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Le quarantième anniversaire de la nouvelle messe

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 Le quarantième anniversaire de la nouvelle messe

 AFS N° 203

C'est le 3 avril 1969 qu'était publiée la Constitution apostolique Missale romanum du pape Paul VI « promulguant le Missel romain restauré sur l'ordre du II e concile oecuménique du Vatican ».

La nouvelle messe, ainsi introduite dans l'Église, n'allait être connue qu'un peu plus tard.

Sur cette question importante, nous nous bornons ici à rappeler la chronologie, à reproduire trois prises de position de personnes faisant autorité, à indiquer les documents qui nous paraissent les plus utiles aujourd'hui. 

  • Chronologie

- 4 décembre 1963 : Promulgation par Paul VI de la Constitution conciliaire sur la sainte liturgie.

-  3   avril 1969 : Constitution apostolique Missale romanum.

- 20 octobre 1969 : Instruction de la Congrégation du Culte divin sur l'application de la Constitution Missale romanum.

- 21 octobre 1969 : Présentation au pape Paul VI, par les cardinaux Ottaviani et Bacci, du Bref examen critique où sont exposés les principaux défauts de la nouvelle messe.

- 12 novembre 1969 : Ordonnance de l'épiscopat français décidant que la nouvelle messe était autorisée à partir du premier dimanche de l'Avent 1969 et obligatoire à partir du 1er janvier 1970.

- 19 et 26 novembre 1969 : Discours et déclaration de Paul VI sur la nouvelle messe.

- 16 juin 1971 : Publication dans l'Osservatore Romano d'une Notification de la Congrégation pour le culte divin sur le missel romain, la liturgie des heures et le calendrier.

- 24 mai 1976 : Allocution de Paul VI au Consistoire, se référant à la Notification précédente et affirmant que « Le nouvel Ordo est promulgué pour être substitué à l'ancien ».

- 3    octobre 1984 : Lettre de la Congrégation pour le culte divin autorisant, sous des conditions très restrictives la célébration de la messe traditionnelle.

- 2    juillet 1988 : Motu Proprio de Jean-Paul II demandant une application large et généreuse des directives données par la lettre précédente.

- 7    juillet 2007 : Motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI précisant que la messe traditionnelle n'avait jamais été interdite et présentant les deux messes (la nouvelle et la traditionnelle) comme les deux formes, l'une ordinaire, l'autre extraordinaire, d'un même rite.

  • Quelques prises de position 

- Cardinaux Ottiaviani et Bacci (21 octobre 1969) :

Comme le prouve suffisamment l'examen critique ci-joint, si bref soit-il, œuvre d'un groupe choisi de théologiens, de liturgistes et de pasteurs d'âmes, le nouvel Ordo Missae, si l'on considère les éléments nouveaux, susceptibles d'appréciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou impliqués, s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe, telle qu'elle a été formulée à la XXe session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les « Canons » du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte à l'intégrité du mystère. Toujours les sujets, pour le bien desquels est faite la loi, ont eu le droit et plus que le droit, le devoir, si la loi se révèle tout au contraire nocive, de demander au législateur, avec une confiance filiale, son abrogation. [1]

- R.P. Calmel, o.p. (janvier 1970)

J'estime de mon devoir de prêtre de refuser de célébrer la messe dans un rite équivoque.

Si nous acceptons ce rite nouveau, qui favorise la confusion entre la messe catholique et la cène protestante - comme le disent équivalemment deux car­dinaux et comme le démontrent de solides analyses théologiques - alors nous tomberons sans tarder d'une messe interchangeable - comme le reconnaît du reste un pasteur protestant - dans une messe carrément hérétique et donc nulle. Commencée par le pape, puis abandonnée par lui aux églises nationales, la réforme révolutionnaire de la messe ira son train d'enfer. Comment accepter de nous rendre complices ? [2]

- Abbé Raymond Dulac (février 1970)

Les quatre cinquièmes du document (la Constitution Missale Romanum de Paul VI) sont employés à décrire tout simplement les nouveautés du nouveau Missel.

Quant à la partie finale, qu'on pourrait croire dispositive, le Pape ne déclare avec précision et dans les formes requises :

ni ce qu'il commande,

ni ce qu'il prohibe,

ni ce qu'il concède. (... )

II y a donc lieu d'appliquer ici le canon 23 du Code de Droit canonique :

« Dans le doute, la révocation de la loi préexistante n'est pas présumée, mais les lois postérieures doivent être ramenées (trahendae) aux précédentes, et, autant qu'il est possible, conciliées avec elles. »

A nos yeux, il n'y a même pas de doute : Paul VI n'a certainement pas voulu rendre obligatoire son missel, d'une obligation vraiment juridique. [3]

  • Documents sur la nouvelle messe

- Documents courts :

- Aide-mémoire sur la nouvelle messe (brochure AFS, 1999), 12 p., 1 €.

- Courrier de Rome, avril 2009, Lettre ouverte à don Nicolas Bux, 3 €.

- Études plus développées :

- Bref examen critique de la nouvelle messe présentée à Paul VI par les cardinaux Ottiaviani et Bacci. (1969), 37 p., 3 €.

- Le sacrifice de la messe dans la nouvelle catéchèse et le nouvel Ordo (1985), 120 p., 10 € (La partie de ce livre sur le nouvel Ordo a été rédigée par le père Joseph de Sainte-Marie).

- La nouvelle messe, de Louis Salleron (2e édition, 1975), 252 p., 19 €.

- Histoire de la nouvelle messe et de l'interdiction de la messe traditionnelle :

- Histoire de la messe interdite, de Jean Madiran, fascicule 1 (2007), 122 p., 17 €, et fascicule 2 (2009), 162 p., 17 €.

Nous attirons l'attention sur l'intérêt particulier du livre « Le sacrifice de la messe dans la nouvelle catéchèse et le nouvel ordo », de ce grand théologien que fut le père Joseph de Sainte Marie. [4] L'ordinaire de la nouvelle messe y est critiqué en fonction des trois dogmes fondamentaux du sacrifice de la messe : le rôle sacerdotal propre et exclusif du prêtre, la Présence réelle, le sacrifice.

Une telle étude, allant à l'essentiel et rédigée pour le grand public, mérite d'être largement diffusée. 

A.L.


[1] Extrait de la lettre des cardinaux Ottiaviani et Bacci présentant au Pape Paul VI le Bref examen critique du nouvel Ordo Missae (1969).

[2] «Déclaration» parue dans Itinéraires n°139 de janvier 1970.

[3] Abbé Raymond Dulac, La messe de saint Pierre aux liens - Les raisons d'un refus respectueux, Itinéraires n° 140 de février 1970.

[4]  Sur le père Joseph de Sainte Marie, voir l'article nécrologique publiés, dans le n° 62 (déc. 1985) de l'AFS ; voir aussi dans le n° 163 (oct. 2002) l'article « le combat pour la messe du père Joseph de Sainte Marie ».

 
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