sacrifice de la croix, offraient leur sacrifice et leurs souffrances avec Notre Seigneur Jésus-Christ et vivaient en chrétiens.
J'ai pu voir ces villages de païens devenus chrétiens se transformer non seulement, je dirai, spirituellement et surnaturellement, mais se transformer physiquement, socialement, économiquement, politiquement; se transformer, parce que ces personnes, de païennes qu'elles étaient, étaient devenues conscientes de la nécessité d'accomplir leurs devoirs, malgré les épreuves, malgré les sacrifices, de tenir leurs engagements et en particulier les engagements du mariage. Et alors le village se transformait peu à peu sous l'influence de la grâce, sous l'influence de la grâce du saint sacrifice de la messe, et tous ces villages voulaient avoir une chapelle, tous ces villages voulaient avoir la visite du Père... pour assister à la sainte messe» [5]
Autre constat, celui de John Senior :
«Qu'est-ce que la culture chrétienne? Essentiellement, la messe. Je n'affirme pas là mon opinion, ni l'opinion ou la théorie ou le voeu de l'un ou de l'autre, j'indique le pivot de deux mille ans d'histoire. La chrétienté, ce que les naturalistes appellent la civilisation occidentale, c'est la messe avec tout l'appareil qui la protège et la favorise. Toute l'architecture, tout l'art, toutes les institutions politiques et sociales, toute l'économie, toutes les manières de vivre, de sentir et de penser des peuples, leur musique et leur littérature: toutes ces réalités quand elles sont bonnes, ne sont que des moyens de favoriser et de protéger le saint sacrifice de la messe» [6]
III - LITURGIE ET CHRÉTIENTÉ : HARMONIE DU TEMPOREL ET DU SPIRITUEL
Un des aspects de la chrétienté est l'harmonie qui lie le spirituel et le temporel, l'âme et le corps, l'homme et la création.
La liturgie y invite. Dans la liturgie, c'est tout l'homme qui agit et qui prie. La dignité de la place faite au corps, temple du Saint-Esprit, le double mouvement qui transfigure et spiritualise le corps et simultanément incarne l'âme, c'est dans la liturgie que Guardini les voit le mieux représentés [7] De même, dans la liturgie, les choses sont respectées en même temps que soumises à l'âme chrétienne pour le service de Dieu. Elles sont un moyen d'expression de la vie de la grâce.
«La liturgie... unit ciel et terre, pays et races, corps et âmes dans une même prestation où se rassemblent les richesses sans nombre de la création, l'intelligence, le sens esthétique, les affections du cœur humain, le goût de la poésie et la musique. Elle unit le mouvement à l'immobilité, le silence à la parole; elle éduque le corps et discipline l'esprit. C'est la liturgie qui pendant seize siècles a formé l'esprit de la chrétienté en lui offrant un matériel de symboles, de textes et d'images saintes, de rythmes et de chants purificateurs. Mais il y a un domaine où elle s'avère plus que jamais la gardienne du principe d'unité : c'est lorsqu'elle propose les sacrements comme des remèdes pour l'âme et pour son compagnon le corps, lequel en reçoit un surcroît de dignité... L'Eucharistie ne sera un remède pour l'âme que par le moyen d'une humble manducation qui est une des actions les plus liées aux nécessités de la vie corporelle» [8]
Dans la chrétienté, l'image, le geste, la ligne architecturale, les mœurs et les actes sont chargés de signification, se trouvent comme saturés de valeurs profondes. Les hommes ont vis-à-vis de la création la double attitude de domination et de subordination, de maîtres parce que les choses leur servent à exprimer la vie de l'âme, de serviteurs parce qu'ils en respectent la destination fixée par Dieu. «L'univers n'est alors qu'un immense symbole d'une transparente unité »[9] Le monde moderne présente l'image inverse d'une telle description. Il suffit, pour s'en persuader, de comparer l'organisation des cités du Moyen-âge à celles de nos capitales modernes, le plus souvent inhumaines. S'il y demeure un certain symbolisme, l'inspiration chrétienne en est totalement absente; ce symbolisme puise aux sources du naturalisme.
D'une part, ce monde se prétend spirituel mais il est en fait rationaliste et vide de toute spiritualité; et d'autre part tout ce qui relève de la corporéité se trouve «profondément engagé dans la matière à laquelle manque l'humanité parce qu'elle n'est plus animée ni vivifiée intérieurement par l'âme et qui sous plus d'un rapport est au dessous de la bête»[10] Une telle dissolution du lien de l'âme et du corps est caractéristique de la mort. La chrétienté au contraire témoigne d'une culture de vie.
IV - LES LEÇONS LITURGIQUES ET LA DOCTRINE SOCIALE DE L'ÉGLISE
Avant de traiter de ce qu'est essentiellement la messe : le renouvellement du sacrifice de la croix, nous nous arrêterons un instant sur les leçons liturgiques. A chaque messe, la parole de Dieu nous est donnée. C'est au seul Magistère vivant de l'Église - dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ - qu'a été confiée la charge d'interpréter de façon authentique la Parole de Dieu écrite ou transmise (CEC 85). Écrivant au sujet de l'autorité de l'Écriture (que les protestants présentent comme exclusive, sola scriptura), Bossuet écrit:
«L'Église ne nous donne pas seulement l'Écriture en papier, l'écorce de la parole, le corps de la lettre. Elle nous donne l'esprit, c'est-à-dire le sens de l'Écriture; car nous donner l'Écriture sans le sens, c'est nous donner un corps sans âme, une lettre qui tue» [11]
«L'Évangile est la vérité, l'Eucharistie est la vie... L'Évangile nous éclaire, l'Eucharistie nous fortifie... Le triple signe de croix, dessiné avec le pouce sur le front, les livres et la poitrine est resté de règle avant la lecture de l'Évangile, le symbolisme en est assez clair : l'enseignement de Jésus ne doit-il pas illuminer nos intelligences, inspirer nos paroles et par-dessus tout pénétrer et transformer nos cœurs? ... Nous devons retraduire en quelque sorte et faire repasser tout l'Évangile dans le profane et la banalité de nos pauvres existences... L'Évangile est, dans toute la force du terme, un livre de vie, le livre de la vraie vie» [12]
L'homélie qui suit la lecture de l'Évangile est elle-même un acte liturgique, un acte de Dieu agissant par le ministère de son Église. A partir du texte sacré, elle explique les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne. Ces normes concernent la vie privée et la vie sociale. La doctrine sociale a pour fondement la loi naturelle et donc les dix commandements et pour couronnement la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. A ce titre, l'Église rappelle avec Pie XI dans Quas primas que la célébration annuelle du Christ-Roi doit apprendre «aux gouvernants et magistrats l'obligation, aussi bien qu'aux particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront de leur côté le dernier jugement où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles; car Sa dignité royale exige que l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l'établissement des lois, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs».
Pie XI développait dans cette encyclique ces versets de l'hymne que l'Église à justement retenu pour les vêpres de la fête du Christ-Roi :
«Que les chefs des nations vous rendent publiquement hommage;
Que les maîtres et les juges vous honorent;
Que les lois et les arts vous proclament;
Que les resplendissants étendards des rois s'inclinent avec soumission devant vous;
Sous la douceur de votre sceptre, maintenez la patrie, la cité».
V - MESSE ET CHRÉTIENTÉ : FOI ET SACRIFICE
Une foi authentique doit donc s'efforcer de régner sur la famille, les communautés diverses et la patrie. Ce règne universel de la foi se heurte aux obstacles que dressent la faiblesse ou la tiédeur des hommes et l'hostilité du monde entretenue par le démon. Pour engendrer la chrétienté, la foi doit être animée d'un puissant esprit de sacrifice. «Si quelqu'un veut être mon disciple qu'il prenne sa croix et qu'il me suive».
«Oui, la chrétienté naît de la foi et du sacrifice. Elle grandit par la foi et le sacrifice. Elle perdure par la foi et le sacrifice. Et, quand la foi et le sacrifice disparaissent, elle meurt» [13]Notre Seigneur ne nous a pas laissés sans moyens pour fortifier notre foi et notre esprit de sacrifice. Il ne nous a pas laissés seuls : «Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde», et Il s'est sacrifié Lui-même se faisant «obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la Croix».
«Et pour que cette présence réelle et cet exemple ne cessent jamais, Il nous a laissé la messe. Notre foi trouve ainsi à se nourrir en Jésus, réellement présent dans l'Eucharistie. Et notre esprit de sacrifice peut se réchauffer sans cesse par l'exemple du sacrifice de Jésus, la Messe étant tout ensemble Mystère de Foi et renouvellement du sacrifice de la croix» [14]
«L'Eucharistie est, proprement, comme le dit la liturgie, «le mystère de la foi», écrit Paul VI dans l'encyclique qui porte justement le titre Mysterium fidei. Il cite Léon XIII : «En ce seul mystère sont renfermées en singulière abondance des merveilles diverses, toutes les réalités surnaturelles». De son côté, le Catéchisme de l'Église catholique (CEC n°1327) affirme : «L'Eucharistie est la somme et le résumé de notre foi».
Et donc, poursuit Paul VI, nous ne pouvons nous approcher de ce mystère qu'en nous attachant à la Révélation divine. Il est bon de redire ce qui forme comme la synthèse et le sommet de cet enseignement :
«Le sacrifice que le Christ a offert une fois pour toutes sur la Croix demeure toujours actuel... L'Eucharistie est un sacrifice parce qu'elle représente (rend présent) le sacrifice de la Croix, parce qu'elle en est le mémorial et parce qu'elle en applique le fruit... Le sacrifice du Christ et le sacrifice de l'Eucharistie sont un unique sacrifice. C'est une seule et même victime, c'est le même qui offre maintenant par le ministère des prêtres, qui s'est offert lui-même alors sur la Croix... L'Eucharistie est également le sacrifice de l'Église. L'Église qui est le corps du Christ participe à l'offrande de son chef. Avec lui elle est offerte elle-même tout entière... Dans l'Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi le sacrifice des membres de son corps. La vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail sont unis à ceux du Christ et à sa totale offrande et acquièrent ainsi une valeur universelle» (CEC n°1364 à 1369).
C'est pourquoi on peut en toute vérité dire que la messe est au cœur de la chrétienté. «Le cœur c'est à la fois l'organe qui propulse la vie dans tout le corps et l'organe auquel tout revient. La messe propulse la vie dans la chrétienté et toute la chrétienté se rapporte à elle et reflue vers elle, comme à son centre» [15]
Saint Augustin résume cette doctrine qui nous incite à une participation de plus en plus complète au sacrifice de notre Rédempteur :
«La cité rachetée tout entière est offerte à Dieu comme un sacrifice universel par le Grand Prêtre qui, sous la forme d'esclave, est allé jusqu'à s'offrir pour nous dans sa Passion, pour faire de nous le corps d'un si grand chef... Tel est le sacrifice des chrétiens : "à plusieurs n'être qu'un seul corps dans le Christ" (Rom. 12,5). Et ce sacrifice, l'Église ne cesse de le reproduire dans le sacrement de l'autel bien connu des fidèles, où il lui est montré que dans ce qu'elle offre, elle est elle-même offerte» [16]
VI - L'UNITÉ DE LA CHRÉTIENTÉ - DISTINGUER CHRÉTIENTÉ ET CORPS MYSTIQUE
Après notre réflexion centrée sur le sacrifice, ce texte de saint Augustin nous invite à développer un nouvel aspect : la messe nous unifie en un seul corps.
«Les cultes privés et publics, plus que les idées et les doctrines profanes, ont toujours symbolisé l'unité de vie qui existait dans les cités - États de l'ancien monde oriental, en Israël, en Grèce, à Rome...», écrit dom Le Gall[17]. Avec la messe, l'unité réalisée est d'un autre ordre. Il faut immédiatement préciser ici qu'il n'est pas question de confondre chrétienté et Corps mystique. La chrétienté, nous l'avons dit, est une incarnation de la foi dans l'ordre temporel. Le christianisme en est donc un élément constitutif essentiel. Mais il ne faudrait pas le réduire à un idéal terrestre ou à une conception de la vie humaine, ni même à la plus élevée des conceptions de la vie humaine. Il est un événement divin et ne propose pas pour but final l'aménagement de la cité terrestre. La chrétienté n'est pas l'Église, mais elle en est «l'inscription temporelle».
A toute société, de toute nature, est liée la notion de bien commun. Et à tout niveau, le bien commun «rassemble essentiellement, dit Marcel de Corte, tout ce qui unit les hommes entre eux». Pie XII, dans Mystici Corporis, écrit : «Dans le corps moral il n'y a pas d'autre principe d'unité que la fin commune». Et saint Thomas : «Le bien et le salut des hommes en société est la conservation de cette unité qu'on appelle la paix». Il ne s'agit pas de l'unité à n'importe quel prix, de n'importe quelle paix mais de celle qui est l'œuvre de la justice.
Comme il y a une hiérarchie des sociétés, il y a une hiérarchie des biens communs et l'unité est d'autant mieux réalisée, elle est d'autant plus forte que la «fin commune» est plus élevée. Dans la chrétienté, cette unité est plus que l'œuvre de la justice étant celle de la charité. Ainsi, la messe qui réalise l'unité du Corps mystique - l'Eucharistie fait l'Église - participe-t-elle directement à l'unité de la société temporelle qu'est la chrétienté. C'est ce qu'à présent nous voulons développer.
VII - LA COMMUNAUTÉ LITURGIQUE
«La liturgie ne dit pas "je" mais "nous" (sauf le cas exceptionnel où l'individu est nécessairement au premier plan de l'action)» [18]Ce «nous» n'est pas l'addition numérique des personnes présentes, ni même la totalisation des croyants; il est cet ensemble, en tant qu'il constitue une unité : l'Église. C'est cette unité qui s'adresse à Dieu.
Une certaine ambiguïté a été créée en attribuant à l'assemblée une place qu'elle n'a pas. Le père Joseph de sainte Marie a montré que c'était même là l'erreur introduite dans le fameux article n°7 de l'Institutio generalis de 1969 présentant le nouvel Ordo Missae et définissant la messe comme un rassemblement. Cette erreur tend à faire de l'assemblée le tout de l'Eucharistie en laissant entendre que le Christ est présent d'abord dans l'assemblée («Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom...») et que cette présence se cristallise ensuite dans le pain et le vin. «Le sacrement devient alors la cristallisation de l'assemblée où le Christ est déjà présent»[19].
Quand nous parlons de communauté liturgique et, à ce niveau, de liturgie facteur d'unité, nous voulons souligner que le fidèle, s'il vit activement de la vie liturgique, doit prendre conscience qu'il prie et agit comme membre de l'Église. «On ne perdra jamais de vue, écrit Mgr Chevrot, que cette messe, même la plus solitaire, est offerte par le peuple chrétien tout entier, par toute l'Église et pour les besoins de tous les membres de l'Église». Cela engage les fidèles en quelque sorte à faire leur la vie de la communauté, à sortir de la sphère de leurs intérêts propres pour adresser au ciel des intentions qui ne les touchent peut-être pas directement. Il y a là plus que de l'humilité mais une sorte d'abandon de la souveraineté personnelle : c'est l'amour qui est exigé. Ce «nous» que nous évoquions exige que l'on intègre l'autre dans notre vie propre.
Très justement, Romano Guardini souligne :
«Cette union des membres entre eux n'est point réalisée par le commerce et le contact d'homme à homme mais bien par l'unité de direction spirituelle et la communauté de but : tous reposent dans la même fin qui est Dieu et la communauté de la foi du sacrifice et des sacrements. On pourrait dans la liturgie relever les cas où un membre de la communauté s'adresse directement à son frère par la parole, le geste ou l'action[20]... L'esprit de communauté est constamment tempéré par un vigilant sentiment des distances et des égards mutuels et, malgré toute sa force, ne dégénère pas en un empiètement sur la vie intérieure du voisin (21). [21]Cette attitude de distance éloigne de la liturgie toute trivialité, toute vulgarité spirituelle... elle empêche que l'âme ne se sente menacée dans son intériorité»[22].
Lorsque l'on évoque la communauté liturgique, participant à l'unité de la chrétienté, il y a bien ce souci de montrer combien lui est étranger le tempérament individualiste, pour lui opposer ce que l'on peut appeler le tempérament social, mais il y a évidemment beaucoup plus :
«l'assemblée liturgique tient son unité, dit le Catéchisme, de la Communion de l'Esprit-Saint, et dépasse les affinités humaines, raciales, culturelles et sociales» (CEC n°1097)
VIII - L'UNITÉ DE L'ÉGLISE, EFFET PROPRE DE L'EUCHARISTIE
«L'Eucharistie fait l'Église, c'est-à-dire que le Christ Lui-même se forme son corps mystique. Chaque chrétien s'unissant par elle à Lui et en Lui au Père et tous les chrétiens entrant ainsi dans la grande communion du corps mystique. Le fait que cette dernière expression ait signifié d'abord le corps sacramentel du Christ pour en venir ensuite à désigner l'Église est hautement significatif. S'il comporte le danger de couper l'Eucharistie de l'Église, il marque bien la continuité qu'il y a de l'une à l'autre. C'est ce qu'exprime saint Thomas d'Aquin, témoin privilégié de la Tradition, lorsqu'il écrit et répète que l'Eucharistie est le "sacrement de l'unité de l'Église"» [23]
Nous utiliserons plusieurs citations pour expliciter cette réflexion fondamentale :
«L'Eucharistie est le sacrement de l'unité de l'Église, le moyen par excellence d'unir les hommes aux Personnes de la Trinité et de réaliser à travers toutes les races et les civilisations l'unité de la Chrétienté»[24].
«Communier au pain et au vin changés en le Christ, ce n'est pas multiplier le Christ au contact de notre multiplicité mais unifier notre multiplicité au contact de son unité. Ce n'est pas attirer à soi un Christ particulier mais être jetés tous ensemble sur le Christ unique. Ce n'est pas nous qui changeons ce pain en nous-mêmes, c'est ce pain qui nous change en Lui-même»[25].
«Puisqu'il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps car tous nous participons au pain unique» (I Cor X. 16-17).
«Le symbolisme eucharistique a été abondamment étudié par les Pères et les scolastiques surtout par rapport à l'unité de l'Église. Le Concile de Trente a résumé cette doctrine quand il enseigne que notre Sauveur a laissé à son Église l'Eucharistie comme symbole de son unité et de la charité par laquelle Lui-même veut voir tous les chrétiens intimement unis entre eux et donc comme un symbole de ce corps unique dont il est la tête»[26].
«Par la volonté du Christ, ce lien admirable qu'on n'exaltera jamais assez, qui nous unit entre nous et avec notre divin chef est manifesté d'une manière spéciale aux fidèles par le Sacrifice eucharistique... le Sacrement de l'Eucharistie, tout en constituant une vive et admirable image de l'unité de l'Église, puisque ce pain destiné à la consécration est fourni par l'union de beaucoup de grains, nous communique l'auteur de la grâce céleste pour que nous puisions en Lui cet Esprit de charité par lequel nous vivons, non plus notre vie, mais la vie du Christ et par lequel aussi dans tous les membres du corps social nous aimons notre Rédempteur Lui-même»[27].
Dans l'introduction du livre de Romano Guardini que nous avons déjà citée, R. d'Harcourt écrit : «La liturgie, toute tissée de dogmes et reposant tout entière sur la vérité théologale est, profondément, la circulation du sang mystique de l'Église, elle-même corps mystique du Christ». La liturgie permet aux fidèles d'éprouver le lien vivant qui les joint à l'Église et par elle au Christ.
• Présence réelle et communion ![]()
Le cardinal Journet[28] rappelle que la théologie distingue trois aspects dans l'Eucharistie.
Il y a ce que l'on voit : les espèces du pain et du vin qui désignent le corps du Christ donné pour nous et son sang répandu pour nous.
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Il y a ce que l'on croit : c'est la présence réelle du Christ signifiée par les espèces. La présence sacramentelle se réfère tout entière et constamment au Christ tel qu'Il est lui-même au moment de la Transsubstantiation. C'est donc la présence du Christ glorieux venant à nous et nous attirant à lui à travers sa croix; c'est le Christ avec son corps donné pour nous, son sang répandu pour nous. Telle est «la réalité suprême signifiée et contenue par les espèces sacramentelles».
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«C'est la réalité suprême, non la réalité ultime[29]. Le corps et le sang s'unissent ceux qui y participent et par surcroît les unissent entre eux. Le corps sacramentel du Christ crée ainsi autour de lui le Corps mystique ou ecclésial du Christ... Le corps sacramentel qui est réalité - la réalité suprême - sera en même temps signe. Le Corps mystique sera pur effet, pure et ultime réalité... Le Corps mystique est contenu dans l'Eucharistie[30], comme le signifié dans le signe ou l'effet dans la cause. Les sacrements de la loi nouvelle contiennent en effet la grâce qu'ils signifient...».
• La déchirure protestante
Foi en la présence réelle et foi au Corps mystique ne sont pas dissociables. Le protestantisme fournit une preuve a contrario de la garantie réciproque que se procurent ces deux réalités. Écartant la doctrine catholique de l'Eucharistie, il conteste celle de l'Église, Corps mystique. «Comment en effet, l'Eglise serait-elle réellement édifiée ? Comment tous ses membres seraient-ils rassemblés en un organisme réellement un, par le moyen d'un sacrement qui ne contiendrait qu'en symbole celui dont elle doit devenir le corps et qui seul peut en faire l'unité ?»[31].
En perdant le sens de l'unité profonde du Corps mystique[32], le protestantisme a entraîné la déchirure de la chrétienté. «Il a brisé l'unité organique du corps social, brisé l'institution monarchique, stérilisé l'œuvre d'imprégnation du temporel par le spirituel, telle que l'avait inspirée l'Église aux hommes de la chrétienté»[33]. «La Réforme a déchiré la seule unité que l'Europe possédât et la seule qu'elle pouvait posséder, l'unité de foi. La Réforme est une Révolution en ce qu'elle met un point final à l'histoire du Saint-Empire»[34].
Maurras aura cette formulation très expressive : «La Réforme du XVIème siècle et, en conséquence, la guerre de Trente ans, ont constitué les nationalités comme autant de schismes».
CONCLUSION :
"Ite missa est"
Ite Missa est... L'Église envoie les fidèles en mission. Cette mission «qui concerne essentiellement le salut des hommes embrasse aussi le renouvellement de tout l'ordre temporel», écrit Jean-Paul II dans Christifideles laici. A la fin de la messe, l'Église rappelle ainsi aux laïcs leurs devoirs d'état; ils consistent, en un mot, à établir là où ils sont, un état de chrétienté. «Plus que jamais, dit le pape, le maître appelle les ouvriers à sa vigne. Il n'est permis à personne de ne rien faire». La situation économique, politique, culturelle, exige aujourd'hui de façon toute particulière l'action des fidèles laïcs : «S'il a toujours été inadmissible de s'en désintéresser, présentement c'est plus répréhensible que jamais».
Dans cette même exhortation, Jean-Paul II rappelle aux laïcs que «toutes leurs activités, leurs prières, leur vie conjugale... s'ils sont vécus dans l'Esprit de Dieu.... tout cela devient offrandes spirituelles agréables à Dieu par Jésus-Christ; et dans la célébration eucharistique ces offrandes rejoignent l'oblation du corps du Seigneur pour être offertes en toute piété au Père. C'est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde».
La messe est bien le cœur qui propulse la vie dans la chrétienté et vers lequel toute cette vie revient pour être offerte.
Dans son livre L'âme de tout apostolat, dom Chautard relève qu'il est impossible de méditer sur les conséquences du dogme de la présence réelle, du sacrifice de l'autel, de la communion sans être amené à conclure que Notre Seigneur a voulu instituer ce sacrement pour en faire le foyer de toute activité, de tout dévouement, de tout apostolat. Si toute la Rédemption, dit-il, gravite autour du calvaire, toutes les grâces de ce mystère découlent de l'autel.
«Œuvres de ce temps, multiples et pourtant si souvent stériles, pourquoi n'avez-vous pas régénéré la société?... Parce que vous n'êtes pas suffisamment entées sur la vie intérieure, sur la vie eucharistique, sur la vie liturgique bien comprise»
Le pape saint Pie X est à la fois le pape de la communion fréquente et celui de la devise : «Instaurare omnia in Christo», devise qui résume ce que doit être une chrétienté. Tout restaurer dans le Christ, c'est rétablir la cité sur ses fondements naturels et divins. La messe est au cœur de cette restauration. «Elle est le renouvellement du sacrifice du calvaire par lequel l'humanité étant réconciliée avec Dieu, l'ordre initial se trouve rétabli par une union nouvelle, en quelque sorte, du naturel et du surnaturel : union qu'avaient détruite et comme refusée nos premiers parents» [35]
L'oubli de ces vérités fondamentales empêche de comprendre la haine de la messe et du sacerdoce qu'ont manifestée toutes les révolutions maçonniques ou communistes. Elles ont toutes fermé les églises, supprimé les prêtres, tenté de «banaliser» le dimanche (que l'on pense à ce sujet au message de la Salette).
«Que la Messe soit dite et bien dite (entendez : selon la volonté même de Dieu formulée par les saints canons de l'Église). Qu'elle puisse être dite du levant au couchant, en tous lieux.... Qu'il puisse y avoir, pour la dire, de nombreux prêtres, saints et doctes dans la science de Dieu... Que tout soit ordonné, ici-bas, pour que les mérites de la messe puissent se répandre le plus abondamment, le plus totalement sur le plus grand nombre possible, et, pour cela, faire en sorte que tout soit mis en œuvre, directement ou indirectement, surnaturellement et naturellement, afin que le plus grand nombre possible soit mieux préparé à cueillir, goûter, rechercher ces fruits de salut éternel plus universellement dispensés»[36].
Telles sont les conditions fondamentales pour la réalisation d'une chrétienté.
Michel BERGER
[1] Repris en annexe de son maître-livre, Demain la chrétienté.
[2] Texte de l'abbaye Sainte Madeleine du Barroux dans le livret de préparation du pèlerinage 2000
[3] Cité dans l'article relevé à la note précédente
[4] Demain la chrétienté, p.43.
[5] Rapporté par l'abbaye Sainte Madeleine (texte cité plus haut).
[6] Restauration de la culture chrétienne, D.M.M., 1991.
[7] Romano Guardini, L'Esprit de la liturgie, traduction et introduction de R. d'Harcourt (Plon, 1930).
[8] Demain la chrétienté, Dom Gérard. - (9) id.
[9] Demain la chrétienté, Dom Gérard. - (9) id.
[10] Introduction du livre de Romano Guardini, cité plus haut.
[11] Cité par Mgr Jullien dans Bossuet et les protestants.
[12] Mgr Chevrot, Notre messe
[13] Extrait du texte cité plus haut, de l'abbaye Sainte Madeleine.
[14] id.
[15] id.
[16] cité dans le CEC n°1372.
[17] Dom Le Gall : Associés à l'oeuvre de Dieu, éd. C.L.D., 1981.
[18] Romano Guardini, op. cit.
[19] P. Joseph de sainte Marie, L'Eucharistie, salut du monde, p.364 et sv, éditions du Cèdre (DMM).
[20] Romano Guardini n'évoque pas ici les relations entre fidèles et ministres hiérarchiques.
[21] On est ici très loin des attitudes que l'on observe dans les sectes
[22] Romano Guardini, opus cité.
[23] P. Joseph de sainte Marie, opus cité, p.417
[24] Père Philippon
[25] Cardinal Journet, La Messe (Desclée de Brouwer), 1957.
[26] Paul VI, Mysterium fidei
[27] Pie XII, Mystici corporis
[28] La Messe, p.252-253
[29] Par réalité ultime, le cardinal Journet entend la réalité ultimement signifiée, produite par la réalité suprême. La distinction de ces trois aspects du sacrement - signe visible, réalité premièrement signifiée et réalité ultimement signifiée - est développée par le père Joseph de sainte Marie (opus cité, p.280) qui montre que la théologie traditionnelle l'applique adéquatement à l'Eucharistie
[30] A la différence du corps vrai et sacramentel du Christ, il n'y est pas contenu substantiellement
[31] id., p.255
[32] Le point de désaccord fondamental concernant le principe d'autorité
[33] Dom Gérard, Demain la chrétienté, p.102
[34] Gonzague de Reynolds
[35] Jean Ousset Pour qu'Il règne
[36] Pour qu'Il règne





